Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 08:51

Ce nou­veau numéro de la revue est paru le 20 sep­tem­bre 2011.


Introduction

 

Dans le numéro pré­cédent consa­cré aux « pièges mor­tels de l’iden­tité natio­nale », nous écrivions : « sous l’impul­sion de la “Nouvelle Droite” franç­aise, un peu par­tout en Europe, l’extrême droite a récupéré, ou tenté de récupérer, une partie des thèmes lancés par les “gau­chis­tes” et la gauche des années 60 et 70 : le droit à la différ­ence, le mul­ti­cultu­ra­lisme, le sou­tien aux mou­ve­ments rég­io­nal­istes, la cri­ti­que de l’impér­ial­isme amé­ricain, la dén­onc­iation du sio­nisme et de la poli­ti­que d’Israël, le sou­tien aux Palestiniens et bien sûr l’éco­logie (1), pro­fonde ou à tona­lité mys­ti­que, selon les cou­rants.

 

En récupérant ces thèmes, l’extrême droite n’a pas seu­le­ment procédé à une manœuvre tac­ti­que habile consis­tant à occu­per le ter­rain de l’adver­saire, en lui piquant ses mots et ses thèmes de pré­dil­ection.

Elle a aussi moder­nisé, relooké, de vieilles idées qu’elle avait tou­jours déf­endues mais qui com­mençaient à paraître com­plè­tement “rin­gar­des” : le lien à la terre et au ter­roir ; la déf­ense des lan­gues natio­na­les et rég­io­nales ; la peur de toute influence étrangère (que ce soit sur le plan éco­no­mique ou cultu­rel) ; la déf­ense de la nature (considérée comme étant la source de l’iden­tité, de l’“ethnie”, de la “race”). »

 

Ce numéro essaie de recen­ser et dén­oncer quel­ques-unes des pas­se­rel­les, des confu­sions, volon­tai­res ou incons­cien­tes, entre la pro­pa­gande de l’extrême droite et celle de l’extrême gauche.


Par « extrême gauche », nous enten­dons non seu­le­ment les grou­pes qui se réc­lament du marxisme, du lénin­isme, du maoïsme ou du trots­kysme, mais aussi les mou­ve­ments alter­mon­dia­lis­tes, voire par­fois les cou­rants « liber­tai­res », qui ne sont pas fon­da­men­ta­le­ment indép­endants, sur le plan idéo­lo­gique, des diver­ses formes de marxisme sta­li­nien ou néos­ta­linien pro­pagées par les intel­lec­tuels auto-pro­clamés « radi­caux », « contre-hégé­mo­niques » ou « alter­na­tifs ».

 

Par extrême droite, nous enten­dons sur­tout les cou­rants extra­par­le­men-taires, les fas­cis­tes dits « de gauche », donc les « natio­naux-révo­lution-naires », les par­ti­sans d’une Troisième Voie (ou « tercér­istes »), les « solida-ristes (2) », les « Identitaires », les « natio­naux-bol­che­viks », etc., qui ont sou­vent prét­endu, dans le passé, s’ins­pi­rer des recet­tes lénin­istes pour la pro­pa­gande quo­ti­dienne et la conquête du pou­voir, mais aussi les cou­rants de la Nouvelle Droite.

 

Malgré sa taille minus­cule, la Nouvelle Droite a joué un rôle fon­da­men­tal à la fois dans la réno­vation idéo­lo­gique de l’extrême droite par­le­men­taire (FN) – ceux que l’on pour­rait appe­ler les natio­naux-conser­va­teurs –, comme dans la réno­vation des cou­rants néof­asc­istes « de gauche » (3) et même de la droite clas­si­que (UMP) en France et aussi au niveau européen.

 

Au-delà de la diver­sité de ces cou­rants, l’extrême droite possède quel­ques « déno­mi­nateurs com­muns : l’anti­com­mu­nisme, l’ordre, la mise en place d’un Etat fort, la méfi­ance à l’égard de la démoc­ratie par­le­men­taire, la haine du cos­mo­po­li­tisme et le rejet de la poli­ti­que d’immi­gra­tion soit par racisme, soit pour des rai­sons reli­gieu­ses, cultu­rel­les et iden­ti­tai­res », nous expli­que J.-P. Gaultier dans son livre Les extrêmes droi­tes en France.

Dénominateurs com­muns que l’on com­plè­tera par la déf­ense de la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion et de la société de clas­ses.

 

Ce numéro ne cher­che pas à explo­rer toutes les diver­gen­ces ou les nuan­ces entre les com­po­san­tes de la droite radi­cale, mais à sou­li­gner les conver­gen­ces idéo­lo­giques ou pra­ti­ques entre cer­tains grou­pes ou « intel­lec­tuels » fas­cis­tes ou fas­ci­sants et la gauche ou l’extrême gauche, même si leurs posi­tions res­pec­ti­ves sem­blent très éloignées au pre­mier abord, notam­ment sur les points pro­gram­ma­ti­ques que nous venons de citer.

 

Il ne s’agit pas ici de repren­dre la thèse banale de « la conver­gence des extrêmes », mais plutôt de sou­li­gner que, notam­ment depuis la dis­pa­ri­tion du camp des Etats sta­li­niens, depuis la fin de la guerre froide, et grâce à l’usage inten­sif d’Internet par les mili­tants et sym­pa­thi­sants d’extrême gauche s’est développée une sous-« culture » (4) anti­ca­pi­ta­liste, anti­sio­niste et anti-impér­ial­iste réacti­onn­aire (5) , ou anti-impér­ial­iste à sens unique car dirigée contre un seul « impér­ial­isme » ou une seule puis­sance (les Etats-Unis), et (pres­que) jamais contre sa propre bour­geoi­sie.

 

En eux-mêmes, l’anti­sio­nisme, l’anti­ca­pi­ta­lisme et l’anti-impér­ial­isme ne sont pas réacti­onn­aires ; mais les formes domi­nan­tes de ces idéo­logies sur Internet sont suf­fi­sam­ment floues et confu­ses pour per­met­tre des rap­pro­che­ments contre nature entre extrême gauche et extrême droite.

Ces rap­pro­che­ments ne sont pas sim­ple­ment vir­tuels (liens entre sites, repu­bli­ca­tion d’arti­cles avec ou sans l’auto­ri­sa­tion des auteurs), ou fondés sur la mani­pu­la­tion des egos (invi­ta­tions à des col­lo­ques ou à des débats publics, etc.). Ils se tra­dui­sent par l’infil­tra­tion, ou la prés­ence à visage déc­ouvert, de mili­tants d’extrême droite dans des mani­fes­ta­tions ou des ini­tia­ti­ves anti-impér­ial­istes ou anti­sio­nis­tes : mani­fes­ta­tions contre la guerre du Golfe ou contre l’inter­ven­tion amé­ric­aine en Irak, flot­tille pour Gaza, boy­cott des pro­duits venant des colo­nies israéli­ennes ou sim­ple­ment d’Israël, cam­pa­gne contre les Mcdo et l’« Eurodysneyland », etc.

Mais aussi dans des orga­ni­sa­tions éco­log­istes, des syn­di­cats, ou des asso­cia­tions huma­ni­tai­res.

 

En dehors des manœuvres clas­si­ques d’entrisme, on observe une poro­sité, voire une inter­chan­gea­bi­lité, crois­sante des concepts uti­lisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

Cela est dû en partie :

– à l’aban­don, par l’extrême gauche, de la référ­ence au rôle cen­tral du prolé­tariat dans les mou­ve­ments sociaux (et donc dans la future révo­lution sociale),


– à l’aban­don de la référ­ence au com­mu­nisme (société sans clas­ses, sans salai­res, sans argent, sans pro­priété privée et sans Etat)


– et à la dis­pa­ri­tion de toute référ­ence à la néc­essité d’un affron­te­ment vio­lent avec l’Etat bour­geois.

 

La dis­pa­ri­tion de ces trois points pro­gram­ma­ti­ques (cen­tra­lité du prolé­tariat mon­dial, usage straté­gique de la vio­lence contre l’Etat et projet com­mu­niste) ne s’est pas tra­duite par un appro­fon­dis­se­ment de la réflexion des « révo­luti­onn­aires », mais par un for­mi­da­ble retour en arrière, faci­lité par l’absence de connais­sance de l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier chez les jeunes géné­rations mili­tan­tes.

 

Des posi­tions poli­ti­ques fai­blar­des depuis long­temps

 

L’aban­don de ces trois points pro­gram­ma­ti­ques ne peut tout expli­quer ; en effet, des cama­ra­des ayant aban­donné ces points pro­gram­ma­ti­ques ne sont pas forcément tombés dans la conni­vence confuse avec les idées d’extrême droite. Il faut donc iden­ti­fier au moins une deuxième cause : les posi­tions déjà erronées déf­endues par les grou­pes et cou­rants d’extrême gauche après 1968 (mais dont cer­tai­nes vien­nent d’encore plus loin) et qui ont pu s’épanouir après l’aban­don de ces points pro­gram­ma­ti­ques.

 

Ces posi­tions plus sim­plis­tes étaient d’ailleurs par­tagées, en partie ou en tota­lité, par des cou­rants plus pro­ches de l’extrême droite. Il s’agit de :

 

– la caracté­ri­sation des pays capi­ta­lis­tes comme impér­ial­istes, sui­vant l’ana­lyse de Lénine,

 

– l’oppo­si­tion erronée entre un capi­ta­lisme finan­cier « pré­dateur » et un capi­ta­lisme indus­triel « sain », oppo­si­tion impli­cite chez Lénine, comme chez Hilferding, théo­ricien de la Deuxième Internationale,

 

– l’incom­préh­ension de ce que furent le fas­cisme et le nazisme.

 

Dans l’argu­men­taire de ceux qui pro­fes­sent ces idées sim­plis­tes cela se tra­duit imméd­ia­tement par les ana­thèmes qu’on jette à la figure des contra­dic­teurs pour les faire taire.

 

Voyons main­te­nant les trois points évoqués ci-dessus.

 

– L’impér­ial­isme est réduit aux capa­cités d’inter­ven­tion mili­taire des seules puis­san­ces europé­ennes ou état­suni­enne, ou alors à la domi­na­tion des trusts et des mul­ti­na­tio­na­les d’ori­gine europé­enne ou amé­ric­aine sur le monde.

Cela conduit à sou­te­nir tel Etat contre tel autre, le « gros » ayant tou­jours tort et le « petit » tou­jours raison, sauf s’il est sou­tenu par le pre­mier des grands (cf., en 2008, le cas de la Géorgie opprimée par la Russie mais sou­te­nue par les Etats-Unis). Cela conduit sur­tout à dédo­uaner les bour­geoi­sies des « petits » pays, voire des puis­san­ces moyen­nes, de la répr­ession qu’elles exer­cent contre « leur » classe ouvrière. La logi­que des camps (« pro­gres­sis­tes » contre « impér­ial­istes ») conduit à conver­tir tel mas­sa­creur en « pro­gres­siste » (voire en « révo­luti­onn­aire ») et récip­roq­uement, sui­vant les situa­tions.

 

– Quoi que l’on pense de la vali­dité des théories de Marx, il faut rap­pe­ler à ses dis­ci­ples que le capi­tal se métam­orp­hose dans trois formes :

 

le capi­tal indus­triel, appelé éga­lement capi­tal pro­duc­tif, qui est à l’ori­gine de toute valeur, incarne le cycle total du capi­tal, et repose sur l’exploi­ta­tion du tra­vail humain ;

 

le capi­tal mar­chand et le capi­tal finan­cier qui ne font que rép­artir des riches­ses (profit com­mer­cial, usu­raire, ban­caire, etc.) créées par le capi­tal indus­triel.

 

Les trois formes du capi­tal sont intrinsèq­uement liées et en isoler une pour la char­ger de tous les maux est une erreur.

C’est ce que font les alter­mon­dia­lis­tes et les tiers­mon­dis­tes quand ils dén­oncent par exem­ple « la fusion du capi­tal ban­caire et du capi­tal indus­triel dans une oli­gar­chie finan­cière » (for­mule empruntée à Lénine) qui serait omni­puis­sante.

 

L’« oli­gar­chie finan­cière » est assi­milée au capi­tal « étr­anger » et cer­tains n’hésitent pas à trans­for­mer le capi­tal « étr­anger » en capi­tal « apa­tride », puis en capi­tal « juif », ce qui expli­que la conver­gence qui ras­sem­ble droite et gauche dans le « socia­lisme des imbé­ciles » (selon l’expres­sion du social-démoc­rate alle­mand August Bebel : « L’antisé­mit­isme, c’est le socia­lisme des imbé­ciles »).

 

– Enfin, le fas­cisme et le nazisme sont com­pris uni­que­ment comme un mal absolu dont il ne fau­drait pas essayer de com­pren­dre les causes éco­no­miques, poli­ti­ques et socia­les qui ont permis le succès.

En effet, si l’on creuse un peu ces ques­tions, on s’aperçoit que le fas­cisme et le nazisme (sans parler du péron­isme et du sta­li­nisme) ont eu une influence élec­to­rale impor­tante chez les ouvriers. Mais sur­tout, ils en ont orga­nisé une bonne part et ont été jusqu’à par­ti­ci­per à de vraies grèves (ainsi la par­ti­ci­pa­tion des ouvriers nazis, jusque dans les comités de grève, lors des grèves sau­va­ges contre les décrets von Papen à l’automne 1932) ; encore aujourd’hui, en Italie, les héritiers des fas­cis­tes orga­ni­sent des chômeurs, des auto-réd­uctions dans les trans­ports et des occu­pa­tions de mai­sons vides.

 

Pour les ex-« gau­chis­tes », la déc­ouv­erte du côté « obscur » de la classe ouvrière les amène à reje­ter tout espoir de trans­for­ma­tion sociale col­lec­tive. Certains d’entre eux sont même fas­cinés par le côté « ouvrier » du fas­cisme et ren­contrent ainsi les fas­cis­tes qui exal­tent le côté ouvrier et révo­luti­onn­aire de ce cou­rant.

