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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 10:46

En 2007, Nicolas Sarkozy promettait déjà une France de propriétaires.

 

Pour cela, il avait multiplié les effets d'annonce pendant sa campagne et accumulé au cours de son mandat la création de nouvelles niches immobilières : déduction d'impôt pour intérêts d'emprunt, Loi Scellier, soutien public aux promoteurs dont beaucoup ont failli sauter lors de la crise financière de 2008.

 

Si on doit juger un homme politique à son efficacité, force est de constater que dans ce domaine, elle a été nulle.

Pire, il est largement démontré que l'augmentation de l'argent public consacré au logement -il est passé de 32 à 41 milliards d'euros entre 2007 et 2011- a fait monter les prix en solvabilisant une demande qui sinon n'aurait jamais pu acheter. Soit l'effet inverse de celui recherché..

 

Depuis quinze ans, quelle que soit le mode d'intervention de l'Etat, les prix n'ont cessé d'augmenter en France, pour atteindre, notamment dans les zones les plus tendues (Paris, Ile-de-France, zones touristiques) des records historiques.

A Paris, le prix moyen au mètre carré atteignait fin 2011 8360 euros !

 

Si l'Etat avait fait la preuve de sa capacité à réguler les prix, quels qu'ils soient d'ailleurs, cela se saurait...

 

La cause de cette situation est bien connue :

 

on ne construit pas assez, non seulement dans la capitale, où la spéculation bat son plein avec le soutien de la demande étrangère, mais plus globalement, partout où les besoins augmentent.

 

Depuis 2007, c'est pitié de le constater, la situation s'est même aggravée avec la crise. Par rapport à la demande, il manque 1 million de logements en France.

Et, avec la hausse des prix et la stagnation du pouvoir d'achat, les ménages modestes et les primo-accédants sont de facto exclus de la propriété immobilière ; quand ils se rabattent sur la location, c'est pour avoir affaire à des bailleurs de plus en plus gourmands, qui appliquent des « prix de marché » totalement déconnectés de la réalité sociale du pays.

 

Dans le parc social, la situation n'est pas meilleure : l'idée un moment envisagée de permettre aux locataires HLM de devenir propriétaires a fait long feu, et la file d'attente s'allonge chaque jour pour accéder à ce parc.

 

Ne parlons pas enfin du logement intermédiaire, le grand oublié, comme le sont les classes moyennes. S'il y a depuis la loi SRU des obligations, très mal respectées au demeurant par les villes les plus riches, de construction de logement sociaux, ces contraintes ne concernent pas le parc moyen qui souffre d'un gigantesque déficit.

 

Pourtant, toutes les collectivités locales savent que la question du logement est devenue cruciale pour l'attractivité d'un territoire et le dynamisme d'un bassin d'emplois.

Les gigantesques embouteillages à la périphéries des grandes métropoles sont devenus un poison quotidien en bonne partie causés par la paralysie du marché immobilier.

Ajoutée à la flambée du prix des carburants, qui risque de s'amplifier avec la barre des 2 euros le litre de super en ligne de mire en 2012, la ponction exercée sur le pouvoir d'achat des plus modestes est de moins en moins supportable.

 

C'est la triple peine :

 

-des logements chers

 

-souvent éloignés du lieu de travail 

 

-un budget carburants en forte hausse

 

Dans ces conditions, il n'est pas surprenant de voir tous les candidats (ou présumé tel s'agissant du chef de l'Etat) faire assaut de propositions nouvelles et détonnantes sur le logement.

Tous tournent autour d'une même idée : libérer du foncier, ou de la "constructibilité", pour augmenter le nombre de logements disponibles et donc faire pression sur les prix.

 

Ce pari peut-il marcher ?

 

En théorie oui, à moyen terme. A condition que tous les acteurs jouent le jeu : or, les collectivités sont très réticentes, droite et gauche confondu, à l'idée d'appliquer la proposition de Nicolas Sarkozy d'autoriser une augmentation de 30% du coefficient d'occupation des sols.

Cette mesure laisse aussi dubitatifs les promoteurs immobiliers. Qui imagine que nos villes vont soudain voir s'ériger des tours de 50 mètres ou plus.

 

Faire baisser le prix de l'immobilier ne se décrète pas. D'abord, c'est risqué pour l'économie, les Etats-Unis en savent quelque chose, eux qui ne parviennent pas depuis 2007 à stabiliser le prix des logements.

L'Etat ensuite ne peut en la matière agir que par incitations. Encore faut-il trouver les bonnes.

Nicolas Sarkozy, qui dénonce aujourd'hui la « perfusion » dont a fait l'objet ce secteur depuis des années, oublie un peu vite qu'il en a été l'un des principaux... promoteurs.

Il ne lui est certes pas interdit de reconnaître son erreur, même sur le tard.

 

Quand à François Hollande, son projet en matière de logement demeure on ne peut plus flou et son efficacité est tout autant discutable, même si les intentions sont bonnes.

On sait qu'un blocage des loyers peut geler le marché pour longtemps, attisant la pression sur les logements disponibles.

Demander à l'Etat de libérer gratuitement ses terrains disponibles est bien gentil, mais outre la perte de recettes que cela représenterait pour le Trésor public (Sarkozy propose lui des baux emphytéotiques de 99 ans), il est probable que cela soit impossible sur le plan juridique, dans la mesure où le Domaine public risque de s'opposer à ce que le patrimoine de l'Etat soit bradé.

 

L'engagement visant à renforcer les sanctions financières sur la construction de logement sociaux en portant à 25% leur nombre pour favoriser la mixité est un vœux pieux inspiré par la Fondation Abbé Pierre (qui réclame 30%).

 

Déjà, que l'on fasse en sorte de respecter le seuil de 20% partout...

 

Quand au doublement annoncé du plafond du Livret A, qui favorisera les épargnants aisés, son impact sur le parc HLM est incertain, puisque déjà aujourd'hui, la CDC n'arrive pas à prêter de façon rentable la collecte actuelle au service du logement social et est obligée de trouver d'autres finalités.

 

Bref, n'est pas le Baron Haussmann qui veut !

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:23

La "crise" permet aux hommes politiques de proposer des remèdes plus qu'injustes à leur population, et ce particulièrement en période électorale. Pour le philosophe Jean-Paul Jouary, il s'agit là d'une énième manifestation de la "stratégie du choc" mise en lumière par Naomi Klein.

 

http://owni.fr/files/2012/02/chronique-philo-12-jouary-machiavel-cc-Marion-Boucharlat-owni.jpg

 

Citation : “S’il veut conserver sa réputation de libéral, un prince sera contraint de taxer extraordinairement les populations, d’être dur “- Machiavel.

 

Si l’on entend dire ces temps-ci que le courage politique consiste à infliger autoritairement aux peuples des régressions sociales qu’ils refusent, on entend dire aussi qu’avant une élection il faudrait être fou pour proposer des mesures qui frappent les conditions de vie des citoyens de plein fouet. Dans les deux cas il est vrai, on sous-entend qu’être élu c’est diriger un peuple comme un berger conduit un troupeau, et que le Prince élu prétend savoir seul ce qui est bon pour ses sujets.

 

Depuis plusieurs jours, des amis me reprochaient de n’avoir jamais lu La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, de la canadienne Naomi Klein. A coup de superlatifs, ils m’expliquaient que l’on y trouvait le fil conducteur de plusieurs décennies d’événements planétaires aussi hétérogènes en apparences que des dictatures latino-américaines, des pays mis en faillite par le FMI, des guerres, un tsunami, des pays de l’est qui sombrent dans un capitalisme sauvage, un massacre en Chine…

 

Je me disais qu’un tel bric-à-brac ne pouvait être éclairant. Ces amis ajoutaient que l’auteur démontrait avec précision qu’une véritable stratégie avait été conçue dans les années 80 aux États-Unis, à Chicago, autour de Friedman, qui consistait à provoquer de véritables catastrophes – ou à profiter de catastrophes aléatoires – pour mettre à genoux des peuples entiers, les apeurer, les résigner à des régressions sociales qui seraient ressenties comme “moins pires” que le sort dans lequel ils se sentaient enfermés.

Il est vrai que la façon qu’on avait eue d’endetter délibérément des nations entières, en Afrique ou en Amérique latine, pour exiger d’elles d’affamer véritablement leurs peuples sous peine de mise en faillite totale, m’avait alors comme beaucoup d’autres choqué et stimulé dans mes engagements politiques.

 

Quelques économistes avaient observé qu’une véritable hyperinflation provoquait les mêmes effets qu’une guerre militaire. Naomi Klein.

 

Au Chili ou en Argentine, une explosion de la dette, organisée et planifiée, anesthésia les prétentions des jeunes démocraties. On fit grimper les taux d’intérêt jusqu’à 21% ce qui dévasta des pays entier comme le Brésil, l’Argentine ou le Nigéria, et entraîna des baisses dramatiques des produits exportés, lourdes de conséquences sociales et humaines : 25 chocs entre 1981 et 1983 ; 140 chocs entre 1984 et 1987 !

 

Plus une situation apparaît désespérée, plus les citoyens acceptent de renoncer à leurs maigres acquis sociaux et démocratiques : déréglementations, privatisations, régressions sociales, sanitaires, salariales, tout apparaît préférable aux catastrophes vécues et annoncées comme autant de tsunamis irrésistibles. Les citoyens horrifiés se débarrassent alors de leurs ambitions et de leurs rêves, et chassent du pouvoir celles et ceux qui les avaient portés en leur nom. Effacer la mémoire, effacer l’espoir d’un meilleur avenir : une guerre totale, une tempête. Comme l’avait fort bien vu Spinoza dès le XVIIème siècle, le secret des régimes autoritaires consiste à “tromper les hommes afin qu’ils combattent pour leur servitude, comme s’il s’agissait de leur salut”.

 

Alors que ce livre alimentait ma réflexion, quelques épisodes de la campagne électorale pour les présidentielles m’ont interpellé : le Président UMP de l’Assemblée nationale évoquait le programme de François Hollande (pourtant estimé fort timide par bien des citoyens de gauche) comme d’une menace dont “les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre”. Diable. Quelques jours plus tard, l’ancien ministre de triste mémoire Claude Allègre, pourtant pourfendeur des pessimistes climatiques, se mettait à appeler à soutenir Nicolas Sarkozy parce qu’il serait un bon capitaine en “pleine tempête”. Dès que le FBI fermait Megaupload, l’Elysée dans un communiqué applaudissait cette offensive contre cette entreprise aux profits “criminels”. Guerre, tempête, crime… Si l’on y ajoute la menace terroriste et la crise de la dette, cela ressemble fort à une adaptation en langue française des scénarios concoctés jadis à Chicago.

 

Dans ce contexte-là il devient compréhensible qu’en dépit de prévisions électorales plutôt sinistres pour le président sortant, celui-ci ait pris le parti de proposer pire encore : TVA “sociale”, régressions de l’emploi et du pouvoir d’achat, destructions sociales diverses, limitations du droit de grève, etc. La Grèce, délibérément mise en danger de faillite (notamment par son nouveau premier ministre en personne), par ceux-là mêmes qui prétendent la soigner en la sommant de se mettre à genoux et de détruire tous les outils qui lui permettraient de se redresser, est devenue le nouvel enfer promis à tous les peuples d’Europe qui prétendraient préserver leurs acquis sociaux et leur espérance de progrès.

