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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 22:45

webdocument de canal + à voir!!!

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 20:52

La liste des partisans de l'ACTA se raccourcit.

 

Maintenant la Lettonie a également retiré son soutien pour les traités de droit d'auteur controversées.

 

De plus en plus d'entre eux vont à une critique sévère, mais maintenant à une distance à l'accord. Les critiques craignent qu' Acta  restreingne la liberté de l'Internet en faveur de la poursuite de la violation du droit d'auteur. La Commission européenne rejette cette critique.

John Clancy, porte-parole de la commission sur la politique commerciale, déclare:

 

«Acta est un accord international, pour lesquels aucune des lois de l'UE doit être changé Acta ne prévoit pas que quelqu'un coupe l'accès à l'Internet .."

 

La ministre de la Justice allemande Sabine Leutheusser-Schnarrenberger dit:

 

"Le contrat ne prévoit pas un resserrement de la responsabilité des fournisseurs de services Internet, il n'affecte pas les réglementations allemandes ou européennes de protection des données."

Un traité international, qui fournit des serrures électriques n'aurait pas été accepté que le gouvernement fédéral.

 

Pour le week-end prochain les adversaire d'ACTA ont appelé à des manifestations. 

 

Sandrine Bélier, Eurodéputée écologiste, appelle à se mobilser face à ACTA, traité "anti-contrefaçon", à mobiliser famille et proches, aussi, contre ce traité antidémocratique, négocié sans les pays en voie de développement, sans l'OMC, les parlementaires ou les associatifs.

 

Si ce traité devait être ratifié, au printemps prochain, par le Parlement Européen, les conséquences seraient multiples :

 

- conséquences démocratiques, avec la création d'une nouvelle institution le «Comité ACTA», non élue, et qui pourrait elle même changer les règles ;

 

- conséquences sur les libertés numériques, qui se trouveraient gravement menacées par le contrôle, la censure, le filtrage, et le fichage.

De nombreux experts estiment que ce point est contraire à l'esprit et à la lettre de la Convention Européenne des Droits de l'Homme ;

 

- Accès à la santé pour tous, avec une menace sur les médicaments génériques : en effet, le traité permettrait aux grands laboratoires pharmaceutiques de faire saisir, et détruire, des médicaments sur simple suspicion de contrafaçon ;

 

- conséquences sur l'agriculture et une alimentation saine, puisque les brevets sur les semences ne seraient finalement pas exclus du champ du traité.

 

Pour toutes ces raisons, il faut amplifier la mobilisation existante. Près de 2 millions d'entre-nous ont déjà signé la pétition d'Avaaz (http://www.avaaz.org/en/eu_save_the_internet_spread/).

 

Il faut continuer. Ecrivez à vos parlementaires, descendez dans la rue, pour, ensemble, défendre nos libertés les plus fondamentales.

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 16:32

VOILA C EST FAIT DE L IDEE A LA CREATION 10 MINUTES...ALORS CE GROUPE FACEBOOK EST DESTINE A CREER UN RESEAU DE PARTICULIERS QUI SERAIENT PRET A HEBERGER UNE NUIT ...OU LE TEMPS D UNE REELLE REINSERTION...DES PERSONNES SDF...ET CECI AU NIVEAU NATIONAL...

NE RIEN ATTENDRE DE L'ETAT mais lui rapeller ses devoirs!!!

 

MORATOIRE

 

le 115 du Particulier est un groupe d'aides aux SDF. Il recueille les intentions de dons matériels comme : couverture, vêtements, hébergement, douche, nourriture... ...

Puis en concertation avec toutes les bonnes volontés, il coordonne et dispatche les dons vers leurs destinataires, soient les SDF.

 

PAS D'ARGENT !

Que du concret !

Ainsi pas de doute sur la destination des dons !

 

Le 115 du Particulier n'a pas la prétention de se substituer aux travailleurs sociaux , ni même aux associations, mais de proposer et de réfléchir à « un coup de main » supplémentaire.

 

Devant les inégalités sociales et les carences qui en découlent, il y a beaucoup à faire sans que l'on se prenne la tête pour chercher à savoir qui fait mieux que l'autre...

 

Si il y a une guerre à faire, c'est celle de faire reculer la misère, pas entre nous. Et puis si quelqu'un détenait la solution miracle et universelle : D'une cela se saurait !

 

Et de deux : Nous ne serions pas là à y réfléchir !

 

Le115 du Particulier n'est donc pas un exutoire et il y a certainement d'autre endroits pour vomir !

 

Aussi pour conserver un minimum d’efficacité et de convivialité, le 115 du Particulier veillera à ce que les échanges restent respectueux, sereins et apolitiques. Car la misère N'A PAS d'étiquette quand elle frappe ! Toute volonté tendant à se démarquer de cet esprit sera bannie !

Tout en sachant que ce ne sont pas les mots qui suscitent le plus souvent les actes, mais bien l'inverse !

 

115 DU PARTICULIER


Contact Tél médias : 06 42 68 44 52

 

Contact Tél tout renseignement : 06 67 12 61 81

 

Contact mail : 115duparticulier@gmail.com

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 00:48

Le désengagement financier du gouvernement envers des Groupements d’Intérêt Public (GIP) comme le Samu Social (115), contraint celle-ci a fermer aujourd’hui les portes de l’unique centre d’accueil d’urgence parisien réservé exclusivement aux femmes isolées.

 

L’hébergement d’urgence est en crise. Contraint de remettre à la rue de plus en plus de personnes vulnérables, sans solution d’hébergement, le 115 fait face à des difficultés importantes.

Des familles entières passent la nuit aux urgences des hopitaux parisiens.

A Nantes, ce sont 18 familles sans domicile qui passent leurs nuits dans la rue.

 

Au cours des trois derniers mois en Seine-Saint-Denis, les associations ont recensés 10 femmes seules et 16 enfants forcés de dormir dans la rue…

 

Le Samu Social est un Groupement d’Intérêt Public (GIP) dont le financement est géré à 92% par le gouvernement français. Celui-ci ayant statué pour une réduction de 24% de son financement, cela réduit les capacités de gestion de l’association de 2 000 nuités par jour et de près d’un quart, l’aide apportée par l’association aux plus démunis alors qu’il manque déjà 13 000 places d’hébergements d’urgence en région parisienne.

 

Devant l’urgence de la situation, le Collectif des Associations Unies (Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, Secours catholique, FNARS, Enfants de Don Quichotte…) devait rencontrer hier le ministre du logement pour demander des financements suffisant dans le but de préserver l’hébergement d’urgence.

 

La loi finance 2011 marque un désengagement de 80 millions d’euros de l’Etat, destinés à l’insertion des personnes vulnérables et à la prévention de l’exclusion. Le collectif indique que les seuls fonds destinés à l’hébergement d’urgence ont baissés de 41 millions d’euros, et cette baisse devrait atteindre 64 millions d’euros pour le budget 2012.

 

A Paris, le Secours Catholique est aussi dans une situation de crise. Charlotte Niewiadomski, responsable hébergement d’urgence au Secours Catholique, a indiqué que des solutions de couchages ont dues être improvisées dans des salles de paroisses et que les bénévoles de l’association sont épuisés et ne savent plus quoi proposer.

 

Le Dr Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu Social, dénonce l’incompréhension du gouvernement face à l’urgence sociale dont l’objectif est de « maintenir des gens en vie ».

 

Benoist Apparu, ministre du logement, ne conteste pas la détresse des personnes dans des situations d’urgence mais il estime de son côté que l’hébergement hôtelier n’est pas satisfaisant à long terme. Il entend faciliter l’accès au logement plutôt que de pérenniser une situation qui implique une multiplication infinie des places d’hébergement.

 

La réponse des associations est que ces projets fondés sur le long terme, ne doivent pas occulter les situations d’extrême urgence auquel il faut faire face dans l’immédiat.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 15:08

Nous sommes à un tournant de notre histoire politique.

 

Les dictatures du « socialisme réel » se sont effondrées et à leur suite les mouvements sociaux-démocrates.

Seule la loi de l’argent régente le monde, l’exploite et le détruit.

 

La mort de la sociale démocratie

 

La sociale démocratie, qui entendait donner à l’économie de marché capitaliste un visage humain, est fondée depuis la fin de la deuxième guerre sur un État providence fort, l’ instauration du plein emploi, et une juste répartition des revenus.

Aujourd’hui , elle accepte l’affaiblissement de cet état providence et renonce au plein emploi.

 

Cette option sociale démocrate , a disparu et la classe moyenne qui était son terreau s’appauvrit.

 

Elle laisse la place à ce que nous appellerons désormais le social-libéralisme.

 

Que se soit le PS ou les verts, la « gauche » est désormais libérale et ne remet pas en cause l’économie de marché (capitaliste ou socialiste) avec son corolaire: la croissance économique comme mesure du « progrès ».

 

Au besoin de démocratie réelle elle répond démocratie participative, c’est vraiment gentil de se dire que le peuple devrait « participer » à la démocratie, mais c’est aussi un syllogisme.

Dans une démocratie le peuple ne « participe » pas pour le cautionner au pouvoir d’une « élite », le peuple exerce le pouvoir, politique mais aussi économique.

 

L’agonie du système représentatif

 

Le système de représentation montre ces limites : le président actuel, élu avec moins de 41% de la population en droit de voter (le corps électoral) est totalement discrédité par la vague d’ abstention.

 

Ce système montre chaque jour la corruption, les conflits d’intérêts, le cynisme (realpolitik), la professionnalisation des représentants, la personnification du pouvoir, le mensonge et le mépris pour le peuple traité comme un enfant mineur et incapable de se diriger lui-même, de faire lui-même les choix vitaux pour sa survie. (l’exemple du nucléaire est éclairant).

 

Les crises que nous subissons sont dues à un manque de démocratie.

 

Quelle démocratie réelle accepterait que ces membres meurent de froid devant un logement vide. Quelle démocratie réelle accepterait de laisser aux banquiers le pouvoir de créer l’argent. quelle démocratie réelle accepterait l’installation de centrales nucléaires, la vente de nourriture empoisonnée, la destruction des écosystèmes et de la biodiversité…

 

Ces crises multifactorielles ne sont pas des crises pour tout le monde. Elles sont les conséquences de la confiscation du pouvoir par quelques uns pour leur plus grand profit.