 

Mouvement com­mu­niste

 

La méc­onna­iss­ance de l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier par les jeunes géné­rations a été elle-même faci­litée (voire encou­ragée) par la dis­pa­ri­tion des struc­tu­res de for­ma­tion poli­ti­que au sein des grou­pes « révo­luti­onn­aires » et par la montée en puis­sance des « experts » au sein de la gauche alter­mon­dia­liste et des ONG, experts qui sont deve­nus la seule référ­ence théo­rique des mili­tants qui leur font une confiance aveu­gle. C’est ainsi qu’on a pu assis­ter :

 

– à la rés­urg­ence de l’idéo­logie auto­ges­tion­naire, avec l’éloge naïf des coopé­ra­tives ouvrières, de l’éco­nomie soli­daire, des SEL, des squats, des com­mu­nautés (qu’elles soient punk, néo-baba cool, liber­tai­res ou indigènes/autoch­to­nes, etc.) ;

 

– à la réap­pa­rition des théories de l’aile « cen­triste » de la social-démoc­ratie alle­mande après la Première Guerre mon­diale (le mariage entre le par­le­men­ta­risme et les conseils ouvriers, inventé par celle-ci, est dés­ormais vanté par de nom­breux grou­pes trots­kys­tes, notam­ment ceux de la Quatrième Internationale à laquelle est lié le NPA, par des socia­lis­tes de gauche ou des néos­ta­liniens sou­cieux de paraître nova­teurs) ;

 

– à la déf­ense du rôle posi­tif des natio­na­lis­mes et des rég­io­nal­ismes par de nom­breux cou­rants marxis­tes ou liber­tai­res ;

 

– à la valo­ri­sa­tion des iden­tités sexuel­les, « racia­les », voire indi­vi­duel­les, abou­tis­sant à une frag­men­ta­tion à l’infini des luttes mais aussi des réflexions cri­ti­ques, au dét­riment de l’uni­fi­ca­tion et de la syn­thèse néc­ess­aires. Très peu de grou­pes ont réussi à penser ensem­ble « genre, race et classe », comme on dit dans le monde mili­tant anglo-saxon, et à mettre cette pensée en pra­ti­que dans les années 70, même à une petite éch­elle (les expéri­ences de grou­pes comme Big Flame en Grande-Bretagne ou des Revolutionary Union Movements dans les usines Dodge, Ford, Eldon et Chrysler aux Etats-Unis sont à cet égard impor­tan­tes).

 

La prise en compte de la tota­lité des oppres­sions aurait pu enri­chir le projet de révo­lution socia­liste glo­bale porté par l’extrême gauche des années 60 et 70. Mais c’est l’inverse qui s’est pro­duit : les luttes ouvrières ont connu une for­mi­da­ble décrue à partir du milieu des années 70 en Europe et aux Etats-Unis, et de mul­ti­ples micro-pro­jets de libé­ration ont vu le jour, portés par des idéo­logies par­tiel­les ou iden­ti­tai­res comme le fémin­isme, l’éco­logie, l’anti­ra­cisme, la lutte pour les droits des mino­rités, les luttes des sans-papiers, des préc­aires, des chômeurs, etc.

 

Le sujet révo­luti­onn­aire mis en avant par les marxis­tes, le prolé­tariat, n’avait peut-être pas les épaules assez larges pour libérer toute l’huma­nité de tous ses maux à lui tout seul. D’ailleurs les marxis­tes se sont posé la ques­tion des allian­ces avec d’autres clas­ses exploitées notam­ment la pay­san­ne­rie pauvre.

Mais la mul­ti­pli­ca­tion des sujets des libé­rations iden­ti­tai­res n’a fait que mar­gi­na­li­ser encore davan­tage la place de la classe ouvrière dans le projet révo­luti­onn­aire, en même temps que la crise capi­ta­liste mon­diale, les restruc­tu­ra­tions, les délo­ca­li­sations et les licen­cie­ments la frag­men­taient, elle aussi (cf. le texte de Joao Bernardo, tra­duit et publié par nos soins, « Classe ouvrière ou tra­vailleurs frag­mentés ») (6) .

 

En 2011, un projet de révo­lution sociale ne peut être le même qu’il y a qua­rante ans. Nous vivons en Europe, dans des pays « paci­fiés » (7), qui n’ont pas connu de situa­tion révo­luti­onn­aire depuis des déc­ennies. Il suffit d’enten­dre les propos de cet « Indigné » de la Bastille que l’on voit crier sur Youtube face aux flics : « Vous vous êtes engagés pour déf­endre le peuple, pas pour lui taper dessus. » Et de les com­pa­rer aux mil­liers de Syriens tués, aux mil­liers de Syriens empri­sonnés et tor­turés, aux chars qui entou­rent les villes syrien­nes une par une, secondés par les sni­pers au ser­vice du régime, pour cons­ta­ter que nous vivons pour le moment dans un cocon poli­ti­que et que nous n’avons aucune idée de ce que pour­rait être une révo­lution sociale, ici et main­te­nant en Europe.

 

Mais, en même temps, nous ne gagne­rons rien à dis­pen­ser, comme les partis de gauche et cer­tains gau­chis­tes, l’illu­sion que les cadres, les petits com­merçants, les petits arti­sans, les ouvriers, les petits patrons, les pay­sans-capi­ta­lis­tes et les chômeurs auraient des intérêts fon­da­men­taux com­muns. Nous ne gagne­rons rien à croire, comme de nom­breux alter­mon­dia­lis­tes, liber­tai­res ou « radi­caux », que tous les êtres humains seraient des indi­vi­dus opprimés et exploités, sus­cep­ti­bles de se rév­olter et de ren­ver­ser le capi­ta­lisme et l’Etat… de sur­croît sans pren­dre le pou­voir.

 

Pour ter­mi­ner, il est aussi une ques­tion dér­ange­ante, à laquelle nous ne rép­ondons pas ici, faute de place, mais que plu­sieurs arti­cles du numéro pré­cédent de Ni patrie ni fron­tières ont abordé en cri­ti­quant la gauche natio­na­liste ou la gauche laïco-xénop­hobe :

 

quelle est notre part de res­pon­sa­bi­lité dans la confu­sion ?

 

Certains d’entre nous ne pro­pa­gent-ils pas des com­por­te­ments et des idées racis­tes, colo­nia­lis­tes ou sexis­tes, et ce depuis fort long­temps ? Les infil­tra­tions de l’extrême droite, les limi­ta­tions théo­riques de l’extrême gauche, n’expli­quent pas tout. Nous nous croyons vac­cinés contre les préjugés de classe, racis­tes, sexis­tes et colo­nia­lis­tes, mais le sommes-nous vrai­ment ?

 

Aux Etats-Unis, cette inter­ro­ga­tion a amené cer­tains mili­tants et cer­tai­nes mili­tan­tes à se deman­der com­ment lutter pra­ti­que­ment contre les préjugés racis­tes, colo­nia­lis­tes et sexis­tes qui pou­vaient sévir au sein de leurs pro­pres orga­ni­sa­tions et des mou­ve­ments sociaux. Souvent sur le regis­tre de la culpa­bi­li­sa­tion et des bons sen­ti­ments, mais au moins il existe des ten­ta­ti­ves d’abor­der le pro­blème.

 

Aux Pays-Bas, de telles inter­ro­ga­tions sont à la base de grou­pes comme De Fabel van de ille­gaal et main­te­nant Doorbrak, et elles tra­vaillent aussi le groupe bri­tan­ni­que The Commune qui se réc­lame du vieux mou­ve­ment ouvrier, et veut aussi intégrer les acquis des « mou­ve­ments de libé­ration » fémin­iste et anti­ra­ciste des années 70. Et il en existe cer­tai­ne­ment d’autres que nous ne connais­sons pas.

 

Certains grou­pes ou per­son­nes citées dans ce lexi­que s’indi­gne­ront cer­tai­ne­ment d’être ravalés au rang de sim­ples « pas­se­rel­les » vers l’extrême droite. Ils ne com­pren­dront pas non plus pour­quoi cer­tains « concepts » qu’ils uti­li­sent tous les jours sont peu rigou­reux, voire carrément réacti­onn­aires (8).

 

Nous espérons que ce petit inven­taire inci­tera les « modé­rateurs » de leurs sites Internet à mieux choi­sir leurs fréqu­en­tations, leurs référ­ences idéo­lo­giques et à trier avec rigueur (donc à lire soi­gneu­se­ment) les mails, les arti­cles et les infos qu’ils publient sur leurs sites ou qu’ils dif­fu­sent autour d’eux.

 

Quelques livres utiles

 

– La galaxie Dieudonné. Pour en finir avec les impos­tu­res, de Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier, 2011, Editions Syllepse (ouvrage utile mais qui aurait gagné à plus de pro­fon­deur théo­rique et socio­lo­gi­que dans l’ana­lyse du phénomène Dieudonné) ;

 

– Les extrêmes droi­tes en France. De la tra­versée du désert à l’ascen­sion du Front natio­nal (1945-2008), de Jean-Paul Gaultier, Editions Syllepse, 2009 (ouvrage his­to­ri­que de bonne qua­lité) ;

 

– La Fable de l’illé­galité, recueil d’arti­cles du groupe De Fabel van de ille­gaal, édité par Ni patrie ni fron­tières, 2008 (explore les conver­gen­ces indé­si­rables aux Pays-Bas et dans le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste)

 

– L’ima­gi­naire du com­plot mon­dial. Aspects d’un mythe moderne, Pierre-André Taguieff, Mille et une nuits, 2006 (malgré sa haine viscé­rale de l’extrême gauche qui l’amène à opérer des amal­ga­mes ridi­cu­les voire à la dif­fa­mer, un livre et un auteur à lire, quelle que soit l’irri­ta­tion qu’il pro­vo­que) ;

 

– et Le Monde vu de la plus extrême droite de N. Lebourg, 2010, Presses uni­ver­si­tai­res de Perpignan (par­fois un peu touffu, mais incontour­na­ble sur la ques­tion).

 

Aux infor­ma­tions tirées de ces sour­ces, nous avons ajouté nos pro­pres com­men­tai­res et quel­ques ren­sei­gne­ments sup­plém­ent­aires glanés au cours de nos recher­ches sur la Toile ou dans différ­entes publi­ca­tions.

Avant d’être publié sur Internet et sous forme papier, cet inven­taire a cir­culé parmi plu­sieurs cama­ra­des, notam­ment de Mouvement com­mu­niste, du Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne (GARAP), des Luftmenschen et sur le forum des lec­teurs de la revue Ni patrie ni fron­tières.

 

L’objec­tif n’était pas d’abou­tir à un texte commun où toutes les posi­tions seraient com­mu­nes à la vir­gule près (il nous aurait sans doute fallu des années pour y arri­ver), mais de sol­li­ci­ter l’avis de mili­tants qui se sont intéressés à ces ques­tions depuis long­temps et qui obser­vent le dével­op­pement, la déc­om­po­sition/recom­po­si­tion per­ma­nente de l’extrême droite ou de ce que cer­tains cama­ra­des appel­lent le « sous-fas­cisme ».

 

Chaque fois que c’était pos­si­ble, leurs remar­ques ont été intégrées dans le texte ori­gi­nal et les for­mu­la­tions qu’ils trou­vaient mala­droi­tes, obs­cu­res ou incor­rec­tes ont été modi­fiées. En cas de dés­accord impor­tant, leurs ajouts ou com­men­tai­res ont été placés en notes.

Des cama­ra­des de Mouvement com­mu­niste, des Luftmenschen et du GARAP ont aussi écrit leurs pro­pres textes qu’ils ont évid­emment signés du nom de leur groupe. Que tous et toutes soient ici remer­ciés. Cette forme de coopé­ration par­ti­cu­lière entre des mili­tan­tes et des mili­tants ayant des orien­ta­tions différ­entes n’impli­que pas, bien sûr, que ces cama­ra­des soient res­pon­sa­bles des éventu­elles erreurs qui ont pu se glis­ser dans ce texte. La revue en assume seule la res­pon­sa­bi­lité et publiera tout dém­enti ou droit de rép­onse (d’une taille rai­son­na­ble, soit 2 pages maxi­mum) demandé par les per­son­nes, sites ou grou­pes men­tionnés, à condi­tion qu’elles n’émanent pas d’indi­vi­dus ou de grou­pes fas­cis­tes ou fas­ci­sants.

 

La prose de ces der­niers n’est pas la bien­ve­nue dans la revue car nous ne sommes pas par­ti­sans de la liberté d’expres­sion totale… comme cer­tains liber­tai­res !

 

Ni patrie ni fron­tières, 1er sep­tem­bre 2011

 

P.S. : De nom­breux arti­cles font référ­ence à des indi­vi­dus ou à des grou­pes. Quand nous n’avons pas placé une note d’expli­ca­tion en bas de page, le lec­teur devra se repor­ter à la liste des mots indexés page 11.

Par exem­ple si dans un arti­cle sur Dieudonné nous men­tion­nons le MDI, le lec­teur devra se rendre à l’entrée MDI.

 

Les entrées sont de lon­gueur très varia­ble et nous publie­rons une seconde édition, voire un deuxième numéro sur le même sujet, en fonc­tion des contri­bu­tions, remar­ques et cri­ti­ques que nous rece­vrons sur ce sujet essen­tiel.

 

Notes

 

1. La confu­sion entre éco­logie et extrême droite n’est pas seu­le­ment le fait de fas­cis­tes mas­qués qui se livre­raient à des ten­ta­ti­ves de récu­pération : il est signi­fi­ca­tif que le site de gauche décro­iss­ance.info qui recom­mande dans ses liens toutes sortes de publi­ca­tions liber­tai­res ou « radi­ca­les » publie en même temps une inter­view de Serge Latouche du MAUSS (qui avait déjà contri­bué au numéro 4 de la revue Krisis d’Alain de Benoist en déc­embre 1989) dans Le Recours aux forêts sans dire que cette revue fut dirigée par Laurent Ozon, néo-païen fas­ci­sant, membre du Bureau poli­ti­que du FN en 2011. Sans la vigi­lance d’un inter­naute, cette conver­gence verte-brune serait passé ina­perçue…

 

2. Léon Bourgeois (1851-1927) inventa le soli­da­risme. Membre du Parti radi­cal, minis­tre et pré­sident du Conseil d’Etat sous la IIIe République, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1920. Dans son livre La Solidarité (1896), il prét­endait rés­oudre les contra­dic­tions entre le libé­ral­isme et le socia­lisme en fusion­nant les deux partis. Il sou­hai­tait que les béné­fices de l’Etat fus­sent rép­artis de façon « plus équi­table ». Cette doc­trine favo­ra­ble à un inter­ven­tion­nisme social fondé sur des valeurs mora­les sera reprise par cer­tains cou­rants de l’extrême droite, qui créeront le natio­nal-soli­da­risme, et infléc­hiront cette idéo­logie inter­clas­siste vers un cor­po­ra­tisme fondé sur un Etat fort, une société hiér­archisée, dis­ci­plinée et des com­mu­nautés eth­ni­ques homogènes. L’emblème des soli­da­ris­tes est sou­vent un tri­dent et cer­tains d’entre eux se réc­lament de Sorel et Proudhon, qu’ils assai­son­nent avec les écrivains de la révo­lution conser­va­trice alle­mande. Le cou­rant Terre et Peuple/Résistance iden­ti­taire europé­enne, animé en France par Pierre Vial, se réc­lame du soli­da­risme.

