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face à l'intoxication des masses...notre devoir est de diffuser l'info censurée!!!

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Un monde sur un baril de poudre...

 

 

 

De l'Argentine, au Pérou en passant par la Bolivie, la Colombie et l'Equateur, les contestations, bien que différentes dénoncent toutes la précarité, le néo-conservatisme et un ras-le-bol généralisé.

 

 

 

 

A Quito, le Président Lenín Moreno a dû faire marche arrière et retirer le décret qui a provoqué 12 jours de mécontentement au mois d’octobre : la suppression des subventions du carburant. Elle signifiait une augmentation de 50% du prix de l’essence et du gazole, à laquelle s’ajoutaient d’autres décisions gouvernementales comme l’imposition d’une journée de salaire par mois, au Trésor Public, ou la réduction de la moitié des vacances des fonctionnaires. Après de vastes manifestations, les autorités équatoriennes ont décrété l'état d’urgence.

 

En Bolivie, des incendies en Amazonie ont d'abord provoqué la colère. Les agriculteurs de la région de Santa Cruz et l’opposition ont accusé le gouvernement d’inaction. Plus de 51 000 km2 sont partis en fumée. Progressivement, les manifestations ont mué en protestations politiques contre le Président Evo Morales, à la tête de l’Etat depuis 2006. En octobre, à l’issue du premier tour de la présidentielle, il déclare être le vainqueur avec 45%, refusant un second tour. Ses opposants rassemblent des milliers de citoyens dans les rues. Le dirigeant bolivien, lâché par l’armée et la police, est obligé de fuir et se réfugie au Mexique. Quatre personnes ont  encore été tuées samedi dans des manifestations dans le pays, portant à au moins 23 morts le bilan depuis fin octobre et le début de la crise, a annoncé la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).

En Bolivie, « il y a eu une destitution forcée qui ressemble étrangement à un coup d’Etat »

 

Ce sont aussi pour des raisons politiques que les Péruviens ont commencé à protester, fin septembre, contre la dissolution du Congrès et la tenue d’un scrutin législatif. 

En Colombie, les étudiants ont porté un mouvement contre la corruption et le manque de moyens pour l’éducation. Mais les manifestations ont dégénéré en affrontements avec la police anti-émeutes. Au moins 20 personnes ont été blessées.

En Colombie, des manifestants défient le président Duque malgré le couvre-feu

Enfin, en Argentine, c'est contre la situation générale, la dévaluation du peso, l'inflation galopante, les 12% de chômage, les 40% de pauvres que les Argentins se sont mobilisés. Résultat : le péroniste Alberto Fernández a remporté dès le 1er tour les élections présidentielles contre le chef d'état sortant Mauricio Macri.

Le Moyen-Orient et l’Afrique bousculés aussi 

 

Les Irakiens qui revendiquaient "être les premiers à avoir arboré des 'gilets jaunes', dès 2015" battent le pavé depuis le 1er octobre. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase était une pénurie d'électricité et d'eau potable. Et les mécontents ont dénoncé pèle-mêle la corruption, une classe politique incompétente, l'abandon des services publics, le chômage. A nouveau ce dimanche, ils étaient des milliers à envahir les rues du pays.

 

Une manifestation à Bassorah, en Irak, en décembre 2018 contre la corruption. Crédits : Hussein Faleh - AFP

Au nom de l'ordre public, c'est par la force que les autorités irakiennes ont répondu ces dernières semaines : couvre-feu et tirs à balles réelles. Cette contestation inédite a été émaillée de violences qui ont fait au moins 330 morts et près de 15 000 blessés, en majorité des manifestants. En guise d’apaisement, le gouvernement a fait un petit geste en proposant une série de mesures sociales. A la fin du mois dernier, les manifestations se sont poursuivies, mais sur un tout autre sujet, les connivences entre l'Irak et l'Iran et les milices chiites.

