Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 12:36

Diminué, vous êtes moins productif et coûtez plus cher à votre entreprise. Surtout, « une machine déjà abîmée finit par craquer »... et battre des records d’absentéisme.


Paul exhibe d’un geste dramatique son doigt enturbanné dans un gros pansement. Le quadragénaire travaille à la plonge dans un hôtel-restaurant pour hommes d’affaires, à Lille. Il s’est coupé profondément avec une boîte de conserve dans une poubelle. Il s’en veut, il aurait dû bien la fermer avant de taper dessus pour qu’elle prenne moins de place, on le lui a toujours dit.

Il est très ennuyé, il ne veut pas s’arrêter de travailler, même si son doigt n’est pas cicatrisé. Il a mis cinq ans à trouver un emploi, et ce n’est pas maintenant qu’il va le laisser filer.

Ça s’appelle du « présentéisme » : venir travailler même quand on sent que son état de santé nécessiterait de rester chez soi. Ses motivations sont diverses :

  • sentiment d’être indispensable,
  • peur des représailles,
  • respect d’une échéance,
  • refus de voir son revenu baisser (dans les petites entreprises où il n’y a pas d’accord pour couvrir les trois jours de carence, dans la fonction publique où a été mis en place un jour de carence non rémunéré depuis début 2012).

Pratiquement quatre travailleurs européens sur dix sont allés travailler alors qu’ils étaient malades en 2010, selon l’enquête européenne sur les conditions de travail. Cette pression concerne particulièrement les soignants, les enseignants et les travailleurs sociaux. Le phénomène n’est pas nouveau mais se répand, constate Michel Vézina, chercheur en santé publique à Québec.

Une bonne nouvelle ? Pas si sûr. Ni pour l’entreprise, ni pour le salarié.

 

http://storage.canalblog.com/49/77/295434/57240210.gif


Des salariés moins productifs

Claire travaille par missions, dans la publicité. Quand elle doit répondre à un appel d’offres un vendredi soir ou se remettre à l’ouvrage un dimanche, elle a droit à des jours de récupération. Et pourtant :

« Je repousse le moment de les prendre, me disant qu’il faut que je termine les projets commencés, pensant que je vais tenir, et j’arrive à un moment où je n’en peux plus physiquement, mais surtout mentalement. Je n’ai plus envie de rien. Et j’ai du mal à me motiver pour bosser, je deviens lente, déprimée, et j’ai du mal à repartir. »

Au point d’être moins efficace au travail ? Tout à fait, répond l’Institute for Health and Productivity de l’université Cornell aux Etats-Unis, qui a compilé les études menées sur la productivité au travail en lien avec différentes maladies (asthme, arthrite, allergies, migraines, etc.).


Ça coûte cher à l’entreprise

Les chercheurs américains ont ensuite essayé de savoir si ces travailleurs au nez bouché – ponctuellement moins productifs – apportaient malgré tout quelque chose à l’entreprise, en se penchant sur le cas de 375 000 salariés.

Résultat : un salarié malade et présent ne rapporte en moyenne rien à son employeur. Au contraire, il lui coûte.

Un salarié affaibli s’avère en effet moins concentré sur sa tâche, effectue un travail qui doit parfois être refait, communique mal... Il fait ainsi perdre du temps à ses collègues et, au final, à l’entreprise.

La recherche a été publiée en 2004, et depuis de nouvelles études ont vu le jour. Michel Vézina, responsable d’une enquête québécoise [PDF] sur les conditions de travail, les a compilées :

« Le présentéisme coûte minimalement de deux à trois fois plus cher que l’absentéisme. Certaines études font même état de dix fois plus ! »

Quand le salarié est présent, c’est l’entreprise qui le paie, en salaire, mais quand il est absent, c’est la Sécurité sociale qui verse des indemnités journalières, voire personne quand il s’agit de jours de carence.

 

http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/104lasserpe.jpg


Ça rend encore plus malade

Sur son blog, Docteurmilie, médecin généraliste en Seine-Saint-Denis, raconte à quel point elle doit se battre avec ses patients pour leur coller des arrêts maladie. Elle évoque par exemple « Mme B., gardienne », qui est venue la voir le coude en tendinite :

« Elle a refusé à de nombreuses reprises mes arrêts, que pourtant j’avais rédigés et lui avais donnés. Elle ne veut pas s’arrêter, son travail c’est toute sa vie, elle est hyperactive. Elle a tenu le coup jusqu’à ce que le tendon se déchire et maintenant, cela fait plus d’un mois qu’elle est en arrêt. »

C’est le problème : quand « on utilise une machine déjà abîmée, elle finit par craquer », prévient Michel Vézina. Les salariés qui pratiquent le présentéisme sont plus largement sujets aux maladies de long terme, qui les empêchent durablement de reprendre le travail. Et battent des records... d’absentéisme, selon une étude [PDF] du National Institute for Working Life, en Suède.

Ils sont également davantage concernés, d’après la même enquête, par :

  • les troubles du sommeil ;
  • les problèmes digestifs ;
  • les douleurs dans le dos ou la nuque ;
  • un sentiment de déprime.

Enfin, les salariés qui font du présentéisme ont deux fois plus de problèmes coronariens sérieux (type infarctus), comme l’ont démontré des chercheurs anglais.


Ecouter ce que dit le présentéisme

Pour Michel Vézina, spécialiste en santé publique, il faut donc considérer le présentéisme comme un indicateur de santé important dans l’entreprise :

« Le présentéisme n’est pas l’animal à traquer… Quand il est élevé, il faut s’interroger sur l’organisation du travail. »

 

Comment savoir si l’on fait du présentéisme ?
Les symptômes suivants peuvent vous alerter, selon Michel Vézina : perte de concentration, de mémoire et d’attention (oublis, erreurs), diminution du rythme de travail, sentiment de fatigue intense au travail, problèmes de ponctualité, relations difficiles avec les collègues, irritabilité, isolement, diminution de la qualité des services.

Pas facile en France, remarque Alexis Motte, qui a réalisé pour son cabinet Mobilitis, avec OpinionWay, une enquête sur la mobilité au travail dans l’Hexagone :

« En France, il faut montrer qu’on est là, nettement plus qu’en Europe du Nord, et beaucoup plus que dans les groupes anglo-saxons où c’est une marque d’incompétence que d’être encore là à 21 heures. »

Alors venir travailler quand on est malade...


Et vous, vous arrive-t-il de venir travailler alors que vous sentez qu’il faudrait mieux resté alité ? Pour quelles raisons ? Pouviez-vous faire autrement ?


Bien que stressés, pressés et délocalisés, certains travailleurs sont devenus « accros » à leur taf au point d’y laisser leur santé mentale. Une aubaine pour toutes ces boîtes de psy spécialisées dans la gestion des risques psychosociaux.

 

Éléments de diagnostic.


La bonne nouvelle est tombée début septembre dernier : le taux d’absentéisme dans les entreprises françaises est à son plus bas niveau depuis 2007 . En moyenne, le salarié français ne s’arrête plus que 14,5 jours par an contre 17,8 en 2009.

 

L’heureuse nouvelle est colportée par l’Alma consulting group, un cabinet international d’expertise spécialisé dans le conseil en diminution de charges sociales et de coûts. Las, après avoir consacré le tire-au-flanc espèce en voie de disparition, le rapport pointe une épidémie en plein essor : le présentéisme.

 

La symptomatologie du bobo ?

 

Des salariés qui s’accrochent à leur fauteuil comme autant d’arapèdes à leur rocher pour un productivisme dérisoire, des zélés qui ne comptent plus leurs heures sup’ malgré un état physique ou moral au bord de la déglingue.

Au final, un travailleur zombie, « présent physiquement, mais psychiquement absent ». Un drame humain mais pas que, puisque l’épidémie coûterait à l’Europe, ô désastre suprême, la bagatelle de 20 milliards par an.


« Le présentéisme regroupe des situations très différentes, explique le psychanalyste et psychiatre Christophe Dejours .

 

Il y a des gens arrêtés par leurs médecins qui continuent de travailler, parce que sinon ils pensent à leurs angoisses. Ils se plongent alors dans une forme d’activisme pour éviter que leur “pensée libre” ne reparte. Il y a des cas où les médecins sont obligés par leurs patients à délivrer des aptitudes au travail, alors même que la santé du salarié est menacée par ses conditions de travail. C’est l’exemple du gars qui bosse dans la métallurgie avec un taux de plomb dans le sang important. Ces gens prennent des risques considérables avec leur santé tout simplement pour pouvoir bouffer. Enfin, il y a cette catégorie de travailleurs déjà fortement engagés dans leur boulot qui, si jamais leur boîte fait l’objet de dégraissage ou devient plus concurrentielle, compensent en travaillant davantage. »


À ce triptyque effrayant, il convient d’ajouter cette double menace extérieure qui pèse sur le monde du travail : un flicage des arrêts maladie en hausse constante et une crise économique grande pourvoyeuse de plans de licenciement.

 

http://www.djibitv.com/media/thumbs/320/3012.jpg

 

Un contexte anxiogène à l’origine du surinvestissement de certains salariés enclins à faire le paon devant leur hiérarchie, afin de ne pas faire partie de la prochaine brouette de lourdés. Quitte à y laisser sa santé.

 

Un tableau qui ne saurait être complet sans un minimum d’analyse des derniers bouleversements du monde du travail. « D’un côté, on a détruit les formes de solidarité et isolé les gens ; de l’autre, on a promu le culte de la performance, résume Christophe Dejours.

Dans ce nouveau schéma, le voisin, s’il réussit, devient une menace. Les gens se méfient, ils ne se parlent plus.

Prenons un exemple : un open-space chez Renault. Un ingénieur a besoin d’un renseignement pour un reporting concernant une filiale en Roumanie, mais ce renseignement ne peut lui être fourni que par son voisin. Il ne lui pose pas directement la question, non, il lui envoie un mail, alors que les deux types bossent à deux mètres. Et puis comme il n’obtient pas de réponse à son mail, il renvoie son message avec une quarantaine de destinataires en copie pour l’obliger à lui répondre. Ici, on voit à quel point l’organisation du travail a détruit toute notion de vivre ensemble. »


Du coup, il ne faut pas s’étonner que la gestion des risques psychosociaux soit devenue un business au chiffre d’affaire inversement proportionnel à celui de nos dettes publiques.

Un business largement favorisé par le « Plan d’urgence contre le stress au travail » pondu par le ministre du Travail en poste en 2009, un certain Xavier Darcos, suite aux vagues de suicides de France Télécom.

 

Dans le sillage, c’est tout un tas de cabinets d’expertise et de conseil, plus ou moins en cheville avec le Medef, qui ont vu le jour.

 

Des boîtes au blaze fleurant bon une SF de série B : Technologia, Altaïr Conseil, Axis Mundi et autre Psya, pour ne citer que les plus connues. Le crédo de ces psys du chagrin : travailleuses, travailleurs, nous allons vous aider à… vous adapter.


« Ces boîtes ne remettent jamais en question l’organisation du travail, ni ne s’intéressent vraiment à la psychologie individuelle, d’ailleurs, précise le professeur Dejours. Le principe est : quand ça ne va pas, c’est parce que les gens ne savent pas gérer leur rapport à la contrainte. Alors on va proposer des cours de yoga, de respiration, des médicaments. Récemment, j’ai appris que certaines sociétés donnaient à leurs salariés des carnets de tickets donnant droit à des entretiens avec des psychologues patentés. »

 

Un ticket-psy contre deux tickets-restau, on devine les ravages de ce marché noir naissant.

 

Travailler malade ou rester couché?

 

Le présentéisme en entreprise bien plus coûteux que l'absentéisme

 

 les ravages du... présentéisme !

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 00:27

Documentaire - Media Education Foundation - Canada - 2008

 

Les enfants sont soumis à un brainwashing publicitaire intensif, dont ce documentaire donne une présentation saisissante...

Les enfants et leurs comportements observés au microscope par des publicitaires sans aucun scrupule pour pénétrer leur cerveau, leur esprit et y inscrire des marques pour vendre vendre vendre, tout et n'importe quoi pourvu que ça rapporte.