 

3. Selon N. Lebourg, les « natio­naux-révo­luti­onn­aires » « glo­ba­le­ment pro­so­vié­tiques pen­dant la guerre froide, sou­vent philo-maoïstes » ont su tirer les leçons de Mai 68, et notam­ment du « mai ram­pant » ita­lien, tout comme leurs ancêtres fas­cis­tes avaient tiré les leçons de la Révolution d’Octobre.

 

4. « Culture » au sens tri­vial, mais signi­fi­ca­tif, où un dealer d’Evry s’excla­mait réc­emment : « Mais le haschich, c’est notre culture ! », quand un jour­na­liste lui demanda quel serait l’impact d’une éventu­elle léga­li­sation du can­na­bis sur son « biz­ness ».

 

5. Cf. par exem­ple les deux textes de l’AWL publiés dans le n° 27-28-29 d’octo­bre 2009 de Ni patrie ni fron­tières et la rubri­que à ce sujet sur le site la Bataille socia­liste.

 

6. Commentaire du GARAP : « La ques­tion de savoir si “le prolé­tariat a les épaules assez larges ou pas” n’est pas impor­tante, si l’on garde bien en tête que le prolé­tariat est la classe de la négation de cette société. Par conséquent : “il est révo­luti­onn­aire ou il n’est pas” (K. Marx). Le prolé­tariat, non orga­nisé ou orga­nisé de manière spec­ta­cu­laire – c’est-à-dire par des représ­entants, véri­tables cour­tiers et autres col­la­bo­ra­teurs de classe – ne pou­vait se trou­ver que dés­emparé et désarmé face à l’offen­sive du capi­tal qui a débuté dès les années 1960 et 1970. Les contre-atta­ques prolé­tari­ennes des années 1970 en Italie ont dû pro­vi­soi­re­ment s’effa­cer sous les coups d’une bour­geoi­sie inter­na­tio­nale qui uti­lisa tous les moyens à sa dis­po­si­tion – et, parmi eux, les rebel­les d’extrême gauche comme d’extrême droite – pour faire diver­sion. »

 

7. Commentaire du GARAP : « pays où la guerre contre le prolé­tariat menée par la bour­geoi­sie s’est dirigée sur le ter­rain fana­ti­que de la colo­ni­sa­tion mar­chande de la vie ».

 

8. Ils relèvent de ce que N. Lebourg appelle des « oscil­la­teurs idéo­lo­giques », c’est-à-dire des « mots-vali­ses », des mots fourre-tout, ayant une plu­ra­lité de sens et pou­vant être faci­le­ment uti­lisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

 

Sommaire

 

Concepts pro­pi­ces à la confu­sion

 

Antiaméricanisme, 15

 

Anti-impér­ial­isme, 16

 

Blancs, 18

 

Blacks, 19

 

Consommation (société de), 19

 

Démocratie, 20

 

Déracinement, 21

 

Différence, droit à la, 21

 

Droits de l’homme et droits démoc­ra­tiques, 21

 

« Entité sio­niste », 22

 

Guerre civile ou émeutes, 22

 

Impérialisme, 23

 

Jacobinisme, 23

 

Libération natio­nale, 23

 

Nationalisme arabe, 23

 

« Nations prolét­aires », 24 (cf. aussi natio­nal-bol­che­visme, 111)

 

Peuple pales­ti­nien, 25

 

Question juive, La, 26

 

Régionalisme, 27

 

Réseau, 28

 

Résistance, 28

 

Sionistes, 28

 

Sites qui pro­pa­gent la confu­sion

 

Alterinfos, 30

 

Dazibaoueb, 30

 

Entre la Plume et l’enclume, 31

 

Enquête et Débats, 31

 

Eva R-sis­tons, 31

 

Investig’Action, 31

 

La Banlieue s’exprime, 31

 

Mecanopolis, 31

 

Mondialisation.ca, 32 et sur­tout 121

 

Pierre et l’Olivier, La, 32

 

Planetenonviolence.org, 32

 

Tlaxcala.es, 33

 

Tout sauf Sarko, 33

 

Voltaire.net, 33

 

Idiots utiles… à la confu­sion

 

Bricmont, Jean, 35

 

CAPJPO, 36

 

Chossudovsky, Michel, 38

 

Collon, Michel, 38

 

Finkelstein, Norman, 38

 

(Le) Grand Soir, 39

 

Lacroix-Riz Annie, 39

 

Primitivi.org, 40

 

Ramadan, Tariq, 40

 

Résistance 71, 41

 

Résistances (librai­rie), 42

 

Convergences inat­ten­dues et mép­ri­sables

 

Anticapitalisme, 43

 

Anticapitalisme et antisé­mit­isme, 44

 

Antiracisme, 45

 

Chavez et Khadafi, 46

 

Commune de Paris, 47

 

Complots, théories du, 48

 

Conseils ouvriers, 48

 

Rossel, Louis Nathaniel, 49

 

Militants de la confu­sion

 

Atzmon, Gilad, 50

 

Axis for Peace, 51

 

Ayoub, Serge, 51

 

Binet, René, 51

 

Blanrue, Paul-Éric, 52

 

Casa Pound, 57

 

Cattori, Silvia, 67

 

Centre Zahra et Parti Anti Sioniste, 69

 

Ceresole, Norberto, 70

 

Charbonnier, Marcel, 72

 

Cheminade, Jacques, 72

 

Chiesa, Giuletto, 72

 

Cruse, Jean-Paul, 73

 

Dieudonné, 73

 

Duprat, François, 73

 

Egalité et Réconciliation, 74

 

Fouéré, Yann, 74

 

Gallois Pierre-Marie, 74

 

Gazette du Golfe et des Banlieues, 75

 

Génération Kemi Seba, 75

 

Giudice Fausto, 75

 

Hess-Skandrani, Ginette, 75

 

Idiot International, L’, 76

 

Karnooh, Claude, 77

 

Mouvement des damnés de l’impér­ial­isme, 77

 

Mouvement d’action sociale, 78

 

Neturei Karta, 78

 

Nationalistes-révo­luti­onn­aires, 78

 

Parti Anti Sioniste, 79

 

Petras, James, 79

 

Poumier, Maria, 83

 

Renouveau français, 83

 

Reynouard, Vincent, 83

 

Robin, Jean, 84

 

Sfahr Mondher, 84

 

Shamir, Israël, 84

 

Soral, Alain, 85

 

Staline et sta­li­nisme, 86

 

Thèmes pro­pi­ces à la confu­sion

 

Antisionisme, 87

 

Désioniser Israël, 89

 

Dresde (bom­bar­de­ments de), 89

 

Ecologie, 90

 

Génocide, 91

 

Hollywood, 91

 

Identités et Politiques iden­ti­tai­res, 91

 

Immigration, 92

 

Islamophobie, 93

 

« Lobby sio­niste » et lobby pro-israélien, 95

 

Métissage et mixo­pho­bie, 95

 

Shoah Business ou Industrie de l’Holocauste, 96

 

Straight edge, 96

 

Expressions et mots de l’extrême droite

 

Affinités trans­ver­sa­les, 98

 

Barbus, 98

 

Bien-pen­sance, 98

 

Double natio­na­lité, 98

 

Europe, 98

 

Immigrétisme, 99

 

Métapolitique, 99

 

Métissolâtrie, 99

 

Mondialisme, 100

 

National-bol­che­visme, 101

 

Nazisionisme, sio­na­zis, judéo-nazis, 107

 

« Nouvelles conver­gen­ces », 109

 

Oligarchie, 109

 

Pays réel, 110

 

Police de la pensée anti­ra­ciste, 111

 

Politiquement cor­rect, 111

 

Révisionnisme et Négationnisme, 111

 

Révolution popu­laire, 111

 

Shoatique, siono-shoa­ti­que ou holo­caus­ti­que, 111

 

Totalitarisme mou, tota­li­ta­risme soft, tota­li­ta­risme de la pensée, 112

 

Tradition, 112

 

ZOG ou ZORG, 112

 

Annexes

 

– Quelques remar­ques sur un inven­taire de la catas­tro­phe (Luftmenschen), 115

 

– Mondialisation.ca : ana­lyse anti­fas­ciste d’un site (Luftmenschen), 121

 

– L’antisé­mit­isme sur le site d’Indymedia aux Pays-Bas (Eric Krebbers), 126

 

– Indymedia : une porte ouverte à l’antisé­mit­isme (Franck Ludo), 129

 

– Pétition : on peut tout signer, mais pas avec n’importe qui (Henri Goldman), 131

 

– Eléments d’intro­duc­tion à la notion de sous-fas­cisme (Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne), 134

 

– RFI, Celine et Tixier-Vignancour (Y.C.), 148

 

– Onze thèses du red­skin­head, 158

 

– Petit « Blanc », Fdesouche et Marine te pren­nent pour un con (red skin­heads), 161

 

– Chauny : encore un jeune condamné pour s’être déf­endu (red skin­heads), 164

 

– Opération Carcajou : la liberté d’expres­sion définie par les fas­cis­tes de Fdesouche (red skin­heads), 168

 

– Violence fas­ciste et déd­ia­bo­li­sation méd­ia­tique : cons­truire la contre-offen­sive ! (red skin­heads), 171

 

– Norvège : l’évo­lution pré­vi­sible de la vio­lence fas­ciste en Europe (red skin­heads), 178

 

– Fdesouche et après ? Jusqu’où va la fachos­phère ? (red skin­heads), 185

 

On trou­vera pro­gres­si­ve­ment la suite de ce numéro sur ce site sur les posts sui­vants.

 

1699

 

1701

 

1702

 

1703

 

1704

 

1705

 

1706 et d’autres à venir....


Pour toute com­mande de la ver­sion papier de la revue Ecrire à yves­co­le­man@wana­doo.fr

 

Ou

 

Yves Coleman 10 rue Jean Dolent 75014 et join­dre un chèque de 10 euros à l’ordre d’Yves Coleman ou des tim­bres de même valeur

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:11

Si on croit, comme George Orwell et Jean-Claude Michéa, que la plupart des membres d'une population partagent un certain nombre de traits, qui en font des « gens ordinaires », alors on peut concevoir 3 sortes de gauches, chacune ayant une position qui lui est propre par rapport à cette grande majorité des « gens ordinaires ».

 

La gauche modérée serait celle qui fait croire à « l'homme ordinaire » qu'elle veut l'aider à vivre selon ses « aspirations ordinaires », mais qui, une fois au pouvoir, poursuivrait des objectifs qu'elle jugerait plus importants que le « bonheur ordinaire » de « l'homme ordinaire » : une fois au pouvoir elle ne ferait donc rien pour s'opposer aux forces qui oppriment les « gens ordinaires » et qui les empêchent d'accéder à ce « bonheur ordinaire » auquel ils aspirent.

 

L'extrême gauche serait celle qui affiche ouvertement sa volonté, que la société fasse un choix de vie collectif tout à fait différent de celui que voudraient faire la plupart des « gens ordinaires » : le « bonheur ordinaire » auquel ils aspirent ne serait pas selon elle, celui auquel ils devraient aspirer. Comme la gauche modérée, elle s'opposerait donc à « l'homme ordinaire », mais d'une manière différente : la gauche modérée s'opposerait à lui de manière cachée, alors que l'extrême gauche s'opposerait à lui de manière ouverte, et toutes deux ne s'opposeraient pas à « l'homme ordinaire » sur les mêmes points et en ayant en vue de mêmes autres choix.

 

Enfin, une gauche qu'on pourrait appeler la « gauche ordinaire », se proposerait d'aider « l'homme ordinaire » à satisfaire ses « aspirations ordinaires », en luttant contre les forces qui l'oppriment et lui empêchent d'accéder au « bonheur ordinaire » auquel il aspire. Tout en proposant à « l'homme ordinaire », non pas le « bonheur ordinaire » auquel il aspire à l'état brut, mais dans un état raffiné, issu d'un processus de réflexion dialectique, visant à concilier les « aspirations ordinaires » entre elles et avec des exigences éthiques et autres idéaux. Une doctrine de « gauche ordinaire » où « aspirations ordinaires » et exigences éthiques ou idéaux se complèteraient donc pour former un tout, sans que l'un prenne excessivement le dessus sur l'autre, à la manière du yin et du yang de la sagesse orientale.

 

« L'homme ordinaire » (à l'état brut).

 

Mais il faut commencer par le commencement, et donc s'intéresser d'abord à « l'homme ordinaire », à l'état brut.

Pour se faire une idée de ce qu'il pourrait être, on peut s'imaginer toutes les sortes de gens qui vivent dans une société. Des jeunes, des « pères de famille » et « mères de famille », des célibataires, des vieux, des veufs.

Des gens dont les ancêtres vivaient en France, et d'autres dont les ancêtres vivaient en Espagne, en Algérie, au Sénégal...

Des étudiants, des apprentis, des ouvriers, des employés, des chômeurs, des cadres, des artisans, des chefs d'entreprise...

Des gens qui aiment les boites de nuit, d'autres les concerts de rap, d'autres les concertos pour piano, d'autres les bals musette, d'autres les parties de tennis, ou les parties de foot ou les parties de belote.

Des gens qui lisent Le Monde, d'autres L'Équipe, d'autres Paris Match ou Gala, d'autres qui ne lisent pas de journaux...

Des gens qui vivent à la campagne, d'autres en banlieue, d'autres en centre-ville... Etc...

 

La plupart de ces gens auraient donc quelques traits en commun, qui en feraient des « gens ordinaires ».