 

http://owni.fr/files/2012/02/chonique-philo-12-jouary-Santi_di_Tito_Niccolo_Machiavellis_portrait-detail.jpg

 

C’est la nouveauté sur le “vieux continent”, mais une méthode éprouvée sur les autres continents : pour être élu il faudrait être dur, et plus dur encore. Il faudrait, comme le répètent d’autres candidats effectifs ou potentiels (et sans doute moins rejetés parce que moins arrogants) “être réalistes”, “être courageux”, “dire la vérité aux Français”, pour les unir droite et gauche confondues pour sauver le pays.

 

J’ouvre Le Prince de Machiavel et je lis :

 

S’il veut conserver sa réputation de libéral, un prince sera contraint de taxer extraordinairement les populations, d’être dur.

 

Gageons que ce torrent de menaces catastrophiques donnera le la de toute cette campagne.

 

NB : à lire, pour comprendre les stratégies sous-jacentes des principaux acteurs de cette présidentielle, l’extraordinaire livre de la canadienne Naomi Klein La stratégie du choc.

La montée d’un capitalisme du désastre (2007) traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné en 2008 aux Editions Leméac / Actes Sud. Une genèse passionnante, érudite et édifiante, étalée sur trois décennies, de cette stratégie du choc, qui surfe de dictatures chilienne ou argentine en fabrication de la dette, en passant par la guerre d’Irak.

Au bout de cette analyse convaincante, Naomi Klein fait entrevoir la voie d’avenir : l’ “humble bricolage” des femmes et hommes qui réparent, solidifient, améliorent les matériaux qu’ils trouvent là où ils vivent, et visent l’égalité.

 

A lire aussi, pourquoi pas, Le Prince de Machiavel…

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 10:03

Il n’en reste pas moins que le travail peut aussi être à la source de nombreux problèmes de santé, aussi bien physiques que psychologiques.

 

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les pathologies psychiques telles que le stress et la dépression, sont en constante augmentation. C’est le principal constat du dernier rapport publié par le Réseau national de Vigilance et de Prévention (Rnv3p), coordonné par l’ANSES.

 

L’épidémie de troubles musculo-squelettiques (TMS) d’origine professionnelle poursuit sa progression en France. Entre 11% et 15% des salariés de 20 à 59 ans seraient concernés. Et si l’on en croit l’Institut de Veille sanitaire (InVS), les chiffres - en hausse constante depuis 15 ans - ne sont pas près de baisser !

 

Lombalgies, syndrome du canal carpien, syndrome de la coiffe des rotateurs… « Les TMS d’origine professionnelle restent une préoccupation majeure », confirme Ellen Imbernon, Directrice du Département Santé Travail, de l’InVS.

A tel point que le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), rendu public, leur est exclusivement consacré. « L’augmentation continue de la fréquence des TMS en milieu de travail devrait être considérée comme un signal fort de dysfonctionnement et de pénibilité au travail », poursuit cette spécialiste.

 

De nombreux secteurs d’activité sont bien sûr concernés. Mais Ellen Imbernon pointe notamment du doigt le travail en intérim. « Si les études actuelles ne montrent pas d’excès de pathologies chez les travailleurs intérimaires, (…) elles montrent une surexposition aux facteurs de risque avec des rythmes de travail imposés par les machines, les normes de production ou les délais à respecter près de deux fois supérieurs aux autres catégories de travailleurs ».

 

Seule bonne nouvelle : les asthmes d’origine professionnelle sont en recul, grâce aux mesures de prévention qui ont été mises en place.

 

Les TMS sont les pathologies qui sont le plus souvent rapportées en relation avec le travail. Ces troubles ostéo-articulaires, dus à l’exécution de tâches répétitives, représentent 64% des maladies professionnelles chez les hommes, et 60% chez les femmes.

 

Les symptômes psychologiques provoqués par le travail, auxquels on se réfère aussi comme à des « risques psycho-sociaux », viennent en seconde position.

 

Troubles de la concentration, du sommeil, dépression… Un nombre grandissant de salariés déclarent souffrir de symptômes liés aux risques psychosociaux. Le phénomène n'épargne aucun secteur d'activité.

Indépendamment de leurs effets sur la santé des individus, les risques psychosociaux ont un impact sur le fonctionnement des entreprises (absentéisme, turnover, ambiance de travail…). Il est possible de les prévenir. Sous l’effet de mutations du monde du travail telles que la complexité grandissante des tâches, la suppression de temps morts, l’individualisation du travail ou encore les exigences accrues de la clientèle, les risques psychosociaux sont en plein développement. Ainsi, environ 20 % des salariés européens estiment que leur santé est affectée par des problèmes de stress au travail.

 

Et en France, un salarié sur 6 estime être l’objet de comportements hostiles dans le cadre de son travail (Enquête Sumer de 2003). Les risques psychosociaux regroupent :

le stress au travail,

les violences internes (commises au sein de l’entreprise par des salariés : conflit, brimades, harcèlement moral…),

les violences externes (commises sur des salariés par des personnes externes à l’entreprise),

l’épuisement professionnel (ou burn-out),

les formes de mal-être, de souffrance, de malaise ressenties par les salariés.

 

Ces risques, qui ont souvent des causes communes (charge de travail, manque de clarté dans le partage des tâches, intensification du travail, organisation du travail, mode de management…) peuvent interagir : ainsi le stress au travail favorise-t-il l’apparition de violences entre les salariés qui, à leur tour, augmentent le stress dans l’entreprise.

Mais ces risques ont également des spécificités qu’il convient de prendre en compte dans un objectif de prévention.

 

Des risques difficiles à appréhender

 

Faute d’une connaissance suffisante, ou faute d’outils adaptés, les acteurs de l’entreprise se sentent souvent démunis pour lutter contre les risques psychosociaux.

Ils butent également sur leurs dimensions individuelles et subjectives car face à une même situation de travail « stressante » ou tendue, les salariés peuvent réagir différemment. Résultat : les actions de prévention menées sont trop souvent uniquement centrées sur les salariés. Or, pour supprimer ou réduire les effets du stress et des violences, il convient de prendre en compte les sources de risques dans l’organisation et l’environnement du travail de l’entreprise.

 

Une prévention nécessaire

 

Les risques psychosociaux doivent être gérés au même titre que les autres risques professionnels. Comme l’impose la réglementation, il est nécessaire de les évaluer, de planifier des mesures adaptées et de donner la priorité aux mesures susceptibles d’éviter les risques le plus en amont possible.

Et s’ils ne représentent « que » 29% de l’ensemble des pathologies chez les femmes et 15% chez les hommes, ils sont tout comme les TMS, en constante augmentation.

 

Trois secteurs économiques paraissent davantage concernés par ces problèmes. Il s’agit de l’immobilier-location (agents immobiliers comme directeurs d’agence), des services aux entreprises (artisans et ouvriers comme agents de réception) et de l’administration publique.

D’autres pathologies en revanche, connaissent un recul significatif. Il s’agit essentiellement des allergies respiratoires, comme les asthmes associés à l’utilisation de résines et de colles, au travail du caoutchouc et des métaux. La proportion des cas en lien avec une exposition professionnelle en 2001, a été de 17,2 %. Elle a ensuite diminué légèrement au fil des années, pour arriver à 8,3% en 2009.

Les secteurs traditionnellement touchés par ces pathologies, comme les industries du caoutchouc et des plastiques, bénéficient des actions de prévention menées depuis plusieurs années.

 

En revanche, les dermatites de contact poursuivent leur augmentation, en particulier dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Les professionnels y sont notamment exposés aux résines époxy et aux parfums. Entre 2002 et 2009, la hausse annuelle des dermatites allergiques de contact (DAC) a été de 4 %.

 

Globalement, 118 852 problèmes de santé au travail ont été recensés par le Rnv3p entre 2001 et 2009. Parmi eux, 40% sont « considérés par les experts en lien possible, probable ou certain avec le travail », indique l’ANSES.

 

Pour aller plus loin, consultez l’intégralité du rapport du Réseau national de vigilance et de prévention (Rnv3p).

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 13:31

TAXES. François Fillon a annoncé mercredi 24 août un nouveau tour de vis gouvernemental. Nicolas Sarkozy pourra-t-il toujours prétendre être le "président du pouvoir d'achat" alors que les taxes sur la consommation pénalisent toujours les mêmes ?

 

À huit mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy peine à changer de costume. Des commentateurs ont beau affirmer qu’il vient d’enfiler la tenue du "Père la rigueur" et qu’au nom de la crise, il va consentir, enfin, à faire payer les plus nantis pour protéger les plus pauvres de la faillite qui guette notre pays, c’est faux.

 

Une fois de plus, ce sont les plus modestes qui vont payer, dans les rayons du hard discount et chez le buraliste.

 

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/2871314346956.jpg

 

Du costume à paillettes à celui du président protecteur

 

N’est pas Fregoli qui veut, Leopoldo Fregoli, ce transformiste italien qui, chaque soir, était capable de créer 100 personnages en changeant 400 fois de costumes. Nicolas Sarkozy, lui, monte sur scène pour un numéro lamentable qui dure depuis cinq ans, une éternité, au cours duquel il a tour à tour retiré avec peine son costume à paillettes de président bling-bling, mis une veste de camouflage pour mieux traquer l’immigré et le Rom, enfilé le costume noir à fines rayures du "président présidentiable". Et maintenant, il nous ferait le coup du président protecteur ?

 

Comme disent les spectateurs devant un numéro raté, "il y a un truc". Nicolas Sarkozy reste le président des riches, certainement pas celui du pouvoir d’achat. Je ne parle pas de la crise qui serait venue contrarier ses plans, mais bien de cette volonté, comme le mauvais magicien jette de la neige artificielle sur scène pour détourner l’attention du public sur ses tours de passe-passe, d’essaimer des taxes supplémentaires dans les rayons des supermarchés et chez les buralistes, tout en affirmant qu’il n’augmente pas les impôts.

 

Car bien évidemment, sous l’ère Sarkozy, les riches et les pauvres ne sont pas égaux devant l’impôt. Malgré la nouvelle taxe de solidarité qui doit toucher une part infime des plus gros contribuables, malgré l’abandon du bouclier fiscal, ce boulet dont la droite a fini par se débarrasser en cette période électorale, l’inégalité reste flagrante, et même insupportable.

 

Il suffit pour les nantis d’avoir les moyens de s’offrir un expert comptable pour défiscaliser au mieux leur patrimoine, et réduire au maximum leurs contributions. On l’a vu avec Liliane Bettencourt qui, l’an passé, a reçu un chèque de l’État de 30 millions d’euros. Pour les pauvres en revanche, même s’ils sont officiellement "exonérés" parce que leurs ressources sont inférieures au seuil d’imposition, ils sont cernés par les impôts indirects dans leur vie quotidienne.

 

La pédagogie du portefeuille inventée pour les pauvres

 

C’est toute une rhétorique qui a été inventée pour faire passer la pilule auprès des couches populaires. Prenez "la pédagogie du portefeuille", cette idée tordue destinée à habiller de morale publique un impôt supplémentaire dans les classes les plus modestes. On nous dit, il y a désormais un impôt "obésité" en présentant la nouvelle taxe sur les boissons sucrées.

 

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/1641314347101.jpg

 

Mais qui fait ses courses dans les magasins discount et n’a pas les moyens d’acheter des purs jus d’orange et doit se rabattre sur les boissons à sucre rajoutées ? Évidemment les pauvres. Or, au nom de la lutte contre l’obésité et le diabète, qui frappent surtout les plus modestes (tiens tiens !), la TVA actuellement fixée à 5,5% va être relevée à 19,6%. Autrement dit, une boisson sucrée à 1,05 euro actuellement coûtera bientôt 1,20 euro, ce qui n’est pas anodin pour les familles nombreuses qui, souvent sont celles qui, faute de moyens et d’éducation nutritionnelle, mangent mal et déséquilibré.