 

La population aspire à la démocratie réelle.

 

Avec 20% de participation au vote, moins de dix millions d’électeurs, les responsables politiques pensent-ils toujours être légitimes?

Ou remettraient-ils en cause le peuple lui-même ?

 

Sire le peuple ne vote plus ! Changez le peuple ! Le peuple ne demande pas la parole il réclame le pouvoir:

 

Par l’usage de référendums d’initiative populaire

 

Par la création d’une assemblée constituante composée de citoyens tirés au sort

 

Par l’usage du mandat impératif (et donc l’abrogation de l’art. 27 de la constitution)

 

Par la révocabilité de ses représentants

 

Par l’Interdiction de deux mandats consécutifs

 

Par la création d’assemblées populaires dotées du pouvoir législatif

 

L’abstention : le meilleur choix

 

Non les abstentionnistes ne sont pas dépolitisés bien au contraire, ils refusent de participer à ce jeu de dupe électoral, et exigent que les vrais chiffres de l’abstention soient pris en compte.

 

Face au désengagement de l’État, nombreux sont ceux qui ont choisi d’agir au lieu d’élire. Les services publics disparaissent et sont pris en main par les gens eux-mêmes.

En France on crée 190 associations par jour et il en existe aujourd’hui plus d’un million…

 

Alors la population n’est pas prête pour la démocratie ou ce sont nos dirigeants qui s’accrochent aux privilèges que leur confère ce système oligarchique ?

 

Il est certain qu’aucun ne remettra en cause sa « représentativité » mais nous , nous continuerons à le faire en nous libérant de cette tutelle qui ne fait que nous asservir aux intérêts particuliers, à nous mener à l’abattoir et à détruire notre environnement…

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:32

2011 aura été une année d'immense bascule qui a renversé les certitudes les plus établies.

Dans le monde arabe, des dictatures interminables se sont effondrées sous la révolte populaire tandis qu'en Europe, l'Union politique et monétaire est menacée dans sa survie. Des pouvoirs oligarchiques et des partis xénophobes y exploitent la crise financière afin d'attiser la peur et la haine.

 

Qu'attendons-nous pour suivre l'exemple des peuples qui ont pris le risque d'écrire leur histoire plutôt que de continuer à la subir ? Il y a exactement un an, le 31 décembre 2010, Mediapart donnait la parole à Stéphane Hessel qui nous offrait ses vœux de résistance pour 2011. Le succès de son libelle Indignez-vous ! ne faisait alors que commencer, et ne cessera de s'amplifier durant toute l'année et dans le monde entier, au point de donner naissance au mouvement des Indignés, ébauche d'une insurrection pacifique contre un ordre du monde injuste et dangereux.



Les vœux de Stéphane Hessel pour 2011 sur... par Mediapart

« De quoi faut-il donc que ces jeunes s'indignent aujourd'hui ? s'interrogeait Stéphane Hessel dans ses vœux confiés à Mediapart. Je dirais d'abord de la complicité entre pouvoirs politiques et pouvoirs économiques et financiers. » L'année 2011 n'aura cessé de lui donner raison. En Europe, de la Grèce à l'Italie, les mêmes pouvoirs qui portent la responsabilité de la crise s'en sont saisis pour accentuer la dépossession démocratique, appliquant avec la promotion de gouvernements technocratiques liés aux oligarchies financières cette « stratégie du choc » décrite par Naomi Klein, où les peuples payent seuls la note des désastres du capitalisme (lire ici l'article de Jade Lindgaard). Mais l'histoire n'est jamais écrite, toujours imprévisible dans ses tours et détours. Du moins si nous n'oublions pas que, hommes et femmes, nous en sommes les acteurs, producteurs tout autant que produits des circonstances historiques.

 

C'est ainsi que l'appel à la résistance de Stéphane Hessel connut sa véritable réplique là où la plupart des observateurs ne l'attendaient pas. Lancé par l'exemplaire peuple tunisien, l'écho est venu de ce monde arabe qu'une Europe trop sûre d'elle-même et trop aveugle aux autres croyait condamné aux régimes autoritaires par crainte d'un islamisme diabolisé. « N'attendons pas. Résistons… », nous disait Stéphane Hessel, le 31 décembre 2010.

 

Deux semaines après, le 14 janvier 2011, le dictateur Ben Ali fuyait la Tunisie pour se réfugier en Arabie Saoudite. Quand, en 2009, était paru aux Éditions de l'Atelier Dictateurs en sursis, sous-titré Une voie démocratique pour le monde arabe, ce livre prophétique de l'opposant tunisien Moncef Marzouki, alors en exil forcé en France, Mediapart avait été parmi les rares à y accorder importance et crédit (lire ici l'article de Pierre Puchot). Aujourd'hui, depuis quelques semaines, Moncef Marzouki est président de la République tunisienne, premier président d'une République enfin libre qui invente avec précaution et prudence son futur démocratique. Et il était évidemment, autour de Stéphane Hessel et d'Edgar Morin, parmi les orateurs de la soirée de solidarité et de fraternité organisée à Paris par Mediapart, dès le 7 février 2011, pour saluer les révolutions arabes naissantes.



Stéphane Hessel et ses amis à la Colline par Mediapart

 

L'Europe, le monde et la philosophie du porc Si nous avons d'emblée évoqué un « 89 arabe » (lire ici notre article), pronostic prolongé dans un livre de dialogue avec l'historien Benjamin Stora (lire sa présentation), ce n'était évidemment pas pour annexer à un passé européen cette histoire inédite qu'inventent désormais, dans la diversité de leurs situations nationales, les peuples arabes.

Cette résonance intellectuelle voulait surtout souligner que la séquence ainsi ouverte était de la même ampleur que ce printemps des peuples qui, sur le continent européen, à l'orée du dix-neuvième siècle, avait donné définitivement corps aux idéaux démocratiques, les projetant tout autour de la Terre. La démocratie comme idéal de liberté des individus, d'égalité des droits et de fraternité des peuples. La démocratie comme idée plus que jamais neuve. L'onde de choc de 2011 n'en est qu'à ses débuts. Il y aura bien sûr des déceptions et des régressions, des défaites et des reculs, mais une nouvelle histoire s'est mise en mouvement où s'inventeront des solutions politiques inédites et s'instaureront des relations internationales nouvelles. Les manifestants russes qui, en cette fin d'année, se soulèvent contre cette imposture qu'est la « démocratie souveraine » poutinienne, confiscation oligarchique de la volonté populaire, prennent le relais des courageux Tunisiens.

 

De même, l'accentuation récente de la répression des figures de la Charte 08 chinoise, ce manifeste dont la radicalité est simplement démocratique, montre bien le peu de confiance des dirigeants de Pékin dans leur propre système, sa solidité et sa crédibilité (écouter ici notre entretien avec le sinologue Jean-Philippe Béja). La Charte 08 fut ainsi appelée par ses initiateurs chinois en référence à la Charte 77 tchécoslovaque. Vaclav Havel, qui en fut l'un des animateurs, est mort en cette fin d'année 2011 (lire ici l'hommage de François Bonnet), après une vie passée de la dissidence obscure à la présidence de la République tchèque, tout comme Moncef Marzouki, d'opposant exilé est aujourd'hui projeté à la tête de l'État tunisien.

Prix Nobel de la paix en 2010, Liu Xiaobo a été condamné à onze ans de prison en 2009 sous le reproche d'être l'un des rédacteurs de la Charte 08. Il est donc depuis deux ans enfermé au secret pour un délit d'opinion : avoir simplement prôné une évolution pacifique de la Chine vers la démocratie.

 

http://www.mediapart.fr/files/Edwy%20Plenel/Liu_Xiaobo.png

 

Dans l'édition française des essais de Liu Xiaobo parue en 2011, avec en annexe le texte complet de la Charte 08, on retrouve intacte la colère d'un homme dont la dissidence fut simplement de refuser le mensonge et de vivre dans la vérité. « En Chine, pratiquement tout le monde a le courage de défier sans vergogne la morale, écrit-il. Tandis qu'on ne trouve presque personne qui ait le courage moral de défier la réalité sans vergogne. » Ce renoncement, cette abdication d'une liberté, celle de résister et de s'opposer, dont nous avons tous la charge, Liu Xiaobo l'appelle « la philosophie du porc ». Du porc qui se vautre dans la satisfaction immédiate de ses désirs et de ses envies, de sa seule survie à rebours de tout idéal. Vaclav Havel avait préfacé ce recueil, évoquant ce « minimum moral, commun au monde entier, grâce auquel les citoyens de pays aussi éloignés et dissemblables que la Chine et la République tchèque peuvent aspirer aux mêmes valeurs, se solidariser et fonder ainsi des amitiés qui ne sont pas seulement pour la photo – des amitiés réelles ».

 

Conseillant au dissident chinois de ne pas s'inquiéter de l'issue incertaine de son combat et, sait-on jamais, de ne pas exclure une victoire rapide, Havel ajoutait, en une forme discrète d'autocritique : « Ce serait magnifique si, dans votre action, vous arriviez à tirer la leçon des tâtonnements et des troubles que nos pays ont traversés après la chute du pouvoir communiste et à éviter ces accidents de parcours. »

 

Nous y voilà. Vingt ans après la chute de l'URSS, précédée de celle du Mur de Berlin, l'Europe contemple sa défaite.

Du moins si l'on admet que l'Europe ici évoquée n'est ni une obligation géographique ni une contrainte économique, mais une volonté politique : une Europe dont la démocratie serait en quelque sorte la seule frontière.

 

Tel était l'idéal originel, né dans les ruines d'un continent ravagé par les guerres, les nationalismes et les racismes, ce continent, et nul autre, où fut, hélas, inventée la barbarie au cœur de la civilisation. Or, tandis que les idéaux démocratiques sont portés, revigorés et réinventés, par des peuples qu'elle a longtemps ignorés ou méprisés, l'Europe semble se résigner à leur déclin.