 

Pire, les nouveaux publicitaires sont d'anciens enfants, formés dans les écoles remplies de pub...

La pub est un danger démocratique majeur.

 

Les enfants, une cible idéale pour l'industrie du marketing qui développe des stratégies de plus en plus sophistiquées pour atteindre ce jeune public.

Dans ce documentaire de la "media education foundation", un organisme américain spécialisé dans l'impact des médias sur la culture et la politique, vous verrez comment, aux États-Unis, les spécialistes du marketing ciblent les bébés et les enfants de biens des façons, souvent pernicieuses, afin de s'immiscer dans tous les aspects de la vie de ses jeunes consommateurs.

 

Documentaire. Le refrain est connu, mais il n'est jamais mauvais de se le faire répéter: l'avènement de la consommation de masse a profondément transformé le rapport de l'humain aux objets, aux désirs, aux autres, à l'envie,à` l'environnement...

 

Moins libre, plus individualiste, plus angoissé et surtout destructeur aveugle de ressources naturelles, le consommateur est passé en près de 50 ans de l'état de moteur d'une économie en mutation à celui de tare inquiétante dans un système dont la redéfinition serait aujourd'hui inévitable.,.

Des fondements de l'American way of life (Le rêve américain), dans les années 1950 et 1960, à la consolidation de la propagande commerciale, dans les années 70, en passant par la vie de banlieue et le syndrome du voisin gonflable, la balade dans les méandres de nos travers et paradoxes humains est plus que fascinante avec ses assemblages de messages publicitaires d'époque, ses rencontres avec des penseurs de la modernité et ses petites vox populi où les citoyens-consommateurs prennent conscience, au milieu d'un centre commercial, de la futilité de leurs désirs.

 

Il y est question de pollution, d'exploitation mondialisante, de l'affaissement des valeurs morales induit par le goût de la propriété, d'irrationnel, mais aussi des centaines de produits qu'un ménage moyen américain possède et dont la nomenclature, débitée en guise d'introduction de ce documentaire, est étourdissante.

Il y a aussi des révélations troublantes: actuellement, les humains ont besoin de 1,2 Terre pour répondre à leurs besoins de consommation. Si la planète entière se mettait à vivre et à` consommer comme les Américains, dit Brockhoff, c'est de cinq Terre dont on aurait collectivement besoin. Et bien sûr, toutes ces révélations nous laissent perplexes.

 

documentaire percutant et efficace de Gene Brockhoff, qui en 50 minutes dresse un portrait sans concession de la crise de la consommation aux États-Unis en disséquant avec méthode, depuis la révolution industrielle, la mécanique culturelle, sociale, économique et surtout publicitaire qui a fait muter lentement et dangereusement les aspirations matérialistes de millions d'humains sur la planète en cauchemar pour tous. La surconsommation désigne un niveau de consommation situé au-dessus de celui des besoins normaux ou d'une consommation moyenne.

 

Au delà d'un certain seuil, la surconsommation est un facteur de surexploitation de ressources naturelles, pas, peu, difficilement, dangereusement ou lentement renouvelables. Quand une de ces ressources épuisée ne peut plus être remplacée par une autre, des besoins vitaux peuvent ne plus pouvoir être assurés. Cette notion a notamment induit celle de dette écologique et d'effets différés dans l'espace (déséquilibres nord-sud ou est-ouest) et dans le temps (à l'égard des générations futures) Certains courants de pensée, notamment écologistes et tiers mondistes puis altermondialistes ou du développement soutenable, estiment que plusieurs pays développés actuels sont en état de surconsommation, ce qui entraînerait via les effets du libre-échange sur l'environnement des effets socio-économiques et écologiques négatifs à échelle planétaire.

 

La notion de surconsommation comme celle d'empreinte écologique (ou d'empreinte énergétique pour le domaine de l'énergie) commence à intéresser les économistes, notamment depuis le Rapport Stern et le sommet mondial de la Terre de Rio (Rio, juin 1992). Mais dans un contexte de mondialisation et de libéralisation des échanges, elle n'est pas ou faiblement actuellement intégrée au paradigme dominant en sciences économiques car peu de recherches scientifiquement satisfaisantes ont été menées à ce propos.

 

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 10:47

"Nous sommes comme les passagers du Titanic qui dansaient au son de l’orchestre au moment où le paquebot heurtait la banquise." Bill Moyers

 

Entretien avec Michel Drac - Enjeux géopolitiques pour l'avenir

 

La crise que nous traversons est globale: la détérioration de l’environnement; la rareté de l’eau potable; la déforestation; la désertification; la pauvreté chronique et la faim dans de vastes régions du monde; les problèmes sociaux soulevés par la violence urbaine; le terrorisme; la drogue; l’instabilité économique à l’échelle mondiale, provoquée par l’endettement; la menace nucléaire, l'explosion démographique, etc. La liste est accablante.

 

On peut envisager la situation sous bien des angles: politique, économique, etc. Ils sont d’ailleurs tous interreliés. Mais c’est sous l’angle humain que je veux l’aborder, à partir de l’effet de cette situation sur les individus.



La Crise de la Civilisation - Documentaire par ReOpen911

 

 


de la résistance au changement

 

À tous les niveaux, on observe une paralysie du système. La gestion l’emporte sur la vision. Le court terme sur le moyen et le long terme. Les grandes idéologies, qui se sont écroulées, ne permettent plus de redéfinir la société. L’économie apparaît comme le seul projet organisateur, mais avec la menace que le mythe de l’expansion fait peser sur l’environnement...

 

Oil, Smoke & Mirrors VOSTFR

 

Tout se passe comme si le système lui-même était en inhibition d’action.

 

Cette impuissance paraît découler, dans les mentalités, de la peur du changement et, curieusement, de l’espoir...

 

la peur

 

Dans toutes les situations instables, le sentiment d’insécurité éveille une réaction de peur qui se traduit par un repli sur les habitudes. On cherche à consolider les acquis, comme en témoignent, par exemple, les attitudes, les comportements inspirés par le corporatisme.

 

La peur considérée comme un obstacle au changement est un concept qui paraît aller de soi. Il faut pourtant une analyse psycho-logique en profondeur pour comprendre jusqu’à quel point nous avons peur du lendemain. Peur de manquer de tout, de mourir de faim! Oui, à ce point... C’est ce que l’on trouve au cœur de la peur, le noyau qui se situe au centre de la peur, dur comme le roc, difficile à identifier et plus difficile encore à pulvériser. C’est d’ailleurs le noyau de cette peur viscérale qui commande dans l’ombre la plupart de nos attitudes, de nos comportements. Au point que dans toutes les démocraties, acquises au nom de la liberté – car tel était l’objet de toutes les grandes révolutions – le besoin de sécurité a fini par supplanter celui de la liberté. Les prolétaires au fond d’eux-mêmes ont toujours voulu vivre comme des bourgeois. Le progrès paraît se trouver dans le confort, la sécurité. Tout le système socio-économique repose sur la sécurité: les assurances de toutes sortes, les régimes de retraite... J’en parle avec facilité, car je n’y échappe pas, bien que je combatte en moi autant que je le peux, mais sans grand succès, cette tendance trop humaine commandée par la peur de l’avenir, que renforce notre sociale-démocratie essentiellement bourgeoise.

 

Dans les premières années de la vie, c’est l’étranger, ce qui est étrange, qui commande la peur. Avec les années, le conditionnement socio-culturel aidant, la peur de l’étranger, de ce qui est étrange, tend à se généraliser pour devenir la peur de l’inconnu, du vide qui s’ouvre devant nous, de l’avenir. Cette peur viscérale, Sénèque la dénonçait déjà lorsqu’il faisait remarquer que les humains amassaient des biens, des provisions pour l’avenir, selon sa formule, au point que certains d’entre eux – il dirait aujourd’hui un très grand nombre – finissent par se retrouver avec plus de provisions pour l’avenir qu’ils n’ont d’avenir... Chaque fois que, dans mes conférences, j’ai évoqué cette réflexion de Sénèque, j’ai toujours obtenu de la part de l’auditoire un silence... de mort.

 

C’est cette peur qui empêche de lâcher prise, de céder un peu de place aux autres, aux jeunes en particulier, pour retenir tous les avantages acquis même s’ils sont injustes par rapport à la situation d’ensemble, car il suffit qu’ils aient été acquis pour qu’on les considère comme légitimes, et pour qu’on repousse la perspective du changement. C’est aussi cette peur qui inspire les stratégies guerrières, en général, et les systèmes de défense collectif et individuel.

 

La première étape de la démarche de purification consiste à voir cette peur, à la reconnaître en soi, à la regarder en face, pour ensuite entreprendre de pulvériser le dur noyau de la peur viscérale...

Mais d’après ce que j’ai pu observer, en moi comme à l’extérieur, il s’agit ici d’une entreprise considérable. Commençons donc par voir cette peur en nous afin de devenir plus conscients de la résistance au changement qu’elle entretient.

 

pouvoir.png

 

l’espoir

 

L’espoir représente aussi un obstacle dans la mesure où il suggère que la situation va s’arranger d’elle-même, éventuellement; qu’il n’est pas besoin de changer les habitudes, de penser et d’agir.

 

L’espoir considéré comme un obstacle au changement représente un concept pour le moins troublant. Le mot espoir éveille le plus souvent... l’espoir, un sentiment positif. En revanche, la peur considérée comme un obstacle au changement paraît aller de soi, l’idée que l’on se fait de l’espoir s’oppose à ce qu’on le considère aussi comme tel. On suggère alors qu’il s’agit plutôt d’un faux espoir, mais c’est ne pas saisir en quoi l’espoir représente précisément un obstacle. Qu’il soit fondé ou non, qu’il se réalise ou non, peu importe. L’espoir est un obstacle en ce qu’il reporte la solution à plus tard et qu’il suggère que la solution se trouve à l’extérieur, qu’elle ne dépend pas de nous... ce qui revient à justifier notre impuissance, à la renforcer. L’avenir se trouve, en effet, à l’extérieur de nous; il fait appel à un ailleurs mythique dans le temps. L’espoir de gagner à la loterie, par exemple, se trouve à l’extérieur. C’est en quoi du reste la loterie est immorale, en ce qu’elle dérobe le présent. J’attends de l’extérieur, de l’avenir, la solution au lieu de m’employer à créer de nouvelles conditions, ici et maintenant. C’est en quoi, précisément, l’espoir est un obstacle.

 

Ce concept, je le précise, n’est pas de moi. Il a été défini ces dernières années par des futurologues qui en sont venus à la conviction que l’espoir est un obstacle parce qu’il incite à reporter à demain ce que l’on devrait faire aujourd’hui.

 

L’éducation, qui permet de remettre à plus tard la résolution de tous les problèmes, est sans doute le lieu où l’on investit le plus volontiers, ces années-ci, l’espoir. Dès que l’on se heurte à une difficulté qui paraît insoluble, difficile à contourner sans faire un effort, sans changer ses habitudes ou perdre ses acquis, on se dit que la solution se trouve dans l’éducation. Pour résoudre toutes les questions soulevées par la crise de l’environnement ou de l’endettement, l’éducation est la réponse. Pour la faim dans le monde, encore l’éducation. Pour la paix de même. Toujours l’éducation...

 

On finit donc par hypothéquer l’avenir, par reporter à plus tard la solution des problèmes, qui auront pris alors des proportions alarmantes. On fait porter la responsabilité de ses choix à ses enfants et à ses petits-enfants, sous prétexte qu’ils seront mieux éduqués, donc plus en mesure de refaire le monde.


Hypocrisie! La génération du baby-boom, qui occupe de nos jours la plus grande partie de l’espace social, est celle dont le niveau d’instruction (l’éducation au sens large) est le plus élevé de toute l’histoire de l’humanité. Nous sommes donc, ici et maintenant, suffisamment formés et informés pour résoudre les problèmes auxquels nous devons faire face. Cessons de nous en remettre à l’espoir que-ça-finira-bien-par-s’arranger et, surtout, d’investir cet espoir hypocrite dans l’éducation des autres, leur faisant ainsi porter le poids de nos responsabilités. En somme, cessons d’afficher notre espoir plutôt que notre détermination.