 

Voilà donc comment, au nom d’un intérêt supérieur de la santé publique, Nicolas Sarkozy espère engranger 120 millions d’euros pour combler le trou de la Sécurité sociale en taxant subrepticement les plus modestes sur les sodas. Pourquoi pas, dans ce cas, inventer bientôt une taxe sur les aliments les plus gras et les plus sucrés, tels que les chips et les hamburgers, là encore, nourritures préférées des pauvres ?

 

Évidemment, les familles nombreuses ne vont pas changer de comportement et continueront d’acheter, chez les hard discounters, les faux jus d’orange, les pseudo-concentrés et autres faux nectars, faute de faire la différence avec un pur jus de fruit ou d’oser entrer dans la supérette du coin à la réputation d’être trop chère.

 

6% de taxe supplémentaire pour les chômeurs-fumeurs

 

Car la pédagogie du portefeuille ne marche pas. Sinon, devant la flambée constante des prix du carburant, les automobilistes laisseraient plus souvent leur voiture au garage ! Et les 15 millions de fumeurs réguliers cesseraient d’acheter leurs "sucettes à cancer".

 

Les associations anti-tabac ne cessent de dire qu’il faut "frapper un grand coup", c’est-à-dire taper au portefeuille, pour obtenir enfin des résultats dans la lutte anti-tabac. Mais là non plus, ça ne fonctionne pas. Il suffit de regarder les résultats : chaque année au mois de novembre depuis 2009, le prix du paquet de cigarettes augmente de 6%. Au nom de la santé publique. Mais les fumeurs ne décrochent pas : un Français sur trois a consommé (et consumé) 2,7 milliards de paquets de cigarettes en 2008 !

 

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/6131314347445.jpg

 

En 2010, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) a même constaté que le nombre des fumeurs repartait à la hausse. Roselyne Bachelot a reconnu que c’était à cause de la crise économique qui frappe notre pays depuis 2008. "Pratiquement 50% des chômeurs sont fumeurs et à l'évidence, la crise, l'augmentation du chômage, a eu un effet sur l'augmentation de la consommation du tabac", a déclaré la ministre. 49,6% des sans-emploi fument en 2010, contre 43,5% en 2005.

 

Triste constat, que celui qui consiste à reconnaître que les plus gros buveurs d’alcool, les plus gros fumeurs, les plus gros consommateurs de boissons sucrées sont aussi les Français les plus modestes, désireux de compenser un peu de misère par un peu de plaisir, fût-il dangereux pour leur santé.

 

Pas de quoi freiner Nicolas Sarkozy dans son désir de colmater le déficit public : s'il taxe les pauvres, c'est "pour leur bien" puisqu'officiellement, il s'agit d'une démarche de santé publique.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 11:09

Le 31 juillet 2009, Pôle emploi inaugurait une politique de sous-traitance massive en confiant l'accompagnement de 320.000 chômeurs à des opérateurs privés.

 

A l'heure du premier bilan, griefs et reproches croisés restent nombreux. L'anniversaire a été célébré en toute discrétion, bien qu'il marque un tournant majeur dans la politique de l'emploi.

 

Le 31 juillet 2009, Pôle emploi dévoilait les résultats de l'appel d'offres confiant le suivi de 320.000 demandeurs d'emploi sur deux ans à des opérateurs privés de placement (OPP) comme Sodie, Altedia ou Manpower.

 

Après plusieurs années d'expérimentation, le service public se lançait dans la sous-traitance massive au privé de l'accompagnement des chômeurs.

 

Deux ans après, cette sous-traitance n'est toujours pas rentrée dans les moeurs. Conscients que les réticences à leur endroit sont encore vives, les opérateurs font profil bas, d'autant que la plupart soumissionnent au nouvel appel d'offres lancé par Pôle emploi. « Nous sommes heureux de participer au service public de l'emploi », explique François Roux, délégué général du Prisme, le syndicat des entreprises d'intérim.

 

Ses adhérents n'en ont pas moins un certain nombre de griefs. A commencer par le cahier des charges, jugé très rigide, notamment sur les implantations géographiques. « Il nous a été demandé d'ouvrir une implantation à Bressuire, dans les Deux-Sèvres, en attendant le plan social de Heuliez, pointait par exemple Pierre Ferracci pour Sodie devant la mission d'enquête du Sénat sur Pôle emploi. Or celui-ci n'a jamais eu lieu. »

 

Autre motif d'insatisfaction, l'irrégularité des flux qui leur sont adressés : « Nous pouvions recevoir cinq cents personnes une semaine, et deux la semaine suivante », a indiqué Martine Gomez de Manpower devant les sénateurs.

 

Surtout, les « OPP » jugent difficile d'investir dans le long terme alors que l'opérateur public pratique le « stop-and-go » budgétaire : contraint à des économies, Pôle emploi a réduit des deux tiers la taille du nouvel appel d'offres, passant le nombre de chômeurs pris en charge de 200.000 en 2010 à 85.000 environ en 2011.

 

Manque de données fiables

 

Du côté du service public, la collaboration avec les opérateurs demeure un sujet sensible. Auditionné lui aussi par le Sénat, le directeur général, Christian Charpy, a répliqué sur un ton assez sec à la plupart des remarques formulées (voir ci-dessous), même s'il a admis que Pôle emploi avait été « trop exigeant » sur la quantité de documents que les opérateurs devaient lui transmettre pour le suivi des chômeurs.

 

Certains syndicats présents au conseil d'administration, comme la CGT, conservent une opposition de principe au recours au privé, alors que la CFDT déplore que les opérateurs soient sélectionnés sur une logique de coûts, et non de résultats.

 

Mais la question qui fâche le plus, c'est justement celle de l'efficacité respective du public et du privé. Les opérateurs interrogés par « Les Echos » affichent tous des taux de retour à l'emploi (plus de six mois) supérieurs à 50 %.

 

Devant les sénateurs, Christian Charpy a pourtant évoqué un chiffre moyen de 38 % pour les opérateurs privés, contre 44 % pour Pôle emploi... Faute de données fiables et transparentes, la fin des polémiques n'est pas pour demain.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 10:06

Il n'a aucun bilan crédible. Il espère donc paraître crédible lui-même, en particulier face aux crises. Il mise surtout sur l'oubli général de ses revirements, ses échecs et ses renoncements. Sinon, ce mois d'août sera son dernier en temps que président.

 


http://www.marianne2.fr/sarkofrance/photo/art/default/937437-1111881.jpg?v=1312210784

Il a tenu son dernier conseil des ministres, ce lundi 1er août (link), avant de partir officiellement en vacances. Le prochain conseil est prévu le 24 août. L'ordre du jour était modeste (link): un rappel qu'il faudra changer la loi de finances dès la rentrée parlementaire (le 24 septembre prochain), pour inclure les engagements européens pris le 21 juillet dernier en faveur de la Grèce. Xavier Bertrand a présenté son projet de loi sur la sécurité des médicaments, une loi bien accueillie même si aucun moyen financier n'est dégagé pour la formation médicale désormais interdite aux laboratoires.

 

Le Monarque a ensuite « rappelé à tous ses ministres (...) qu'ils avaient droit à du repos et pas à des vacances » et leur devoir « d'être particulièrement attentifs et vigilants sur leurs secteurs d'intervention ». Lui file au Cap Nègre. La zone a été sécurisée, comme chaque été depuis 2008 et qu'il est marié avec Carla Bruni. En juillet, il avait préféré les longs weekends de trois ou quatre jours au Fort de Brégançon.

 

Il a 4 semaines pour nous faire oublier d'où nous venons. A la rentrée, le Sarkozy nouveau sera là. Encore une fois.

 

Le nouveau nouveau Sarkozy

 

Moins clivant puisque protecteur, il mettrait même l'identité nationale, les coups d'épaules sécuritaires, les gros mots xénophobes au placard. Il paraît aussi qu'il nous réservera des « surprises », comme une nouvelle union civile pour les homosexuels et, « probablement » le non-cumul des mandats!!!

 

Pour l'heure, Bruno le Maire, pourtant ministre de l'agriculture, a trouvé le temps de travailler un programme pendant des mois. Lundi, le Figaro (link) en a publié les grandes lignes. Les trois thèmes principaux seraient :

 

- « la France, terre de production »

- « l'insécurité sociale »

- « la nouvelle gouvernance européenne »

 

Question posture, Sarkozy jouera à « l'exercice du pouvoir ». Le calendrier est prêt : silence médiatique en septembre, convocation du Congrès pour inscrire l'équilibre budgétaire dans la Constitution, ou, à défaut, intervention télévisée en octobre. Cerise sur le gâteau, on espère une belle victoire en Libye (link).

 

Les conseillers élyséens l'ont encore promis ces derniers jours : finis les « coups de com » ! Sarkozy est discret depuis des mois (à raison de deux visites médiatisées par semaine !). Il restera discret à la rentrée. Un mélange de Chirac et Mitterrand réunis : « Mes prédécesseurs incarnaient le pouvoir, moi, je l'exerce » aurait-il confié la semaine dernière. Pour preuve, l'un de ses soutiers de l'aréopage de campagne a assuré au Figaro (link) que le récent hommage aux soldats français tués en Afghanistan était ... « un modèle du genre » de cette modestie présidentielle.

 

On se pince pour le croire... ...link

 

et en coulisses

 

De son côté, le Figaro (link) continue sa chronique des coulisses de campagne de notre Monarque. Tout récemment, un article de Solenn de Royer retraçait les déjeuners de travail, c'est-à-dire de campagne qui se tiennent depuis des semaines à l'Elysée. Ces repas, payés sur fonds de l'Elysée, sont officieux puisqu'ils ne figurent pas sur l'agenda officiel.

 

« Trois proches du président sont à la manœuvre », relatait la journaliste lundi 1er août : l'ancien ministre Alain Carignon, le conseiller audiovisuel et nouvelle « plume du président », Camille Pascal, « qui prend de plus en plus de poids à l'Élysée »; et toujours et encore Catherine Pégard, conseillère depuis 2007 qui tente de se recaser depuis de longs mois.

 

Grâce au Figaro, nous avons la liste, régulièrement réactualisée, de quelques-uns des heureux invités à ces agapes présidentielles : Élisabeth Lévy (Causeur), Éric Brunet (EMC), Patrick Bessonn Denis Tillinac ou Yann Moix (écrivains); Jean-René Fourtou (Vivendi) , Michel Pébereau (BNP-Paribas); Charles Villeneuve (journaliste), Gérard Carreyrou (journaliste) et le nouveau sondeur officiel de Sarkofrance, chroniqueur à Atlantico et ancien d'extrême droite, le jeune Guillaume Peltier.

 

Pour 500 milliards de plus

 

Dans la nuit de dimanche à lundi, Républicains et Démocrates sont tombés d'accord, au Sénat américain, pour relever le seuil d'endettement public en contrepartie d'économies à attendre sur les budgets sociaux (link). Reste la Chambre des Représentants à convaincre, mais les marchés financiers ont poussé un gros ouf de soulagement lundi 1er, avant de dévisser quand même. Le 2 août à minuit, l'absence d'accord aurait mis le pays en défaut de paiement. Mais les agences de notation risquent de revoir la note de crédit des Etats-Unis à la baisse, ce qui « touchera l'Europe », promet Jean-Claude Junker.