 

Des peuples congédiés, des banquiers qui gouvernent, des travailleurs méprisés, des étrangers discriminés, des nations défiées, des haines attisées, des peurs suscitées, etc. : au risque de se répéter, tant le constat est désolant, Mediapart n'aura cessé en 2011 de chroniquer ce renoncement démocratique dont la crise financière fut l'accélérateur, devant des peuples pour l'heure impuissants à enrayer cette dérive.

 

Et si dans cette histoire qui s'avance, inédite et incertaine, le retour de balancier était pour nous, Français et Européens soudain plongés dans une immense régression quand d'autres, sur tous les continents, s'inventent des futurs ?

 

Serait-ce notre tour, après tant d'inconscience, d'arrogance et de démesure de nos élites dirigeantes, de vivre dans cette porcherie mentale que décrivait Liu Xiaobo ?

 

De devenir spectateurs muets et silencieux, et par conséquent complices, d'une corruption générale de l'esprit public ?

 

La réponse ne dépend que de nous, et c'est évidemment non. Non, parce que nous ferons en sorte que ce ne soit pas. Parce que nous nous indignerons, parce que nous résisterons, parce que nous créerons. Nous, c'est-à-dire vous. Tel est du moins notre souhait et notre engagement pour 2012.

 

Par Edwy Plenel

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:25

On veux nous imposer une discipline de fer exemplaire...

Mais ceux là même qui veulent nous mettre au pas montrent ils l'exemple???

 

www.nosdeputes.fr et www.nossenateurs.fr

 

afin que tous les citoyens puissent - surveiller le travail de leur député et sénateur, - et les sanctionner le cas échéant lors des prochaines législatives de 2012 si ceux-ci ne foutent rien

 


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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 09:35

PRISONS: la vérité en 2011!!! lien

 

Une première en France. Une détenue attaque aux prud’hommes son employeur, la société MKT Sociétal, pour laquelle elle était opératrice téléphonique depuis la maison d’arrêt de Versailles.

Cette dernière conteste son licenciement, en avril dernier, au motif qu’elle aurait passé des appels personnels pendant son service.

Pour son avocat, Me Fabrice Arakélian, il y aurait eu une rupture abusive du contrat mais surtout discrimination, car la détenue est moins bien payée qu’un salarié classique.

 

Ici, c'est la rémunération minimale légale des prisonniers qui est questionnée. A 3,97 € au minimum par heure en 2010, la main-d’œuvre carcérale est littéralement bradée.

 

Les 18e journées nationales des prisons posent la question de l’insertion des prisonniers sortants et collent à l’actualité. Car si le travail en prison est reconnu comme un moyen de gagner de l’argent tout en construisant une expérience professionnelle, les conditions de rémunération des prisonniers et les places trop rares font débat.

 

Selon l’article 27 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, «toute personne condamnée est tenue d’exercer au moins l’une des activités qui lui est proposée par le chef d’établissement et le directeur du service pénitentiaire d’insertion et de probation, dès lors qu’elle a pour finalité la réinsertion de l’intéressé ».

 

Le rapport d’activité 2009 de la Direction de l’administration pénitentiaire indique que seulement 35,7 % de la population carcérale bénéficie d’une activité rémunérée (travail et formation professionnelle) auprès de concessionnaires privés.

 

Une offre insuffisante…

 

Pour Mounir Diari, ancien détenu et président de l’association J’veux m’en sortir, qui milite pour le droit des prisonniers, l’offre de travail est clairement insuffisante dans les prisons françaises. « La politique de réinsertion, elle n’existe pas, accuse-t-il, les prisons manquent de personnel pour une véritable prise en charge individuelle des détenus. »

 

Pourtant, les activités en prison sont une composante essentielle d’une bonne insertion dans la société. Dans cette perspective, le travail est présenté comme un moyen efficace de donner de l’expérience à des prisonniers, souvent très peu formés, et de leur donner le goût du travail.

Autre avantage non négligeable du travail en prison : l’aspect financier ! Car derrière les barreaux, les détenus ont besoin de petits plaisirs et tous n’ont pas une famille pour les soutenir.

Dans ces conditions, faire entrer les entreprises dans les prisons semble une solution intéressante. « Le problème est que le droit du travail n’a pas passé les portes des prisons », continue Mounir Diari.

En effet, à 3,97 € au minimum de l’heure, la main-d’œuvre carcérale est économiquement avantageuse pour les entreprises. « En plus de conditions de rémunération dégradées, les détenus ne cotisent pas à la retraite, précise Mounir Diari, et tous ne sont pas sur un pied d’égalité par rapport au travail. Les maisons d’arrêt situées dans des zones économiquement sinistrées auront automatiquement plus de mal à mettre en place des partenariats avec des entreprises ».

 

... et peu rémunératrice

 

Travaux de conditionnement, montage de présentoirs pour des sociétés de panneaux publicitaires, les détenus sont condamnés à des tâches industrielles répétitives dans les ateliers.

Pour ces attributions, les concessionnaires qui travaillent avec la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis payent en moyenne 4,03 € de l’heure les détenus. Un tarif à moitié prix par rapport au SMIC, qui donne des salaires mensuels moyens de 256 € pour les 38 % de prisonniers de Fleury-Mérogis qui travaillent avec les entreprises.

 

« Idéalement, les associations du GNCP souhaiteraient que les détenus touchent le prix normal de leur travail, explique Abdelhak Eddouk, aumônier à la prison de Fleury-Mérogis, mais il faut être réaliste, les entreprises ne viennent pas pour faire du mécénat, elles viennent parce que c’est moins cher. »

 

Pour Mounir Diari, le véritable problème est celui de la réinsertion. Et même si le travail en prison peut permettre une expérience, les perspectives des prisonniers, une fois à l’extérieur, restent précaires.

 

« On pourrait imaginer un système de partenariats plus approfondi où les entreprises s’engageraient à embaucher certains prisonniers à leur sortie », propose-t-il. Une ambition optimiste alors que l’entreprise MK Sociétal devra faire face à la première plainte d’une détenue sur les conditions de travail en prison.

 

Le droit du travail passera-t-il les portes de la prison ? Ou un alignement du statut des prisonniers entraînerait-il la fin des partenariats avec le secteur privé ?

 

L’enjeu est en tout cas de taille. Car une véritable politique volontariste d’insertion à destination des futurs ex-prisonniers serait un indéniable atout pour l’intégration de ces derniers dans la société.

 

L'association J'veux m'en sortir recherche des partenaires pour l'organisation du premier festival du monde carcéral à l'horizon 2013. Toutes les informations sur son action sur facebook

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 08:21

Cancun avait entériné Copenhague, Durban risque d’enterrer Kyoto!!!


Il y a tout juste deux ans se tenait le sommet de « la dernière chance ». Copenhague a donné Flopenhague (1). Depuis, un nouveau record d’émissions de gaz à effets de serre est battu quasiment chaque année : + 6 % en 2010 (2). Les niveaux d’émissions sont aujourd’hui plus hauts que le pire des scénarios publiés par les scientifiques il y a à peine 4 ans. Nous allons vers 3 à 4°C de réchauffement climatique global et la consommation d’énergie carbonée s’accroît. Les conséquences à travers le monde sont désastreuses (3) : sécheresses en Australie et en Afrique, inondations au Pakistan et en Thaïlande, feux de forêts en Russie, montée des eaux qui menacent les îles du Pacifique, changement des saisons des pluies dans les Andes ou en Asie du Sud-Est, etc. Alors que les dérèglements climatiques menacent la vie de millions de personnes sur la planète (4), le sujet a quasiment disparu de l’agenda politique. Après avoir été omniprésent, le climat semble avoir été totalement oublié. C’est particulièrement vrai en Europe, où la crise financière et économique l’a totalement évincé, comme si les deux questions n’avaient absolument rien à voir l’une avec l’autre. La dernière déclaration du G20 y consacre seulement cinq lignes absolument creuses, sans aucune annonce (5). C’est dans cette indifférence quasi-générale que va se tenir une nouvelle conférence de l’ONU sur le climat du 28 novembre au 9 décembre à Durban en Afrique du Sud.

 

Durban risque d’enterrer le protocole de Kyoto

 

Si le sommet de Cancun avait entériné (6) le pseudo-accord de Copenhague, Durban risque d’enterrer le protocole de Kyoto (7). Signé en 1997, il contraint les pays dits « développés » (8), à l’exception des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié, à respecter des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces objectifs sont limités mais officiellement contraignants. La première phase d’engagement prend fin en 2012. Les pays en développement exigent une seconde période d’engagements. La Russie, le Canada et le Japon, 10 % des émissions mondiales à eux trois, ont déjà déclaré qu’ils n’en voulaient pas. De son côté, l’Union Européenne affirme vouloir conserver le protocole de Kyoto. Présidée par la Pologne (9), l’UE dit en même temps vouloir un dispositif intégrant tous les pays. « Il est temps de transformer les paroles en action » (10) leur a dit en Octobre Jorge Arguello qui préside le groupe G77 et Chine pour le compte de l’Argentine, leur rappelant que l’UE se pare de vertu mais ne fait guère bouger les lignes. Quant aux Etats- Unis, ils multiplient les exigences envers la Chine et les grands pays émergents alors que dans le même temps, ils ne sont toujours pas signataires du protocole de Kyoto, ils n’ont toujours pas engagé de véritable politique de réduction contraignante de leurs émissions et ils rechignent à débloquer des financements.

 

De leur côté, les pays « en développement » s’inquiètent de remplacer un protocole juridiquement contraignant par un régime basé sur des engagements volontaires non contraignants remettant en cause le principe de « responsabilité commune mais différenciée » qui fonde le protocole de Kyoto. Ils ont rappelé que le mandat de ces négociations est de transformer en actions concrètes les principes de la Convention climat, non de les renégocier. Comme l’analyse Pablo Solon (11), le plus vraisemblable est que le protocole soitconservé pour ne pas trop braquer les « opinions publiques » mais qu’il soit en même temps complètement vidé de sa substance, ie sans nouvelle période d’engagements. Sur le modèle du pseudo-accord de Copenhague, une liste des engagements de réduction d’émissions « que chacun souhaite » pourraient être consignés dans texte « décidé » lors de cette COP 17.