 

C’est dans les mentalités que l’on rencontre le plus de résistance au changement.

 

Émile Durkheim

 

http://s3.amazonaws.com/youboox_bookstore/author_pictures/65/original/durkheim.png

 

Le concept qui me paraît le mieux cerner la crise actuelle est celui de l’anomie, défini au début du siècle par Émile Durkheim, créateur de l’École française de sociologie. Durkheim avait observé l’incapacité où se trouvait déjà la société d’intégrer les individus. L’intégration sociale est le processus par lequel un individu fait sienne les normes culturelles prévalant dans une société ou un groupe. Cette incapacité, précisait-il, est provoquée par l’affaiblissement de la conscience collective... ce qui revient à dire que l’anomie sociale résulte de la confusion des valeurs.

 

Dans une société anomique, les individus se considèrent comme séparés de la collectivité, isolés. Ils vivent dans l’incertitude, éprouvant même une forme de lassitude, voire de désespérance. Des sociologues ont même développé le concept de l’anomie jusqu’à parler de "démoralisation sociale".

 

À la perte de cohésion sociale et aux difficultés socio-économiques associées à l’anomie correspond toujours, faisait remarquer Durkheim, une augmentation du nombre d’infarctus, du taux de délinquance et d’emprisonnement, de même que du taux de suicide.

 

Or, depuis l’époque où Durkheim a forgé le terme anomie, la situation paraît s’être détériorée – particulièrement au cours des dernières décennies – comme en témoigne la vision que l’on a de l’avenir. Il y a trente ans, les artistes qui imaginaient l’avenir étaient encore enclins à nous en proposer des images futuristes où la technologie et l’humanisme s’épanouissaient l’un par l’autre.

 

Mais voici quelques années, des artistes invités à leur tour à imaginer l’avenir en ont presque tous proposé des images d’hécatombes, de ruines, de dépotoirs...

 

"L’art est information", disait Marshall McLuhan.

 

pour la suite du monde

 

La tendance anomique peut-elle être renversée? C’est là la question... Les facteurs qui déterminent cette tendance peuvent-ils être neutralisés?

 

Si la situation à l’échelle planétaire se détériore, on observe pourtant l’émergence de divers mouvements politiques et sociaux (par exemple, les mouvements pour la démocratie, la paix dans le monde, la justice sociale) dont l’action de plus en plus planifiée et concertée permet de penser que nous assistons peut-être à l’amorce d’un redressement. Par ailleurs, on constate que la conscience écologique s’étend de plus en plus en même temps que s’affirme davantage l’influence positive des femmes... Les groupes d’entraide sont aussi plus nombreux, ce qui donne à penser que la société se prend davantage en charge.

 

Ce courant, qui témoigne de la capacité que nous avons d’inventer de nouvelles stratégies, demeure cependant un phénomène encore marginal.

 

Tous les malheurs de l’Europe

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 08:57

Villes et campagnes, montagnes et déserts, rivières et fonds sous-marins : les déchets de plastique ont tout envahi. Alors que ce matériau n'existe que depuis un siècle, il polluera encore l'environnement dans plusieurs milliers d'années.

 

Le constat est alarmant, mais une prise de conscience commence à se faire à l'échelle mondiale.

Non seulement il importe de fabriquer moins d'objets, contenants et emballages en plastique, mais leur recyclage pourrait être amélioré.

 

Des entreprises proposent désormais des solutions alternatives. Les stylistes s'y mettent et proposent des éléments de décoration, des robes et des accessoires en plastique recyclé !

 

Il serait aussi possible de fabriquer des matériaux ayant les mêmes vertus que le plastique mais biodégradables, en utilisant des végétaux. Du bioplastique,en quelque sorte...

 

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 23:09

http://www.kokopelli-semences.fr/images/pages/directive_europeenne_98-44/directive_europeenne.jpgJean-Pierre Berlan, ex-directeur de recherche à l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) analyse l’affaire des conclusions de la recherche de Gilles Seralini sur un OGM, le maïs NK603. Jean-Pierre Berlan ne tente pas de battre en brèche (ou non) le protocole de Mr Seralini, ce que la plupart des « experts » se sont empressés de faire, mais souligne les problématiques centrales que les OGM cultivés en plein champ, et voués à nourrir les êtres vivants posent : celles de la démocratie, de l’agriculture moderne des industries chimiques, du règne des experts, de l’addiction des populations aux pesticides.

 

Les contrefeux destinés à discréditer l’étude de Gilles-Eric Séralini et sa personne ne sont pas près de cesser : « rien de nouveau, manque d’information sur la composition de la ration alimentaire, protocole expérimental biaisé, échantillon statistique insuffisant, présence possible de mycotoxines, coup médiatique, etc. » Séralini témoignerait d’un biais anti-Ogm, accusent ses critiques – parabole de la paille et de la poutre. Mais la toxicologie est la seule discipline scientifique où ne rien trouver assure une carrière paisible.

 

Montrer des dangers des éthers de glycol, du nucléaire, du sel, des Ogm expose à des déboires sûrs plutôt qu’à des promotions. Le courage et le mérite de Séralini et de quelques rares scientifiques d’aller à contre-courant sont d’autant plus grands. Tout aussi délicat à manier est l’argument que Séralini utilise une souche de rats sensible aux tumeurs. C’est suggérer qu’il aurait dû utiliser une souche résistante pour ne gêner personne et, bien sûr, laisse soupçonner que cette toxicologie sous influence peut choisir, si nécessaire, la “bonne” souche pour obtenir les “bons” résultats.

 

Depuis le début de cette guerre de tranchées en 1997, les Ogm assurent la carrière, les contrats, les crédits, la consultance, les brevets, les “starts-up”, l’aggrandissement des laboratoires et le prestige scientifique à ceux qui les font. Ils ont un intérêt personnel à leur succès, ce qui n’a, disent-ils, pas d’influence sur la Vérité si bien protégée par La Méthode.

 

A ce complexe génético-industriel s’oppose une opinion publique dont le bon sens lui dit que si les scientifiques sont dans leur laboratoire, ce n’est pas parce qu’ils savent mais bien parce qu’ils ne savent pas et qu’il est dangereux de s’en remettre à des ignorants, même si, en bons dialecticiens (là aussi, qui s’ignorent), ils se font passer pour des “savants”. Particulièrement lorsque les connaissances et les représentations évoluent à tout vitesse, ce qui est le cas. Pendant des décennies, 95% ou plus de l’ADN était non-fonctionnel, mais il s’avère depuis quelques jours que cet ADN “poubelle” jouerait un rôle fondamental.

 

Les Ogm sont-ils scientifiquement dangereux pour la santé publique, pour l’environnement ? Peut-être ? Peut-être pas ? Peut-on juger leur dangerosité éventuelle pour les humains sur des rongeurs? C’est la pratique toxicologique barbare imposée, alors que des tests sur cultures de tissus humains permettraient de cribler rapidement les quelques 100 000 molécules de synthèse en circulation. Ces tests sont bon marché, rapides, et raisonnablement fiables : autant de raisons pour que les industriels les refusent.

 

Reste que notre intérêt est de soutenir ceux que les lobbies industriels et leurs mercenaires cherchent à faire taire. Qu’on se souvienne du rôle des médecins mercenaires dans le désastre de l’amiante. Mais plutôt que se laisser piéger par une expression qui implique que la modification génétique est le problème (ce qui conduit à le confier aux experts sous influence), il faut se tourner vers la réalité, la marchandise, que les Monsanto, DuPont, Syngenta, Dow, Bayer et autres fabricants d’agrotoxiques (car ce sont ces industriels qui contrôlent les semences dans le monde) vendent sous cette expression. Après tout, c’est nous qui l’ingurgitons. Autant savoir de quoi il s’agit.

 

Les lois et règlements exigent que les plantes semées soient “homogènes et stable”». Le premier adjectif signifie que les plantes doivent être identiques (aux défauts inévitables de fabrication près) et le second que la même plante soit offerte à la vente année après année. Le rôle semencier est donc de faire des copies d’un modèle de plante déposé auprès d’instances officielles. Le terme “clone” désigne, je pense de façon appropriée, la marchandise vendue, bien que les biologistes récusent ce terme qu’ils voudraient réserver à la reproduction végétative, la pomme de terre par exemple. Ils préfèrent donc continuer à utiliser le terme variété, « le caractère de ce qui est varié, contraire de l’uniformité » selon le dictionnaire. La variété chez les plantes est l’équivalent de la race chez les animaux (les Vilmorin utilisent indifféremment les deux mots dans leur livre de 1880, Les meilleurs blés) et renvoie à l’idée de caractères communs particulièrement visibles dissimulant des variations moins évidentes mais importantes.

 

Partout, mais particulièrement en science, les mots doivent désigner la réalité. Lorsque le terme usuel implique le contraire de ce que l’on voit, c’est qu’il faut la cacher. Le paysan produisait du blé, le système agro-industriel produit des profits en transformant les pesticides en pain Jacquet. Le capitalisme industriel a siphoné la substance des activités qui ont fait notre l’humanité mais il serait dangereux que nous nous en rendions compte. Il fait tout pour entretenir l’illusion.

 

Ces clones sont “pesticides”. Le président Sarkozy a condamné les “Ogm pesticides” lors de son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement. Il a donc condamné 99,6% des “Ogm” commercialisés. Le pourcentage est le même cinq ans plus tard. Mais qui fabrique les Ogm-pesticides ? Ces clones pesticides sont de deux types, ceux qui produisent une toxine insecticide, ceux qui absorbent un herbicide sans mourir. De plus en plus, ces deux traits se retrouvent simultanément. La toxine insecticide est produite par toutes les cellules de la plante. L’herbicide, lui, pour agir doit pénétrer dans la plante. La construction génétique introduite dans la plante neutralise son action. La plante survit et l’herbicide reste. C’est le cas du Round-up qui fait la fortune de Monsanto. Dans les deux cas, le pesticide entre dans l’alimentation.

 

Le but des fabricants d’agro-toxiques est, on le voit, de changer subrepticement le statut des pesticides : de produits toxiques à éliminer autant que possible de notre alimentation, ils sont en train d’en faire des constituants de notre alimentation. Le principe de l’équivalence en substance, scientifiquement ridicule mais qui fonde la “sécurité alimentaire” – tant qu’une fraise transgénique ne ressemble pas à une pomme de pin, elle est “substanciellement équivalente” à une fraise normale – permet de courtcircuiter les tests coûteux et longs qui grèvaient les profits des agrotoxiques chimiques.

 

Il n’y a pas de conséquences néfaste, nous affirment les fabricants d’agrotoxiques et leurs experts d’autant plus facilement qu’ils se gardent bien de faire les travaux approfondis qui permettraient (peut-être) de les découvrir. Ils se contentent de s’assurer “scientifiquement” que « dans l’état actuel des connaissances scientifiques », on ne peut pas “scientifiquement” démontrer une toxicité éventuelle. Ils font de l’absence de preuve la preuve de l’absence. Or l’état de ces connaissances est balbutiant. Les bactéries de notre tube digestif sont 100 fois plus nombreuse que les cellules de notre corps. On connaît 5 à 10% seulement de ce microbiote, qui joue un rôle physiologique important – et mal connu. Il en est de même pour les micro-organismes du sol – une poignée de terre fertile contient de 5 à 50 milliards de bactéries, pour ne rien dire des champignons, des actinomycètes, des algues etc. 80% de la biomasse se trouve dans les 30 premiers centimétres de la sol et nous détruisons cette pellicule moléculaire de Vie qui assure le fonctionnement des grands cycles biologiques du carbone, de l’azote, de l’eau etc.