On pourrait par exemple imaginer que « l'homme ordinaire » est celui qui a :

 

- une conscience ordinaire de la possible cruauté de la vie : parfois nous ne pouvons choisir notre bien-être qu'au détriment de celui d'autrui,

 

- un altruisme ordinaire, c'est à dire limité, et une envie ordinaire de préserver sa vie et son bien être,

 

- une acceptation ordinaire de ses propres imperfections et tendances héritées de son animalité, ces dernières ayant été ou étant encore utiles à la préservation de soi : propension à avoir peur, à se mettre en colère, à se méfier de ce qu'on ne connait pas, à observer des corrélations statistiques entre des apparences et des comportements, etc...,

 

- un sens ordinaire du respect, ou une morale ordinaire : peut-être la « common decency » dont parlent Orwell et Michéa,

 

- une tolérance ordinaire à l'incivilité,

 

- une mentalité ordinaire, en partie héritée de sa culture,

 

- un attachement ordinaire à sa culture et à son peuple,

 

- une aspiration ordinaire à un bonheur ordinaire, bien plus qu'à la poursuite d'autres finalités, comme par exemple la fusion des peuples européens ou des peuples du monde en un seul,

 

- un aventurisme ordinaire : pas une envie de tout changer d'un seul coup dans l'organisation et le mode de vie de sa société,

 

- un gout ordinaire, c'est à dire assez peu prononcé, pour les idéologies et autres grandes théories subjectives de la société, qui nous donnent à voir cette dernière non pas de manière directe, mais de manière indirecte à travers des concepts compliqués, grandiloquents, bizarres, ou un peu fanatiques,

 

- et peut-être d'autres manières encore d'être ordinaire...

comme le formatage de la pensée par le biais notamment des médias controlés...l'uniformisation des aspirations liée à des campagnes publicitaires internationnales de grandes corporations...le manquement au développement de l'esprit critique dans l'éducation...la pression sociale d'être dans une certaine "norme" pour y être intégré...une certaine forme d'individualité égoïte liée au fonctionnement du système néo-libéral...

 

Les suffrages de « l'homme ordinaire ».

 

On s'imagine souvent que pour gagner une élection il faut avoir un bon programme politique et de bons arguments. Cela peut surement être un atout pourvu qu'on sache le mettre en valeur.

On s'imagine parfois aussi que l'homme politique doit avoir de grandes compétences, une grande intelligence ou de grandes qualités d'âme, une grande honnêteté, un grand courage. Cela peut surement encore aider.

 

Mais il est possible que l'intelligence de l'homme politique soit avant tout d'avoir compris que les électeurs sont pour la plupart des « gens ordinaires » qui votent pour quelqu'un d'ordinaire, comme eux, et qui ont une forte répulsion pour les « anomalies », quelles qu'elles soient, défaut de caractère ou trop grande radicalité affichée du projet politique.

 

Tout l'art de l'homme politique de génie est donc peut-être avant tout de savoir paraître ordinaire, en toute circonstance, en cherchant à faire passer toutes ses propositions comme les propositions les plus ordinaires et les plus naturelles qui puissent être, quelle que soit par ailleurs la radicalité réelle de ces propositions.

 

L'essentiel pour l'homme politique, serait de convaincre « l'homme ordinaire » que ses propositions sont les plus proches de ses « aspirations ordinaires » et de son « tempérament ordinaire », et ne s'en éloignent jamais de manière décisive. Tout en faisant transparaitre derrière cela, éventuellement, sa compétence, ses qualités d'âme, et tout en s'appuyant sur la qualité de ses propositions et de ses arguments, si cette qualité est bien réelle (ce qui n'est pas toujours le cas).

 

Mitterrand posant sur les affiches électorales devant un paysage de « France profonde » avec pour slogan « la force tranquille », Chirac et ses sourires chaleureux, ne manquant aucun salon de l'agriculture, Sarkozy et les tonalités gaullistes que prirent ses discours quand commença la campagne officielle, sans oublier le plus grand de tous peut-être : George Frêche, l'ancien maire de Montpellier, qui d'un air finaud, raconta notamment lors d'un très comique aparté enregistré : « Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. ».

 

Aujourd'hui c'est surement Hollande, le maire de Tulle, et son concept de « candidat normal », qui est emblématique de cette manière de rechercher les suffrages des électeurs.

Inversement, l'apparence un peu trop « chevaleresque » de Montebourg, un peu trop « caractérielle » de Mélenchon, un peu trop « intello » de Dupont-Aignan, ou un peu trop « noblesse ancienne » de Chevènement, sont peut-être aussi des handicaps pour eux pour gagner une élection, malgré toute l'intelligence, la profonde honnêteté, la noblesse d'âme, qui sont parfois les leurs, et malgré la qualité plutôt, voire très supérieure, qu'ont leurs propositions politiques.

 

La gauche modérée : « l'homme ordinaire » roulé dans la farine.

 

La gauche modérée est souvent au pouvoir, non seulement parce qu'elle est soutenue par le système médiatique, mais aussi surement parce que ses dirigeants sont habiles. Hollande son leader actuel, en est un très bon résumé. En se présentant comme le « candidat normal », il cherche surement à s'attirer les suffrages de « l'homme ordinaire », en lui faisant croire qu'il prendra les décisions qui découlent le plus d'une « volonté ordinaire » et d'un « tempérament ordinaire ».

Par sa manière de parler il semble aussi toujours chercher le compromis le plus ouvert à l'opinion d'autrui et le plus pragmatique, le plus naturel et conforme au « bon sens ordinaire ».

Mais Hollande aura beau sembler se plier à tous les vents, au fond de lui il restera convaincu que c'est lui et lui seul qui a raison sur toute la ligne depuis le début, et il ne changera pas son avis d'un millimètre.

Et il aura beau sembler chercher à gouverner de la manière la plus pragmatique et conforme au « bon sens ordinaire », les dogmes auxquels il adhère depuis 30 ans avec une rigidité hors du commun, devraient sembler tout à fait extravagants à « l'homme ordinaire », s'ils lui étaient dévoilés avec clarté.

Sa conception de « l'Ouverture » au reste du monde lui commande de détruire l'activité économique en France par le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux, par altruisme pour le reste du monde, pour lui permettre de se développer : on est loin du compromis ordinaire entre altruisme et préservation de soi.

 

Sa conception de « l'Ouverture » est de plus incompatible avec le principe de solidarité nationale, puisque libre échange et liberté de circulation des capitaux profitent aux plus riches en France (consommateurs non exposés en tant que travailleurs à la concurrence avec les pays émergents, détenteurs de capitaux), tout en nuisant aux plus pauvres (travailleurs exposés à la concurrence des pays émergents, souvent les moins qualifiés).

 

Le principe de solidarité nationale fait pourtant surement partie de la morale ou de la mentalité ordinaire, et de l'attachement ordinaire au peuple auquel on appartient.

Par ailleurs, Hollande ne conçoit pas la finalité que serait une union des peuples européens, de manière compatible avec les autres finalités que seraient le respect de la liberté des peuples, la démocratie, et la lutte contre le chômage et les inégalités en France.

 

En effet sa conception de « l'Europe » lui commande de se plier aux traités et directives, sans contester leur caractère néo-libéral, ni le caractère non démocratique de l'Union Européenne.

 

Le respect de la liberté des peuples et l'attachement à la démocratie font surement partie pourtant de la mentalité ou de la morale ordinaire, ou d'un héritage culturel auquel « l'homme ordinaire » est surement attaché.

De plus, le choix de faire passer la construction européenne avant la réalisation matérielle des conditions du bonheur, est surement loin de « l'aspiration ordinaire » au « bonheur ordinaire » avant tout.

Enfin, l'horizon inavoué ou refoulé de cette construction est peut-être une fusion des peuples européens : comment en effet l'institution européenne pourra-t-elle un jour détenir de manière légitime, les pouvoirs gigantesques qu'elle détient actuellement, sans être pilotée alors de manière démocratique par un « peuple européen » fondé par un « contrat social européen » ?

 

Cet horizon est encore très loin de l'aspiration ordinaire au bonheur ordinaire, ainsi peut-être aussi que de l'attachement de « l'homme ordinaire » à son peuple et à sa culture.

Enfin, les doctrines économiques auxquelles Hollande adhère sont néo-libérales, et donc peut-être parfois assez éloignées de la morale ordinaire.

 

Selon cette morale ordinaire, la volonté de « stimuler » l'activité n'est peut-être pas une bonne justification du choix d'exposer les travailleurs français à une concurrence portant sur le critère du cout du travail (et non de l'innovation ou de la qualité), avec les pays émergents.

 

Le néo-libéralisme oublie peut-être aussi excessivement la solidarité et l'équilibrage des rapports de force.

Ainsi Hollande est bien à l'image de cette gauche modérée qui fait croire à « l'homme ordinaire » qu'elle est animée des intentions les plus ordinaires qui soient, mais qui cache sa volonté de poursuivre des objectifs tout autres que ceux de « l'homme ordinaire » une fois qu'elle sera au pouvoir, en se disant alors que c'est elle qui a raison et « l'homme ordinaire » qui se trompe.

 

L'extrême gauche : la rupture avec « l'homme ordinaire ».

 

L'extrême gauche combat ouvertement les « aspirations ordinaires » et le « tempérament ordinaire » de « l'homme ordinaire ».

 

Dans sa forme la plus extrême, elle combat « l'homme ordinaire » sur tous les fronts. Elle ne perçoit pas les moments où le bien être "ordinaire"entre en conflit avec celui d'autrui, et toute volonté de se préserver "ordinaire"est à ses yeux un égoïsme excessif.

 

Les imperfections ordinaires et autres tendances ordinaires héritées de l'animalité sont pour elles hautement méprisables : selon elle les lâches peuvent avoir peur, les méchants peuvent se mettre en colère,  les racistes peuvent se méfier de ce qu'ils ne connaissent pas ou observer des corrélations statistiques entre des apparences et des comportements.

 

La morale ordinaire et la mentalité ordinaire sont à ses yeux un ensemble de préjugés ringards, racistes, intolérants, etc...

 

Aspirer à un bonheur ordinaire plutôt qu'à des finalités romantiques comme la fusion de tous les peuples européens ou du monde en un seul, est à ses yeux une forme de petitesse d'âme, tout comme l'aventurisme "ordinaire", bien trop limité à ses yeux.

 

Enfin il faut vraiment manquer d'instruction et haïr la connaissance aux yeux de l'extrême gauche dans sa forme la plus extrême, pour ne pas aimer voir sans cesse le monde à travers les concepts issus de la subjectivité de Marx, Proudhon ou autre.

 

L'extrême gauche ne recueillera jamais une majorité de suffrages : sa fonction objective est donc de stériliser les suffrages et l'énergie de ceux qui votent pour elle ou militent pour elle, et ont souvent un sentiment de révolte.

 

Elle peut aussi servir à affaiblir les partis contestataires qui se laisseraient influencer par elle.

 

La « gauche ordinaire » : le salut de « l'homme ordinaire » ?

 

Ni la gauche modérée, ni l'extrême gauche, ne peuvent donc se rendre utiles aux « gens ordinaires ».

 

La seule gauche qui pourrait leur être utile, est la « gauche ordinaire », composée de gens qui se vivent eux mêmes comme des « gens ordinaires ». Et qui cherchent à réunir ceux qu'ils considèrent comme leurs semblables, les autres « gens ordinaires », sur un projet guidé par une « volonté ordinaire » et un « tempérament ordinaire », ainsi bien sur que par un travail de réflexion visant à concilier ces « traits ordinaires » entre eux et avec des exigences éthiques et autres idéaux.

 

Concilier le « bons sens », qui est inné, avec la « sagesse », qui vient avec l'instruction et l'expérience. Concilier la bête sauvage et imparfaite que nous sommes encore en partie, qui veut survivre, qui peut avoir peur ou se mettre en colère, avec l'ange que nous voudrions être, divinement beau et bienveillant ; concilier la contingence et la cruauté du monde réel avec les conséquences logiques des principes abstraits de justice, la poursuite du bonheur le plus simple et immédiat avec la révérence pour les idéaux les plus lointains, les humeurs de la Terre avec la lumière du Ciel. Partager les offrandes entre celles adressées à Hestia, déesse du foyer, du repos et de la gestation, et celles destinées à Éole, dieu du vent, du voyage et de la fécondation. Concilier la mémoire, qui conserve, avec le changement, qui sont les deux ingrédients tout aussi indispensables l'un que l'autre du progrès. Concilier, par un processus dialectique comme ceux dont parlent Hegel et d'autres occidentaux, la thèse et l'antithèse, ou le yin et le yang orientaux.

 

Mais pour se convertir à la « gauche ordinaire », il faut commencer par le commencement, et commencer donc par s'accepter soi-même et s'affirmer comme un « homme ordinaire » dans toutes ses dimensions ordinaires.

 

Admettre sa volonté de se préserver et les limites de son altruisme, ses imperfections, sa mentalité et sa morale ordinaire, son agacement face aux incivilités, son attachement à sa culture, à son histoire et à son peuple, son envie de pouvoir se sentir « chez soi » dans son pays, etc...

 

Ou au moins admettre que la plupart des gens puissent être ainsi. Et partant de là, on peut donc ensuite chercher à voir comment tous ces « traits ordinaires » que l'on a reconnus et acceptés comme les siens ou au moins ceux des autres, peuvent être le point de départ d'une réflexion visant, sur de nombreux sujets concrets d'aujourd'hui, à concilier ces traits entre eux et avec les exigences éthiques et des idéaux.

 

Par exemple, beaucoup de français d'origine européenne, se sentent de moins en moins « chez eux » en France.

Mais d'autre part, c'est une exigence éthique pour eux d'accepter qu'il y ait aujourd'hui des français issus de cultures maghrébines ou africaines. De plus les français d'origine maghrébine ou africaine ne demandent surement pas autre chose pour la plupart, que de pouvoir se sentir eux aussi « chez eux » en France et être fiers de ce pays.

 

La conciliation de ces exigences en apparence difficiles à concilier, la préservation de la culture française, et l'acceptation de français issus de cultures très différentes, consiste peut-être alors à revitaliser l'amitié nationale française, et à renouveler la culture nationale française, pour qu'elle soit à nouveau vécue par tous les français comme celle de tous les français ; à préserver l'héritage culturel de ce pays que ses habitants s'imaginent comme vieux de plus de 1000 ans, qu'est la France, tout en acceptant que cet héritage s'enrichisse aujourd'hui des apports nouveaux des gens d'aujourd'hui ainsi que de nouveaux héritages.