 

François Baroin, ministre des Finances, a quand même sauté sur l'occasion : il a publiquement fait savoir qu'il se félicitait de cet accord. En France, les ministres de Nicolas Sarkozy s'essayent à nous convaincre que la réduction de l'endettement public devrait être une priorité nationale. Lors de son dernier déplacement dans le Vaucluse, jeudi dernier,

 

Rares sont ceux qui contestent le propos. La difficulté vient moins du message que du messager. La dette publique française (link) est passée de 1.200 milliards en 2007 à 1.700 milliards d'euros à la fin de cette année. Valérie Pécresse, la toute nouvelle ministre du budget, a quelques difficulté à faire croire que cette dette faramineuse qui handicape l'avenir est « le fruit de vingt-cinq années de facilité », et que, « signe de cette indifférence, les fruits des périodes de forte croissance ont été gaspillés, notamment à la fin des années 1990, de nouvelles dépenses ayant toujours été préférées à la réduction de la dette ». 500 milliards d'euros de dette supplémentaires en cinq ans ! Qui dit mieux ? La crise a beau jeu, car, depuis bientôt 40 ans, nous sommes en crise à répétition (1974, 1979, 1983, 1992, etc).

 

Dans une tribune publiée par le Monde samedi dernier(link), la ministre ressasse les éléments de langage écrits à l'Elysée. Variae (link) résume bien la démarche : Pécresse, écrit-il, « présente, par le menu, les grands traits de la campagne et du discours de Nicolas Sarkozy dans les mois à venir »: « prendre de la hauteur », « noyer les responsabilités », recommencer de zéro comme si de rien n'était, et expliquer qu'il n'y a pas d'alternative à Nicolas Sarkozy. Mais comment croire un gars, élu en 2007 mais président depuis peu, qui nous a tellement plombé les comptes ?

 

« La course a tout juste commencé, et un coureur est déjà éliminé. Nous n'avons atteint ni les Pyrénées ni les Alpes, et il y a encore les contre-la-montre. Le vainqueur aura su tenir dans la longueur ».

 

Cette « analyse » est de Nicolas Sarkozy, a en croire le Figaro (link).

 

Une métaphore cycliste révélatrice d'un optimisme évident... et crédible.

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 12:31

« Souriez, vous êtes filmés ! »

 

[1] Qui n’a jamais lu cet avertissement tant la vidéosurveillance, pardon vidéoprotection [2] s’est banalisée au quotidien [3] ?

Passons sur les garanties insuffisantes de protection de la vie privée [4], le coût d’un tel système [5] ou, plus simplement, son inefficacité [6], la mode est, pour reprendre les propos de Jean-Pierre Bouquet, maire socialiste de Vitry-le-François (Marne), à « Une vidéosurveillance citoyenne : chaque citoyen doit savoir qu’il peut être filmé et avoir confiance dans le dispositif » [7].

 

D’ailleurs, Brice Hortefeux, alors sinistre, pardon ministre de l’Intérieur, ne s’est-il pas prononcé en ce sens le 9 septembre 2009 lors d’un déplacement à Sartrouville (Yvelines) ?

 

Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmés !


L’ancien ministre de l’Intérieur avait alors déclaré : « Je suis naturellement attaché à la préservation des libertés individuelles. Je le dis clairement, et chacun peut le voir, la vidéo, c'est de la protection avant d'être de la surveillance. Les caméras ne sont pas intrusives, elles ne sont pas là pour épier, mais pour protéger. […] Vous le savez, les caméras de protection font déjà partie de notre quotidien : lorsque vous faites vos courses au supermarché, lorsque vous retirez de l'argent au guichet de votre banque ou que vous utilisez les transports en commun, vous êtes filmés, vous le savez déjà. Qui cela dérange t-il ? […] Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'avez pas à avoir peur d'être filmés !

 

Pour les gendarmes et policiers eux-mêmes, la vidéo-protection constitue aussi un élément sécurisant pendant les interventions » [8], sans oublier ce raisonnement confondant, cet argument massue, cette arme absolue : « Instaurer la vidéo-protection, c'est identifier les fauteurs de troubles, c'est décourager les délinquants ; c'est, surtout, veiller sur les honnêtes gens », sous-entendu si vous êtes contre, vous êtes forcément dans le camp des méchants, des voleurs, des violeurs et autres criminels sanguinaires, voire vous êtes un délinquant vous-même ou en passe de le devenir…

 

Bref, une vision particulièrement manichéenne, d’autant que selon le ministère de l’Intérieur, « Il n'est pas effectué de corrélation nationale entre l'existence de dispositifs de vidéoprotection et leur impact sur les crimes et délits commis sur la voie publique, ainsi que les taux d'élucidation. » [9]

 

http://doubleneuf.nordblogs.com/media/01/00/2595218114.jpg

 

Néanmoins, comme le souligne Le Télégramme, Les caméras de surveillance gagnent du terrain [10] et transcendent les clivages politiques [11]. Le quotidien breton avance quelques raisons à cette évolution : « C'est peut-être, en partie, la conséquence de la volonté affichée du gouvernement de tripler le nombre de caméras en France (de 20.000 à 60.000). Installations pouvant être financées par de copieuses subventions allant de 20 à 50%.

 

S'ajoute à cela un vrai travail de VRP engagé par la police et la gendarmerie qui ne manquent pas une occasion de vanter les mérites de la vidéosurveillance lors des rendez-vous avec les élus » ; les grands commis de l’Etat sont également mis à contribution : le préfet de l’Ain, Philippe Galli, par exemple, ne désespère pas de convaincre le maire de Bourg-en-Bresse à ce propos [12].

 

La police municipale a les yeux partout

 

Même si Jean-Louis Del Pistoia, délégué départemental de l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux (USPPM) à la Réunion, « regrette que le policier municipal "ne soit pas vraiment un policier aujourd’hui" » [13], la police municipale a souvent la charge de ces systèmes de surveillance, enregistrant les moindres faits et gestes des passants.

Or, s’ils acceptent volontiers de surveiller leurs compatriotes, les agents de police municipale, à l’inverse, ne semblent pas supporter d’être sous l’œil des caméras, ni contestés par ces dernières d’ailleurs [14].

 

Le Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC) vient ainsi de dénoncer une dérive liée à l'utilisation du système de géolocalisation et des caméras de surveillance aux dépens d’agents de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) [15], évoquant « les limites à ne pas franchir pour ne pas toucher à un pilier de notre démocratie: LA LIBERTÉ D’ALLER ET VENIR.... » ; ce débat a déjà agité la police nationale [16].

 

La polémique a éclaté à l'occasion d'une demande de sanctions à l'encontre d'une patrouille de trois policiers, a expliqué Frédéric Foncel, président du SNPM [17], qui affirme vouloir saisir prochainement le procureur de la République. « On est tombé sur des rapports extrêmement précis. À la minute près, on suivait le fonctionnaire », a-t-il dit, dénonçant un détournement de la finalité des caméras de vidéoprotection et des dispositifs de géolocalisation embarqués dans les véhicules ou sur les radios des policiers [18].

 

Des faits déjà dénoncés sous d’autres cieux : à Colmar, les syndicats locaux (SNPM-CFTC, FA-FPT et CFDT) dénoncèrent à l’automne 2010 un « usage abusif d’images de la vidéosurveillance » [19]. À Cannes, en 2004, l’intersyndicale (CGT, SNPM-CFTC et UNAPM-CGC) s’éleva contre la mise en place de caméras de surveillance dans les couloirs et les locaux de la police municipale, qui donnait le sentiment aux municipaux d'être eux-mêmes constamment sous surveillance [20].

 

Pourtant, ces agents ne devraient-ils pas être convaincus que, comme la population, ils « ne sont pas sous surveillance, ils sont sous protection », comme l’affirment Xavier Lagasse chef de service et de son adjoint Fabrice Mathieu au bureau de la police municipale de Carcassonne [21] ?

 

Mieux, « Les policiers municipaux disent qu'ils ont gagné en rayon d'action et en rapidité d'intervention. C'était le but recherché pour améliorer la capacité opérationnelle sur le terrain ». Quid alors de la conclusion sans appel de l’ancien ministre de l’Intérieur : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmés » ? À moins qu’ils n’aient lu (ou relu) François Brune qui concluait en 2000 que « Partout où Big Brother menace, demeurer rebelle reste le seul moyen de demeurer humain. » [22]

 

 

http://doubleneuf.nordblogs.com/media/02/01/644141265.jpg

 

[1] L’association Souriez vous êtes filmés link

 

Collectif Paris sans vidéosurveillance link

 

[2] La « vidéoprotection » remplace la « vidéosurveillance » (première ligne de l'article 17 de la Loppsi 2). Or, l’éditorial de La Lettre d’information des professionnels de la sécurité, police du 26 juillet 2008, réalisé par Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et enseignant, précisait, pourtant, que «Parler de vidéoprotection constitue une erreur : cela revient à confondre les objectifs (protéger) et les moyens (capture d'images à distance et transmission à un PC ou exploitation a posteriori). Le titre cherche à légitimer une technologie en la rebaptisant : protection est connoté positivement et surveillance... négativement. Or, la technique permet bien de surveiller. Permet-elle de protéger ?». Il précise, en outre, que « s’il n'y a pas d'études sur l'efficacité de la vidéo en France, c'est parce que les pouvoirs publics dont l'Inhes (Institut national des hautes études de sécurité) n'ont pas souhaité en financer ». En résumé, circulez ! Il n’y a rien à voir !

 

Sebastian Roché, « Vidéosurveillance : la grande désillusion » in La Lettre d’information des professionnels de la sécurité, police n°93, 26 juillet 2008 link

 

[3] Marie Piquemal, « Les caméras se sont insidieusement installées dans le quotidien des gens » in Libération, 17 août 2007. link 

 

É.W., « Daniel Lejeune : "Les mentalités évoluent" » in La Voix du Nord, 17 avril 2010. link

 

Delphine Pommier, « La vidéoprotection entrée dans les mœurs ? » in Nord Éclair, 4 septembre 2010. link

 

[4] Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), « Vidéosurveillance : des garanties insuffisantes de protection de la vie privée conduisent le Conseil Constitutionnel à censurer la transmission d'images d'immeubles d'habitation », 26 février 2010. link

 

Conseil constitutionnel, décision n°2010-604 DC du 25 février 2010 link

 

[5] Laurent Mucchielli, « La "vidéoprotection", une gabegie » in Vous avez dit sécurité ?, 31 mai 2011. link

 

[6] Jacky Durand, « Sécurité : "Le mirage technologique" » in Libération, 15 octobre 2005. link

 

Jacky Durand, « Des caméras peu efficaces pour prévenir la délinquance » in Libération, 10 juillet 2007. link

 

Noé Le Blanc, « Sous l’œil myope des caméras » in Le Monde diplomatique, septembre 2008.link

 

« Sécurité : le point de vue d’un spécialiste » in Saint-Jeannet Demain, 11 novembre 2009. link

 

Philippe Madelin, « Vidéosurveillance : les questions » in Dans le secret des faits – Philippe Madelin, 23 novembre 2009. link

 

Georges Moréas, « Police municipale : à quand un mode d’emploi ? » in Police et cetera, 30 novembre 2009. http://moreas.blog.lemonde.fr/2009/11/30/police-municipale-a-quand-un-mode-demploi/

 

Jacky Durand, « Un jeu de dupes entre Etat et élus » in Libération, 10 décembre 2009.link

 

« Vidéosurveillance : le dossier » in Délinquance, justice et autres questions de société, 6 mai 2010. link

 

Jean-Marc Manach, « L’impact de la vidéosurveillance est de l’ordre de 1 % » in Bug Brother, 28 juillet 2010. link