 

On ne sait presque rien du développement de l’œuf fécondé à l’organisme final : l’oreille par exemple avec son pavillon, son conduit auditif, le tympan, l’enclume, l’étrier, les canaux, le limaçon et ses cellules ciliées qui transmettent le son au nerf auditif, tout ceci est délicatement et admirablement façonné spatialement, arrangé avec précision dans le temps et l’espace et se met exactement à sa place – à partir d’une seule cellule ! Tout plonger dans un bain de perturbateurs hormonaux et autres produits chimiques est d’autant imprudent que ces molécules peuvent entrer en synergie et être plus toxiques encore à des doses non mesurables. Pour résumer, l’Italie nous a offert un plat sublime de simplicité, la pasta al pesto. Les fabricants d’agrotoxiques veulent nous imposer désormais la pasta al pesticida. Ce n’est pas à leurs mercenaires de décider de notre appétit.

 

Enfin, ces clones pesticides sont brevetés. L’enjeu ? Les être vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. La loi de la vie s’oppose à la loi du profit. La vie a donc tort. Ce projet de société, l’expropriation de la vie, commence avec le capitalisme industriel. Dès la fin du 18ième siècle, les aristocrates anglais infatués de courses de chevaux créent un système administratif du contrôle du “sang” de leurs animaux. Il est l’image dans un miroir des règles aristocratique de transmission du pouvoir et de la richesse. Les papiers administratifs (le “pedigree”) et le contrôle des saillies assurent aux aristocrates éleveurs le monopole du “sang” de leurs animaux. Un animal qui a des “papiers” a de la valeur, un animal roturier ne vaut que sa roture.

 

Ce système est repris au début du 19ième siècle pour les animaux de ferme et perdure encore avec les livres des origines. Pour les plantes, il faut attendre bien que, dès la fin du 19ième siècle, les sélectionneurs se plaignent de l’injustice de la Nature. Elle prendra différentes formes. Biologique avec le fameux maïs “hybride” que les agriculteurs ne peuvent re-semer sans chute de rendement – une des plus belles escroqueries scientifiques du siècle passé et présent, ce monopole permettant de multiplier par 50 ou 100 le prix des semences – le non moins fameux Terminator de mars 1998 qui permet de faire des plantes dont la descendance est carrément stérile.

 

Monsanto s’est immédiatement jeté sur Terminator, ce produit de la collaboration de la recherche publique (!) et d’une entreprise privée, lui assurant ainsi une publicité mondiale. Cet Ogm “répugnant” révélait le secret le mieux gardé de la génétique agricole : séparer ce que la vie confond, séparer la production de la reproduction. Technologie et précipitation inopportunes, car les fabricants d’agrotoxiques étaient sur le point d’arriver discrètement à leurs fins avec la Directive 98/44 “de brevetabilité des inventions biotechnologiques”, péniblement transposée en droit français à l’unanimité (sauf le groupe communiste) à la fin 2004. Ce brevet – un monopole accordé à un cartel et le renforçant – favorise, prétend-t-on l’Innovation alors que la doxa économique enseigne depuis Adam Smith que la concurrence assure le Progrès. Quelle imposture !

 

Le Parti Socialiste a assorti son vote d’une demande de renégociation dont plus personne n’a entendu parler. En France, d’ailleurs, multiplier les obstacles règlementaires pour empêcher l’agriculteur de semer le grain récolté est une spécialité des ministres socialistes de l’agriculture, de Michel Rocard en 1995 à Jean Glavany (2001) en passant par Henry Nallet (1989). Mais Glavany a surclassé ses prédécesseurs avec sa “cotisation volontaire obligatoire”, une taxe sur les semences de ferme (non commerciales), pour secourir une interprofession sous la coupe du cartel.

 

Une société démocratique doit-elle se laisser dicter sa loi par les experts – ces « hommes compétents qui se trompent en suivant les règles » (Paul Valéry) – pour évaluer la dangerosité des clones pesticides brevetés (ou tout autre problème)? Pas besoin d’expert pour se rendre compte que nous courons au désastre. Des clones, alors que la diversité biologique cultivée est à l’agonie. Des clones pesticides qui permettent d’éviter les tests coûteux imposés aux agrotoxiques chimiques et nous enfoncent dans l’addiction à des poisons qui créent leur propre marché et l’élargissent constamment car les ravageurs et les pathogènes les contournent inévitablement. Des clones pesticides brevetés qui confient notre avenir biologique aux fabricants de produits en “cide”, aux fabricants de mort.

 

L’expression Ogm et les débats qu’elle impose, typiques de notre époque d’enfumage, révèlent l’état de notre démocratie. Appeler les choses par leur nom, ouvre un possible renouveau démocratique: démonter une législation semencière dépassée qui impose les clones et condamne des associations qui, comme Kokopelli, luttent pour sauvegarder la diversité. Lutter sérieusement contre l’addiction aux pesticides. En finir, enfin et surtout, avec le brevet du vivant. Le PS n’a–t-il pas dit qu’il en demanderait la renégociation ?

 

Bien entendu, les sycophantes détournent l’attention en annonçant l’avènement d’Ogm philanthropiques et verts. Les Ogm vont nourrir la planète et protéger l’environnement annonçait Axel Khan dans Les Echos en 1998. Mais nous n’avons toujours que des clones pesticides brevetés.

 

Comment ces Ogm philanthropiques et verts pourraient-ils être ceux d’une société où la maximisation du profit est la seule règle, où les experts scientifiques sous influence remplacent la démocratie, où les “empoisonneurs publics” (Roger Heim, Président de l’Académie des Sciences dans sa préface au livre de Rachel Carlson, “Un printemps silencieux” de 1964 – une autre époque) et marchands de Mort ont toute liberté pour confisquer la Vie. Les Ogm philanthropiques et verts sont ceux d’une société démocratique et libre, donc philanthropique et verte qui, pour ces raisons, n’en aura pas besoin.

 

Jean-Pierre Berlan ex-Directeur de Recherche Inra

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 20:34

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

 

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

 

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

 

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

 

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

 

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

 

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.

 

Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

 

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

 

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

 

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale :

 

Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

 

Signer la pétition ICI

 

Pour mieux comprendre pourquoi les Roms pâtissent de l'électoralisme des politiques: clic ici!!!

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 10:07

La retraite à 60 ans pour celles et ceux qui ont commencé à travailler très jeunes va être rétablie par décret. Mais les inégalités devant la mort – et donc la retraite – demeurent : les ouvriers vivent en moyenne six ans de moins que les cadres. L’espérance de vie sans incapacité a diminué en France. En Allemagne, où les bas salaires se massifient, les plus pauvres ont même perdu deux ans d’espérance de vie alors qu’ils travaillent plus.

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRXzXDIn-UZR4IdYS9sgYE5tIxHA-AaMrDguYpY1rQTRTLQ1Fw0

 

Le décret aménageant l’âge légal de départ en retraite devrait être publié d’ici juillet par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Il permet à des salariés âgés de 60 ans, ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans, de partir en retraite à condition de réunir 166 trimestres cotisés.

Cela concerne les personnes nées à partir de 1955. Un nombre limité de trimestres pourra être pris en compte au titre du chômage et de la maternité. Ce retour partiel aux 60 ans était une promesse de campagne de François Hollande. Selon la CGT, « il s’agit d’une décision marquante qui rompt avec les politiques menées partout en Europe » mais qui « doit s’inscrire dans une dynamique de retour aux 60 ans pour tous » [1]. Car en Europe, l’espérance de vie ne progresse pas pour tout le monde, loin de là.

 

En France, l’espérance de vie en bonne santé diminue

 

Reculer l’âge de départ à la retraite pénalise avant tout les travailleurs les plus pauvres, qui vivent moins longtemps que les autres, alors même que l’espérance de vie générale continue d’augmenter. Une étude de l’Insee soulignait fin 2011 la constance des inégalités sociales face à la mort. Un homme cadre supérieur de 35 ans peut aujourd’hui espérer vivre jusqu’à 82 ans. Mais un ouvrier du même âge a une espérance de vie de seulement 76 ans, soit six ans de moins [2].

 

L’écart entre cadre et ouvrier atteint même dix ans pour l’espérance de vie en bonne santé, qui a baissé de presque un an en France entre 2009 et 2010 : 61,9 ans pour les hommes [3] (lire aussi notre article). L’écart est moins marqué chez les femmes, avec trois années de différence d’espérance de vie entre cadres et ouvrières. Mais les disparités demeurent : une ouvrière de 2012 est au même niveau qu’une cadre dans les années 1980.

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQS4ZOH6j6BhDCOmb3PxW5d9VUZGt2PhC9OTdrpH5XjrHqE7dIO

 

Le risque de mourir plus tôt que la moyenne est aussi très différent selon les catégories sociales. Un ouvrier de 35 ans a, par exemple, deux fois plus de risque de mourir avant 60 ans qu’un cadre du même âge (13 % de risque contre 6 %) [4]. Ces écarts restent les mêmes depuis un quart de siècle (lire aussi : Toutes les 3 minutes, un salarié européen meurt à cause de son travail).

 

Les travailleurs handicapés sont de plus en plus nombreux. clic ici !!!

 

En Allemagne, l’espérance de vie des plus pauvres recule

 

En Allemagne, où près d’un actif sur quatre touche un bas salaire (moins de 9,15 euros brut de l’heure), l’espérance de vie des travailleurs les plus pauvres a même tendance à baisser depuis dix ans. C’est ce que révélait en décembre le député Die Linke (gauche radicale) Matthias Birkwald, spécialiste des retraites.

Selon son analyse des chiffres fournis par l’assurance retraite allemande, les hommes qui gagnaient moins de trois quarts du revenu moyen et avaient cotisé trente-cinq ans sont morts en 2010 à 75 ans et demi en moyenne. En 2001, le décès survenait à 77 ans et demi. Ils ont donc perdu deux ans de vie en dix ans. La baisse est encore plus forte pour les habitants d’ex-Allemagne de l’Est : de 77,9 ans en 2001 à 74,1 ans en 2010.

 

Ces chiffres ont fait du bruit. Conservateurs et libéraux, au pouvoir en Allemagne, les ont contestés, mais pas sur le fond. « Ils ont dit qu’il ne s’agissait pas d’espérance de vie, explique Matthias Birkwald. En effet, nous avons calculé ces chiffres sur la base de la durée effective de retraite des hommes entre 2001 et 2010.

Ce n’est pas une prévision sur le nombre d’années à vivre dans le futur, mais un fait pour ceux qui ont déjà perçu leur retraite. Le temps effectif de perception de la pension, et donc de vie, a baissé pour les hommes aux faibles revenus. »

 

http://ogblfrontaliers.free.fr/site_model/humour_chant/dessin/Retraite/retraite4.jpg

 

6 euros de l’heure pour 45h de travail par semaine

 

Ce recul surprend peu au vu des conditions de travail toujours plus précaires des salariés aux bas revenus en Allemagne. Dans un pays sans salaire minium interprofessionnel, où 2,5 millions de personnes travaillent pour moins de 6 euros brut de l’heure, ils sont de plus en plus nombreux à devoir travailler toujours plus pour s’en sortir. Selon une étude de l’institut allemand DIW (le plus grand institut d’analyse économique du pays), publiée le 22 mai, les travailleurs à bas salaires et à temps plein exécutent en moyenne 45 heures par semaine. Un quart travaillent même 50 heures ou plus. Des temps de travail qui n’existaient avant que dans la couche la plus élevée des revenus.

 

Comment travailler à ce rythme, dans des emplois souvent pénibles, jusqu’à 65, voire 67 ans, le nouvel âge légal de la retraite en Allemagne [5] ?

 

« Ceux qui exercent les travaux les plus durs ne peuvent souvent pas travailler jusqu’à 65 ans et ne profitent pas de la hausse de l’espérance de vie, répond Matthias Birkwald. Ils doivent partir plus tôt et reçoivent des retraites réduites. »

Pour l’élu, l’équation est claire :

reculer l’âge de la retraite appauvrit ceux qui ne peuvent pas travailler jusqu’à l’âge légal. Or, seuls 10 % des personnes de 64 ans exercent une activité à temps plein aujourd’hui en Allemagne. 14 % des plus de 65 ans y sont menacés de pauvreté [6].