 

Par ailleurs, le Guardian (12) a récemment annoncé que « les pays riches abandonnaient toute idée d’un nouveau traité avant 2020 ». Les négociateurs de ces pays admettent en privé qu’aucun accord mondial sur le climat ne pourra être obtenu avant 2016, et que dans ce cas, il n’entrerait pas en vigueur avant 2020. Connie Hedegaard, commissaire européenne du climat a ainsi affirmé que la feuille de route de l’Union Européenne prévoyait qu’un accord puisse être établi en décembre 2016 et qu’il devienne effectif en 2020. L’alliance des petits Etats insulaires considèrent que cette proposition est « imprudente et irresponsable ». D’une manière générale, les pays du G77 + Chine s’agacent de ces annonces et refusent que « Durban devienne la tombe du protocole de Kyoto ». L’exaspération grimpe. Au point que l’ancien président Costaricain, Jose Maria Figueres (13), qui n’est autre que le frère de Christiana Figueres, actuelle secrétaire exécutive des négociations climat, propose « d’occuper Durban ». Il annonce même que cela pourrait se matérialiser par « un sit-in des délégations des pays les plus touchés par les dérèglements climatiques ». Un blocage des négociations qui seraient du jamais vu depuis le boycott des négociations par les pays africains pendant une journée en octobre 2009 à Barcelone.

 

Des financements inexistants, ou très insuffisants !

 

L’issue des discussions sur l’avenir du protocole de Kyoto et d’un éventuel nouveau dispositif à brève, moyenne ou longue échéance, dépend également de ce qui sera mis sur la table en termes de financements. Des 30 milliards de dollars promis à Copenhague par les pays développés pour la période 2010-2012, les pays pauvres n’ont encore pas vu grand chose. Quand ils existent, ce sont bien souvent de l’aide au développement rebaptisé « climat ». Quant à l’objectif visant à mobiliser 100 milliards par an d’ici 2020, il ne se concrétise pas rapidement.

 

Lors de la dernière réunion du Cap (Afrique du Sud), aucun accord (14) n’est intervenu sur la mise en place du Fonds Vert pour le Climat. Présenté comme un véritable succès lors de la conférence de Cancun (15), ce fond n’aura toujours pas vu le jour à l’ouverture de la conférence de Durban, un an plus tard. Sans regles de fonctionnement, sans représentants et sans financements, ce fonds verts est à ce jour un mirage. Néanmoins, les discussions laissent poindre une primauté donnée aux financements privés issus des marchés, notamment du carbone. Donnant par ailleurs un rôle majeur à la Banque Mondiale, ce fonds ne permettrait pas de garantir des financement prévisibles, additionnels et publics à la hauteur des enjeux (16).

 

L’emballement climatique n’est pas stoppé

 

Pendant que ça bataille sur les formes institutionnelles d’un post-Kyoto et du Fonds Vert, plus aucun débat n’a véritablement lieu pour savoir comment augmenter les engagements de réduction d’émissions des uns et des autres. L’essentiel est passé à la trappe. A l’échelle mondiale, les émissions de CO2 ont pourtant atteint 30,6 gigatonnes (Gt) en 2010 (17), croissance dont la moitié est due aux Etats-Unis et à la Chine. Par habitant, si les émissions de la Chine – dont une bonne part est destinée à la production de biens exportés – s’élèvent à 5,8 tonnes, 1,5 tonnes pour l’Inde, les pays de l’OCDE en sont à 10 tonnes par habitant et par an. Ces derniers représentent toujours 25 % de la croissance des émissions mondiales depuis 2009, et 40 % des émissions totales. Et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’attend, dans son rapport annuel (18), à une hausse de 20 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici 2035, au lieu d’une réduction importante.

 

Sans seconde période d’engagements réellement contraignants et à la hauteur des enjeux, la possibilité de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global d’ici la fin du siècle va s’amenuiser sévèrement. Cet objectif nécessite une division par deux des émissions globales d’ici 2050, soit au minimum par quatre dans les pays dits « développés ». D’autant plus que les pays européens, par exemple, entendent bien faire perdurer les mécanismes de flexibilité, tels que les marchés carbone et les mécanismes de développement propre (MDP), que le protocole de Kyoto survive ou pas. Et ce quand bien même ces mécanismes de flexibilité dévoient la lutte contre les dérèglements climatiques. Permettant de ne pas réduire fortement ses propres émissions domestiques, les MDP ont fonctionné comme un effet d’aubaine pour des industriels tout heureux d’être financés pour implanter leurs investissements dans des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui concentrent plus des 2/3 des projets réalisés, au détriment de l’Afrique par exemple (19).

 

MDP, REDD, géo-ingénierie : des expérimentations injustes, inefficaces et dangereuses !

 

Les MDP ne sont qu’une longue série de dispositifs inadaptés à la lutte contre les changements climatiques. Si les COP ne jouent plus leur rôle d’espaces de négociations sur les réductions d’émissions de gaz à effets de serre, elles sont devenues de véritables foires aux propositions inadaptées, injustes et dangereuses. Après avoir suscité les marchés et la compensation carbone, qui permettent surtout aux pays du Nord d’éviter de réduire leurs émissions domestiques, les négociations climat prévoient d’étendre ces mécanismes aux forêts, à l’usage des sols et à l’activité agricole. Il n’y a pas de limite à l’imaginaire financier et néolibéral.

 

Transformant les forêts et les sols en stocks de carbone, les mécanismes REDD et assimilés participent d’une double logique de marchandisation et de financiarisation de la nature. On en oublierait presque que les forêts sont des lieux d’habitat et de vie pour de nombreuses communautés, dont les droits sont bafoués par de tels dispositifs, et qu’elles sont une source d’eau et de biodiversité sans égal. A Durban, grand est le risque de voir ce type de mécanismes étendus à l’usage des sols. Confrontés à l’absence de financements, les pays pauvres sont vivement invités par la Banque Mondiale à soutenir son projet « d’agriculture intelligente face au climat » (climate smart agriculture (20)). Les sols et pratiques agricoles, sous peu qu’elles soient favorables à la capture et au stockage du CO2, deviendraient éligibles aux dispositifs MDP et donc source potentielles de financements. Derrière, Monsanto et autre multinationales, ayant breveté des techniques de semis sans labours avec des OGM appropriés, se frottent les mains. Ce sont autant de techniques qui pourraient devenir éligibles aux financements MDP. Les petits paysans peuvent eux s’inquiéter d’un dispositif qui immanquablement aggravera la désappropriation de leur travail tout en favorisant un nouvel accaparement des terres, minant tout possibilité de souveraineté alimentaire. Alors que les pratiques d’agriculture vivrière, agroécologiques, traditionnelles ou pas, sont pour la plupart satisfaisantes au regard des exigences climatiques.

 

Autre versant des propositions inadaptées, injustes et dangereuses : la géo-ingénierie (21). Plutôt que de réduire les émissions de CO2, pourquoi ne pas accroître la capacité d’absorption en CO2 des océans ? Ou d’augmenter la capacité réfléchissante de la stratosphère pour réduire l’effet de serre ? Comment ? En fertilisant les océans avec des nanoparticules de fer dans le but d’y faire proliférer le phytoplancton, capteur théorique de CO2, ou bien en y déversant de la chaux afin d’en réduire l’acidité et d’accroître leur capacité d’absorption du CO2. Pour la stratosphère, il s’agit également d’y disséminer des éléments chimiques capables de réfléchir une partie du rayonnement solaire comme l’avait fait l’éruption du volcan Pinatubo en 1991. Celle-ci avait projeté 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère, entraînant un refroidissement moyen de la planète de 0,5 °C pendant deux ans (22).

 

La COP, une Conférence des Pollueurs ?

 

A ce petit jeu, certains se demandent si les COP ne sont pas devenues seulement des Conférences de Pollueurs (23). Se réunissant pour la 17ème fois sans avoir le début du commencement d’une solution sérieuse aux défis de l’humanité confrontée aux dérèglements climatiques, les chefs d’Etats et de gouvernements, ou leurs représentants, peuvent-ils encore prétendre détenir la légitimité pour mener à bien ces négociations ? Depuis Copenhague, ils disent préférer la stratégie des petits pas. Pourtant, cette stratégie des petits pas ne fonctionne pas et les dispositifs mis en place ne font qu’aggraver la situation globale. Face à l’emballement climatique, aucune solution de type « capitalisme vert » n’est opératoire.

 

Quelle est donc aujourd’hui la crédibilité et la sincérité de négociateurs et ministres qui vont de sommet en sommet sans aucun résultat tout en portant en notre nom des propositions ou des mandats qui ne sont pas à la hauteur des enjeux ? Pourquoi ne pas étendre le mot d’ordre des indignés « ils ne nous représentent pas » en affirmant qu’ils ne sont « plus légitimes » pour s’occuper d’enjeux aussi sérieux ? Pourquoi ne serions- nous pas plus légitimes qu’eux pour élaborer des solutions aux dérèglements climatiques, sur la base des déclarations de Cochabamba (24) ou de Lézan (25) ?

 

Occupy COP17 : Tout réinventer pour construire l’alternative !

 

Il n’y a donc pas d’autres solutions que de tout réinventer. Nous ne partons pas de rien. Nous partons de milliers d’expériences de relocalisations d’activités socialement utiles et écologiquement soutenables. Nous partons de très nombreuses luttes contre les grands projets inutiles (26) (aéroports (27), autoroutes, etc...), contre le toujours plus loin / profond / dangereux des entreprises minières et énergétiques (28), ou contre les aberrations néolibérales visant à mettre les peuples en compétition autour d’un moins disant social injuste et inacceptable. Nous partons de nombreuses expériences et réflexions pour faire de l’eau, l’air, l’énergie, la biodiversité, etc. des biens communs de l’humanité qui doivent être gérés directement par les populations, sans l’entremise d’intérêts privés et capitalistes. Nous partons enfin d’une conscience et d’une compréhension toujours plus vives et précises, bien que pas toujours exprimées, selon lesquelles « ça ne peut plus durer comme ça ».