 

Jef Tombeur, « Vidéosurveillance : un marché de dupes ?» in C4N, 25 août 2010. link

 

Robin D’Angelo, « On a testé les caméras de surveillance de Levallois-Perret » in Street Press, 8 septembre 2010. link

 

Christine Tréguier, « Le leurre de la vidéoprévention » in Politis, 24 février 2011. link

 

[7] « Souriez, vous êtes filmés » in J’habite Vitry-le-François & ses environs, 23 avril 2010. link

 

[8] Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, « Co-financement de la vidéo-protection sur 75 sites prioritaires », Sartrouville, le mercredi 9 septembre 2009. link

 

[9] Question n°45768 de Pierre Morel-A-L’Huissier, député UMP de Lozère, 31 mars 2009. link

 

[10] « Bretagne. Les caméras de vidéosurveillance gagnent du terrain » in Le Télégramme, 18 septembre 2009. link

 

[11] Michel Deléan, « Mucchielli : "La couleur politique du maire n’est pas déterminante" » in Le Journal du Dimanche, 15 Août 2010 link

 

[12] S.A., « Vidéosurveillance : "Je ne désespère pas de convaincre le maire de Bourg" » in Le Progrès, 15 avril 2011. link

 

[13] Mélanie Roddier, « Le policier municipal, "pas vraiment un policier" » in Zinfos974, 20 mai 2011. link

 

[14] Laurent Opsomer, « Sécurité : le lobbying des policiers municipaux » in Dans le secret des faits – Philippe Madelin, 26 janvier 2009. link

 

[15] SNPM, « Dérives à la Police Municipale de Vitrolles (13) » in Le Post, 25 juin 2011. link

 

[16]Marie-Eve Wilson-Jamin, « La police fliquée ? » in France Soir, 5 septembre 2007. link

 

[17] Laurent Opsomer, « Polices municipales : la salade niçoise » in Double Neuf, 22 juin 2011. link

 

[18] L.D., « Des policiers municipaux "fliqués" par la vidéosurveillance ? » in TF1 News, 25 juin 2011. link

 

[19] Clément Tonnot, « Colmar. La police municipale dénonce des dérapages » in L’Alsace, 19 octobre 2010.

 

[20] Philippe Jérôme, « Les flics de Cannes ne veulent pas être fliqués »in L’Humanité, 1er décembre 2004. link

 

[21] Christian Aniort, « Carcassonne. La police municipale a les yeux partout » in La dépêche du Midi, 29 juillet 2009. link

 

[22] François Brune, « Rebelle à Big Brother » in Le Monde diplomatique, octobre 2000. link

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 10:29

Mais c'est en faibles quantités... Pas de panique, vous pouvez manger de tout, affirme l'agence sanitaire qui a mené une l'étude.

Les limites de l'étude, que reconnaît l'Anses, c'est qu'elle ne tient pas compte des expositions croisées à différents polluants, ni des expositions par voie autre qu'alimentaire.effet coktail garanti!!!

 

http://www.sudouest.fr/images/2011/06/30/440217_pain_460x306.jpg

 

"Si l'on mange de tout et sans excès, il n'y a rien à craindre, les risques pour la santé sont "bien maîtrisés", selon l'agence sanitaire Anses.

 

L'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation s'est livrée pendant quatre ans à un gigantesque travail d'analyse des aliments pour mesurer le risque à long terme des expositions aux substances chimiques qu'ils contiennent ainsi que leur intérêt nutritionnel.

Pas moins de 20.000 produits, préparés tels qu'ils sont consommés, ont été passés au crible et le risque toxicologique de 361 substances a été évalué.

 

C'est "une des études les plus riches et complètes jamais réalisées au niveau mondial", dit l'Anses.

 

Pour 85% des substances, "le risque peut être écarté pour la population générale sur la base d'une évaluation sur les seuls apports alimentaires", le niveau d'exposition restant en deçà des valeurs toxicologiques de référence.

 

C'est le cas notamment des contaminants inorganiques (non nécessaires au fonctionnement de l'organisme, à la différence des métaux) comme le baryum, le cobalt, le nickel, des polluants organiques persistants comme le PFOA des poëles anti-adhésives, de certaines mycotoxines, de la plupart des 254 résidus de pesticides évalués...

 

Néanmoins, il faut "encourager tous les efforts qui permettront de réduire les teneurs des contaminants dans les aliments", estime l'agence.

 

En revanche, pour une douzaine de substances ou familles de substances, le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence "ne peut être exclu". Il peut s'agir d'aliments "pas nécessairement très contaminés mais très consommés", comme le pain, contenant cadmium, plomb, mycotoxines, les pâtes (aluminium), le café (cuivre, arsenic inorganique, acrylamide), le lait chez les enfants (plomb, arsenic inorganique)...

 

L'Anses relève une augmentation de 400% du cadmium ingéré, depuis une étude du même type mais à bien moindre échelle publiée en 2006.

On trouve aussi des mycotoxines et trop d'acrylamide dans les frites, trop de sulfite dans le vin, ce qui met à risque les gros consommateurs.

 

"L'étude fait ressortir certains risques à long terme pour les adolescents quand leur alimentation est focalisée de façon trop excessive sur des produits à base de céréales (dont les pâtes), de frites et de chips", a souligné à cet égard le directeur de l'Anses, Marc Mortureux, devant la presse.

 

Côté polluants organiques persistants, on trouve des dioxines et PCB dans 86% des produits analysés, mais l'exposition de la population a été fortement diminuée en cinq ans, même si certains consommateurs restent trop exposés.

 

Pour les dioxines et le PCB dans les poissons gras et le mercure organique dans le thon, il faut respecter les recommandations de consommation des poissons : deux fois par semaine, en variant les espèces et les provenances, et en limitant la consommation de certains d'entre eux.

Il conviendrait de "réduire les teneurs de ces contaminants dans les aliments principalement contributeurs", par des réglementations et des actions auprès des filières, estime l'Anses.

 

Au plan nutritionnel, on peut craindre des apports excessifs de sodium pour les amateurs de pain et de charcuterie, et des apports insuffisants en calcium, magnésium, fer ou sélénium pour une partie de la population.

Pour le fer, les apports sont inférieurs de 74% aux besoins chez certains enfants.

 

"Il n'y a pas en soi, de bons ou de mauvais aliments", a noté Marc Mortureux. Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques, prône en conséquence "une forme de diversité, d'équilibre dans le régime". "Un comportement alimentaire équilibré permet de se préserver d'une surexposition à une substance dans des aliments qui peuvent en contenir beaucoup", indique-t-il.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 07:25

voici une jolie animation explicite:

 

link

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:01

Le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous. Voici les clauses de ce contrat, renouvelable par reconduction tacite que vous signez chaque matin simplement en vous réveillant et en ne faisant rien :

 

1. J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants.

 

2. J'accepte d'être humilié ou exploité a condition qu'on me permette a mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

 

3. J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites.

 

4. J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement). J'accepte aussi qu'elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients.

 

5. J'accepte que l'on congèle et que l'on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s'écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année.

 

6. J'accepte qu'il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu'on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états.

 

7. J'accepte que l'on fasse la guerre pour faire régner la paix. J'accepte qu'au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J'accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d'armes et faire tourner l'économie mondiale.

 

8. J'accepte l'hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu'il s'agisse d'une énergie coûteuse et polluante, et je suis d'accord pour empêcher toute tentative de substitution, s'il s'avérait que l'on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l'énergie, ce qui serait notre perte.

 

9. J'accepte que l'on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu'il s'agit d'un ennemi et nous encouragent à le tuer.

 

10. J'accepte que l'on divise l'opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l'impression de faire avancer le système. J'accepte d'ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu'elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux.

 

11. J'accepte que le pouvoir de façonner l'opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd'hui aux mains d'affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu'ils en feront.

 

12. J'accepte l'idée que le bonheur se résume au confort, l'amour au sexe, et la liberté à l'assouvissement de tous les désirs, car c'est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie.

 

13. J'accepte que la valeur d'une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu'on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu'on l'exclue du système si elle n'est plus assez productive.

 

14. J'accepte que l'on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l'éducation et de la santé des générations futures.

 

15. J'accepte que l'on mette au banc de la société les personnes agées dont l'expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l'univers) nous savons que l'expérience ne se partage ni ne se transmet.

 

16. J'accepte que l'on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j'ai de la chance de vivre en occident. Je sais qu'entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous.

 

17. J'accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l'avenir de la vie et de la planète.

 

18. J'accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu'on me le signale explicitement. J'accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l'agroalimentaire de breveter le vivant, d'engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l'agriculture mondiale.

 

19. J'accepte que les banques internationales prêtent de l'argent aux pays souhaitant s'armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu'il vaut mieux financer les deux bords afin d'être sûr de gagner de l'argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s'ils ne peuvent pas rembourser les emprunts.

 

20. J'accepte que les multinationales s'abstiennent d'appliquer les progrès sociaux de l'occident dans les pays défavorisés. Considérant que c'est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu'on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l'homme et du citoyen, nous n'avons pas le droit de faire de l'ingérence.

 

21. J'accepte que les hommes politiques puissent être d'une honnêteté douteuse et parfois même corrompus. je pense d'ailleurs que c'est normal au vu des fortes pressions qu'ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise.

 

22. J'accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l'agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident.

 

23. J'accepte que le reste de la planète, c'est-à-dire quatre milliards d'individus, puisse penser différemment à condition qu'il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d'expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives.

 

24. J'accepte l'idée qu'il n'existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d'une conscience et d'un langage, ce n'est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte.

 

25. J'accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu'aujourd'hui tout ceci n'existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l'entendons sans cesse dans nos discours politiques.

 

26. J'accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l'explication du mystère de nos origines. Et j'accepte que la nature ait pu mettre des millions d'années pour créer un être humain dont le seul passetemps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants.

 

27. J'accepte la recherche du profit comme but suprême de l'Humanité, et l'accumulation des richesses comme l'accomplissement de la vie humaine.

 

28. J'accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J'accepte l'augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d'éléments radioactifs dans la nature. J'accepte l'utilisation de toutes sortes d'additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c'est qu'ils sont utiles et sans danger.

 

29. J'accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu'elle nous mène vers une catastrophe sans précédent.

 

30. J'accepte cette situation, et j'admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l'améliorer.

 

31. J'accepte d'être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux.

 

32. J'accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J'accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez.

 

33. J'accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m'empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.

 

Si vous êtes contre, vous pouvez toujours mettre en œuvre les ressources de l'amitié et de l'amour, de la fraternité et de la responsabilité partagée, réfléchir, concevoir, oser et tisser, comme le permet l'Internet... tout retard rapproche du néant.

 

Fait par amitié sur la Terre, le 11 septembre 2003.

 

Ce texte inspiré a été envoyé par une personne anonyme à la radio "Ici et Maintenant" le 11 Septembre 2003. Ministère de l'amour  love-police.com:  link

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 00:54

Des parlementaires de tous bords ont rendu public mercredi, à l’Assemblée nationale, un rapport d’audit mené pendant près d’un an sur la politique d’immigration de la France pour «éclairer l’approche des phénomènes migratoires».

 

--> Lire le rapport, ici link

 

Si aucune recommandation conjointe n’émerge de cet audit conduit auprès de 35 chercheurs et experts, les parlementaires (députés, sénateurs et représentants français au Parlement européen) à l’origine de la démarche entendent bien «peser» sur le sujet ou «interpeller» leurs formations respectives.