 

Manifestement, élever l’âge de la retraite n’est pas la solution. A moins de vouloir sciemment faire mourir plus tôt les plus pauvres.


Notes

 

[1] Communiqué du 6 juin.

 

[2] Un cadre de 35 ans peut espérer vivre encore quarante-sept ans, contre quarante et un ans pour un ouvrier.

 

[3] De 62,7 à 61,9 ans pour les hommes, selon l’Ined.

 

[4] De même, un homme de 35 ans a 27 % de risque de mourir avant 70 ans s’il est ouvrier, 13 % s’il est cadre.

 

[5] Il doit augmenter progressivement de 65 à 67 d’ici à 2029.

 

[6] Le seuil est fixé à 940 euros de revenus mensuels.

 

Travailler plus, gagner moins et mourir jeune...

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 14:31

http://rebellyon.info/local/cache-vignettes/L200xH150/arton10948-5965a.jpgSelon la définition admisse, le LEAN management (anglicisme comme toujours) est une méthode dite de type approche systémique pour atteindre l’excellence opérationnelle. Le but afficher est de « mettre fin au gaspillage » et aux « opérations qui n’apportent pas de valeur ajoutée au client ». En clair : c’est la mise en place d’une relation de type capitaliste et marchande dans toutes les sphères de la vie. Oui, car le LEAN management est aujourd’hui appliqué de partout, en particulier dans les services publics et les grandes entreprises.

 

Quelle est la cible de ce type de dres­sage ? Officiellement, le LEAN mana­ge­ment s’atta­que à sept points précis : la sur­pro­duc­tion, les atten­tes, les rebuts-retou­ches / cor­rec­tions, les gammes et pro­ces­sus opé­ra­toi­res mal adap­tés, les trans­ports / rup­tu­res de flux, les mou­ve­ments inu­ti­les et les stocks (pro­duc­tifs ou admi­nis­tra­tifs). Ces points sont appe­lés, de façon assez pro­saï­que, « formes de gas­pillage ».

 

Vous l’aurez com­pris : le but est le flux tendu per­ma­nent (donc la course à la pro­duc­tion et la flexi­bi­lité, comme diraient nos têtes d’ampou­les), la dimi­nu­tion de per­son­nel (ce qui est appe­ler « mou­ve­ments inu­ti­les » est en fait une notion très étrange, qui se tra­duit sur le ter­rain par mou­ve­ment finan­ciers inu­ti­les, ce qui peut être fait par un en com­pres­sant et accé­lé­rant doit l’être au lieu d’être fait par deux) et le prix de pro­duc­tion le plus bas pos­si­ble pour le profit le plus haut pos­si­ble.

 

Dans la défi­ni­tion offi­cielle, le LEAN mana­ge­ment doit, pour être effi­cace, s’appuyer sur l’amé­lio­ra­tion conti­nue avec une forte impli­ca­tion de tout le per­son­nel impli­qué dans les pro­ces­sus à opti­mi­ser. Oui, vous avez bien lu : pres­sion conti­nue et per­ma­nente, et sur­tout, tout le monde est impli­qué, de l’exé­cu­tant au direc­teur, du patron à l’ouvrier. En théo­rie en tout cas, car sur le ter­rain c’est autre chose. D’ailleurs, pour en mettre plein la vue au prolo et donner une impres­sion de supé­rio­rité (et de science) aux « team mana­ger » comme on dit, ce LEAN mana­ge­ment s’appuie sur un outil précis, le PDCA (Plan-Do-Check-Act) … Outil inventé par un nommé Shewhart, basé sur les tra­vaux d’un sta­tis­ti­cien du nom de Deming. On sent tout de suite le côté humain de la chose.

 

http://rebellyon.info/local/cache-vignettes/L368xH364/i1t-2-3c630.gif

 

Quel but a cet outil ? L’infan­ti­li­sa­tion d’un côté, en met­tant de belles cou­leurs et de jolis gra­phis­mes cir­cu­lai­res, et de l’autre la mise en pers­pec­tive indi­vi­duelle, c’est-à-dire, la mise en accu­sa­tion. Car si la « roue » se déroule pour le ser­vice, par exem­ple, elle est aussi bien sou­vent indi­vi­dua­li­sée. Au tra­vers d’entre­tiens d’objec­tifs ou autres noms, on met la pres­sion indi­vi­duel­le­ment à chacun pour « arri­ver à l’excel­lence ». Et sur­tout se met en place le tous contre tous. Un tous contre tous orches­tré, qui touche avant tout le plus bas niveau de l’échelle.

 

A cette « roue » un peu débile s’ajoute un outil fun, le KAIZEN (issu du japo­nais pour une fois, contrac­tion de Kaï (chan­ge­ment) et Zen (bon)). Oui notez qu’on aime dans le LEAN mana­ge­ment les for­mu­les alam­bi­quées et plei­nes de sous enten­dus. Alors c’est quoi le KAIZEN ? Et bien c’est l’amé­lio­ra­tion conti­nue. En gros, vous êtes mau­vais, vous le serez tou­jours car on peut tou­jours s’amé­lio­rer… Ne voyez vous pas là dedans une forme d’absolu un peu flip­pant ?

 

http://www.octo.com/uploads/pagemaster/8pn6e90c221o3xx5xb2o1ybtjv9or0.gif

 

Cette théo­rie des petits pas est mise en pra­ti­que dans énormément de sec­teurs : l’indus­trie lourde, l’hôpi­tal, la poste, des PME, etc…

Sa métho­do­lo­gie est simple : mise en accu­sa­tion et faire de l’opé­ra­teur concerné son propre bour­reau. Comment cela peut-il se tra­duire ? Et bien je vais essayer de donner un exem­ple concret.

 

Prenons mon­sieur Bertin, ouvrier dans l’auto­mo­bile, sur une chaîne de mon­tage de por­tiè­res. Il doit mettre 8 vis en 1 minute et 15 secondes aujourd’hui. Seulement voilà, son poste a été iden­ti­fié comme « glou­ton » (oui ce genre de mot est sou­vent employé, infan­ti­li­sa­tion oblige) au sein de la chaîne. Au cours de l’entre­tien annuel cela lui est signi­fié. Bien entendu, on lais­sera sous enten­dre qu’il n’y est pas pour rien, ce cher Bertin.

 

L’étape sui­vante est sub­tile, elle consiste à mettre en place un « climat de confiance » entre les mana­gers et leurs équipes. Deux moyens, sou­vent employés en même temps, exis­tent. Le pre­mier consiste à jouer la carte de la com­pé­ti­tion. Vous est donc mis en évidence le fait que d’autres sites, d’autres entre­pri­ses sont meilleu­res que vous. Notez au pas­sage que la notion est tel­le­ment sub­jec­tive que pour le coup, aucun mana­ger ne sera en posi­tion de vous prou­ver ses dires. Mais cela doit repo­ser sur la « confiance » qu’il ins­pire et « l’esprit de corps » qu’il met en place. La seconde méthode, c’est le sous entendu envers un ou une col­lè­gue. Souvent quand il / elle n’est pas là. C’est fait sub­ti­le­ment, en « met­tant en évidence le pro­blème » en « pré­sen­tant de façon objec­tive et ano­nyme (tout le monde sait que c’est impos­si­ble) des cas ». Souvent, ce / cette ou ces col­lè­gues devien­nent les boucs émissaires faci­les de tout ce qui cloche. Pas assez rapide, pas assez cons­cien­cieux, pas assez… Et on monte la meute contre eux. Avant d’en isolé d’autres …

 

Une fois ce climat ins­tallé, c’est la mise en place de « team lear­ning » ou équipe appre­nante. Cela consiste en une chose assez simple : on vous prend, indi­vi­duel­le­ment, et on vous demande d’évaluer votre poste (espace de tra­vail, cadence, posi­tions, etc…) et de « pro­po­ser des amé­lio­ra­tions dans l’esprit du KAIZEN (vous voilà samou­raï). La pre­mière copie que vous allez rendre (ou les pre­miè­res sug­ges­tions orales) sera certes reconnue mais clas­sée comme insuf­fi­sante… sur­tout vis-à-vis de ce que d’autres ont fourni (comme par hasard). C’est là que mon­sieur Bertin (reve­nons en à lui) va se pen­cher là-dessus, donner de quoi accé­lé­rer encore la cadence de son poste (en pla­çant autre­ment les outils par exem­ple) et per­met­tre que la chaine avance plus vite, que le stock dimi­nue du coup… Et là, bingo, féli­ci­ta­tions et mises en place en grande pompe de ce qui est trouvé.

 

http://www.journaldunet.com/management/vie-personnelle/franglish/image/lean-management-978571.jpg

 

Seulement, l’année sui­vante, mon­sieur Bertin se retrouve seul à sa machine, là où il avait avec lui un autre col­lè­gue. Le tra­vail aug­mente et on licen­cie. On flexi­bi­lise encore en deman­dant par­fois des semai­nes de 44 heures et d’autres fois de 28 heures. Pas de stock, donc pro­duc­tion à la demande. Plus de rapi­dité au poste, donc plus de fati­gue et de stress, mais sur­tout moins de sala­riés. C’est le cercle infer­nal qui se met en place. Et puis sur­tout, l’entre­tien d’évaluation arrive et on lui demande encore d’amé­lio­rer son poste… Et c’est reparti.

 

Voilà donc com­ment on trans­forme n’importe qui (ou pres­que) en son propre bour­reau. Le LEAN mana­ge­ment n’a que ce but : faire de vous la clef de voute de votre propre ser­vi­tude. Mais en décu­plant en prime l’indi­vi­dua­lisme, afin de briser toute envie d’unité dans la lutte.

 

Cette tech­ni­que de mana­ge­ment par l’affect (sou­vent, elle se double d’un mana­ge­ment « psy­cho­lo­gi­que », sur­tout lors des entre­tiens annuels) est des plus redou­ta­bles car elle est sou­vent, au départ du moins, plé­bis­cité par une majo­rité de sala­riés, voir par cer­tains syn­di­cats. Elle va avec le tutoie­ment d’entre­prise, vous savez ce « tu » à toutes les sauces, entre tous les niveaux hié­rar­chi­ques.

 

Et c’est là que le bas blesse. Loin d’être une simple lubie nou­velle à la mode, le LEAN mana­ge­ment est un outil assez ter­ri­ble qui brise bien au-delà du simple corps social pro­lé­taire, mais qui brise aussi l’esprit et les corps. Il est plus qu’urgent de com­bat­tre cela avec vigueur et force, de le dénon­cer et de faire recu­ler le patro­nat. Fablyon P.-S.

 

PS : vous aurez remarqué que je répète énormément « LEAN management » dans ce texte. Et bien vous avez face à vous une des techniques pour faire accepter ce dernier : la répétition d’un concept, même absurde, mais à l’infini.

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 08:01

JUSTICIABLE ou CANDIDAT, la question est grave.

Les juges ont ces notes entre leurs mains depuis fin 2011

 

Les articles Médiapart :

 

http://www.mediapart.fr/journal/international/150312/kadhafi-sarkozy-nos-nouv...

http://www.mediapart.fr/journal/international/120312/presidentielle-2007-kadh...

http://www.mediapart.fr/journal/france/200212/thierry-gaubert-un-homme-du-pre...

http://www.mediapart.fr/journal/international/150312/kadhafi-sarkozy-nos-nouv...

 

MàJ : http://www.mediapart.fr/journal/france/160312/kadhafi-sarkozy-m-brisard-sous-...

 

Affaire Balladur : la justice retrouve en Suisse les 10 millions fantômes

 

Comment Sarkozy peut-il continuer à être candidat quand de tels soupçons pèsent sur le financement 1995, le financement 2007, et les conditions qui ont conduit à l'intervention en Libye ....

 

Sans oublier les autres affaires:

 

enquête Charlie hebdo


La plainte contre Sarkozy


La France flirte avec la dictature!!!