 

Voilà quatre des piliers sur lesquels construire l’alternative. Bien-entendu, cela peut paraître peu par rapport aux pouvoirs des Etats et aux projets fous et aberrants des lobbies et multinationales. Mais espérer de ces derniers qu’ils soient touchés par la grâce et finissent par agir « bien » est tout simplement illusoire. Nous n’avons pas d’autres solutions que de s’appuyer sur nos forces, à tous les niveaux, pour construire à la fois le monde de demain et le rapport de force nécessaire pour que nos solutions, celles qui existent et celles que nous devrons inventer en route, s’imposent d’elles-mêmes.

 

A quoi bon aller à Durban alors ? Pour déconstruire les discours officiels et construire avec les mouvements et organisations de la planète entière cette histoire, notre histoire, selon laquelle nous avons les solutions pour une véritable transition écologique et sociale de nos sociétés. A la veille de cette conférence, fleurissent les appels « Occupy COP17 », occuper Durban, voire même à occuper la Terre (29). Occuper l’espace, occuper les consciences, ne pas les laisser à nos adversaires, voilà de quoi il est question à Durban. Construire l’alternative passe toujours par cette exigence d’obtenir un accord juste, contraignant et à la hauteur des enjeux. Nous n’avons pas d’autres solutions que de l’imposer à celles et ceux qui n’en veulent pas. Seule une mobilisation citoyenne sans précédant pourra inverser le rapport de force et débloquer la situation. Construisons l’alternative. Reprenons le pouvoir sur nos existences et notre avenir.

 

Publié par Mouvements, le 29 novembre 2011. http://www.mouvements.info/Occupons-Durban-et-la-COP-17.html

 

P.-S.

 

1 http://copenhague.blogs.liberation....

 

2 http://www.guardian.co.uk/environme...  

 

3 Voir le denier document du GIEC : http://www.ipcc.ch/news_and_events/...  

 

4 D’après les données du Forum humanitaire mondial, présidé par l’ancien Secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan, on a estimé le nombre de décès dû aux dérèglements climatiques en 2009 à près de 350 000.

 

5 http://www.g20-g8.com/g8-g20/g20/fr... final.1555.html

 

6 http://climatjustice.org/2010/12/07...

 

7 Voir cet article pour une présentation plus complète : http://www.mouvements.info/Copenhag... menent.html

 

8 Les pays développés sont les pays dits de l’Annexe B, selon le protocole de Kyoto, qui regroupe les pays auxquels le protocole assignait un objectif de réduction des émissions de GES de 5,2 % d’ici 2012 par rapport à 1990 et un objectif de renégociation d’engagements contraignants pour la période post-2012.

 

9 Fortement consommatrice de charbon et rétive à tout engagement important en faveur du climat, la Pologne vient de se lancer dans une exploitation tout azimut des gaz de schiste dont le bilan-carbone pourrait être catastrophique.

 

10 http://www.afriquejet.com/un-climat...

 

11 http://alter-echos.org/justice-clim...

 

12 http://www.guardian.co.uk/environme...

 

13 http://www.guardian.co.uk/environme...

 

14 http://thestar.com.my/columnists/st...

 

15 http://www.bastamag.net/article1354.html

 

16 http://climatjustice.org/2011/09/10...

 

17 D’après les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie : http://www.iea.org/index_info.asp?i...

 

18 http://www.worldenergyoutlook.org/

 

19 http://www.romandie.com/news/n/_Le_... 910.asp

 

20 http://climatechange.worldbank.org/...

 

21 http://www.etcgroup.org/upload/publ...

 

22 http://www.bastamag.net/article1765.html

 

23 http://alter-echos.org/justice-clim... %C2%A0%C2%BB/

 

24 http://climatjustice.org/2010/04/22...

 

25 http://climatjustice.org/2011/08/30...

 

26 http://www.11-12-2010.eu/FRA/

 

27  http://blogs.mediapart.fr/blog/maxi... changemen

 

28 http://alter-echos.org/extractivism... et http://alter-echos.org/extractivism... contestation-prend-de-l%e2%80%99ampleur/

 

29 http://www.grist.org/pollution/2011...

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 13:01

Un des critères selon lesquels on mesure le niveau de maturation et d’humanisme d’une société est la façon dont elle traite les enfants handicapés.

 

http://www.come4news.com/images/users/6518/boy_in_wheelchair1.1285149402.jpg

 

Depuis toujours il y a deux questions fondamentales qui se posent :

 

qu’est – ce qu’on va apprendre à ces enfants et comment va – t – on les intégrer dans la vie active.

 

La volonté humaniste de s’occuper de ces enfants est rentrée souvent en collision avec le rejet, la pitié, l’indifférence ou bien la démagogie.

 

Aujourd’hui, enfin, on commence à peine à traiter ces enfants comme tous les autres, malgré leurs déficiences et difficultés d’intégration.

 

Depuis ces derniers vingt ans on assiste à une décentralisation progressive de l’éducation spécialisée.

Ils apparaissent des nouvelles formes de scolarisation comme la scolarisation intégrée ou la scolarisation individuelle en classe ordinaire.

 

En ce qui concerne la scolarisation intégrée, on forme, dans les écoles ordinaires, des classes ou des groupes constitués d’enfants à besoins particuliers. Ces enfants travaillent avec un personnel qualifié qui suit le programme des écoles spécialisées.

 

Concernant la scolarisation individuelle en classe ordinaire, les élèves handicapés sont scolarisés dans une école élémentaire ou un établissement scolaire de second degré ordinaire et suivent un programme commun. Il y a souvent recours à l’accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire et à des matériels pédagogiques adaptés.

 

Pour pouvoir répondre aux besoins des élèves handicapés, un système éducatif doit remplir un certain nombre de critères qui sont les suivants :

 

1) Le droit à l’éducation

L’enfant le plus gravement handicapé a le droit d’éducation et de réhabilitation au même titre que les autres.

 

2) Une société humaniste.

Il ne s’agit pas d’une affaire d’administration ou de bureaucratie, mais de mentalités et conscience collective.

 

3) Egalité des chances

Tous les enfants ont les mêmes chances de départ et le même droit de réussite.

 

4) Libre accès à la vie publique

 

Avant tout cela signifie que les enfants handicapés doivent être élevés dans un environnement le plus ouvert possible. Au même temps la société doit de s’ouvrir et accueillir les personnes handicapées.

 

D’abord il faudra tendre vers l’abolition des barrières à la vie sociale que rencontrent les invalides. Ces barrières sont au nombre de trois :

 

les barrières sociales qui freinent l’accès à l’information et l’accès physique aux certains endroits et établissements ;

 

les barrières économiques qui rendent difficile le financement des institutions spécialisées et des différents sorts de crédits.

 

Les barrières culturelles, qui empêchent l’accès des handicapés aux certaines œuvres dans les musées et les expositions, l’accès limité dans les bibliothèques municipales, dans les médias de tout genre.

 

Le rôle de la société en ce qui concerne l’éducation et l’intégration des personnes handicapées est primordial pour leur épanouissement individuel et professionnel.

 

Il est erroné de croire que l’Etat doit s’occuper de tout et que la société doit jouer le rôle d’observateur passif.

Bien au contraire, dans les pays développés, les progrès dans la réalisation et intégration des personnes invalides se font justement grâce au soutien de la société.

 

Pour cela, il faut que les citoyens soient bien informés sur tout ce qui concerne les enfants à besoins particuliers et les adultes handicapés, et ceci, par le biais des différents médias.

 

L’existence et création des organisations et associations qui soutiennent et œuvrent pour l’intégration des personnes invalides est très importante, le financement des centres et écoles spécialisés aussi, mais ce qui reste essentiel est la dimension humaniste dans le regard sur le handicapé.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 08:51

Ce nou­veau numéro de la revue est paru le 20 sep­tem­bre 2011.


Introduction

 

Dans le numéro pré­cédent consa­cré aux « pièges mor­tels de l’iden­tité natio­nale », nous écrivions : « sous l’impul­sion de la “Nouvelle Droite” franç­aise, un peu par­tout en Europe, l’extrême droite a récupéré, ou tenté de récupérer, une partie des thèmes lancés par les “gau­chis­tes” et la gauche des années 60 et 70 : le droit à la différ­ence, le mul­ti­cultu­ra­lisme, le sou­tien aux mou­ve­ments rég­io­nal­istes, la cri­ti­que de l’impér­ial­isme amé­ricain, la dén­onc­iation du sio­nisme et de la poli­ti­que d’Israël, le sou­tien aux Palestiniens et bien sûr l’éco­logie (1), pro­fonde ou à tona­lité mys­ti­que, selon les cou­rants.

 

En récupérant ces thèmes, l’extrême droite n’a pas seu­le­ment procédé à une manœuvre tac­ti­que habile consis­tant à occu­per le ter­rain de l’adver­saire, en lui piquant ses mots et ses thèmes de pré­dil­ection.

Elle a aussi moder­nisé, relooké, de vieilles idées qu’elle avait tou­jours déf­endues mais qui com­mençaient à paraître com­plè­tement “rin­gar­des” : le lien à la terre et au ter­roir ; la déf­ense des lan­gues natio­na­les et rég­io­nales ; la peur de toute influence étrangère (que ce soit sur le plan éco­no­mique ou cultu­rel) ; la déf­ense de la nature (considérée comme étant la source de l’iden­tité, de l’“ethnie”, de la “race”). »

 

Ce numéro essaie de recen­ser et dén­oncer quel­ques-unes des pas­se­rel­les, des confu­sions, volon­tai­res ou incons­cien­tes, entre la pro­pa­gande de l’extrême droite et celle de l’extrême gauche.


Par « extrême gauche », nous enten­dons non seu­le­ment les grou­pes qui se réc­lament du marxisme, du lénin­isme, du maoïsme ou du trots­kysme, mais aussi les mou­ve­ments alter­mon­dia­lis­tes, voire par­fois les cou­rants « liber­tai­res », qui ne sont pas fon­da­men­ta­le­ment indép­endants, sur le plan idéo­lo­gique, des diver­ses formes de marxisme sta­li­nien ou néos­ta­linien pro­pagées par les intel­lec­tuels auto-pro­clamés « radi­caux », « contre-hégé­mo­niques » ou « alter­na­tifs ».