 

Ainsi, Sandrine Mazetier (PS) a indiqué qu’elle «interpellera les candidats à la primaire socialiste» sur la politique d’immigration qu’ils entendent mener.

 

Etienne Pinte (UMP), opposant notoire à la politique du gouvernement dans ce domaine, a regretté qu’«aujourd’hui on alimente les peurs, alors qu’il faut faire appel à l’intelligence de nos concitoyens».

Il a assuré qu’il «ne déserterait jamais sa famille comme Eric Besson (ex-PS) l’a fait avec la sienne» mais qu’il entendait «peser» sur elle, citant en exemple l’abandon par la majorité de la déchéance d’extension de nationalité dans le projet de loi sur l’immigration.

 

Le rapport apporte un éclairage sur des aspects souvent peu ou mal connus du grand public. Ainsi, le fait que les migrants subsahariens ont en moyenne un niveau d’instruction supérieur aux personnes vivant en France métropolitaine (40% d’entre eux sont diplômés du supérieur) ou encore, que le taux d’activité entre les étrangers de 30 à 49 ans et les Français du même âge est sensiblement identique.

 

L’universitaire Lionel Ragot a souligné que si la France optait pour une «immigration zéro» ce n’est pas 3% mais 5% du PIB supplémentaire qu’il faudra trouver à l’horizon 2050 pour financer la protection sociale.

 

Martine Billard (Parti de Gauche) a fait état d’une autre étude selon laquelle si les immigrés «coûtent» annuellement 47,9 milliards d’euros en dépenses de protection sociale, il rapportent 60,3 milliards en cotisations, soit un solde largement positif.

 

Tous les parlementaires présents ont regretté les fins de non-recevoir des responsables institutionnels sollicités et que ce rapport d’audit n’ait pu se faire dans un strict cadre parlementaire (le rapport ayant été financé par eux-mêmes).

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 09:09

Qu'elle soit publique ou privée, la dette mène aujourd'hui notre monde à la baguette, sans d'ailleurs n'avoir jamais aucune chance d'être remboursée. Mais demande-t-elle à l'être ? Et surtout, est-elle vraiment un dû ?

 

La dette privée résulte d'une distribution inégalitaire grandissante de l'argent. Pour faire face à ses inévitables difficultés de trésorerie, le plus grand nombre doit emprunter à cette « tranche du haut » qui continue à se sucrer allègrement.

 

La dette publique provient bien plus d'une baisse volontaire de la part des recettes, à coup de « paquets fiscaux », que d'une hausse des dépenses (stables en pourcentage du PIB). Pour pallier ce manque-à-gagner fiscal, l'Etat doit emprunter… à la « tranche du haut », qui bénéficie des cadeaux fiscaux, qui peut replacer son argent dans le circuit public moyennant taux d'intérêt juteux et garantie d'Etat !

 

Un surendettement généralisé

 

La perversité de la dette, privée comme publique, vient aussi de ce que le moyen d'échange économique, l'argent, transite obligatoirement par le circuit bancaire. Celui-ci ne se prive pas d'imposer ses quatre volontés, de spéculer avec l'argent de ses déposants sans même leur consentement et de le leur rendre à ses conditions.

 

En jouant du déséquilibre dans la distribution de l'argent et de leur monopole dans sa gestion, les banques ont développé sciemment le phénomène juteux du crédit. Et la plupart de ce que vous dépensez aujourd'hui, vous le leur devez.

 

Le taux d'endettement français, tant privé que public, tourne autour de la barre ahurissante des 80%. Et dépasse le cap des 100% dans bien d'autres pays. Avec l'argent et le travail, la dette est devenue le troisième outil de domination massive aux mains des oligarchies du système (appelé aussi « marchés »).

 

La « dette-racket » n'a aucune légitimité

 

La dette, c'est un peu comme le cholestérol. Il y a la bonne et la très mauvaise :

 

* la première, admettons, c'est la dette-investissement qui permet de financer ce qui sera produit ensuite (l'emprunt de l'étudiant pour ses études, le prêt au petit entrepreneur pour monter sa petite entreprise, le grand emprunt public pour les grands travaux d'Etat…) ;

 

* la très mauvaise, c'est la dette-racket, celle que des margoulins vous contraignent à utiliser pour vous procurer des biens et des services que vous avez déjà contribué à produire au sein de la collectivité (ah ! les « crédits-revolving » ! ). Ou encore celle, comme on l'a vu, qui provient du détournement de l'argent public dans des poches privées.

 

Les dettes-racket, tant privées que publiques, n'ont strictement aucune légitimité. Elles découlent des dérives d'un système inacceptable. De quel droit régalien, le monde entier, traité comme un troupeau de gamins immatures, peut-il être ainsi mis, des années et des années durant, sous tutelle de la dette-racket, des « marchés » nébuleux et des agences de notation ?

 

Cesser de payer, c'est récupérer son dû

 

Aujourd'hui, la dette est en crise, nous dit-on, victime de ses excès auto-destructeurs. Non en raison de son non-remboursement (la dette-racket n'a pas vocation à l'être, bien au contraire), mais en raison des risques de non-paiement de ses intérêts, le magot du créancier. Alors une fois de plus, les « marchés » tentent de faire payer l'impossible note aux populations.

 

Il n'y a pas 36 manières d'éradiquer le mal : il faut faire disparaître le système des dettes-racket au plus vite. Profiter de son grave état de faiblesse actuel pour le mettre hors d'état de nuire.

 

Les populations disposent d'une arme redoutable pour mener à bien cette indispensable révolution : cesser de payer ! Les Islandais ont montré l'exemple à deux reprises. 

Cesser de payer, c'est récupérer légitimement son dû et reprendre un pouvoir abusivement confisqué. Comme le peuple français sut si bien le faire en mettant un terme à la dynastie des Capétiens en 1789. Mais il est vrai que là encore, cette révolution suppose d'abord celle de nos esprits formatés par une culture opportunément culpabilisatrice en la matière.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 18:27

Le 3 mai 2011 marquera une date importante dans l'histoire de notre pays, le commencement du coup d'Etat le plus grave et le plus silencieux jamais organisé. Le 3 mai s'ouvre donc à l'Assemblée Nationale le débat sur la réforme constitutionnelle visant à intégrer dans la Constitution rien de moins que la pure et simple interdiction des déficits publics.

 

Au début de l’année 2011, le président de la République a annoncé son intention de réformer la Constitution. Il s’agit d’y introduire l’obligation « d’équilibre des finances publiques », c’est-à-dire l’instauration permanente de la rigueur au nom de la réduction des déficits publics. Cette réforme s’inscrit dans le « pacte de compétitivité » que Sarkozy et Merkel ont fait adopter par l’Union européenne. Si elle était adoptée, cette réforme de la Constitution marquerait :

 

- un nouveau pas dans la subordination à l’Union européenne, donc aux exigences du capital financier ;

 

- la remise en cause du peu de souveraineté (du Parlement et de la nation) subsistant après les coups déjà portés par les institutions de laVe République et l’Union européenne ;

 

- la remise en cause de la possibilité pour les organisations syndicales de négocier sur la base des revendications des salariés, qui pourraient être décrétées « anticonstitutionnelles ».

 

Déjà, depuis l’adoption du traité de Maastricht (1992), en application des décisions de l’Union européenne, tous les gouvernements successifs ont organisé toutes les destructions : services publics, dés industrialisation, démantèlement de l’agriculture, déréglementation des droits du travail. Tous les budgets, à tous les niveaux, de l'État aux communes, se sont vu opposer les critères de Maastricht. Le principe de la « concurrence libre et non faussée » a imposé les privatisations.

 

Demain, si cette réforme de la Constitution était adoptée, un gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, serait « contraint » — sous peine de non-respect de la Constitution — d’appliquer toutes ces exigences dictatoriales de l’Union européenne.

 

Ce serait une nouvelle arme pour le Medef dans son offensive pour la destruction de tous les droits collectifs des travailleurs.

 

Demain, la Constitution pourrait ainsi être opposée aux droits des organisations syndicales à représenter les intérêts de la classe ouvrière et à négocier sur la base de ses revendications. Ce serait donc une atteinte d’une gravité exceptionnelle contre la démocratie.

 

Pour mieux comprendre ce qui est en cause, voyons ce qui se passe au Portugal ou la même politique est mise en chantier :

 

« Les Portugais éliront une nouvelle majorité le 5 juin, mais ils n’auront pas le choix du programme de droite ou de gauche, le vainqueur devra imposer l’austérité jusqu’en 2014 au moins.Trois semaines plus tôt, chaque grand parti s’y sera engagé individuellement auprès de l’Union européenne et du FMI. Cette perte de contrôle politique est le prix à payer pour un plan (...) décidé hier dans ses grandes lignes par la zone euro, les 27 pays de l’UE et la Banque centrale européenne. » Ce plan, précise Le Figaro (9 avril) d’où ces lignes sont extraites, « vise à mettre l'État portugais au régime sec, à lancer un “ambitieux programme” de privatisation pour réduire la dette publique et, enfin, à assouplir le marché du travail ». Et Le Figaro de citer la déclaration du 8 avril : « La préparation (du plan d’austérité) devra commencer immédiatement, en vue d’un accord entre les partis à la mi-mai, et permettre la mise en œuvre sans délai du programme d’ajustement dès la formation du nouveau gouvernement. »

 

Dans de telles conditions, y a-t-il encore un enjeu à ces élections ? Le Figaro répond : « Pour éviter toute contestation issue des urnes, les Vingt-Sept ne concrétiseront leur aide qu’une fois acquis “le soutien des principaux partis politiques”, indique la déclaration finale. Le futur chef de gouvernement ne pourra qu’appliquer scrupuleusement le remède auquel il aura lui-même souscrit. » En France, un rapport de l’OCDE (1) félicite le gouvernement et l’encourage à amplifier les mesures anti-ouvrières — en matière de salaires, Sécurité sociale, hôpitaux, marché du travail, etc. — destinées à revenir aux critères de Maastricht. Le rapport précise : « La France aurait intérêt à se doter d’un cadre budgétaire renforcé et à valeur constitutionnelle. Ce cadre inclurait une règle de déficit structurel, une programmation budgétaire pluriannuelle détaillée et un conseil budgétaire indépendant. »

 

Certes, la France n’est pas le Portugal... Mais peut-on ignorer que le 3 mai, l’Assemblée nationale entame le débat sur la réforme constitutionnelle qui prétend graver dans le marbre l’interdiction des déficits publics ? Peut-on ignorer que le projet du PS pour 2012 prévoit l’adoption, au lendemain de la présidentielle, d’une « loi de finances publiques quinquennale » fixant les mesures « de maîtrise des déficits et de réduction de la dette » ? Peut-on ignorer que, d’une manière ou d’une autre, tous les candidats institutionnels sacrifient à la nécessité de « réduire les déficits »

 

Le plus surprenant, le plus scandaleux, la pire offense faite à nôtre peuple est le silence total, lourd et pesant qui entoure toute cette affaire.

 

Vous pouvez fouiller de fond en comble le blog de Jean luc Mélenchon, ou de n'importe quel candidat, les articles et les communiqués de tous les partis qui se réclament de la gauche, pas un mot, pas une allusion, alors qu'une telle infamie mériterait pour le moins un soulèvement, devrait être au centre de toute campagne contre Sarkozy et sa politiques.