 

Karachi, Libé répond à l'EXPRESS du funeste Barbier, à voir :

 

http://www.liberation.fr/politiques/06014609-sarkozy-savait-liberation-repond...

 

Marianne2 (Blog Associé)

 

  http://www.marianne2.fr/sarkofrance/Takieddine-Kadhafi-Sarkozy-le-gros-stress...


Arret sur Images, revue de la presse mondiale et du black-out en France

 

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13396

 

Le Monde.fr | 12.03.12 | 21h32

Sarkozy doit maintenant s'expliquer

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/12/mediapa...

 

ou la campagne de 2007 ici!!!

 

Un blog Villpeniste qui synthètise très bien l'affaire des notes:

 

http://www.villepinnet.fr/profiles/blog/show?id=6467100%3ABlogPost%3A23238&am...

 

L'appel du PS

 

http://francoishollande.fr/communiques/nicolas-sarkozy-devrait-s-expliquer-su...

 

Fichier source France Culture - Amélie Perrier questionnant Fabrice Arfi

 

http://www.franceculture.fr/emission-journal-de-8h-l-europe-lache-du-lest-sur...

 

Billet de Maître Bilger, Magistrat :

 

J'avoue, même en ayant accepté un temps la validité de l'attaque préventive qui aurait évité un massacre quasi certain à Benghazi, avoir été tout de même surpris par cette frénésie présidentielle et cet enthousiasme belliqueux tendant à persuader notre pays que la Libye, parce que BHL se répandait partout en flattant le président, était devenue notre destin, notre gloire et légende de demain. Je devinais bien qu'il y avait forcément là comme une compensation à la misérable péripétie du mois de décembre 2007. Il fallait d'autant plus jouer « les gros bras » en 2011 que la France avait été humiliée en 2007 à cause de son président.

 

Une bombe vient d'être jetée dans le débat public. Je ne surestime pas la portée qu'elle aura même si en pleine campagne présidentielle on pourrait espérer que tout ce qui éclaire les obscurités troubles d'un quinquennat mérite d'être mis en évidence. Cette bombe n'est pas absurde si on veut bien retenir tous ces liens officieux, longtemps occultés, qui ont vu la France de Nicolas Sarkozy et la Libye de Kadhafi être « en affaires » comme on dit : contrats, armes, commissions, secrets d'Etat, etc.

 

On apprend que les modalités du financement de la campagne présidentielle de 2007 auraient été déterminées au mois d'octobre 2005 par Kadhafi, l'un de ses fils Saïf el Islam et Brice Hortefeux, ministre, notamment, des collectivités locales. Cinquante millions d'euros auraient été programmés et une banque suisse, ainsi qu'un compte à Panama, auraient été concernés.

 

Ces tractations ont été révélées par l'ancien médecin personnel de Ziad Takieddine et les notes de celui-ci qui aurait effectué rien moins que onze voyages en Libye en 2011 (Mediapart).

 

Fallait-il se moquer des menaces de Kadhafi et de ce même fils quand en 2011 ils affirmaient avoir financé la campagne de Nicolas Sarkozy ? La réaction outragée du président de la République questionné sur ce point par Laurence Ferrari sur TF1 l'a dispensé de répondre sur le fond de cette affaire, qualifiée de « grotesque ».

 

http://www.marianne2.fr/Kadhafi-et-si-BHL-avait-servi-a-brouiller-les-pistes-..

 

L'affaire Amesys!!!

 

Regardons comment il finance sa campagne de 2012!!! On a vu Sassou du Congo ya pas longtemps..

 

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2666p008-009.xml0/

 


 

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 14:21

Provocateur comme titre, n’est-ce pas ? Ca va en énerver certains, ceux qui croient que la « vitalité démocratique » passe par la participation aux élections. Et puis certains pays ont tellement de mal à y arriver à avoir des élections, que snober les nôtres serait un affront, un caprice d’enfants gâtés, non ?

 

http://reflets.info/wp-content/uploads/2012/03/moutons-panurge-247x250.jpgEn fait le sujet n’est pas là : il n’est pas nécessaire d’aller voter parce que les élections sont déjà conclues, bouclées, pliées. Comment, comment, comment ? Mais pourtant on nous tient en haleine avec la remontée de Nicolas S. au premier tour et la baisse attendue mais tellement haletante de François H ! Et puis au second tour, les choses peuvent basculer, hein, parce que Marine pourrait se cacher quelque part et faire comme en 2002…?

 

Stop. Basta. On arrête tout de suite cette escroquerie qui empuantie tout « l’espace démocratique » justement. Une véritable élection, même dans un système représentatif, ne peut pas se dérouler de la manière dont elle se déroule sous nos yeux. Parce qu’elle est totalement biaisée, entièrement fabriquée, influencée, sans aucune issue politique citoyenne valable.

 

Des explications sont nécessaires, et bien qu’une grande partie des lecteurs en soit conscient, ce phénomène de fabrication mérite d’être mis en lumière.

 

La démocratie d’opinion : le principe de Panurge comme système électif…

 

Les sondages. Oui, les sondages fabriquent totalement l’opinion et fabriquent le vote. Sur des « échantillons représentatifs » de mille personnes, les deux grandes formations politiques assoient leur hégémonie bien avant que la campagne officielle ne débute. Ces sondages, à quoi servent-ils, en quoi ont-ils une valeur démocratique ? Permettent-ils de mieux comprendre les enjeux, les propositions programmatiques, les candidats ? Non. Les sondages permettent de faire vivre le principe du mouton de Panurge, et ce n’est pas rien. C’est même central, crucial.

 

Le mouton de Panurge c’est celui qui suit le gros du troupeau, même si le troupeau se jette du haut d’une falaise. Et les sondeurs sont les « Panurges » de la pseudo-démocratie d’opinion française. Imaginez un instant une société sans sondages politiques des intentions de vote. Avec comme seul et logique repère, les débats politiques, les déclarations d’intention des candidats, les programmes. Si vous ne saviez pas que Nicolas S. est à 26% ou 28%, que vous n’aviez comme repère que son discours, son bilan de président sortant ? Et mieux, si les propositions de changement de système de certains candidats qui emballent toute une partie de la population, épuisée par la crise, n’étaient pas créditées d’intentions de vote ?

 

Vous pourriez en réalité imaginer que le jour des élections, plein de gens comme vous iraient voter pour ce qui leur correspond le mieux, qui est le plus en phase avec leurs idées. Il n’y aurait pas de « vote utile », c’est-à-dire un non-vote qui n’est là que pour donner sa voix à un candidat qui a « plus de chances dans les sondages » que celui qui vous plaît mais qui lui n’a « pas de chances » de parvenir au second tour. Ce qui est amusant, c’est que dans un système sans sondages d’intentions de vote, les partis comme l’UMP ou le PS ne seraient peut-être pas au second tour. C’est même une quasi certitude pour l’élection de 2012.

 

Et qu’avec le « système panurgien » des intentions de vote, il n’y a plus besoin d’autres partis que les deux gros partis de droite (PS et UMP), seuls à percer dans les intentions. Les autres font office de figurants.

 

Démocratie tronquée, sous influence, biaisée, orientée par la peur et l’effet du nombre, démocratie d’opinion et des sondages : quel intérêt à aller voter pour un candidat qui est déjà déclaré perdant par les échantillons de Panurge, quel intérêt à aller voter pour l’un des deux candidats déclarés vainqueur potentiel si l’on n’est pas un soutien véritable de l’un de ces deux là ? L’observatoire des sondages établit des constats très intéressants à ce sujet.

 

Si nous étions honnêtes, nous arrêterions d’organiser des élections pour nous contenter de laisser le pouvoir à celui qui a le plus d’intentions de vote de la part du troupeau. Ce serait plus clair et reviendrait au fond à peu près au même. Parce que comme dirait l’autre, quand il reçoit un cadeau pourri, « de toute façon, c’est l’intention qui compte… »

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 15:22

L'Insee a annoncé ce mardi une variation des prix à la consommation de +2.3% sur un an. Mais dans les faits il semblerait que l'inflation soit bien plus importante...

 


Les journalistes de France 2 ont enquêté sur les prix alimentaires en grande surface en comparant les étiquettes sur un an : la hausse des prix s’établit à 9 % pour les grandes marques, 11 % pour les marques distributeurs (cf journal de 8h du 13 mars à partir de 4’). Les dépenses de consommation ne concernent pas que l’alimentation bien sûr, mais un autre poste important comme l’énergie (essence, électricité, gaz) augmente au même rythme, chacun peut le constater. Le logement ? Les prix se calment, mais ils ont fortement augmenté ces dernières années. Des postes sont stables, c’est vrai, comme le textile.

 

Alors, comment l’Insee arrive à nous sortir une inflation annuelle à 2 % ?

 

1) Déjà l’immobilier ne figure pas dans l’indice, mais seulement les loyers (qui sont contrôlés par l’Etat, donc augmentent moins vite que la valeur des biens). En effet, un bien immobilier est considéré comme un investissement, alors que l’office statistique calcule un indice des prix à la consommation. Une belle entourloupe car l’acquisition d’un logement fait partie d’un « parcours de vie » normal, et que s’il s’agit d’un investissement, c’est aussi par essence un bien de consommation, et il pourrait tout à fait figurer dans l’indice.

 

2) Le « new iPad » coûte le même prix que l’ancien mais – attention – comme il est plus puissant que le modèle précédent, l’Insee considère que « vous en avez plus pour votre argent » et inscrit dans sa base un prix en baisse. C’est l’effet progrès technique. Une pure arnaque que personne ne dénonce. Ainsi les biens technologiques (téléphone, Internet, télé, etc) tirent vers le bas l’indice des prix.

 

3) L’effet pondération : vous aimez le poisson, vous en mangez deux fois par semaine. Le prix augmente, vous n’en prenez plus qu’une fois par semaine. Tout le monde fait de même, contraint par ce renchérissement. Résultat, l’Insee constate une baisse de la consommation de poisson et donc diminue sa part dans le calcul de l’indice. La hausse du prix du poisson s’en trouve d’autant diluée. Magique.

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTPVLKTiZSewUNmzLBQhc514I9KQVIHxhvTm4-cRMdWQre_GlJG

 

Et il y a certainement d’autres magouilles…

 

Cette hausse des prix est malheureusement « normale » : la monétisation des banques centrales (Europe, Etat-Unis, Japon) fait monter le prix des actifs réels (matières premières, énergie). Le producteur de pétrole, de cuivre, ou de blé, qui vend sa production en dollars, lorsqu’il voit la banque centrale américaine faire tourner la planche à billets, veut garder son pouvoir d’achat, et donc augmente ses prix. Ces hausses se retrouvent finalement dans le panier de la ménagère. C’est ce qu’on appelle « l’inflation de second tour », qui passe par le détour des matières premières.

 

Serait-ce trop demander à ceux qui nous gouvernent, ou le prétendent, d’arrêter de croire aveuglément aux sirènes de l’Insee et d’affronter ce qui va devenir un problème de plus en plus pressant : le retour de l’inflation ?

 

en savoir plus:


Secrets d'argent, intérêts et inflation

Par Rudo de Ruijter, Chercheur indépendant Pays-Bas

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 18:22

Cette information révélée par L'Express est symptomatique de la façon dont Sarkozy conçoit le pouvoir et qu'aucune barrière légale ne peut l'empêcher d'agir.

 

En effet cette affaire, à elle seule, pourrait invalider la candidature de Sarkozy, outre le fait qu'elle est à la fois une possible ingérence étrangère dans notre élection, après celle de Merkel qui a soutenu Sarkozy non en tant que militante d'un parti mais lors d'une venue officielle comme représentante de l'Allemagne et une iniquité entre candidat, par la possible participation bénévole d'une entreprise qui est contraire à la loi de financement des partis politiques.