 

Par extrême droite, nous enten­dons sur­tout les cou­rants extra­par­le­men-taires, les fas­cis­tes dits « de gauche », donc les « natio­naux-révo­lution-naires », les par­ti­sans d’une Troisième Voie (ou « tercér­istes »), les « solida-ristes (2) », les « Identitaires », les « natio­naux-bol­che­viks », etc., qui ont sou­vent prét­endu, dans le passé, s’ins­pi­rer des recet­tes lénin­istes pour la pro­pa­gande quo­ti­dienne et la conquête du pou­voir, mais aussi les cou­rants de la Nouvelle Droite.

 

Malgré sa taille minus­cule, la Nouvelle Droite a joué un rôle fon­da­men­tal à la fois dans la réno­vation idéo­lo­gique de l’extrême droite par­le­men­taire (FN) – ceux que l’on pour­rait appe­ler les natio­naux-conser­va­teurs –, comme dans la réno­vation des cou­rants néof­asc­istes « de gauche » (3) et même de la droite clas­si­que (UMP) en France et aussi au niveau européen.

 

Au-delà de la diver­sité de ces cou­rants, l’extrême droite possède quel­ques « déno­mi­nateurs com­muns : l’anti­com­mu­nisme, l’ordre, la mise en place d’un Etat fort, la méfi­ance à l’égard de la démoc­ratie par­le­men­taire, la haine du cos­mo­po­li­tisme et le rejet de la poli­ti­que d’immi­gra­tion soit par racisme, soit pour des rai­sons reli­gieu­ses, cultu­rel­les et iden­ti­tai­res », nous expli­que J.-P. Gaultier dans son livre Les extrêmes droi­tes en France.

Dénominateurs com­muns que l’on com­plè­tera par la déf­ense de la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion et de la société de clas­ses.

 

Ce numéro ne cher­che pas à explo­rer toutes les diver­gen­ces ou les nuan­ces entre les com­po­san­tes de la droite radi­cale, mais à sou­li­gner les conver­gen­ces idéo­lo­giques ou pra­ti­ques entre cer­tains grou­pes ou « intel­lec­tuels » fas­cis­tes ou fas­ci­sants et la gauche ou l’extrême gauche, même si leurs posi­tions res­pec­ti­ves sem­blent très éloignées au pre­mier abord, notam­ment sur les points pro­gram­ma­ti­ques que nous venons de citer.

 

Il ne s’agit pas ici de repren­dre la thèse banale de « la conver­gence des extrêmes », mais plutôt de sou­li­gner que, notam­ment depuis la dis­pa­ri­tion du camp des Etats sta­li­niens, depuis la fin de la guerre froide, et grâce à l’usage inten­sif d’Internet par les mili­tants et sym­pa­thi­sants d’extrême gauche s’est développée une sous-« culture » (4) anti­ca­pi­ta­liste, anti­sio­niste et anti-impér­ial­iste réacti­onn­aire (5) , ou anti-impér­ial­iste à sens unique car dirigée contre un seul « impér­ial­isme » ou une seule puis­sance (les Etats-Unis), et (pres­que) jamais contre sa propre bour­geoi­sie.

 

En eux-mêmes, l’anti­sio­nisme, l’anti­ca­pi­ta­lisme et l’anti-impér­ial­isme ne sont pas réacti­onn­aires ; mais les formes domi­nan­tes de ces idéo­logies sur Internet sont suf­fi­sam­ment floues et confu­ses pour per­met­tre des rap­pro­che­ments contre nature entre extrême gauche et extrême droite.

Ces rap­pro­che­ments ne sont pas sim­ple­ment vir­tuels (liens entre sites, repu­bli­ca­tion d’arti­cles avec ou sans l’auto­ri­sa­tion des auteurs), ou fondés sur la mani­pu­la­tion des egos (invi­ta­tions à des col­lo­ques ou à des débats publics, etc.). Ils se tra­dui­sent par l’infil­tra­tion, ou la prés­ence à visage déc­ouvert, de mili­tants d’extrême droite dans des mani­fes­ta­tions ou des ini­tia­ti­ves anti-impér­ial­istes ou anti­sio­nis­tes : mani­fes­ta­tions contre la guerre du Golfe ou contre l’inter­ven­tion amé­ric­aine en Irak, flot­tille pour Gaza, boy­cott des pro­duits venant des colo­nies israéli­ennes ou sim­ple­ment d’Israël, cam­pa­gne contre les Mcdo et l’« Eurodysneyland », etc.

Mais aussi dans des orga­ni­sa­tions éco­log­istes, des syn­di­cats, ou des asso­cia­tions huma­ni­tai­res.

 

En dehors des manœuvres clas­si­ques d’entrisme, on observe une poro­sité, voire une inter­chan­gea­bi­lité, crois­sante des concepts uti­lisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

Cela est dû en partie :

– à l’aban­don, par l’extrême gauche, de la référ­ence au rôle cen­tral du prolé­tariat dans les mou­ve­ments sociaux (et donc dans la future révo­lution sociale),


– à l’aban­don de la référ­ence au com­mu­nisme (société sans clas­ses, sans salai­res, sans argent, sans pro­priété privée et sans Etat)


– et à la dis­pa­ri­tion de toute référ­ence à la néc­essité d’un affron­te­ment vio­lent avec l’Etat bour­geois.

 

La dis­pa­ri­tion de ces trois points pro­gram­ma­ti­ques (cen­tra­lité du prolé­tariat mon­dial, usage straté­gique de la vio­lence contre l’Etat et projet com­mu­niste) ne s’est pas tra­duite par un appro­fon­dis­se­ment de la réflexion des « révo­luti­onn­aires », mais par un for­mi­da­ble retour en arrière, faci­lité par l’absence de connais­sance de l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier chez les jeunes géné­rations mili­tan­tes.

 

Des posi­tions poli­ti­ques fai­blar­des depuis long­temps

 

L’aban­don de ces trois points pro­gram­ma­ti­ques ne peut tout expli­quer ; en effet, des cama­ra­des ayant aban­donné ces points pro­gram­ma­ti­ques ne sont pas forcément tombés dans la conni­vence confuse avec les idées d’extrême droite. Il faut donc iden­ti­fier au moins une deuxième cause : les posi­tions déjà erronées déf­endues par les grou­pes et cou­rants d’extrême gauche après 1968 (mais dont cer­tai­nes vien­nent d’encore plus loin) et qui ont pu s’épanouir après l’aban­don de ces points pro­gram­ma­ti­ques.

 

Ces posi­tions plus sim­plis­tes étaient d’ailleurs par­tagées, en partie ou en tota­lité, par des cou­rants plus pro­ches de l’extrême droite. Il s’agit de :

 

– la caracté­ri­sation des pays capi­ta­lis­tes comme impér­ial­istes, sui­vant l’ana­lyse de Lénine,

 

– l’oppo­si­tion erronée entre un capi­ta­lisme finan­cier « pré­dateur » et un capi­ta­lisme indus­triel « sain », oppo­si­tion impli­cite chez Lénine, comme chez Hilferding, théo­ricien de la Deuxième Internationale,

 

– l’incom­préh­ension de ce que furent le fas­cisme et le nazisme.

 

Dans l’argu­men­taire de ceux qui pro­fes­sent ces idées sim­plis­tes cela se tra­duit imméd­ia­tement par les ana­thèmes qu’on jette à la figure des contra­dic­teurs pour les faire taire.

 

Voyons main­te­nant les trois points évoqués ci-dessus.

 

– L’impér­ial­isme est réduit aux capa­cités d’inter­ven­tion mili­taire des seules puis­san­ces europé­ennes ou état­suni­enne, ou alors à la domi­na­tion des trusts et des mul­ti­na­tio­na­les d’ori­gine europé­enne ou amé­ric­aine sur le monde.

Cela conduit à sou­te­nir tel Etat contre tel autre, le « gros » ayant tou­jours tort et le « petit » tou­jours raison, sauf s’il est sou­tenu par le pre­mier des grands (cf., en 2008, le cas de la Géorgie opprimée par la Russie mais sou­te­nue par les Etats-Unis). Cela conduit sur­tout à dédo­uaner les bour­geoi­sies des « petits » pays, voire des puis­san­ces moyen­nes, de la répr­ession qu’elles exer­cent contre « leur » classe ouvrière. La logi­que des camps (« pro­gres­sis­tes » contre « impér­ial­istes ») conduit à conver­tir tel mas­sa­creur en « pro­gres­siste » (voire en « révo­luti­onn­aire ») et récip­roq­uement, sui­vant les situa­tions.

 

– Quoi que l’on pense de la vali­dité des théories de Marx, il faut rap­pe­ler à ses dis­ci­ples que le capi­tal se métam­orp­hose dans trois formes :

 

le capi­tal indus­triel, appelé éga­lement capi­tal pro­duc­tif, qui est à l’ori­gine de toute valeur, incarne le cycle total du capi­tal, et repose sur l’exploi­ta­tion du tra­vail humain ;

 

le capi­tal mar­chand et le capi­tal finan­cier qui ne font que rép­artir des riches­ses (profit com­mer­cial, usu­raire, ban­caire, etc.) créées par le capi­tal indus­triel.

 

Les trois formes du capi­tal sont intrinsèq­uement liées et en isoler une pour la char­ger de tous les maux est une erreur.

C’est ce que font les alter­mon­dia­lis­tes et les tiers­mon­dis­tes quand ils dén­oncent par exem­ple « la fusion du capi­tal ban­caire et du capi­tal indus­triel dans une oli­gar­chie finan­cière » (for­mule empruntée à Lénine) qui serait omni­puis­sante.

 

L’« oli­gar­chie finan­cière » est assi­milée au capi­tal « étr­anger » et cer­tains n’hésitent pas à trans­for­mer le capi­tal « étr­anger » en capi­tal « apa­tride », puis en capi­tal « juif », ce qui expli­que la conver­gence qui ras­sem­ble droite et gauche dans le « socia­lisme des imbé­ciles » (selon l’expres­sion du social-démoc­rate alle­mand August Bebel : « L’antisé­mit­isme, c’est le socia­lisme des imbé­ciles »).