 

Le « débat » a pourtant déjà commencé dans les commissions de l'Assemblée nationale. Consciencieusement, les députés du Parti socialiste amendent le projet de réforme constitutionnelle, qui veut graver dans le marbre la rigueur dictée par l’Union européenne, se présentant comme les plus capables de « réduire à la fois les déficits, la dette publique et les prélèvements obligatoires » Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, est tout aussi « responsable » et décrète « indispensable (…) la maîtrise des budgets et la réduction des déficits publics » pourvu que soient préservés « les capacités d’investissement et les budgets sociaux » (sans doute prévoit-il la distribution de sandwichs et de couvertures aux plus nécessiteux.

 

Ainsi, si cette politique devait être menée à son terme, nous devrions « choisir » en 2012 entre l'inspirateur de cette politique et son plus fidèle exécutant, entre DSK ou Sarkozy, ainsi quel que soit le candidat élu son programme est déjà écrit à Bruxelles ou Washington.

 

Ainsi serait mené à son terme le projet dictatorial inscrit dans les traités de l'Union européenne, priver les peuples de tous les attributs de la souveraineté, les plier par la contrainte à toutes les exigences du Capital, poursuivre jusqu'à son terme la destruction de tous les acquis ouvriers.

 

Ainsi, ils en ont parvenu à un tel niveau d'abaissement moral qu'ils s'imaginent que les peuples vont se soumettre et ramper comme peuvent le faire les Papandréou ou Zapatero et leurs amis de la « gauche européenne ».

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 14:28

Une partie de l'UMP veut faire de la lutte contre l'«assistanat» son thème de prédilection pour renouer avec les classes moyennes. Une rhétorique populaire sur laquelle Nicolas Sarkozy avait surfé en 2007. La France est pourtant un des pays d'Europe où les minima sociaux sont les plus bas.

 

Priver plus d'un million de bénéficiaires du RSA et leur famille de revenu minimum ? L'idée n'est pas de Marine Le Pen ni de son père, mais bien du très influent conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. Quelques jours après la cuisante défaite de l'UMP aux cantonales, cet ancien de Minute théorisait dans Paris-Match son «plan de bataille» pour reconquérir d'ici 2012 l'électorat populaire : immigration, identité nationale, et lutte contre l'assistanat dans le cadre d'une «grande loi de réhabilitation du travail». Alors que 4 millions de Français sont au chômage et que la crise continue de produire ses effets, l'idéologue propose ni plus ni moins de «réserver le RSA aux bénéficiaires qui ont un travail». Or parmi les 1,8 million d'allocataires du revenu de solidarité active, l'ex-RMI, seuls 650.000 sont dans ce cas. Si une telle mesure était votée, plus d'un million se verraient donc privés de ressources.

 

Une idée folle ?

La dénonciation de l'«assistanat», sujet «clivant» par excellence entre la gauche et la droite, est pourtant en train de devenir la lubie des durs de la majorité, qui pensent sans doute pouvoir rejouer la partition victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007.

 

Fin mars, un député de Moselle proposait de forcer les chômeurs à effectuer des «travaux d'intérêt général». Quelques jours plus tard, le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Laurent Wauquiez, annonçait dans Le Figaro une proposition de loi conditionnant le versement du RSA à «cinq heures de travail social» – non rémunéré – par semaine. «Ce n'est pas une sanction mais un marchepied vers l'emploi», dit-il, pour éviter que «le RSA ne se transforme en nouvelle prestation d'assistanat». La proposition a fait réagir le père du revenu de solidarité active : Martin Hirsch a dénoncé sur son blog des «propositions démagogiques, dangereuses parce qu'inefficaces» qui «commencent à fleurir avec le printemps préélectoral».

 

L'offensive ne s'arrête pas là. Depuis quelques semaines, les ministres Bachelot (Solidarités) et Bertrand (Santé, Travail) multiplient les coups de communication autour de la question des fraudes aux prestations sociales, un thème très populaire dans l'électorat de droite. Xavier Bertrand a un coup d'avance puisque Le Figaro Magazine lui a consacré sa Une le 4 mars. Quant à François Bayrou (Modem), il estime que le projet du PS, récemment rendu public, va encourager «l'assistanat».

 

Ne craignant pas l'amalgame entre déficit de la Sécurité sociale et immigrés, une quarantaine de députés UMP ont déposé le 13 avril un projet de texte réservant le minimum vieillesse, versé à 70.000 bénéficiaires de plus de 65 ans gagnant moins de 9.000 euros par an, aux seuls Français ou à ceux qui ont travaillé en France, alors qu'il a toujours été versé sans condition de nationalité. Une initiative inouïe à laquelle la présidente de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse, Danièle Karniewicz, a répondu dans un courrier que Mediapart s'est procuré : «Pour les personnes qui n'ont jamais travaillé en France, (l'allocation) ne représente pas une retraite mais un minimum vital.»

 

«Le virus anti-assistanat a gangréné les politiques français», y compris au PS, conclut Olivier Ferrand, animateur du think-tank progressiste Terra Nova.

 

Alors, vivons-nous vraiment dans un «pays d'assistés» ? Les bénéficiaires de minima sociaux sont-ils vraiment encouragés à ne rien faire ? La fraude aux allocations est-elle vraiment un fléau français ? Le point, avec des chiffres et des arguments.

 

Surprise : Nicolas Duvoux, sociologue à Paris-Descartes, n'a pas peur d'utiliser le terme «assistés». Il l'a même repris dans le titre de son livre, "L'Autonomie des assistés", comme un défi à l'idée reçue selon laquelle les bénéficiaires de minima sociaux se complaisent dans la pauvreté, l'apathie et l'oisiveté. «Pour le sociologue, l'assisté, c'est celui qui est pauvre, qui doit être aidé» par la solidarité nationale : selon l'Insee, en 2008, la France comptait 8 millions de personnes vivant avec moins de 949 euros par mois.

 

Mais pour beaucoup de Français, «assisté» est évidemment péjoratif : «Ce terme évoque des gens en situation de dépendance par rapport à la collectivité, comme si, derrière la protection sociale institutionnalisée, se masquait une déliquescence morale», dit Duvoux. Avec le flot d'images qui va avec : les pauvres (ou les Roms) qui roulent en BMW – un thème cher à Nicolas Sarkozy –, les journées passées à jouer à la console au lieu de chercher du travail, le travail au noir, ou encore les «allocations-braguette» – l'idée selon laquelle les pauvres, souvent étrangers, font des enfants pour toucher les allocations familiales.

 

«Ces représentations ont émergé dès la fin des années 1970 aux Etats-Unis» à la fin de l'âge d'or économique de l'après-guerre, raconte Hélène Périvier, économiste à l'OFCE (Sciences-Po). «Le républicain Ronald Reagan [président de 1981 à 1989] truffait ces discours sociaux de références à la “Welfare Queen”», cette femme pauvre de la banlieue de Chicago qui roulait prétendument en Cadillac, adorait le champagne, et aurait fraudé 150.000 dollars à diverses caisses sociales en s'inventant 80 noms, 30 adresses, et quatre maris décédés. Un personnage inventé, comme l'a prouvé le livre du journaliste américain David Zucchino, "Myth of the Welfare Queen".

 

N'empêche : le cliché du pauvre oisif et fraudeur a fait florès. Y compris en Europe où il a largement inspiré les politiques, de droite mais aussi de gauche, à partir du milieu des années 1990. Dans l'inconscient collectif des Blancs américains, la "Welfare Queen" était bien souvent noire. «Les programmes sociaux sont faits pour aider les plus pauvres, et les plus pauvres sont aussi généralement les populations dominées, des femmes ou des personnes issues des minorités ethniques», rappelle Hélène Périvier.

 

«Mentionner l'assistanat dans le débat politique, c'est utiliser un langage codé, insiste Nicolas Duvoux. Ce terme évoque souvent, sans qu'il soit besoin de les nommer, les étrangers.» On saisit mieux pourquoi Patrick Buisson, le conseiller de Nicolas Sarkozy, place la «lutte contre l'assistanat» sur le même plan que l'immigration ou l'identité nationale...

 

Les Français qui tancent les «assistés» sont-ils pour autant tous racistes ? «De plus en plus de gens, notamment les classes moyennes inférieures et les jeunes, se sentent floués dans le jeu de la solidarité», admet Danièle Karniewicz, la président de la CNAV. Notamment toute une France des classes moyennes inférieures gagnées par l'«extension du désavantage social», selon le sociologue Olivier Schwartz : les salariés au Smic ou à peine plus, les jeunes, ou ces «petits-moyens» fragilisés qui pensent qu'ils «paient pour tout le monde», pour les plus riches mais également pour les plus pauvres qui bénéficient des aides. Dans "L'Autonomie des assistés", Nicolas Duvoux montre d'ailleurs que même les bénéficiaires du RSA refusent le terme d'«assistés» pour eux-mêmes, alors qu'ils l'emploient volontiers pour les autres...

 

La France, trop généreuse avec ses pauvres ?

 

La protection sociale en France représente beaucoup d'argent. La solidarité coûte cher : selon le ministère de la Santé, la Sécurité sociale, qui affichera un déficit de 24 milliards d'euros en 2011, verse chaque année 600 milliards d'euros de prestations (maladie, retraite, allocations familiales, RSA, etc.). C'est 31% du PIB, un des niveaux les plus élevés dans l'OCDE, le club des pays riches. Un filet de protection conséquent qui a aidé la France à mieux se sortir de la crise que bon nombre de ses voisins.

 

Ces dépenses augmentent en revanche d'au moins 4% par an, soit deux fois plus vite que le PIB : 4,7% en 2009, du fait de la crise. «Un dérapage incontrôlé», affirme le think tank libéral Ifrap, pourfendeur de la dépense publique... Dérapage dans lequel les minima sociaux ne jouent pourtant qu'une part minime : quatre cinquièmes des dépenses de la Sécurité sociale (soit 480 milliards d'euros au total) sont absorbées par les dépenses de vieillesse et de santé, occasionnées par l'ensemble des Français.

 

Selon le ministère de la santé, 3,5 millions de Français touchent un des onze minima sociaux versés sous conditions de ressources : le Revenu de solidarité active (fusion de l'ex-RMI et de l'allocation parent isolé), l'ASS (chômeurs ayant épuisé leurs droits à l'assurance-chômage), l'ATA (demandeurs d'asiles), l'AAH (handicapés sans avantage vieillesse ni rente d'accident du travail), l'allocation d'invalidité, l'allocation veuvage, le minimum vieillesse, le revenu de solidarité pour l'outre-mer... En prenant en compte les ayants droit (enfants, conjoints), ce sont plus de 6 millions de Français qui vivent avec une allocation.

 

Tous ne sont pas inactifs : dans un tiers des 1,8 million de foyers qui bénéficient du RSA, au moins une personne travaille – c'était d'ailleurs la philosophie du projet de Martin Hirsch : donner un complément de revenus pour inciter à la reprise d'une activité.

 

Le nombre des bénéficiaires de minima sociaux n'explose pas. Il est surtout très dépendant de la conjoncture économique : le nombre d'allocataires du RSA a gonflé de 14% entre fin 2007 et fin 2010...

 

Le «succès» jamais démenti du RSA est aussi dû, rappelle Nicolas Duvoux, à l'aspect de plus en plus «restrictif» des conventions d'assurance-chômage négociées entre syndicats et patronat depuis le milieu des années 1990. «Entre 2001 et 2005, le nombre d'allocataires du RMI a ainsi progressé de 30%», explique le sociologue. Il sert en quelque sorte de roue de secours à notre système social alors qu'il devait, à sa création, servir de tremplin vers l'emploi (le «i» de RMI qui veut dire «insertion»).