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSmETPvFYD-Y2n4KQ1-D9OggZ4qYyKhFiMOZUix_LEFXnhsy1uc

 

L'Express nous révèle que la société Facebook aurait mis à disposition de Sarkozy un nouvel outil de Facebook Timeline qui permet une organisation visuelle beaucoup plus fluide et interactive, une page en mode « open graph ». Cette mise à disposition, selon Facebook, aurait été la même pour François Hollande (et les autres donc ?) dont l'équipe en conteste la véracité.

 

C'est Nicolas Princen, conseiller numérique de l'Elysée qui aurait piloté cette opération. Il aurait fallu 3 mois de développement.

 

En dehors du fait de la propagande de ce site qui, selon l'Express, a fait disparaître de la surface de la terre les deux ex-femmes de Sarkozy, qui apprécieront et ce qui est particulièrement scandaleux en matière politique quand la seconde des deux fut à ses côtés pour l'élection de 2007, la femme de sa vie qui reçut un bisou le 14 juillet 2007 devant toutes les caméras et qui fut remplacée en 24 heures top chrono, ne laissant que les enfants et Clara Bruni (et sa page SIDA, celle qui est l'origine d'un possible scandale ?) . N'apparait évidement aucune des images des dictateurs reçus à l'Elysée (El Assad, Kadhafi etc.) ou du 14 juillet et pourtant il y aurait 700 images, pas plus que les images du fameux cass'toi pauv'con ou du Guilevinec.

 

Venons-en aux graves problèmes, et au scandale qui les sous-tend, de cette page Facebook. Si, comme le dit l'Express, il a fallu trois mois pour la constituer cela indique sans aucun doute possible que Nicolas Sarkozy était de façon certaine en campagne il y a trois mois et ce qui impose une incidence sur ses comptes de campagne. Le fait que cela ait duré trois mois met tous les autres candidats dans une situation déséquilibrée car ils n'ont matériellement pas eu le temps d'avoir une page avec les mêmes outils à l'ouverture de cette campagne qui était début janvier et ne pourront jamais le faire avant le premier tour. Parmi les problèmes que cela soulève il y en a qui sont susceptibles d'invalider la candidature 2012 de Sarkozy. Il est en effet interdit pour les entreprises d'apporter un soutien financier à un parti politique ou à un candidat. S'il était prouvé que l'une ou l'autre des entreprises qui ont participé à ce projet ait offert du temps de collaborateur, cela est l'équivalent d'un financement, ce qui est illicite.

La seconde question est de savoir qui a financé cette page Facebook.

Est-ce l'UMP ?

Est-ce l'Elysée ?

Dans le second cas, nous nous trouvons d'évidence devant un abus de biens publics. Quoi qu'il en soit, Nicolas Princen est intervenu selon l'Express et il a dû bosser dur, or Nicolas Princen est conseiller de l'Elysée et rémunéré en tant que tel. Il s'agit, là, manifestement d'un abus de biens publics.

 

C'est comme NKM qui est la porte parole de Nicolas Sarkozy et qui se devrait de ce fait de démissionner dès demain de son poste de ministre, pourtant hier, au lieu de s'occuper de son ministère, elle était aux côtés de Sarkozy. Il s'agit d'un détournement de sa fonction, tout comme le directeur de campagne de Sarkozy serait un des conseiller de l'Elysée dont on ne peut que se poser la question de savoir depuis quand il travaille pour Sarkozy sur fonds publics.

 

Que va faire la commission de contrôle des comptes de campagne ?

 

Comment cette nouvelle affaire va-t-elle être relayée par la presse ?

 

Il nous reste un peu de temps pour nous débarrasser de ce pouvoir. Souvenons-nous à chaque instant de cette campagne qu'Eric Woerth a été mis deux fois en examen dont une pour recel de financement illégal de parti ce qui est une forte suspicion de l'illégalité de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et donc l'illégalité de son élection.

 

Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible. Et votez en conscience après avoir lu ce livre des méfaits du clan Sarkozy Le Sarkozyland et ses méfaits(epub) ou Le Sarkozyland et ses méfaits(issuu)

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 00:07

Dans son rapport 2012, la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme sur le blanchiment d’argent et de capitaux, un sport national estimé à 220 milliards d’euros en 2010 par l’OCDE, soit plus de 10 % du PIB. Le gouvernement est sur la sellette pour son peu d’implication dans la lutte contre cette économie souterraine.

 

Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins http://www.tracfin.bercy.gouv.fr/) est la cellule française de lutte anti-blanchiment qui dépend du ministère de l’Economie. Et selon le rapport 2012 de la Cour des comptes, les agents de cette administration ont quelques soucis pour exercer pleinement leur mission de lutte contre le blanchiment d’argent et de capitaux.

 

Page 200 du rapport 2012 : « TRACFIN ne dispose d’aucune estimation sur l’ampleur, la consistance et les circuits des flux financiers concourant au blanchiment, pas plus que sur les stocks patrimoniaux qui en sont issus. Le service a fait valoir que ce type d’études ne relevait ni de ses compétences, ni de sa seule action. (…) Il en résulte qu’aucun service de l’Etat ne travaille sur le sujet. Même si de nombreux autres interlocuteurs spécialisés estiment ce travail difficile, voire impossible si l’on vise l’exhaustivité, il demeure que la compréhension du blanchiment et de ses méthodes, et par conséquent l’efficience de la cellule de renseignement financier, supposent une évaluation suffisante du phénomène ».

 

C’est joliment dit : Après plus de 20 ans de fonctionnement, la cellule de lutte contre le blanchiment d’argent sale ne dispose pas des outils élémentaires à la compréhension d’une phénomène massif de blanchiment en France.

La Cour indique que la seule donnée quantitative publiée, avec prudence, par TRACFIN est le montant total des fonds concernés par les transmissions en justice, soit 524 millions d’euros en 2010.

Une misère, car une étude réalisée pour l’OCDE en janvier 2010 chiffre l’économie souterraine en France à 220 milliards d’euros, soit 11,7 % du PIB. Or, TRACFIN n’avait pas considéré comme prioritaire l’identification des secteurs économiques les plus vulnérables au trafic d’argent sale.

Par exemple, dans le cas de l’escroquerie à la TVA sur les échanges de quotas de CO2, la cellule a pataugé pendant plusieurs mois pour adresser ses premiers signalements à la justice.

 

Les agents reçoivent cependant chaque année un nombre croissant de déclarations de soupçon de blanchiment, 20 000 en 2010, concernant plusieurs milliards d’euros de transactions financières. Les établissements de crédit sont les principaux émetteurs des déclarations de soupçon : plus de 13 000 sur près de 20 000 en 2010. En clair, les mutuelles, les compagnies d’assurance et les conseillers en investissement ne sont pas trop regardant sur leurs activités financières : « peu impliqués », euphémise la Cour des comptes.

 

http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L400xH382/Argent_sale_2-b1acb.jpg

 

Page 205 : « TRACFIN ne dispose pas aujourd’hui des éléments suffisants pour s’assurer que les professions assujetties respectent bien leurs obligations. Les ordres professionnels des professions réglementées ont recours à des pairs pour les contrôles anti-blanchiment. Le respect des obligations déclaratives n’est en pratique pas ou peu vérifié, ce qui affecte la dimension préventive du dispositif. »

 

Page 205 : « Il reste par ailleurs des secteurs non couverts par des autorités de contrôle tels les marchands de biens précieux et les agents sportifs et qui appellent pourtant une vigilance particulière. L’effectivité des contrôles anti-blanchiment dans les secteurs de l’immobilier, des jeux en ligne, du chiffre et du droit doit également faire l’objet d’une attention renforcée ».

 

La délinquance en col blanc peut donc dormir tranquillement ! Par exemple, les professionnels de l’immobilier émettent très peu de déclarations de soupçons alors que la répression des fraudes (DGCCRF) a mis en évidence des infractions…

 

Pourtant, des modifications profondes du champ d’intervention de TRACFIN se sont récemment accompagnées de changements d’organisation importants. Mais s’agit-il d’une nouvelle organisation ou d’une désorganisation ?

Car face l’ampleur du phénomène de blanchiment, qui atteint des niveaux records, la Cour des comptes indique que les moyens « doivent être accrus et recentrés, la gestion des enquêtes améliorée ».

 

En fait, TRACFIN est doté de moyens limités : le budget est qualifié de « modeste » (4,95 millions d’euros, dont 4,64 millions de dépenses de personnel) et « sans réelle autonomie, ni en termes de structures budgétaires, ni dans ses modalités de gestion ».

 

L’analyse de la Cour des comptes revient à décrire un désastre : l’insuffisance du nombre d’enquêteurs couplée à l’absence de stratégie a conduit en 2010 à ce que 50 % des déclarations de soupçon orientées en enquête passent à la trappe.

Les dossiers transmis à la justice, autour de 400 par an, sont jugés trop peu nombreux.

 

Page 210 : « Pour faire face à des missions en croissance forte, les moyens humains de TRACFIN, malgré l’augmentation des recrutements en cours depuis 2010, sont insuffisants. Le service devrait passer à environ 100 agents, et diversifier les compétences en élargissant ses recrutements au-delà du vivier historique des agents de la douane, au sein des ministères financiers mais également à l’interministériel (intérieur et justice). La forte croissance des effectifs du département de l’analyse ne doit pas se réaliser au détriment du département des enquêtes qui, avec 30 agents répartis en trois divisions, reste encore trop peu doté ».

 

Le gouvernement ne semble pas pressé de trouver les recettes pour combler le déficit public : La Cour des comptes relève perfidement que la France a inscrit au rang de ses priorités, la lutte contre les paradis fiscaux, mais, « l’extension à la fraude fiscale de la lutte antiblanchiment nécessite un rapprochement entre les notions de « paradis fiscaux » et de pays défaillants en termes de lutte anti-blanchiment ».

Pour les agents de TRACFIN, cela signifie que la lutte anti-blanchiment s’arrête à la porte de ces territoires soupçonnés de tous les trafics. Du pain béni pour la finance !

 

http://razafimahazo.free.fr/Descendants/edito_img2008/lesparadis_fiscaux_2005.jpg

 

Page 217 : « Les données remontées par les parquets à TRACFIN permettent de déterminer qu’en 2010, 35 condamnations par l’autorité judiciaire trouvent leur origine dans un signalement du service, soit pour des faits de blanchiment (2 cas seulement) soit sur d’autres bases légales (dont 16 pour des faits de travail dissimulé). Les parquets sont en effet libres de retenir les qualifications qui leur semblent le plus appropriées. Toutefois,(...) le nombre de condamnations pour blanchiment reste faible au regard de l’ampleur du phénomène ».

 

En pratique, TRACFIN a la possibilité de s’opposer à l’exécution d’une opération suspecte pour une durée de 48 heures prolongeable sur décision du président du tribunal de grande instance. Mais la mesure d’opposition à exécution d’une opération est peu utilisée (moins de 5 fois par an). Comme dit humblement la Cour des comptes : « Une utilisation plus courante de cette procédure devrait être envisagée, notamment dans le cadre d’infractions à haut potentiel de préjudice financier, du type des carrousels de TVA ».

 

Comprenez qu’actuellement, ce type de fraude tourne à plein régime et que le gouvernement attend sans doute le déluge pour agir.

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 19:17

N’avez-vous jamais remarqué que les politiques nous disent ce qu’on veut bien entendre, mais jamais les promesses ne sont réellement ambitieuses ou révolutionnaires?

Si au moins c’étaient eux qui dirigeaient la machine…

Les banques décident, les lobbys imposent, et les gouvernement suivent, tout simplement.

Oui la France pourrait être sauvée, même si nous allons percuter un mur d’ici quelques semaines, le choc sera frontal, financier, et assez peu agréable, on pourrait commencer à changer les choses, mais rien ne va changer, pas dans ce sens là, les larbins des autres nations s’en gardent bien!

 

http://fe.img.v4.skyrock.net/fe0/amour-de-france/pics/527736525_small.jpg

 

Aujourd’hui, soyons fous. N’ayons peur de rien, soufflons bien fort dans l’appeau à trolls et imaginons que nous ayons toutes latitudes pour tenter de résorber la crise actuelle, ou, au moins, d’en atténuer au maximum les effets. Quelles pourraient être les mesures les plus efficaces pour relancer l’activité économique du pays et y créer des emplois ?