 

– Enfin, le fas­cisme et le nazisme sont com­pris uni­que­ment comme un mal absolu dont il ne fau­drait pas essayer de com­pren­dre les causes éco­no­miques, poli­ti­ques et socia­les qui ont permis le succès.

En effet, si l’on creuse un peu ces ques­tions, on s’aperçoit que le fas­cisme et le nazisme (sans parler du péron­isme et du sta­li­nisme) ont eu une influence élec­to­rale impor­tante chez les ouvriers. Mais sur­tout, ils en ont orga­nisé une bonne part et ont été jusqu’à par­ti­ci­per à de vraies grèves (ainsi la par­ti­ci­pa­tion des ouvriers nazis, jusque dans les comités de grève, lors des grèves sau­va­ges contre les décrets von Papen à l’automne 1932) ; encore aujourd’hui, en Italie, les héritiers des fas­cis­tes orga­ni­sent des chômeurs, des auto-réd­uctions dans les trans­ports et des occu­pa­tions de mai­sons vides.

 

Pour les ex-« gau­chis­tes », la déc­ouv­erte du côté « obscur » de la classe ouvrière les amène à reje­ter tout espoir de trans­for­ma­tion sociale col­lec­tive. Certains d’entre eux sont même fas­cinés par le côté « ouvrier » du fas­cisme et ren­contrent ainsi les fas­cis­tes qui exal­tent le côté ouvrier et révo­luti­onn­aire de ce cou­rant.

 

Mouvement com­mu­niste

 

La méc­onna­iss­ance de l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier par les jeunes géné­rations a été elle-même faci­litée (voire encou­ragée) par la dis­pa­ri­tion des struc­tu­res de for­ma­tion poli­ti­que au sein des grou­pes « révo­luti­onn­aires » et par la montée en puis­sance des « experts » au sein de la gauche alter­mon­dia­liste et des ONG, experts qui sont deve­nus la seule référ­ence théo­rique des mili­tants qui leur font une confiance aveu­gle. C’est ainsi qu’on a pu assis­ter :

 

– à la rés­urg­ence de l’idéo­logie auto­ges­tion­naire, avec l’éloge naïf des coopé­ra­tives ouvrières, de l’éco­nomie soli­daire, des SEL, des squats, des com­mu­nautés (qu’elles soient punk, néo-baba cool, liber­tai­res ou indigènes/autoch­to­nes, etc.) ;

 

– à la réap­pa­rition des théories de l’aile « cen­triste » de la social-démoc­ratie alle­mande après la Première Guerre mon­diale (le mariage entre le par­le­men­ta­risme et les conseils ouvriers, inventé par celle-ci, est dés­ormais vanté par de nom­breux grou­pes trots­kys­tes, notam­ment ceux de la Quatrième Internationale à laquelle est lié le NPA, par des socia­lis­tes de gauche ou des néos­ta­liniens sou­cieux de paraître nova­teurs) ;

 

– à la déf­ense du rôle posi­tif des natio­na­lis­mes et des rég­io­nal­ismes par de nom­breux cou­rants marxis­tes ou liber­tai­res ;

 

– à la valo­ri­sa­tion des iden­tités sexuel­les, « racia­les », voire indi­vi­duel­les, abou­tis­sant à une frag­men­ta­tion à l’infini des luttes mais aussi des réflexions cri­ti­ques, au dét­riment de l’uni­fi­ca­tion et de la syn­thèse néc­ess­aires. Très peu de grou­pes ont réussi à penser ensem­ble « genre, race et classe », comme on dit dans le monde mili­tant anglo-saxon, et à mettre cette pensée en pra­ti­que dans les années 70, même à une petite éch­elle (les expéri­ences de grou­pes comme Big Flame en Grande-Bretagne ou des Revolutionary Union Movements dans les usines Dodge, Ford, Eldon et Chrysler aux Etats-Unis sont à cet égard impor­tan­tes).

 

La prise en compte de la tota­lité des oppres­sions aurait pu enri­chir le projet de révo­lution socia­liste glo­bale porté par l’extrême gauche des années 60 et 70. Mais c’est l’inverse qui s’est pro­duit : les luttes ouvrières ont connu une for­mi­da­ble décrue à partir du milieu des années 70 en Europe et aux Etats-Unis, et de mul­ti­ples micro-pro­jets de libé­ration ont vu le jour, portés par des idéo­logies par­tiel­les ou iden­ti­tai­res comme le fémin­isme, l’éco­logie, l’anti­ra­cisme, la lutte pour les droits des mino­rités, les luttes des sans-papiers, des préc­aires, des chômeurs, etc.

 

Le sujet révo­luti­onn­aire mis en avant par les marxis­tes, le prolé­tariat, n’avait peut-être pas les épaules assez larges pour libérer toute l’huma­nité de tous ses maux à lui tout seul. D’ailleurs les marxis­tes se sont posé la ques­tion des allian­ces avec d’autres clas­ses exploitées notam­ment la pay­san­ne­rie pauvre.

Mais la mul­ti­pli­ca­tion des sujets des libé­rations iden­ti­tai­res n’a fait que mar­gi­na­li­ser encore davan­tage la place de la classe ouvrière dans le projet révo­luti­onn­aire, en même temps que la crise capi­ta­liste mon­diale, les restruc­tu­ra­tions, les délo­ca­li­sations et les licen­cie­ments la frag­men­taient, elle aussi (cf. le texte de Joao Bernardo, tra­duit et publié par nos soins, « Classe ouvrière ou tra­vailleurs frag­mentés ») (6) .

 

En 2011, un projet de révo­lution sociale ne peut être le même qu’il y a qua­rante ans. Nous vivons en Europe, dans des pays « paci­fiés » (7), qui n’ont pas connu de situa­tion révo­luti­onn­aire depuis des déc­ennies. Il suffit d’enten­dre les propos de cet « Indigné » de la Bastille que l’on voit crier sur Youtube face aux flics : « Vous vous êtes engagés pour déf­endre le peuple, pas pour lui taper dessus. » Et de les com­pa­rer aux mil­liers de Syriens tués, aux mil­liers de Syriens empri­sonnés et tor­turés, aux chars qui entou­rent les villes syrien­nes une par une, secondés par les sni­pers au ser­vice du régime, pour cons­ta­ter que nous vivons pour le moment dans un cocon poli­ti­que et que nous n’avons aucune idée de ce que pour­rait être une révo­lution sociale, ici et main­te­nant en Europe.

 

Mais, en même temps, nous ne gagne­rons rien à dis­pen­ser, comme les partis de gauche et cer­tains gau­chis­tes, l’illu­sion que les cadres, les petits com­merçants, les petits arti­sans, les ouvriers, les petits patrons, les pay­sans-capi­ta­lis­tes et les chômeurs auraient des intérêts fon­da­men­taux com­muns. Nous ne gagne­rons rien à croire, comme de nom­breux alter­mon­dia­lis­tes, liber­tai­res ou « radi­caux », que tous les êtres humains seraient des indi­vi­dus opprimés et exploités, sus­cep­ti­bles de se rév­olter et de ren­ver­ser le capi­ta­lisme et l’Etat… de sur­croît sans pren­dre le pou­voir.

 

Pour ter­mi­ner, il est aussi une ques­tion dér­ange­ante, à laquelle nous ne rép­ondons pas ici, faute de place, mais que plu­sieurs arti­cles du numéro pré­cédent de Ni patrie ni fron­tières ont abordé en cri­ti­quant la gauche natio­na­liste ou la gauche laïco-xénop­hobe :

 

quelle est notre part de res­pon­sa­bi­lité dans la confu­sion ?

 

Certains d’entre nous ne pro­pa­gent-ils pas des com­por­te­ments et des idées racis­tes, colo­nia­lis­tes ou sexis­tes, et ce depuis fort long­temps ? Les infil­tra­tions de l’extrême droite, les limi­ta­tions théo­riques de l’extrême gauche, n’expli­quent pas tout. Nous nous croyons vac­cinés contre les préjugés de classe, racis­tes, sexis­tes et colo­nia­lis­tes, mais le sommes-nous vrai­ment ?

 

Aux Etats-Unis, cette inter­ro­ga­tion a amené cer­tains mili­tants et cer­tai­nes mili­tan­tes à se deman­der com­ment lutter pra­ti­que­ment contre les préjugés racis­tes, colo­nia­lis­tes et sexis­tes qui pou­vaient sévir au sein de leurs pro­pres orga­ni­sa­tions et des mou­ve­ments sociaux. Souvent sur le regis­tre de la culpa­bi­li­sa­tion et des bons sen­ti­ments, mais au moins il existe des ten­ta­ti­ves d’abor­der le pro­blème.

 

Aux Pays-Bas, de telles inter­ro­ga­tions sont à la base de grou­pes comme De Fabel van de ille­gaal et main­te­nant Doorbrak, et elles tra­vaillent aussi le groupe bri­tan­ni­que The Commune qui se réc­lame du vieux mou­ve­ment ouvrier, et veut aussi intégrer les acquis des « mou­ve­ments de libé­ration » fémin­iste et anti­ra­ciste des années 70. Et il en existe cer­tai­ne­ment d’autres que nous ne connais­sons pas.

 

Certains grou­pes ou per­son­nes citées dans ce lexi­que s’indi­gne­ront cer­tai­ne­ment d’être ravalés au rang de sim­ples « pas­se­rel­les » vers l’extrême droite. Ils ne com­pren­dront pas non plus pour­quoi cer­tains « concepts » qu’ils uti­li­sent tous les jours sont peu rigou­reux, voire carrément réacti­onn­aires (8).

 

Nous espérons que ce petit inven­taire inci­tera les « modé­rateurs » de leurs sites Internet à mieux choi­sir leurs fréqu­en­tations, leurs référ­ences idéo­lo­giques et à trier avec rigueur (donc à lire soi­gneu­se­ment) les mails, les arti­cles et les infos qu’ils publient sur leurs sites ou qu’ils dif­fu­sent autour d’eux.