 

Contrairement aux idées reçues, les minima sociaux en France sont faibles. Alors que le Smic est à 1.365 euros brut, le RSA «socle» – de base – culmine à 467 euros pour une personne seule (hors "forfait logement"), à 980 euros pour un couple avec deux enfants. A peine la moitié du seuil de pauvreté. «Par rapport au revenu médian – la moitié des Français gagne plus, l'autre moins –, le RMI a perdu 34% depuis le début des années 1990», rappelle Nicolas Duvoux. Même évolution par rapport au Smic, au moins indexé chaque année sur l'inflation.

 

Selon une étude de l'Institut de recherches économiques et sociales de 2007, «les montants des revenus minima garantis aux personnes pauvres sont beaucoup plus élevés» dans les onze autres pays européens étudiés : «De 30 à 40% au Royaume-Uni et en Finlande, de l'ordre de 50 à 75% en Irlande, Suède, Belgique et Pays-Bas, environ le double en Norvège et en Islande, environ le double pour les couples et environ 140% pour les parents isolés en Autriche, et de l'ordre de 150% au Danemark».

 

«En appauvrissant ainsi les plus faibles, la France est en train cultiver une exception délétère en Europe», estime Olivier Ferrand de Terra Nova, partisan d'une «augmentation des minima sociaux». «D'autant qu'elle prive également la quasi-majorité des moins de 25 ans du revenu de solidarité active, ce qui est une exception en Europe !» Selon Olivier Ferrand, le montant des minima sociaux dessine d'ailleurs une «hiérarchie des générations dans notre pays» : «709 euros pour le minimum vieillesse, 460 euros pour le RSA, 0 pour les jeunes».

 

Pour de nombreux spécialistes de la protection sociale, l'importance du nombre de bénéficiaires des minima sociaux prouve avant tout l'épuisement de notre modèle social. Dans ce système imaginé après la guerre, à l'orée des Trente Glorieuses, chacun était protégé grâce à des droits acquis par son statut salarial et par sa famille. «La Sécurité sociale n'est pas fondée sur la citoyenneté mais sur la nécessité de sécuriser le travailleur français, sa femme et sa famille», résume Nicolas Duvoux. Avec le déclin industriel, la précarité du travail, le chômage et l'éclatement des configurations familiales classiques, le système fait de plus en plus d'exclus – jeunes, mères seules avec enfants –, qui basculent alors dans les minima sociaux. «La France traite encore la pauvreté en fonction du statut social des personnes, non en fonction de leurs besoins», estime Duvoux.

 

D'un côté, il y a donc un monde protégé de l'assurance (chômage, retraite, santé), régulé par les partenaires sociaux, où le cadre chômeur se voit par exemple garantir le plus haut plafond d'indemnisation du chômage d'Europe. De l'autre, un monde de l'assistance dévolu aux collectivités, où les minima sociaux sont très bas et ne permettent pas de rebondir. «Les structures de la protection sociale et les structures sociales divergent de plus en plus, poursuit le sociologue. L'assistance ne s'attaque pas aux causes, elle pallie les effets.»

 

«Ça encourage à ne rien faire»

 

Recevoir une allocation d'assistance, type RMI ou RSA, encourage-t-il à ne rien faire ? C'est ce que pense environ la moitié des Français. Mais, hormis une étude de l'Insee dont la méthode a été très contestée, rien ne permet de l'affirmer. Selon une enquête menée en 2009 par le Trésor auprès de 7.000 allocataires du RMI, de l'allocation parent isolé et de l'ASS, seuls 4% des sondés donnent comme raison de leur inactivité la non-rentabilité financière de la reprise d'activité. C'est même seulement 1% selon la Caisse nationale des allocations familiales.

 

Les études convergent : même si le gain à la reprise d'un emploi est faible, les bénéficiaires de minima sociaux veulent en général tout de même en retrouver un, et il n'est pas rare qu'ils reprennent un travail même s'ils y perdent. La motivation financière n'est donc pas primordiale, un argument d'ailleurs utilisé par les opposants au RSA lors de son instauration, en 2008.

 

L'idée selon laquelle les bénéficiaires de minima sociaux se complaisent dans l'oisiveté tient d'autant moins, rappelle Martin Hirsch dans Le Monde, que «les allocataires du RSA sont obligés, sauf problème de santé grave, de rechercher un emploi et d'être inscrit à Pôle Emploi» et sont donc «soumis à l'obligation d'accepter deux offres raisonnables d'emploi».

 

Selon l'enquête du ministère des Finances, si un quart des bénéficiaires du RMI ne recherche pas d'emploi, c'est d'abord à cause de leur état de santé, de problèmes de logement, de contraintes personnelles, comme le sentiment de ne pas être employable en raison d'une période d'inactivité trop longue, l'absence de moyen de locomotion ou la garde des enfants...

 

La grande majorité des bénéficiaires du RSA voient leur situation comme un «stigmate», explique Nicolas Duvoux. Du reste, un million de travailleurs pauvres, bénéficiaires potentiels du RSA, ne le demandent même pas. La faute aussi au caractère très «intrusif» des questionnaires de la CAF à remplir pour en bénéficier, dit le chercheur.

 

Plutôt que la fainéantise supposée des bénéficiaires de revenus minimum, c'est bien l'état morose du marché du travail, le coma dépassé de la formation professionnelle, le piteux état de l'accompagnement des demandeurs d'emplois couplé à la crise de Pôle Emploi, ou encore le labyrinthe institutionnel (la formation dépend des régions; le RSA des départements; le chômage et l'indemnisation de Pôle Emploi, etc.) qui sont à blâmer.

 

«Ils fraudent et ils travaillent au noir»

 

La fraude. C'est une des tartes à la crème des hebdomadaires. Cette semaine encore, Le Point fait sa couverture sur ceux qui «ruinent la France», dont les «fraudeurs de la Sécu». Début mars, plusieurs députés UMP ont annoncé le dépôt d'une proposition de loi pour éviter que la CNAF ne prévienne les allocataires qu'elle va contrôler, et exiger l'instauration d'une «carte sociale sur laquelle figureraient tous les subsides dont bénéficie le titulaire».

 

Régulièrement, des affaires de fraudes au chômage, aux minima sociaux, à la carte vitale, parfois en bande organisée, font la une des médias. Il y a quelques mois, en plein débat sur la burqa, le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux avait lui-même dénoncé la situation de Lies Hebbadj, cet habitant de Rezé (Loire-Atlantique), mari de quatre femmes et père de dix-sept enfants, qui avait, selon Le Figaro, accumulé 175.000 euros de prestations sociales en trois ans. Ouverture des JT garantie !

 

Evidemment, la fraude aux prestations sociales existe. Jean-Pierre Door, élu UMP du Loiret et médecin, l'évalue même à 5 milliards d'euros sur un total de 15 milliards de fraudes à la Sécurité sociale. Une mesure au doigt mouillé car en réalité, personne n'en sait rien. A la CNAF (branche famille de la Sécu), on l'évalue entre 540 et 808 millions sur 60 milliards de prestations versées, dont 88% est récupéré dans les trois ans. A la CNAV (retraites), on parle de seulement 25 millions d'euros, sans compter les fraudes organisées qui coûtent beaucoup plus cher, par exemple sur les carrières longues. Pour Pôle Emploi, fusion des Assedic et de l'ANPE, la Cour des comptes avance une estimation de 2 milliards d'euros... Des évaluations sans doute sous-estimées, indiquait en 2008 un rapport du Conseil d'analyse stratégique.

 

Mais gare à ne se focaliser que sur la fraude aux prestations sociales ! De l'aveu du député Door, les deux tiers des fraudes à la Sécu sont liées à des «actes médicaux inutiles». «Le gouvernement tend à focaliser sur les allocations mais il y a aussi un enjeu énorme, et peut-être plus grand encore sur les fraudes à l'assurance-maladie qui sont le fait de médecins, des hôpitaux ou des cliniques», autant de clientèles traditionnelles de la droite, souligne un haut fonctionnaire de Bercy.

 

D'après la Cour des comptes, les fraudes fiscales et sociales représenteraient au bas mot entre 29 et 40 milliards d'euros, soit entre 1,7 et 2,3% du PIB annuel.

Parmi les fraudes sociales, le travail au noir coûterait à l'Etat entre 6 et 12 milliards par an, en cotisations salariales et patronales non versées.

 

Mais c'est bel et bien la fraude fiscale qui coûte le plus cher aux finances publiques : 4,3 milliards d'euros pour l'impôt sur le revenu, 4,6 milliards pour l'impôt sur les sociétés, entre 7,3 et 12,4 milliards pour la TVA.

Sans compter les innombrables niches et astuces juridiques permettant d'échapper à l'impôt, pour les particuliers comme les sociétés.

 

Là-dessus, les propositions de loi ne se bousculent guère.

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 09:54

La publication du rapport Sauvé linksur la prévention des conflits d'intérêts présente certes des propositions qui vont dans la bonne direction, mais celles-ci risquent fort de ne rien changer dans la réalité, pour deux raisons.

 

La première a trait au contrôle des déclarations.

Ce sujet est central et la faiblesse des propositions de la commission Sauvé link à ce sujet traduit une opposition frontale des lobbiess et de leurs défenseurs à accepter quelque contrôle que ce soit.

 

Nous en avons eu une magnifique illustration mardi au Parlement européen où les membres de l'UMP ont en totalité soutenu l'amendement de leur groupe Parti populaire européen (PPE) et de celui des socialistes européens (S&D) de supprimer tout contrôle des déclarations d'intérêt.

 

Il est piquant de noter que ce vote est intervenu à l'occasion du vote sur le rapport concernant la gestion de la grippe H1N1 où l'indépendance des experts de l'Agence du médicament avait été mise en cause.

Ainsi, en pleine affaire Mediator, on peut juger l'océan qui existe entre les paroles des représentants de l'UMP, ministres y compris, et leurs actes.

 

De la même manière, le rapport Sauvé ne donne aucun moyen à la Commission de déontologie ou à l'Autorité de déontologie ni en termes d'audit, ni en termes de contrôle, ni en termes d'investigation pour vérifier les conflits d'intérêts.

 

Rien n'est prévu pour permettre aux citoyens de saisir la justice

 

En second lieu, les droits des citoyens ne sont pas préservés.

Les affaires récentes ont mis en lumière l'importance du contrôle citoyen pour assurer la transparence, exiger des investigations et même mettre en mouvement l'action publique.

 

Si la commission Sauvé propose le renforcement des sanctions pénales, ce qui va à l'encontre de ce que le Parlement a voté en décembre, encore faut-il que la justice soit saisie. Par qui ? De la même manière, rien n'est prévu pour permettre aux citoyens de saisir l'Autorité de déontologie et ce d'autant plus qu'aucune mesure de publicité n'est prévue pas même des avis rendus.

 

Doivent encore être traités les cas des nombreuses personnes qui restent hors du champ : les grands élus et leur proche famille, ou les parlementaires et leurs assistants (alors qu'au Parlement européen, ceux-ci sont soumis à un contrôle), qui feront l'objet d'une commission spécifique au sein du Parlement, le président de la République ayant exclu du champ de la commission Sauvé cette prérogative et constituant ainsi un nouveau régime d'exception.

 

En revanche, certaines ouvertures sont très intéressantes et il sera intéressant de voir si elles seront retenues, ce qui est peu probable. En particulier l'interdiction de cumul de mandat.

En définitive, ce rapport comporte des propositions intéressantes mais qui risque de ne pas entrer dans les faits si le contrôle n'est pas effectif.

 

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