 

Tous les français pourraient ainsi à nouveau se sentir « chez eux » en France, et la France conserverait une singularité culturelle, sans avoir pourtant manqué à l'éthique : simplement cette singularité se serait renouvelée, sans avoir pour autant rompu totalement avec son passé.

 

Autre exemple, le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux sont un choix qui va à l'encontre du principe de solidarité nationale, puisqu'en France ils profitent aux plus riches tout en nuisant aux plus pauvres.

D'autre part il y a l'exigence éthique pour la France de garder un certain altruisme avec le reste du monde. La conciliation de ces exigences difficiles à concilier réside alors dans le fait pour les français de s'engager collectivement dans une relation au reste du monde, en se répartissant équitablement les couts et profits liés à cette relation. Ils peuvent alors être aussi altruistes qu'ils le veulent, puisque le cout de cet altruisme pourra toujours ensuite être réparti de manière équitable à eux, en fonction de leurs revenus.

 

Autre exemple encore, l'Union Européenne n'est pas démocratique, et les pouvoirs que les démocraties nationales leur ont transféré sont gigantesques : un gouvernement français qui voudrait aujourd'hui lutter efficacement contre le chômage et les inégalités en France ne le pourrait pas, sans se ressaisir de ces pouvoirs.

De plus, pour que les institutions européennes deviennent pilotées par la population européenne de manière démocratique, il faudrait que les peuples européens aient accepté de fusionner, en acceptant un « contrat social européen ».

Mais il reste possible de concilier la poursuite de l'idéal d'une union des peuples européens, tout en cherchant aussi à respecter la liberté des peuples, la démocratie, et en cherchant à lutter contre le chômage et les inégalités. Il suffit pour cela de transformer l'Union Européenne en une union de démocraties nationales souveraines, coopérant sur des projets communs, faisant des échanges humains et culturels, ayant des accords commerciaux privilégiés, jusqu'à ce que les peuples européens aient accepté de fusionner, par exemple par un référendum.

 

Il existe encore surement de nombreux autres exemples, appelant parfois des conciliations dialectiques qui restent à inventer. Mais une fois toutes ces conciliations dialectiques réalisées, il deviendra possible pour la « gauche ordinaire », de se focaliser enfin sur ce qu'on pourrait considérer comme l'essentiel, et qu'on oublie aujourd'hui à force de se disputer sur le reste.

 

La « gauche ordinaire » pourrait enfin se focaliser sur les réformes institutionnelles qui feraient disparaître les forces qui aujourd'hui empêchent à « l'homme ordinaire » d'accéder au « bonheur ordinaire » auquel il aspire.

 

Et Dieu sait qu'entre la réforme du système monétaire et financier, les mesures protectionnistes mettant fin à une concurrence avec les pays émergents portant sur le critère du cout du travail, le rééquilibrage des rapports de force sur les marchés du travail, de l'immobilier, de la grande distribution, des transports et de l'énergie, et les autres moyens de lutter efficacement contre le chômage et les inégalités, la remise à flot du système éducatif, le redressement de la démocratie française par la restauration de sa souveraineté et la réforme des médias, et la revitalisation de la culture française et du lien affectif sensé unir les français, il y aurait aujourd'hui beaucoup de réformes à faire, et qui dérangeraient vraiment ceux, "ordinaires", qui profitent aujourd'hui excessivement du système.

 

Dans certaines situations extrêmes comme une situation de chômage de masse "ordinaire" durant depuis des décennies, une telle « gauche ordinaire » pourrait s'allier à une « droite ordinaire », pour former une sorte de « coalition des partis ordinaires » de gauche et de droite.


En attendant que la situation soit revenue à la normale pour pouvoir à nouveau se livrer au petit jeu de la lutte entre gens de droite "ordinaire" et gens de gauche "ordinaire".


Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 11:14

Le collectif Mais c’est un homme (link ) [1] vient de lancer une « déclaration d’entrée en résistance ».

 

En ce 1er août, date d’entrée en vigueur de la loi du 5 juillet 2011 sur la psychiatrie, le collectif a décidé d’appeler à « un plan d’action et de résistance éthique » pour maintenir la pression contre ce texte très décrié (link) et obtenir in fine son abrogation.

 

« Cette loi, avertit le collectif, participe des atteintes considérables portées aux libertés et aux droits sociaux. Elle organise la surveillance sociale des vulnérables et précaires stigmatisés en "classes dangereuses" ».

 

Et de poursuivre : « Cette loi est fondamentalement inacceptable car elle impose la contrainte et le contrôle social comme organisation du soin en psychiatrie, de l’hôpital au domicile, sous la nouvelle appellation aberrante de soins sans consentement ».

 

Remettant en cause la vision sécuritaire de la loi, Mais c’est un homme appelle les psychiatres et soignants à « mettre en place des mesures de contrainte. Et notamment, le refus des collectifs soignants de tout programme de "soins contraints" à domicile contraires à la déontologie et aux droits fondamentaux ».

 

Il appelle également à « la saisie systématique du juge des libertés » ainsi qu’à la « construction d’un observatoire national de suivi de l’application de cette loi ». « Nous dénonçons l’hypocrisie du législateur et la duperie de la loi : un véritable soin psychique ne peut se concevoir sans le consentement », résume le collectif. - [01.08.11]

 

[1] Membres du collectif : Advocacy France, Association pour la recherche et le traitement des auteurs d’agressions sexuelles (Artaas), Attac France, Cercle de réflexion et de proposition dʼ actions sur la psychiatrie (CRPA), Collectif dʼassociations dʼusagers en psychiatrie (CAUPsy), Collectif « Non à la politique de la peur », Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fondation Copernic, Groupe multi professionnel des prisons, Ligue des droits de l’Homme, Nouveau Parti anticapitaliste, Parti communiste français, Parti de Gauche, Parti socialiste, Résistance sociale, Les Sentinelles égalité, SERPsy, Solidaires, Sud santé sociaux, Syndicat de la magistrature, Syndicat de la médecine générale, SNPES-PJJ-FSU, Union syndicale de la psychiatrie, Les Verts.

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 17:08

"Tout le système est en danger, parce que l'urgence sociale est un concept que personne n'accepte".

La déclaration est de Xavier Emmanuelli, avant sa démission de la présidence du Samu social, annoncée mercredi dans une interview à Charlie Hebdo.

 

"L’urgence sociale, personne n’y croit"

 

L'ancien secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire d'urgence de 1995 à 1997 quittera son poste en octobre et la structure d'aide aux SDF devra lui trouver un successeur. Le docteur dénonce le "désengagement des pouvoirs publics et de l'Etat dans ce domaine très particulier qui est l'accueil d'urgence". Mercredi matin sur Europe 1, Xavier Emmanuelli a qualifié sa décision de "cri d'alarme parfaitement justifié". L’urgence sociale, personne n’y croit", dit-il.

 

En cause, les coupes budgétaires pour les associations qui prennent en charge l'hébergement d'urgence et le logement social. Au Samu social, financé à 92% par l'Etat, le budget est passé de 110 millions d'euros en 2010 à 90 millions en 2011. À Paris, le seul centre du Samu social de la capitale a fermé à la fin du mois de juin.

 

Une nouvelle politique à long terme

 

Au gouvernement, on justifie ces coupes budgétaires par la mise en place d'une nouvelle politique à long terme pour l'hébergement social des plus démunis : le "housing first". Littéralement "le logement d'abord" ou "chez soi d'abord".

 

L'idée : considérer que l'hébergement d'urgence ne doit être qu'une porte de sortie vers le logement et éviter les allers-retours entre la rue et les centres d’accueil. Ce principe est expérimenté depuis 2010 en France(link), à Marseille, Toulouse et Lille, pour des sans-abri ou précaires présentant des troubles psychiatriques. La même stratégie est déjà appliqué avec un relatif succès aux Etats-Unis, au Canada, ou dans certains pays du nord de l'Europe comme la Finlande.

 

"Une ligne politiquement correcte"

 

Une politique qui inquiète Xavier Emmanuelli : "Ils (le gouvernement, ndlr) sont sur une ligne politiquement correcte du 'housing first', (link) nous on est dans le 'caring first, housing then' (soigner d'abord, loger ensuite)". Même son de cloche du côté de la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.

 

Christophe Robert, délégué général de la fondation et porte-parole du Collectif des associations de lutte contre le mal-logement, rappelle qu'il est "du devoir de l'Etat de proposer des solutions d'urgence dignes". "La logique est pertinente mais il faut être en capacité de proposer des logements...", regrette-t-il, affirmant que le gouvernement met la charrue avant les boeufs en diminuant les places d'hébergement plus vite qu'il ne propose de logements.

 

"Une totale déconnexion avec la réalité"

 

Il s'agit selon lui d'"une forme de régression" : "l'hôtel n'est pas la solution, mais qu'est-ce qu'on fait pour les plus précaires ? On laisse des personnes dormir dans leurs bagnoles, des parking, des caves ?". "Cela fait des mois que les associations tirent la sonnette d'alarme", commente Christophe Robert à propos de la démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du Samu social. "Il y a une totale déconnexion avec la réalité qui nous inquiète très fortement : on perd de vue l'objectif, qui est d'aider les plus faibles". "

 

Le pouvoir doit intégrer à sa politique les effets de la crise économiques. C'est comme si depuis deux ans, rien ne s'était passé", conclut-il. Fin juin, le collectif d'associations a refusé de prendre part à une réunion organisée par Benoist Apparu, le secrétaire d’État au logement, en craignant que "cette énième rencontre, après avoir dialogué pendant deux ans, soit en déconnexion totale avec les réalités de terrain que nous dénonçons".

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 11:34

La première maison d’arrêt entièrement gérée en partenariat public-privé a été inaugurée la semaine dernière, dans le Nord. Les associations dénoncent des méthodes inadaptées.

 

http://q.liberation.fr/photo/id/307551/r/03/02/w/459/m/1310894281

La prison de Lille-Annœullin, le jour de l'inauguration le 26 juin.


Les prisons, c’est un marché. Plutôt juteux : 15 millions d’euros de loyer annuel, pendant vingt-sept ans, payé par l’Etat à Bouygues, pour la prison d’Annœullin (Nord).

C’est la petite dernière, 688 places, inaugurée par le ministre de la Justice, Michel Mercier, la semaine dernière.

 

La première «Full PPP», explique ce dernier avec gourmandise, un partenariat public-privé total. Bouygues a construit le centre pénitentiaire sur ses deniers, 70 millions d’euros, et a chargé sa filiale, Themis FM, de son exploitation. Maintenance des bâtiments, restauration, blanchisserie, et même le transfert des détenus.

 

L’Etat a gardé ses seules missions régaliennes, la surveillance et la réinsertion.

 

Parloir. Il a aussi délégué au privé les tâches qui revenaient traditionnellement aux associations. Par exemple la gestion du vestiaire pour les détenus indigents, ce qui est déjà en pratique au centre pénitentiaire de Sequedin. Non sans heurts. «Là-bas, c’est Sodexo justice service, explique Karine Bocquet, de Trait d’union. Cette filiale de Sodexo a appelé les associations pour trouver des vêtements, alors qu’elle a un budget pour en acheter. Absurde.»

Des précédents qui ne la rassurent pas. Son association s’occupe de l’accueil des familles, avant le parloir. «On nous a imposé de travailler avec Themis FM. Nous avons pensé à dissoudre l’association, mais nous ne pouvions pas déserter le terrain», raconte-t-elle. Car l’opérateur privé n’a prévu que trois salariés pour gérer les appels téléphoniques, le planning du parloir, et réceptionner les familles six jours sur sept. «Les proches arrivent très tôt, à 8 heures pour un parloir à 11 heures, par exemple, par peur de le louper.

 

L’accueil familles, c’est comme une salle d’attente, en plus conviviale, et nous sommes à la disposition des gens qui veulent parler. Quand il y a un problème, nous les renvoyons vers d’autres structures, décrit Karine Bocquet. Nous sommes absolument sûrs que la salariée de Themis FM n’aura pas le temps de cette écoute.» L’opérateur a d’ailleurs clairement intégré dans ses plannings les bénévoles de l’association. Et demandé à Trait d’union de montrer comment cela se passait à la nouvelle arrivante. «Le premier dimanche de juillet, elle devait se retrouver seule, elle a demandé à ce que l’équipe reste, ce qui montre bien qu’elle n’avait pas reçu de formation. C’est un peu étonnant», glisse la responsable associative.

 

Anne-France Larivière, du Relais enfants-parents, est plus directe : «Il est incroyable que Themis FM compte sur des bénévoles pour l’aider.» Son association amène au parloir les enfants de détenus, quand la famille refuse de s’en charger. Elle craint «l’embouteillage monstre» pour les prises de rendez-vous, avec un seul interlocuteur au téléphone. «Avant, c’étaient les surveillants qui s’en occupaient. Ils connaissaient les familles, ils prenaient le temps de parler des situations, car leur temps n’était pas compté. C’était plus humain», regrette-t-elle. Surtout, elle s’inquiète de la mise en place d’un service de garde gratuit des enfants à l’extérieur de la prison, alors que les parloirs n’ont pas été aménagés pour eux. «A Loos [l’ancienne prison, remplacée par Annœullin, ndlr], le parloir était vaste, avec moins d’intimité, c’est vrai, mais les enfants pouvaient bouger, jouer ensemble. Là, ils vont être dans des box fermés de 9 m². Un détenu m’a dit : "je ne sais pas comment mon petit de 4 ans va supporter d’être enfermé pendant une heure et demie dans un parloir minuscule".» Les familles vont sans doute préférer laisser les enfants à la garderie, et les prisonniers les verront de moins en moins. «L’administration pénitentiaire préfère accueillir les enfants dehors que dedans, soupire Anne-France Larivière. Elle ne s’inquiète que d’une chose, que les familles utilisent cette garde gratuite pour aller faire leurs courses à Auchan, juste à côté.» «Charges».