 

 

L'Iran s'agite depuis vendredi contre une hausse soudaine du prix de l'essence, de 50%. Un policier et au moins un civil ont été tués, avec des dizaines d'arrestations. Les autorités ont coupé l'accès à internet et affirmé qu'elles ne toléreraient pas l"insécurité". Le Président Hassan Rohani a justifié cette mesure en expliquant que l'Etat n'avait pas d'autre solution pour aider mieux les "familles à revenu moyen et bas qui souffrent de la situation économique créée par les sanctions" américaines visant l'Iran. A Washington, la Maison Blanche a condamné "l'usage de la force et les restrictions de communications contre les manifestants", ajoutant que "les Etats-Unis soutiennent les Iraniens dans leurs manifestations pacifiques contre le régime qui est censé les diriger".

 

 

 

L'annonce d'une nouvelle taxe téléphonique a donné le jour à des manifestations au Liban le 17 octobre. Bien que les autorités ont reculé sur ce point, les rassemblements se sont étendus dans le pays et les raisons de la colère se sont amplifiées. De la remise en cause des infrastructures au départ de la classe politique au pouvoir, le pas est vite franchi par le mouvement de rues.

Au moment où le pays vit sa plus grave crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990. Et le président du Conseil des ministres Saad Hariri, bien qu'il annonce des réformes sociales, démissionne le 29 octobre. 

Les manifestants restent toujours mobilisés, comme encore ce dimanche, alors que la crise politique s'est aggravé samedi avec le refus de Mohammad Safadi de devenir le nouveau Premier ministre.

 

 

Depuis le mois de septembre, au Caire, des manifestants réclament le départ du président égyptien, le général al-Sissi. 

 

Scénario identique au Soudan. Les mobilisations populaires se sont focalisées sur le départ d'Omar El Béchir et ont abouti au renversement du chef de l'Etat par l'armée, en avril.

 

Très politisés aussi, les défilés en Guinée. La population s'oppose à un troisième mandat d'Alpha Condé, 81 ans. Tout comme en Algérie. Depuis le mois de février, chaque vendredi, les familles algériennes se rassemblent pour réclamer un changement de système à la tête de l'Etat.

L’Asie entre dans la partie

 

 

 

La démission de l'exécutif, c'est aussi ce qu'exigent les Hongkongais en colère dans les rues, depuis fin mars 2019. Ces défenseurs de la démocratie avaient commencé par s'opposer à la loi d'extradition vers la Chine, puis ont directement visé le départ de Carrie Lam.

 

Un million de personnes dans la rue, soit un habitant sur sept, et le double lors des manifestations du mois de juin. Malgré la violente répression et la suspension du texte incriminé, les Hongkongais ne renoncent pas et continuent à réclamer que Carrie Lam soit écartée du gouvernement.

 

Pour mieux se faire entendre, les contestataires ont organisé d'importants blocages. Début octobre, la mobilisation a repris de l'envergure après que les autorités ont interdit de manifester avec un masque. Et ces derniers jours, les heurts sont devenus de plus en plus violents : un policier aurait ainsi été blessé par une flèche ce dimanche et pour la première fois, le porte-parole a menacé de tirs à balles réelles. Hong Kong vit sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

 

 

 

L’Indonésie connaît aussi des manifestations et des émeutes, depuis le mois de septembre. Les étudiants se sont mobilisés sur plusieurs îles contre le projet d'une révision du code pénal introduisant notamment des condamnations à des peines de prison pour les relations sexuelles hors mariage ou entre personnes de même sexe, l'interdiction des "insultes" à l'encontre du Président et du vice-président ou encore une loi sur la corruption. Les autorités de Jakarta ont envoyé des dizaines de milliers de policiers et militaires. Des affrontements ont éclaté. Au moins deux personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées.

 

Sur les îles de Java, de Bali, de Lombok, de Célèbes, des milliers de jeunes ont bravé les forces de l'ordre qui utilisent des gaz lacrymogènes. L'archipel d’Asie du sud-est n'avait pas connu de telles effervescences depuis 1998, date du soulèvement qui a fait chuter le dictateur Suharto. Le président indonésien Joko Widodo a repoussé la réforme du code pénal. 

 

 

La mondialisation des manifestations englobe les différences de nature, d'intérêts ou d'idéologie. Malgré leurs divergences, les protestations aux quatre coins de la terre reposent sur un socle commun et des valeurs universelles, l'équité, la liberté et la dignité.

 

Avec la collaboration d'Eric Chaverou

 
Pour en savoir plus:
 
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