 

On pourrait pour commencer imprimer plusieurs centaines de milliards de billets de 100 euros et les distribuer aux pauvres, directement. Cela n’enrichirait pas tellement les pauvres (il y en a beaucoup), alors on trouverait plus simple de distribuer ces billets d’abord à nos amis banquiers, politiciens, syndicalistes autres corporations subventionnées. À la fin, ça appauvrirait tout le monde, mais on s’en ficherait parce qu’on serait cynique.

 

Moui.

 

Bizarrement, cela a été tenté plusieurs fois dans le passé, avec un échec cuisant à chaque fois. C’est à nouveau en cours de test, actuellement, au niveau européen. On peut présager l’échec. Mais je suis mauvaise langue, passons donc.

 

Ou alors, on déciderait — soyons fous, vous dis-je — de lâcher complètement les bretelles et péter les élastiques et on mettrait en place les idées suivantes.

 

1. Dans un premier temps, on demanderait aux entreprises de donner leur salaire complet aux salariés, c’est-à-dire ce que ces salariés coûtent effectivement à l’entreprise, en totalité (charges salariales et patronales incluses). L’intégralité du salaire atterrirait alors sur le compte bancaire des intéressés.

Charge alors à ces derniers de reverser aux différents organismes les sommes convenues pour les différentes couvertures.

On passerait ensuite quelques mois à expliquer aux Français que oui, ils n’ont pas le choix, et oui, ils sont obligés de cotiser à ces organismes qui leur paieront une retraite de misère, indemniseront leur chômage avec un lance-pierre et ne leur rembourseront qu’une partie humoristique de leurs frais de santé.

Enfin, on proposerait l’ouverture à la concurrence de l’ensemble de ces branches. Ici, les trolls, arrivés en bande, commencent à baver en agitant leurs gros bras gourds : les malades vont tous mourir sur les trottoirs et c'est la mort des pauvres que vous voulez ! Salaud de libéral !

 

2. Parallèlement à ces mesures didactiques sur les salaires, on en profiterait pour faire sauter les monopoles de droits divers et variés (courrier, énergie, taxis, transports interurbains ou régionaux, tout jusqu’aux licences téléphoniques mobiles, par exemple) ainsi que les protections et privilèges minutieusement enkystés dans la vie sociale française depuis des décennies, à commencer par les numerus clausus (des pharmaciens, des notaires, des médecins, …).

Les trolls, dont la bave bulle à gros bouillons putrides, enragent à l'idée qu'un nombre suffisant de médecin, de taxis et de notaires envahirait le pays. Ce serait horrible, tout comme la concurrence qui réduit les prix et donc provoque le chômage, comme Free.

 

3. Évidemment, tout ceci ne peut s’entendre qu’avec un code des impôts légèrement éclairci. Pour cela, on peut le réduire à quelques articles simples : l’impôt serait dû par tous (entités physiques ou morales), sur tous les types de revenus possibles, et limité à 10% de ce revenu (flat tax), ni plus, ni moins.

La TVA, de fait, serait unique, et limitée à 10%. Et 10%, c’est très simple puisqu’un gamin de 6ème est censé savoir faire une division par dix…

Enfin, mettons un gamin de terminale (de nos jours). Par exemple, le litron d’essence sans plomb, actuellement autour de 1.5€, dégringolerait à 0.64€ (cela fait plus de 40€ d’économie sur un plein de 50 litres).

En conséquence de quoi, le gouvernement serait dans l’obligation, rapidement constitutionnelle, de ne dépenser en année N+1 que l’argent récolté en année N, avec interdiction du moindre déficit, et sanctions personnelles et financières non symboliques aux membres du parlement pour tout dépassement de budget de l’État. Les trolls, apoplectiques et les yeux hagards, se tortillent en criant à la misère de l'Etat qui ne pourra plus garantir à la France son rang international, faute de moyens. Et tout le monde sait que l'impôt proportionnel tue les pauvres et les chatons.

 

4. Puisque le droit fiscal a été toiletté, autant faire la même chose pour le droit du travail. Revenons aux sources, à savoir celle d’un contrat entre deux personnes, jugées adultes et responsables. Pour éviter que, dans un premier temps, des contrats trop fantaisistes apparaissent, on peut imaginer que des contrats types pourraient être proposés par des institutions reconnues ou toute firme d’avocats souhaitant se faire un nom.

Les détails des contrats sont mis en concurrence directe. Évidemment, tous les « contrats » liant les fonctionnaires à l’État sont remis sur le tapis. Ce nettoyage au kärcher du droit fiscal et du droit du travail entraîne bien évidemment une simplification drastique de la création d’entreprise où la paperasserie devient réduite à sa plus simple expression.

Les trolls deviennent fous. Plusieurs cassent du matériel en hurlant : "des contrats libres, c'est l'assurance que les gens seront corvéables à merci. Ils sont trop cons, les gens, il faut les aider à savoir ce qui est vraiment bon pour eux !" 5.

 

L’argent de l’État, c’est l’argent du peuple, qui a, surtout actuellement, autre chose à faire que financer les allers-retours en jet privé de Morano ou Sarkozy dans leurs déplacements de villégiature.

En conséquence, on arrêterait toutes les subventions (aux associations, etc…), on mettrait fin à toutes les commissions, institutions diverses, hautotorités rigolotes mais parfaitement inutiles.

La ponction correspondante disparaissant, les Français sont alors libres de reverser directement aux associations de leur choix le montant qu’ils veulent. En contrepartie, ce montant est déductible à 100% des impôts, sans plafond (les impôts peuvent ainsi être totalement annulés) tant que l’association est reconnue à but non lucratif et d’utilité publique.

De la même façon, on peut espérer un gain substantiel de marges de manœuvre avec l’arrêt total de tous les ministères croupions, petites niches dorées pour sympathisants et amis des dirigeants en place, comme par exemple la Culture, l’Environnement, la Solidarité, la Jeunesse, les Sports, la Ville. Trois trolls sont morts d'une crise cardiaque.

Le troll artiste, sentant le statut d'intermittent disparaître, se met à composer des riffs vengeurs sur sa guitare. No pasaran !

 

6. En matière d’éducation, rien ne vaut la décision éclairée (ou pas) des parents. Le principe du Chèque Éducation, dans un premier temps tout au moins, permettra d’éclaircir pas mal la situation. En contrepartie, les écoles, collèges et lycées deviennent totalement autonomes dans leurs programmes, méthodes, horaires, recrutements et salaire des professeurs.

Ici, ce sont les trolls pédagogos qui se tortillent de rage. L'un d'eux sacrifie trois mille têtes blondes à Meirieu'Baal, leur dieu.

 

7. La France n’est plus une puissance coloniale, c’est un petit pays jadis riche enfoncé dans 40 ans de socialisme débridé. Rien de tel qu’une cure d’humilité pour reprendre pied avec la réalité, par exemple avec un arrêt de toutes les opérations militaires hors du sol.

Les militaires sont mis à profit dans les endroits où ils peuvent servir, si le besoin s’en fait sentir. L’arrêt des opérations à droite et à gauche permet de dégager à nouveau des finances pour renouveler les matériels usés et rafraîchir les troupes.

Mieux vaut 100.000 hommes correctement outillés et en bonne forme que les 240.000 actuels, fatigués et équipés majoritairement de vieux engins rouillés.

Les trolls, ici, cherchent leurs mots (enfin, leurs grognements). Ils hésitent. Ils sentent le piège.

 

8. Rappelons que nous sommes en situation économique tendue. Comme nous n’avons plus un rond, on a autre chose à faire de notre argent en période de crise que d’empêcher les gens de le claquer en futilités si ça les amuse.

En conséquence, on applique une légalisation de la drogue, comme au Portugal où cela a très bien fonctionné. Pendant qu'une partie des trolls reste cois, hébétés, une autre pète un klaxibule dans des petits cris stridents.

 

9. Il devient à présent indispensable de nettoyer aussi quelque peu la vie politique française, par exemple en imposant la transparence sur les comptes des syndicats, de toutes les entités publiques ou qui reçoivent de l’argent public (institutions, municipalités, régions, etc…).

Cette transparence se traduirait aussi dans la publication sous forme électronique de l’ensemble de la comptabilité dans des formats directement exploitables par le citoyen.Et bien sûr, cela comprendrait la publication de toutes les feuilles de paie de tous les élus. Après tout, c’est notre argent, autant savoir où il part.

Au sujet des syndicats, il semble évident que leur représentativité n’est plus liée à leur nom ou histoire mais, strictement, à leur nombre d’adhérent. Un instant égarés par des mesures auxquelles ils ne s'attendaient pas, les trolls reprennent de plus belle : la transparence pour les syndicats, c'est, soyez-en sûr, affreux libéral capitaliste mangeur d'enfants communistes, l'assurance que le méchant patronat va faire pression sur eux et les empêcher d'organiser des parties (fines ?) à 500.000 euros dans de somptueux châteaux.

Et ça, ce n'est pas tolérable dans une démocratie digne de ce nom !

 

10. Enfin, pour bien marquer le coup, on imposerait un non cumul strict des mandats, tous renouvelables une seule fois.

Renouveler le corps politique n’est pas la garantie d’une démocratie parfaite mais permettra d’éviter les situations de rentes dont le pays a si longtemps souffert. Comme vous le constatez, ces quelques mesures sont essentiellement économiques et visent, en définitive, à sabrer les bras multiples, tentaculaires et suceurs invétérés d’un État devenu omniprésent et omnigaffeur.

 

En se concentrant sur l’essentiel et en évitant l’écueil des sujets parasites, on donne une chance réelle à l’économie de redécoller, et partant, à la France de sortir du trou.

 

Et maintenant, redescendons sur Terre. Le bruit des trolls nous y oblige.

 

Ces mesures ne marcheront évidemment pas.

 

Pas parce qu’elles seraient viciées (elles ont toutes, dans le monde et dans l’Histoire, prouvé leur efficacité), mais tout simplement parce que chacune de ces mesures vient heurter, directement, l’une ou l’autre corporation, l’un ou l’autre privilège, l’une ou l’autre habitude ancrée au plus profond de celui qui la pratique, qui s’y accroche et qui voit très bien ce qu’il y a à perdre et refusera, devant cette perte, de considérer ce qu’il y a à gagner. Chacune de ces mesures déclencherait une paralysie immédiate du pays qui préfèrera mourir qu’envisager le changement.

 

Ceci ne marchera pas parce que la majorité, qui décide, a déjà choisi son sort. Elle a déjà préféré le status quo, la rente, le confort de la position actuelle, connue et parfaitement bornée, et ne veut à aucun prix l’échanger contre autre chose, même si cela a été tenté avec succès ailleurs.

 

Et parce que ces choix ont déjà été fait, ont déjà été gravés dans le marbre, ça ira moins bien (vraiment, vraiment moins bien) avant de pouvoir aller mieux.

 

Ces mesures pourraient sauver la France. Elles ne seront ni prises, ni même envisagées.

 

Ce pays est donc foutu.

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:28

Le marché des psychotropes rapporte gros. L'alliance entre la psychiatrie et les firmes pharmaceutiques leur a permis de réaliser plus de 80 milliards de dollars de ventes de psychotropes. Mais les apparences sont trompeuses. Que valent les diagnostics psychiatriques, et jusqu'à quel point ces psychotropes sont-ils sans danger ? Ce documentaire en trois parties révèle les faits derrière le vernis social d'un marketing habile et soi-disant scientifique qui dissimule une campagne de vente de produits dangereux et parfois fatals.

 

 

 

 

Repost 0
Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
commenter cet article

Présentation

  • : never-surrender
  • never-surrender
  • : face à l'intoxication des masses...notre devoir est de diffuser l'info censurée!!!
  • Contact

Additif alimentaires industriels dangereux

 

 

Recherche

Observatoire du FN

Twitter

TheChangeBook

English

 

Espana

 

Stay Alert!!!