 

Faire appel au privé, ce serait «une économie sur l’exploitation de 5% par an», selon un responsable de l’Agence publique pour l’immobilier de la justice. Affirmation qui fait sourire du côté du Syndicat national des directeurs pénitentiaires, même s’il reconnaît une vraie qualité du service : «La Cour des comptes travaille sur le sujet et le rapport va être salé.» Sur la direction interrégionale de Lille, qui va du Havre à la frontière belge, les deux tiers du budget sont absorbés par les prisons en gestion déléguée, qui ne représentent pourtant que la moitié des effectifs.

 

Le syndicat grince : «L’administration est plus préoccupée à payer ces charges qu’à avoir des projets nouveaux de lutte contre la récidive.»

 

(1) En 2010, la Cour des comptes avait déjà dénoncé la gestion des cantines des établissements pénitentiaires par les prestataires privés et les «écarts de prix injustifiables».

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 09:51

Le premier jour, Loïc Sécher a un peu parlé. Debout, face à la cour, il a raconté ses sept ans et demi de prison

 

- "2 655 jours", dit-il

- sa tentative de suicide, son quotidien de détenu condamné à l'isolement pour ne pas subir le sort réservé aux "pointeurs",les violeurs dans la langue carcérale, et les terres qu'il a dû vendre pour payer ses frais de défense.

 

Il a dit aussi que, maintenant, il n'avait qu'un seul souhait, "retourner dans l'anonymat". Puis il s'est rassis dans le prétoire et il a écouté les autres. Ce n'était plus son procès, c'était le leur.

 

Celui d'une justice qui, à Nantes en 2003, puis en appel à Rennes en 2004, l'a condamné à seize ans de réclusion criminelle pour viols et agression sexuelle sur la foi des déclarations d'une adolescente en miettes.

Jusqu'au jour où son accusatrice, Emilie, a déclaré qu'elle avait menti. Le 13 avril 2010, au vu de ces "faits nouveaux", la chambre criminelle de la Cour de cassation statuant en cour de révision a annulé le verdict qui condamnait Loïc Sécher et l'a renvoyé devant une nouvelle cour d'assises.

 

Vendredi 24 juin, après cinq jours de débats, la cour d'assises de Paris, présidée par Nadine Ajjan, a acquitté Loïc Sécher. Ce fut un procès presque ordinaire. Avec un accusé, des parties civiles, des témoins qui défilent. C'est même peut-être ce qui a été le plus troublant, jusqu'au vertige, cet impeccable déroulé du rituel judiciaire, tout entier dévoué à traquer les mécanismes de l'erreur et à semer le doute, là où d'autres, sans doute avec la même minutie, avaient cru trouver les preuves de la vérité.

 

"Lorsque la justice met un homme en procès, elle se met elle-même en jugement devant l'histoire. De même que le condamné peut faire appel, il peut arriver que la justice bénéficie d'une deuxième chance.

Cette chance, nous l'avons, c'est la révision", a dit l'avocat général François-Louis Coste en ouvrant, jeudi, son réquisitoire en faveur de l'acquittement de Loïc Sécher.

 

Pour cela, il avait fallu reprendre l'histoire à son début. Chercher à comprendre pourquoi et comment un homme qui criait son innocence n'avait jamais été entendu. Pourquoi la parole d'une enfant n'avait, elle, jamais été mise en doute.

Mais plus encore, comment des adultes avaient peu à peu enfermé une adolescente dans son mensonge. C'est sous ce prisme-là que tous ceux qui, hier, avaient cru Emilie, ont été interrogés. Comme ces deux professeurs venus expliquer à la barre, d'une voix étranglée, comment ils s'étaient convaincus au fil des mois qu'Emilie était victime d'abus sexuels. Il était alors beaucoup question de la circulaire "concernant les violences sexuelles" envoyée trois ans plus tôt par la ministre de tutelle, Ségolène Royal, à tous les responsables d'établissement scolaire, les incitant à entendre "la parole de l'enfant qui a trop longtemps été étouffée", et à signaler immédiatement aux autorités judiciaires les confidences des élèves "sur les faits dont ils affirment être victimes".

 

Ils ont raconté cette réunion, organisée un samedi matin dans la salle des professeurs où, pressée de questions, l'adolescente avait fini par dire que "oui" elle avait été violée, que "oui", il s'agissait d'un adulte. "C'était un jeu de questions-réponses, elle parlait très peu. Sans doute, on a été maladroits. Mais nous, on voyait qu'elle allait mal. On a réagi avec empathie avec une enfant qui souffrait", a dit l'un d'eux. Ils avaient aussitôt alerté les parents, qui avaient alerté le médecin, puis les gendarmes. Emilie avait, encore une fois, été pressée de questions. Et à son père, qui lui avait lâché le nom de Loïc Sécher, parce que c'était un voisin, que depuis quelque temps il buvait et qu'il avait un comportement "bizarre", elle avait répondu que "oui", c'était lui.

 

La machine judiciaire s'est enclenchée et rien n'a pu l'arrêter. Plus Emilie souffrait, plus on la croyait. Pendant l'instruction, l'avocat de Loïc Sécher avait demandé en vain une confrontation entre son client et celle qui l'accusait. Trop douloureux pour la plaignante, avait estimé la juge.

 

En décembre 2003, lorsque son procès s'est ouvert à Nantes, on débattait, au Parlement, du texte allongeant le délai de prescription des crimes sexuels à vingt ans et une proposition de loi suggérait d'instaurer une "présomption de la crédibilité de la parole de l'enfant".

Cinq mois plus tard, en mai 2004, pour ne pas aggraver la souffrance d'Emilie, le président de la cour d'assises d'appel de Rennes avait fait sortir Loïc Sécher du box pendant qu'elle déposait. Au même moment, s'ouvrait à Saint-Omer le procès de l'affaire d'Outreau.

 

Mardi 21 juin, Emilie est venue devant la cour, accompagnée d'un médecin. Depuis dix ans, elle enchaîne les séjours en hôpital psychiatrique. La présidente avait exigé sa présence.

 

D'elle, on a aperçu un visage poupin, une silhouette un peu épaisse, toute secouée de tremblements. A huis clos, elle a confirmé qu'elle avait menti. Qu'elle avait préféré accuser à tort et laisser condamner un homme plutôt que de trahir tous les adultes qui avaient mis leur confiance en elle. Assis sur une chaise, juste à côté d'elle, Loïc Sécher a pleuré.

 

Dans sa plaidoirie en défense, Me Eric Dupond-Moretti a rappelé qu'une demande d'enregistrement intégral de ce procès avait été déposée auprès du premier président de la cour d'appel de Paris et que celui-ci l'avait refusée. "Pourtant, a-t-il lancé, une audience comme celle-là, ça vaut 100 heures de cours à l'Ecole nationale de la magistrature !"

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 21:13

Les forces de l’ordre assurent quotidiennement un travail considérable, malgré des coupes permanentes dans les crédits qui leur sont alloués, malgré les suppressions massives de postes et le non-remplacement des départs en retraite.

 

http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH188/arton13821-a6d1b.jpg

 

Mais la dérive du régime politique Français doit aujourd’hui interpeller ces fonctionnaires, qui incarnent le dernier échelon du dispositif de domination oligarchique.

Car ce qui motiva leur engagement au service de l’Etat est aujourd’hui ce qui devrait les motiver à lui désobéir, dans l’intérêt général.

Un certain nombre de fonctionnaires de Police et de Gendarmerie appliquent déjà une résistance passive, que ce soit dans le cadre de la répression routière ou dans la dispersion des manifestations.

 

On se souvient d’ailleurs de ce 23 Mars 2010, à Melun, où une dizaine de Policiers, courageux, tournèrent le dos à Nicolas Sarkozy quand ce dernier entrepris de faire son discours lors de la cérémonie en hommage à un brigadier-chef tué durant son service.

 

Aujourd’hui je m’adresse directement à l’ensemble des Policiers et Gendarmes.

La France est à la veille d’un tournant, d’une révolution populaire qui couve depuis bien lontemps.

Votre engagement au service de la France vous fait honneur, et je sais que la discipline est la première des vertus d’un agent des forces de l’ordre.

Mais lorsque l’Etat tourne le dos à la France, lorsque le gouvernement "viole les droits du Peuple", et lorsqu’une oligarchie utilise vos unités pour son intérêt particulier et non l’intérêt public, votre mission perd son essence, les ordres que vous recever perdent toute légitimité.

 

A cet instant, vous devez assumer ce que beaucoup d’entre vous disent tout bas : le gouvernement que vous servez vous dessert, le drapeau que vous respectez est quotidiennement bafoué par un pouvoir irresponsable et discrédité. Votre position, en tant qu’individus, en tant que citoyens, et en tant qu’institution, vous donne des devoirs, une responsabilité.

 

Les Français comptent sur vous et, secrêtement, espèrent.

 

Ayez conscience de votre position centrale dans le dispositif oligarchique. Comprenez que le Peuple Français a le devoir, la responsabilité historique, de s’insurger.

Accompagnez ce Peuple qui est le vôtre, dans son élan vers la Démocratie réelle, légitime et directe.

 

Votre désobéissance sera historique, et démontrera, le moment venu, l’étendu du courage et de l’éthique qui motivent votre engagement au service de la République. Votre dissidence sera un acte fondateur, marquant à jamais dans les consciences le début d’une nouvelle révolution.

 

Vincent Vauclin Coordinateur National de la Dissidence

 

link


Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 11:38

Le contrôleur des prisons, Jean-Marie Delarue, a mis en garde mardi contre "une industrialisation de la captivité", en présentant son rapport annuel très critique sur la prise en charge des mineurs, le concept de "dangerosité" ou l'accès aux soins.

 

"Si la socialisation n'est plus assurée, la réinsertion sera moins garantie", a déclaré à la presse M. Delarue, en déplorant la "déshumanisation" liée à la taille excessive et à la conception - "béton, barbelés, vidéosurveillance..." - des nouvelles prisons.

 

Dans son rapport de quelque 400 pages, le "contrôleur général des lieux de privation de liberté" rejette les "images naïves", comme celle de la "prison +quatre étoiles+ qui reprend de la vigueur avec la mise en service d'établissements neufs".

 

La réalité est "encore souvent celle de la vétusté et quelquefois du sordide", dit-il. Et pour éviter que "ce qui est neuf" soit vite "dans un état insupportable", il souligne la nécessité d'entretenir correctement les lieux.

Selon lui, "un certain nombre de droits fondamentaux", attachés à la "dignité", au "droit de se défendre" ou au "droit à la santé", sont encore "méconnus en détention". Il se dit par exemple "préoccupé de l'état des soins psychiatriques", pour lesquels il ne "constate nulle amélioration".

 

"La loi multiplie les recours aux psychiatres", a noté M. Delarue. Mais "la loi sème des illusions", parce que "la psychiatrie n'est plus en mesure de faire ce qu'on lui demande, c'est un des +grands corps malades+ de notre société". Le rapport aborde également un "débat majeur", qui "consiste à s'efforcer de prévenir (...) les comportements individuels qui pourraient demain porter atteinte à l'ordre public".

 

On espère tirer de la connaissance de la personnalité, avec moults "observations, fichiers et +cahier électronique+", "une appréciation de la dangerosité" et un moyen de lutter contre la récidive, a expliqué M. Delarue.

"Nous sommes très réticents sur ces notions", a-t-il déclaré, son rapport jugeant ce "discours largement illusoire, au moins en ce qu'il postule que la +science+ du comportement peut préfigurer une conduite future". A propos des mineurs, il déplore que les centres éducatifs fermés (CEF) et les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) ne répondent pas "à des orientations claires".

 

"On est frappé du manque de coordination du travail des professionnels"... "Beaucoup de centres sont démunis de véritables projets éducatifs..." "Chaque membre de l'équipe agit comme il le peut..." "Les formations initiale et continue demeurent (...) marginales", énumère le rapport. "Avec des bonnes volontés prodigieuses, on fait des choses complètement chaotiques", a insisté M. Delarue, en demandant "d'urgence" des mesures coordonnées.

 

"S'il n'y a ni cohérence, ni stabilité, rien de solide ne se fera", a-t-il estimé. Dans son rapport, il considère même que de brefs séjours "rythmés de demandes et de pratiques contradictoires (...) s'appliquant au même enfant", risquent de conduire "au pire" plutôt qu'au meilleur.

 

Ce rapport paraît "au moment où le contrôleur est conforté dans sa mission", note par ailleurs M. Delarue sur le site de l'institution (www.cglpl.fr). A la différence de quatre autres autorités indépendantes, telles la Halde ou le Défenseur des enfants, il reste "distinct" de la nouvelle entité du Défenseur des droits, "par la grâce du Parlement", a-t-il relevé.

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 11:33

A diffuser !!! Ce communiqué de presse émane des no border de Calais, victimes de répression après la diffusion des vidéos dénonçant les violences policières à l'encontre des migrants.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE         22 Avril 2011

 

 

La réponse de la police contre " les vidéos de la honte": toujours plus de violence.

 

Hier matin, (jeudi 21 avril à 9h), lors d'une rafle brutale de la police à l'African house ( rue Descartes) trois activistes No Border qui filmaient et observaient ont été arretés violemment et sont poursuivis devant le tribunal.

 

Plus de 20 réfugiés principalement soudanais qui vivaient dans le squat ont été arretés. La police a maltraité physiquement les activistes. Elle a détruit l'une de leurs caméras et effacé les vidéos sur la seconde.

 

"Cela ressemblait avant tout à une revanche suite à la publication des vidéos de No Border sur les sites rue 89 et les inrockcuptibles qui dénonçaient les harcèlements policiers à Calais", dit Martin, un Noborder activiste. Trois activistes ont été arrêtés. Deux d'entre eux qui filmaient le raid ont été violemment attrapés et jetés au sol par la PAF et les CRS. Ils ont passé neuf heures en garde à vue et ils ont plusieurs charges à leur encontre: occupation illégale, résistance avec violence en réunion...

 

le procés aura lieu le 12 juillet à Boulogne sur mer. "Une nouvelle fois, ce procés n'est qu'une stratégie de manipulation , pour détruire l'image de No Border dans l'opinion publique et pour essayer de nous faire peur, de nous décourager à continuer de filmer et témoigner de la réalité calaisienne et de son systéme répressif.

 

Mais nous n'avons pas peur, nous sommes prêts à aller au tribunal pour saisir l'opportunité de gagner ce nouveau procés politique" déclare Marine une activiste. Il y a deux semaines No Border a publié plusieurs videos qui montrent la violence, les harcèlements sexuels, les insultes, les destructions des caméras.

Dans une vidéo qui a été largement visionnée on voit des officiers de la PAF qui arrivent à l'African house au petit matin et réveillent les migrants avec "le dimanche à Bamako". "Les films publiés ne sont que la partie émergée de l'iceberg des harcèlements quotidiens de la police à Calais.

 

Cette violence est systématique et fait partie d'une stratégie globale contre les migrants dans cette ville" dit Martin. "En dehors des vidéos nous avons nombre d'autres documents qui sont prêts à être publiés ou utilisés comme preuves dans une action juridique contre la police.

Nous ne laisserons pas intimider par ces violentes réactions des autorités, cela vient juste conforter nos convictions. A Calais la répression fait loi."

 

Notes aux rédacteurs en chef

 

1) No Borders Calais maintient une présence constante sur Calais depuis Juin 2009. Le travail des militants consiste principalement à faire de la surveillance face aux violences policières et à être solidaire de manières concrètes avec les communautés de migrants.

 

2) L'Africa House est une ancienne usine désafectée dans la Rue Descartes, Calais, ou une centaine de migrants Soudanais, Erythréens, Afghans ont trouvé un refuge.

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 12:37

http://www.lepoint.fr/images/2011/04/03/autisme-journee-mondiale-petition-sante-285950-jpg_172101.JPG

 

Un petit garçon autiste regarde des bulles de savon au côté d'une éducatrice, au centre Mosaïque de Lille, spécialisé dans la prise en charge des troubles envahissants du développement. © Philippe Huguen / AFP

 

 

Le collectif Autisme veut saisir le Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour "évaluer la situation économique" de la prise en charge de cette maladie, qu'il juge actuellement "désastreuse", selon un communiqué diffusé vendredi. "Parce que la prise en charge des 600 000 personnes autistes reste majoritairement inadaptée, inefficace", le collectif, qui rassemble cinq fédérations du secteur, "a décidé de saisir" le CESE "pour réaliser une étude permettant d'évaluer la situation économique et sociale actuelle dans le champ de l'autisme". Cette saisine "s'effectuera par pétition citoyenne, devant obtenir 500 000 signatures", et mise en ligne sur le site du collectif depuis le 2 avril, journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Le collectif estime "qu'une meilleure prise en charge précoce fera considérablement diminuer le coût économique et social de ce handicap pour la collectivité". Pour les associations, cette prise en charge est aujourd'hui "désastreuse". La ministre des Solidarités Roselyne Bachelot vient de confier une mission à l'ancienne secrétaire d'État Valérie Létard sur le plan autisme 2008-2010. Selon le communiqué du ministère, certains aspects du plan semblent "avoir souffert de retards, notamment dans les développements de formations adaptées" et "l'amélioration de la prise en charge des adultes avec autisme ou TED" (troubles envahissants du développement).

pour signer la pétition: link

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 14:29

La voix des Rroms (link) soutient pleinement la démarche de l’association M.A.C.H.O (link) , qui a décidé d’entamer une procédure devant la Cour Pénale Internationale contre Nicolas Sarkozy pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité à l’égard des Rroms.

Déclarée le 21 juillet 2010, cette guerre dont la stratégie a été annoncée une semaine plus tard lors d’une réunion entre le président de la France et certains de ses ministres, continue à faire des victimes innocentes.

Les Rroms ont été accusés de tous les maux, et d’après des sources gouvernementales qui préfèrent rester anonymes, la visite de N. Sarkozy au Japon aurait entre autres pour objectif de convaincre les autorités japonaises à répandre la désinformation selon laquelle les incidents de Fukushima ne sont pas dus au tsunami, mais à un groupe de Rroms qui en aurait profité pour commettre un sabotage.

L’enjeu est de taille, car il en va de la survie de l’industrie nucléaire, dans laquelle la France est le 2ème numéro mondial. L’expert qui a mis sur pied ce plan de communication aurait reçu la somme de 5 millions d’euros à titre d’honoraires, mais notre source gouvernementale refuse de dévoiler la provenance de ces fonds.

Entre la piste des entreprises du nucléaire et celle de l’Etat aucune n’est à privilégier, et une coopération financière entre les deux reste autant envisageable. Cette actualité risque de renforcer le dispositif guerrier de Sarkozisthan contre les Rroms.

Les opérations de l’armée française à l’étranger ne devraient cependant pas en pâtir, vu que, s’agissant de la guerre anti-rrom, ce dispositif est essentiellement constitué de policiers, de douaniers et d’agents du fisc. Tout au plus, quelques ingénieurs d’installations nucléaires pourraient joindre le réseau, et la France en dispose assez.

Réussiront-ils là où les spécialistes, à grand renfort médiatique ont échoué, à savoir, apporter des preuves d’une criminalité rrom particulièrement grave ?

Vu leur ingéniosité, ce n’est pas à exclure. Dans ce contexte, la plainte de l’association M.A.C.H.O tombe à point nommé, parce qu’elle remet dans le débat public la fausseté des accusations contre les Rroms.

 

2011-03-10

Les 10 à 12 millions de Roms de l'Union européenne (UE) devraient bénéficier de mesures européennes afin de promouvoir leur intégration sociale, culturelle et économique, ont estimé les eurodéputés dans une résolution adoptée mercredi lors d'une séance plénière du Parlement européen à Strasbourg.

Considérés comme la plus grande minorité d'Europe, les Roms ont souffert de discrimination systématique et luttent contre "un degré intolérable d'exclusion et de violations des droits de l'homme, de stigmatisation grave et de discrimination dans la vie publique et privée", indique le texte adoptée par 576 voix pour, 32 voix contre et 60 abstentions.

A cet effet, les eurodéputés ont défini les domaines prioritaires qui nécessitent davantage d'efforts de la part des autorités locales, nationales et européennes afin d'intégrer les Roms, et invité la Commission européenne à présenter une feuille de route destinée à fixer des normes minimales obligatoires au niveau européen dans les domaines prioritaires de l'enseignement, de l'emploi, du logement et des soins de santé.

La lutte contre l'emploi non déclaré, l'embauche de personnel Roms dans l'administration publique, l'augmentation du nombre d'enseignants roms et l'assurance que les enfants roms reçoivent une éducation dans leur propre langue, figurent également parmi les demandes adressées aux Etats membres de l'UE et à la Commission européenne.

Pour les eurodéputés, les mesures de rapatriement "discutables" des Roms qui ont eu lieu dans plusieurs États membres de l'UE ont créé "la peur et l'anxiété parmi la population rom, ainsi qu'un degré inquiétant d'actes de racisme et de discrimination". La stratégie de l'UE devrait traiter de toutes les formes de violation des droits fondamentaux des Roms, y compris "la discrimination, la ségrégation, les discours de haine, le profilage ethnique et la prise d'empreintes digitales illégales, ainsi que les expulsions illicites", ont souligné les députés européens

Par ailleurs, le Parlement européen a exhorté à créer des organes de l'UE sous la supervision de l'actuelle Task-force Roms, en vue d'assurer l'appui financier de l'UE aux initiatives locales pertinentes et d'identifier et de dénoncer à temps toute utilisation abusive des fonds.

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 09:34

http://www.unefois.be/portail/wp-content/themes/thejournalNM/thumb.php?src=http://www.unefois.be/portail/wp-content/woo_custom/53-11415642229.jpg&h=380&w=280&zc=1&q=90

Tout être humain sensible –pour ne pas dire sensé- dans l’état où se trouve la civilisation matérialiste actuelle, ne peut éviter d’adhérer à une quelconque cause qui, selon lui, lutte pour l’amélioration de son sort et/ou du sort de ses semblables. Une multitude d’organismes sont déjà en place dans de nombreux pays, dont le but avoué est d’améliorer la condition humaine. Certaines personnes optent de combattre l’injustice, d’autres, la pauvreté, ou la misère. Peut-être que votre lutte personnelle vise la corruption, ou la pollution ; une lutte contre les OGM, les guerres, le gaspillage, ou contre les Banques excessives ou les Gouvernements minables. Peu importe, nous croyons tous, au moins un jour dans notre vie, à quelque cause susceptible d’améliorer les choses. Nous investissons dans cette lutte du temps ou de l’argent. Ces efforts et cette bonne volonté sont bien louables mais n’atteindront jamais leurs buts, et sont condamnés à se répéter encore et encore pour les siècles à venir… C’est le mythe de Sisyphe. Tant que l’argent existera, la pauvreté demeurera un ennemi impossible à vaincre. Tant que l’argent existera, la pollution ne pourra jamais s’arrêter. Tant que l’argent existera, la production des armes et bombes se poursuivra. Tant que l’argent existera, les travailleurs seront exploités. Tant que l’argent existera, la corruption existera.

http://www.unefois.be/portail/wp-content/uploads/torn-dollar-300x204.jpg

Néanmoins, un seul objectif, une seule lutte embrasse toutes les causes humanitaires, et démantèle toutes les structures et institutions responsables du mal contre lequel nous luttons depuis toujours. C’est la lutte contre l’Argent. La lutte pour l’éradication de l’Argent. L’unique ennemi de l’argent, son ennemi mortel, c’est évidemment la gratuité. Dans ce combat contre l’Argent, mon engagement est de faire connaître aux autres tous les désavantages de ce monde monétariste, et tous les avantages que l’on s’offrira à vivre dans un monde sans l’Argent. La plupart des gens n’ont jamais pris le temps d’y réfléchir et pourtant, il me semble que, travailler gratuitement pour avoir accès gratuitement à toutes les richesses que nous produisons, est une équation facile à comprendre. L’idée de voir un jour les hommes devenir adultes en abolissant l’argent et toute forme de monnaie d’échange entre eux, pour vivre dans une société d’assistance mutuelle, c’est en effet une belle utopie, mais comme il est écrit : l’utopie ne veut pas dire l’irréalisable mais l’irréalisé. L’Homme est une espèce animale atteinte de maladie mentale, la démonstration en est faite depuis toujours par les guerres, la famine, le gaspillage, la pollution et l’existence même de l’Argent. Pour certains l’Argent est une merveilleuse invention ; faudrait m’expliquer comment… Autant que je sache l’argent fut précédé par le troc et l’a réglementé. Promouvoir l’abolition de l’argent ne signifie pas retourner au troc ou à tout autre forme de monnaie d’échange. Pourquoi ne remonte-t-on jamais à cette unique cause, à cet unique principe sur lequel notre société de profit est fondée, et qui veut que l’on ne puisse rien se procurer que contre une valeur d’échange équivalente ? L’échange, c’est ne donner rien pour rien. C’est la négation du don gratuit.

http://www.unefois.be/portail/wp-content/uploads/091206dollar-300x224.jpg

Le système même, le principe, suppose le mépris de l’homme, l’idée que l’homme ne peut être généreux, qu’il est incapable de s’épanouir, de se réaliser s’il n’est sollicité par un profit personnel et égoïste. La logique d’une société sans l’Argent, est que la terre appartient à tous ses habitants et que toutes les richesses que ceux-ci produisent leur appartiennent de plein droit en totalité. La logique de l’économie de marché, la civilisation actuelle, est que la terre appartient à ceux qui ont de l’argent et que toutes les richesses produites par les hommes, sont accessibles en totalité seulement par à une minorité qui ne les produit pas. Il faut y réfléchir Voilà le problème fondamental de l’Argent : faire travailler les humains cela signifie les forcer à travailler. Il y a un tas ‘d’imbécillités’ qui ne se seraient jamais réalisées sans l’Argent. Esclavage des temps modernes comme disait Tolstoï. De voir l’Argent comme un outil puissant pour mettre les hommes au travail, c’est admirer le fouet qui fait avancer le cheval. Nous ne sommes pas des bêtes de somme. Et nous avons déjà assez travaillé comme çà sur cette Terre. A voir l’état de la planète, on paye aujourd’hui pour cette frénésie du travail. Il est grand temps de ralentir nos transports et de commencer à goûter la joie de vivre. Dans notre société actuelle, les gens se différencient par leurs possessions matérielles, ce qui au point de vue général de l’épanouissement spirituel n’a qu’une valeur tout à fait médiocre. Mais une société qui aura choisi de vivre sans argent orientera le développement des facultés humaines dans une direction bien différente. En effet, si tous les objets produits l’ont été sans argent et peuvent être consommés gratuitement, plus personne n’aura l’idée de se mettre en valeur par des possessions que n’importe qui peut acquérir. Qu’est-ce qui poussera alors l’être humain à agir et à accomplir quelque chose de valable dans sa vie ? Dans cette nouvelle société que nous nous efforçons de penser, plus de travail aliénant, plus de dettes, plus d’hyperconsommation débilitante. Le but de la vie humaine ne consistera pas à avoir de plus en plus comme c’est le cas actuellement mais à être de plus en plus. La valeur de l’humain se mesurera selon des critères totalement différents : créativité, spontanéité, intelligence, originalité, sens de l’initiative, etc. Il serait en effet ridicule de vouloir abolir l’argent si ce n’était dans l’intention de changer la nature de la société actuelle. Sans argent, la conscience humaine connaîtra de radicales transformations et ses objectifs seront fondamentalement modifiés. Une fois l’aiguillage monté, il sera difficile de prévoir jusqu’à quels sommets de conscience l’être humain pourra accéder. Il nous faut rêver du paradis terrestre si l’on veut éviter l’enfer Orwellien que l’homme fou est en train d’élaborer…

Quelques liens sur l’utopie :

http://mouvementutopia.site.voila.fr/

http://www.utopia-terre.org/

http://www.mutations-radicales.org

 

Les gouvernements croulent sous les dettes pendant que les grosses entreprises privées font des milliards de profit (dont les banques). On a simplement nationalisé les dettes et privatisé les profits. Une belle magouille!!!

http://www.unefois.be/portail/wp-content/uploads/gator_dees-300x274.jpg

Ce qui est évident, c’est qu’une société sans répartition des richesses est non-viable. Ce qui est évident, c’est que les plus démunis ne peuvent parvenir à combler des besoins vitaux sans une contribution collective. Ce qui est évident, c’est que la liberté est une idéologie qui date de l’époque des lumières. Ce qui est évident est qu’une humanité éclairée partage au lieu de favoriser le chacun pour soi qui profite seulement aux plus riches. La terre est peuplée Par deux catégories d’humains L’ Immense Majorité de ceux Qui produisent toutes les richesses Par leur travail Et l’ Infime Minorité des banquiers Qui produit tout l’argent Par jeu d’écriture. Pour consommer ce qu’elle produit L’Immense Majorité Emprunte tout l’argent A l’Infime Minorité. Mais l’Immense Majorité N’a pas compris Un problème pourtant bien simple. C’est que si on s’endette éternellement Les taux d’intérêt S’accumulent éternellement Et on se ruine. C’est aussi bête que ça Au point que c’est pas croyable. Et parce que c’est pas croyable La fête continue Pour l’Infime Minorité A moins qu’un jour Dans un éclair de lucidité L’Immense Majorité Ne réalise que parce qu’elle Produit toutes les richesses C’est à elle de produire tout l’argent Par jeu d’écriture. Je te tiens mon bonhomme, tu est ficelé, piégé ! Je t’envoie au fond de la mine, ou tu risque ta vie en plus. Puis tu me remontes un kilo de diamants. Je prends ces diamants, j’en retire 100000 euros - et a toi qui est allé les chercher, je te donne 1 euro.

http://www.unefois.be/portail/wp-content/uploads/fed-reserve-300x255.jpg

Tu as besoin de construire une maison, naturellement tu n’auras pas assez pour construire. tu viendras me trouver, et je te preterais 1000 euros. Tu devras me les rendre avec intéret, et tu seras obliger de continuer à travailler pour moi sans broncher. Je te tiens mon bonhomme, tu est ficelé, piégé. Et c’est la société entiere qui se trouve prise dans ce cercle infernal… On pourrait etre tenter de se révolter, mais le baton n’est pas loin alors on préfert la carotte de l’ane pour avancer. C’est nous qui produisons nos propres richesses, ne laissons pas les banquiers s’accaparer ne notre énergie. Et si nous décidons de partager ou de donner cette énergie, laisson nous le choix ou elle doit aller. Les flux de l’énergie humaine, appartiennent à l’humanité, à toute l’humanité. Les financiers sensés gérer ces flux, se sont accaparés de ces flux pour nous asservir, c’est tellement gros que personne n’y croit ou que tout le monde aquiesse. La majorité humaine n’est pas satisfaite de son sort mais accepte. C’est dingue mais je pense que l’on a besoin encore d’une couche ou deux, pour reagir. L’argent du monde n’appartient pas aux banquiers, c’est le fruit de l’énergie de tous. Ils ont crée des penuries artificielles pour maintenir la pression…. alors il faut croire que nous n’avons pas encore assez souffert. Acceptons la limite n’a pas été atteinte c’est pas grave…

http://www.unefois.be/portail/wp-content/uploads/014303_-300x240.jpg

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 08:41

En France, les semenciers libres subissent des atteintes à la liberté par les visites réitérées des agents de la Répression des Fraudes, qui, sans doute sans le savoir, sont les complices des « saigneurs de la Terre », dénoncés en 1997 par Camille Guillou.

 

Miviludes cible Kokopelli, les salons bio et les médecines non agressives

 

Ainsi, depuis le début de l’année 2004, l’association Kokopelli, qui œuvre dans le sens de la directive de la Communauté Européenne portant sur la conservation de la biodiversité in situ, est harcelée par les agents de la Répression parce qu'une grande partie des semences de plantes potagères qu’elle distribue sont des semences de variétés anciennes, non-inscrites dans le catalogue officiel.

 

Il est scandaleux de constater la pression exercée sur les petits semenciers biologiques qui préservent la biodiversité de notre planète et les plantes qui sont un bien commun, alors que les pollueurs et pilleurs de tout genre continuent à détruire impunément notre environnement, grâce à la complicité des États qui leur distribuent nos deniers sous forme de très fortes subventions, tout en prônant officiellement la « biodiversité ».

 

Dominique Guillet, Président de l’Association Kokopelli, pose la bonne question :

 

« Le catalogue officiel aurait-il été érigé non point pour la protection des jardiniers, mais pour la protection des intérêts financiers des grands groupes et multinationales qui ont racheté la quasi-totalité du secteur semencier depuis 40 années ? »

 

Il est certain qu’il connaît la réponse à cette question. Il rêve d’une planète « avec des semences libres cultivées dans le respect de l'environnement, avec des enfants qui ne meurent plus de faim, avec des jardins et des champs, source de vie et de diversité. »

 

Il conseille à ceux qui possèdent un jardin et aux petits cultivateurs indépendants de semer impérativement de plus en plus de semences interdites, de les donner, les échanger, et produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer autour d’eux et aux pays les plus pauvres, sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres, mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1.

 

« Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à hauts risques bactérien et sociologique. »

 

Espérons qu’ils seront nombreux à l’écouter et que la distribution des variétés interdites évitera leur disparition. Cela fait plus de dix ans que l'Association Kokopelli est victime de la mafia semencière et des tracasseries émanant des « tutelles » du Ministère de l'Agriculture.

 

Elle fait peur aux pouvoirs en place non parce qu’elle vend des graines de tomates ou autres légumes, mais parce qu’elle prône l'autonomie, le jardinage familial, la véritable agro écologie, la production autonome de semences, la résistance des paysans du Tiers-Monde.

Elle s’oppose à l'agriculture chimique, mortifère et cancérigène et le contrôle des peuples par les multinationales de l'agrochimie et de la semence avec la complicité des dirigeants des nations qui ne sont que des pantins dans les mains de ces prédateurs.

 

Parmi eux, le Momagri (Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture), un lobby international soutenant les OGM et prônant une gestion globale de l'agriculture sur terre.

Sous couvert de défense des agriculteurs, ce groupe d'intérêts privés fait pression sur les gouvernements et les instances démocratiques afin d'obtenir des législations favorables aux membres du Momagri.

Or, parmi les fondateurs du lobby, on trouve Pierre Pagesse, président de Limagrain, leader français des OGM, et Georges Fenech, apôtre de la tolérance zéro, Président actuel de la Miviludes, et payé par notre gouvernement pour être le délateur des risques sectaires qui menacent la santé des consommateurs de nourriture et médecine naturelles.

 

Pourquoi ces privilèges dans un pays qui les a, théoriquement, abolis depuis plus de 200 ans ?

 

C’est lui qui clamait dans les médias que « 60 000 enfants étaient en danger » en France à cause des pratiques de leurs parents, 
alors que le directeur central des Renseignements Généraux Joël Bouchité estimait, quant à lui, que leur nombre s’élevait « tout au plus à quelques dizaines ».

 

Personne n’en a voulu à cet individu d’exagérer à ce point afin de justifier l’existence et les dépenses de la Miviludes. 
 En effet, le dernier rapport de la cour des Comptes a épinglé la voiture de fonction avec chauffeur mise à la disposition de Georges Fenech par le ministère de l’Intérieur, dépense évaluée à plus de 80 000 euros par an, sans compter ses voyages en Guadeloupe, Polynésie, et Nouvelle-Calédonie, afin de traquer le sectarisme avec l’aide de sa conseillère technique, alors que notre gouvernement prône l’austérité.

 


Il faut ajouter ces dépenses les frais d’une équipe permanente d’une dizaine de personnes. Curieusement, depuis les révélations faites dans la presse internet sur l'appartenance pour le moins étonnante de Georges Fenech au Momagri, le nom de Georges Fenech a disparu du site de la Société.

 

A présent, cette secte prétendue « antisecte » s’attaque aux salons bios, concurrents affichés de Momagri, fidèle zélateur des OGM.

En effet, lors du salon Bien-être, Médecine douce et Thalasso, qui regroupait 310 stands du 3 au 7 février 2011 à Paris, les organisateurs ont cru bon de diffuser un message de mise en garde à leurs exposants.

 

Ce message les informait que la Miviludes tenait à ce qu’ils soient conscients des possibilités de dérives et les exhortait à rester vigilants, tous diagnostics et allégations thérapeutiques étant à proscrire.

 

Dans ce tract, les organisateurs prévenaient également que la Miviludes se rendrait sur le salon pour observer les stands (produits, documentations) et entendre les discours tenus (stands et conférences). En outre, afin de bien enfoncer le clou, une affiche précisait :

 

« Les pratiques de soins ou de bien-être non réglementées ou non validées scientifiquement peuvent conduire à des dérives, voire à la commission d'infractions pénales. Soyez vigilants si l'on vous conseille de rompre avec votre famille, votre médecin, votre entourage ou votre traitement médical. » mediator.

 

Autrement dit, lorsque les pratiques de soins sont « validées scientifiquement », comme la consommation de Médiator® et autres poisons mortels, vous ne risquez rien de pénal, mais ceux qui ont conseillé de « rompre » avec ces médicaments, tels les lanceurs d’alerte, risqueraient, d’après cette organisation, de comparaitre devant une « commission d'infractions pénales » !

 

Il est surprenant de constater la peur des organisateurs de ce salon, devant les menaces d’une entreprise tellement déconsidérée et de Monsieur Fenech, dont le cheval de bataille est la défense de la médecine conventionnelle, alors que cette médecine est au centre d’une cascade de scandales et que plus de la moitié de la population se soigne par les méthodes dites douces ou complémentaires qui n’ont jamais d’effets secondaires et n’ont jamais déclenché de scandales tels que celui du Médiator, du Vioxx, de la Thalidomide et quelques centaines d’autres qui n’ont pas encore fait couler assez d’encre pour les dénoncer.

 

En outre, Georges Fenech, ancien substitut général à la Cour d’appel de Lyon, Président de la Miviludes, que certains appellent monsieur Téfal, tellement il traîne de « casseroles » derrière lui, a été reconnu coupable d’« injures publiques raciales », mais sans condamnation (en France les politiques sont parfois coupables mais jamais condamnables).

Cependant, sa conduite l’a obligé à prononcer la dissolution de l’Association Professionnelle des magistrats qu’il présidait et, en décembre 1998, il a dû renoncer à sa nomination au poste de premier juge d’instruction à Paris pour lequel il était pressenti.

 

En 2001, ce personnage a été mis en examen dans le cadre de l'affaire de l’Angola Gate, pour avoir reçu un soutien financier significatif du trafiquant d'armes Pierre Falcone, pour sa revue de l’APM. Il s’est alors défendu en prétextant qu’il ignorait l’origine de cet argent.

Enfin, en mars 2008, le Conseil constitutionnel a annoncé l'annulation de l'élection du député UMP du Rhône Georges Fenech, son compte de campagne ayant été rejeté par les Sages. Il a été déclaré « démissionnaire d'office » et « inéligible pour une durée d'un an à compter du 27 mars 2008 ».

 

Tout cela représente beaucoup de dérapages pour un émule de Saint-Just qui s’est baptisé lui-même « Monsieur tolérance zéro ».

Aussi, est-il surprenant que les dirigeants d’un salon qui intéresse particulièrement ceux qui pensent autrement que le reste du troupeau, qui mangent bio et se soignent par des médecines naturelles acceptent non seulement les critiques d’individus aussi peu qualifiés pour juger de la santé publique, mais deviennent ses supporters.

 

La Miviludes cherche-t-elle à imiter le sénateur Joseph McCarthy qui voyait des communistes partout comme lui voit des sectes partout , ou le gouvernement du troisième Reich dirigé par Adolf Hitler, qui établissait en 1933 une liste de sectes interdites au nom de « la protection du peuple et de l’état » ?

 

Le sieur Fenech cherche-t-il à rédiger une « liste noire » sur laquelle figureraient les résistants à la « pensée unique », ceux qui veulent vivre plus sainement, se soigner autrement que par une médecine chimique qui a montré ces derniers temps, non seulement son incompétence mais aussi ses effets dangereux ?

 

Il est significatif que l’idée de ces listes noires ait germé dans l’esprit de deux malades mentaux dangereux, et soient actuellement reprises par un état qui se prétend défenseur des libertés.

 

Pour en terminer avec ce triste personnage, il faut ajouter qu’il a essayé, en vain heureusement, de faire interdire le documentaire Lumière du réalisateur autrichien Peter Arthur Straubinger sur la « nourriture de lumière », sujet bien connu en Asie et qui devrait intéresser tout scientifique curieux de trouver une explication à ces phénomènes, si peu familiers dans notre culture.

 

Et n’oublions pas, non plus, les nombreuses perquisitions et descentes de police initiées par la Miviludes, comme en octobre 2009 dans le paisible monastère œcuménique du « Moulin des Vallées » en Ille-et-Vilaine, ou en janvier 2010 au centre de Chardenoux en Saône-et-Loire, siège de « Terre du Ciel », ou en février 2011 à Nyons, dans la Drôme, au « Centre d’enseignement de biodynamisme » avec la participation de 70 gendarmes, car :

 

« Selon les éléments recueillis en 2009, la créatrice du centre semblait exercer une emprise mentale sur les stagiaires, avec rupture familiale et professionnelle », alors que les voisins qualifiaient les membres de ce Centre de « gens calmes et discrets ».

 

Le CICNS (Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités) conclue :

« Bilan des faits : zéro. Une nouvelle fois, des gens “calmes et discrets” autour desquels planent des rumeurs ineptes concoctées par la Miviludes subissent l’assaut violent de dizaines de gendarmes débarquant chez eux pour les arrêter. Il faut dire que la Miviludes nous avait déjà habitués à d'autres dérives comme cette descente musclée.

Pourquoi de telles opérations disproportionnées ? Déploie-t-on de tels moyens militaires pour faire échec aux dealers des banlieues ou aux ultra fanatiques supposés religieux ? »

 

Il est temps que notre gouvernement corrige son tir et se consacre à poursuivre une véritable « Mafia » pharmaceutique qui lui coûte des milliards et des vies humaines, comme nous le constatons chaque jour davantage, plutôt que de payer des incapables frustrés qui condamnent aveuglément des méthodes qui maintiennent les citoyens en bonne santé et ne participent pas au gâchis constant de notre « chère » Sécurité Sociale.

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article

Présentation

  • : never-surrender
  • never-surrender
  • : face à l'intoxication des masses...notre devoir est de diffuser l'info censurée!!!
  • Contact

Additif alimentaires industriels dangereux

 

 

Recherche

Observatoire du FN

Twitter

TheChangeBook

English

 

Espana

 

Stay Alert!!!