 

Quelques livres utiles

 

– La galaxie Dieudonné. Pour en finir avec les impos­tu­res, de Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier, 2011, Editions Syllepse (ouvrage utile mais qui aurait gagné à plus de pro­fon­deur théo­rique et socio­lo­gi­que dans l’ana­lyse du phénomène Dieudonné) ;

 

– Les extrêmes droi­tes en France. De la tra­versée du désert à l’ascen­sion du Front natio­nal (1945-2008), de Jean-Paul Gaultier, Editions Syllepse, 2009 (ouvrage his­to­ri­que de bonne qua­lité) ;

 

– La Fable de l’illé­galité, recueil d’arti­cles du groupe De Fabel van de ille­gaal, édité par Ni patrie ni fron­tières, 2008 (explore les conver­gen­ces indé­si­rables aux Pays-Bas et dans le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste)

 

– L’ima­gi­naire du com­plot mon­dial. Aspects d’un mythe moderne, Pierre-André Taguieff, Mille et une nuits, 2006 (malgré sa haine viscé­rale de l’extrême gauche qui l’amène à opérer des amal­ga­mes ridi­cu­les voire à la dif­fa­mer, un livre et un auteur à lire, quelle que soit l’irri­ta­tion qu’il pro­vo­que) ;

 

– et Le Monde vu de la plus extrême droite de N. Lebourg, 2010, Presses uni­ver­si­tai­res de Perpignan (par­fois un peu touffu, mais incontour­na­ble sur la ques­tion).

 

Aux infor­ma­tions tirées de ces sour­ces, nous avons ajouté nos pro­pres com­men­tai­res et quel­ques ren­sei­gne­ments sup­plém­ent­aires glanés au cours de nos recher­ches sur la Toile ou dans différ­entes publi­ca­tions.

Avant d’être publié sur Internet et sous forme papier, cet inven­taire a cir­culé parmi plu­sieurs cama­ra­des, notam­ment de Mouvement com­mu­niste, du Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne (GARAP), des Luftmenschen et sur le forum des lec­teurs de la revue Ni patrie ni fron­tières.

 

L’objec­tif n’était pas d’abou­tir à un texte commun où toutes les posi­tions seraient com­mu­nes à la vir­gule près (il nous aurait sans doute fallu des années pour y arri­ver), mais de sol­li­ci­ter l’avis de mili­tants qui se sont intéressés à ces ques­tions depuis long­temps et qui obser­vent le dével­op­pement, la déc­om­po­sition/recom­po­si­tion per­ma­nente de l’extrême droite ou de ce que cer­tains cama­ra­des appel­lent le « sous-fas­cisme ».

 

Chaque fois que c’était pos­si­ble, leurs remar­ques ont été intégrées dans le texte ori­gi­nal et les for­mu­la­tions qu’ils trou­vaient mala­droi­tes, obs­cu­res ou incor­rec­tes ont été modi­fiées. En cas de dés­accord impor­tant, leurs ajouts ou com­men­tai­res ont été placés en notes.

Des cama­ra­des de Mouvement com­mu­niste, des Luftmenschen et du GARAP ont aussi écrit leurs pro­pres textes qu’ils ont évid­emment signés du nom de leur groupe. Que tous et toutes soient ici remer­ciés. Cette forme de coopé­ration par­ti­cu­lière entre des mili­tan­tes et des mili­tants ayant des orien­ta­tions différ­entes n’impli­que pas, bien sûr, que ces cama­ra­des soient res­pon­sa­bles des éventu­elles erreurs qui ont pu se glis­ser dans ce texte. La revue en assume seule la res­pon­sa­bi­lité et publiera tout dém­enti ou droit de rép­onse (d’une taille rai­son­na­ble, soit 2 pages maxi­mum) demandé par les per­son­nes, sites ou grou­pes men­tionnés, à condi­tion qu’elles n’émanent pas d’indi­vi­dus ou de grou­pes fas­cis­tes ou fas­ci­sants.

 

La prose de ces der­niers n’est pas la bien­ve­nue dans la revue car nous ne sommes pas par­ti­sans de la liberté d’expres­sion totale… comme cer­tains liber­tai­res !

 

Ni patrie ni fron­tières, 1er sep­tem­bre 2011

 

P.S. : De nom­breux arti­cles font référ­ence à des indi­vi­dus ou à des grou­pes. Quand nous n’avons pas placé une note d’expli­ca­tion en bas de page, le lec­teur devra se repor­ter à la liste des mots indexés page 11.

Par exem­ple si dans un arti­cle sur Dieudonné nous men­tion­nons le MDI, le lec­teur devra se rendre à l’entrée MDI.

 

Les entrées sont de lon­gueur très varia­ble et nous publie­rons une seconde édition, voire un deuxième numéro sur le même sujet, en fonc­tion des contri­bu­tions, remar­ques et cri­ti­ques que nous rece­vrons sur ce sujet essen­tiel.

 

Notes

 

1. La confu­sion entre éco­logie et extrême droite n’est pas seu­le­ment le fait de fas­cis­tes mas­qués qui se livre­raient à des ten­ta­ti­ves de récu­pération : il est signi­fi­ca­tif que le site de gauche décro­iss­ance.info qui recom­mande dans ses liens toutes sortes de publi­ca­tions liber­tai­res ou « radi­ca­les » publie en même temps une inter­view de Serge Latouche du MAUSS (qui avait déjà contri­bué au numéro 4 de la revue Krisis d’Alain de Benoist en déc­embre 1989) dans Le Recours aux forêts sans dire que cette revue fut dirigée par Laurent Ozon, néo-païen fas­ci­sant, membre du Bureau poli­ti­que du FN en 2011. Sans la vigi­lance d’un inter­naute, cette conver­gence verte-brune serait passé ina­perçue…

 

2. Léon Bourgeois (1851-1927) inventa le soli­da­risme. Membre du Parti radi­cal, minis­tre et pré­sident du Conseil d’Etat sous la IIIe République, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1920. Dans son livre La Solidarité (1896), il prét­endait rés­oudre les contra­dic­tions entre le libé­ral­isme et le socia­lisme en fusion­nant les deux partis. Il sou­hai­tait que les béné­fices de l’Etat fus­sent rép­artis de façon « plus équi­table ». Cette doc­trine favo­ra­ble à un inter­ven­tion­nisme social fondé sur des valeurs mora­les sera reprise par cer­tains cou­rants de l’extrême droite, qui créeront le natio­nal-soli­da­risme, et infléc­hiront cette idéo­logie inter­clas­siste vers un cor­po­ra­tisme fondé sur un Etat fort, une société hiér­archisée, dis­ci­plinée et des com­mu­nautés eth­ni­ques homogènes. L’emblème des soli­da­ris­tes est sou­vent un tri­dent et cer­tains d’entre eux se réc­lament de Sorel et Proudhon, qu’ils assai­son­nent avec les écrivains de la révo­lution conser­va­trice alle­mande. Le cou­rant Terre et Peuple/Résistance iden­ti­taire europé­enne, animé en France par Pierre Vial, se réc­lame du soli­da­risme.

 

3. Selon N. Lebourg, les « natio­naux-révo­luti­onn­aires » « glo­ba­le­ment pro­so­vié­tiques pen­dant la guerre froide, sou­vent philo-maoïstes » ont su tirer les leçons de Mai 68, et notam­ment du « mai ram­pant » ita­lien, tout comme leurs ancêtres fas­cis­tes avaient tiré les leçons de la Révolution d’Octobre.

 

4. « Culture » au sens tri­vial, mais signi­fi­ca­tif, où un dealer d’Evry s’excla­mait réc­emment : « Mais le haschich, c’est notre culture ! », quand un jour­na­liste lui demanda quel serait l’impact d’une éventu­elle léga­li­sation du can­na­bis sur son « biz­ness ».

 

5. Cf. par exem­ple les deux textes de l’AWL publiés dans le n° 27-28-29 d’octo­bre 2009 de Ni patrie ni fron­tières et la rubri­que à ce sujet sur le site la Bataille socia­liste.

 

6. Commentaire du GARAP : « La ques­tion de savoir si “le prolé­tariat a les épaules assez larges ou pas” n’est pas impor­tante, si l’on garde bien en tête que le prolé­tariat est la classe de la négation de cette société. Par conséquent : “il est révo­luti­onn­aire ou il n’est pas” (K. Marx). Le prolé­tariat, non orga­nisé ou orga­nisé de manière spec­ta­cu­laire – c’est-à-dire par des représ­entants, véri­tables cour­tiers et autres col­la­bo­ra­teurs de classe – ne pou­vait se trou­ver que dés­emparé et désarmé face à l’offen­sive du capi­tal qui a débuté dès les années 1960 et 1970. Les contre-atta­ques prolé­tari­ennes des années 1970 en Italie ont dû pro­vi­soi­re­ment s’effa­cer sous les coups d’une bour­geoi­sie inter­na­tio­nale qui uti­lisa tous les moyens à sa dis­po­si­tion – et, parmi eux, les rebel­les d’extrême gauche comme d’extrême droite – pour faire diver­sion. »

 

7. Commentaire du GARAP : « pays où la guerre contre le prolé­tariat menée par la bour­geoi­sie s’est dirigée sur le ter­rain fana­ti­que de la colo­ni­sa­tion mar­chande de la vie ».

 

8. Ils relèvent de ce que N. Lebourg appelle des « oscil­la­teurs idéo­lo­giques », c’est-à-dire des « mots-vali­ses », des mots fourre-tout, ayant une plu­ra­lité de sens et pou­vant être faci­le­ment uti­lisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

 

Sommaire

 

Concepts pro­pi­ces à la confu­sion

 

Antiaméricanisme, 15

 

Anti-impér­ial­isme, 16

 

Blancs, 18

 

Blacks, 19

 

Consommation (société de), 19

 

Démocratie, 20

 

Déracinement, 21

 

Différence, droit à la, 21

 

Droits de l’homme et droits démoc­ra­tiques, 21

 

« Entité sio­niste », 22

 

Guerre civile ou émeutes, 22

 

Impérialisme, 23

 

Jacobinisme, 23

 

Libération natio­nale, 23

 

Nationalisme arabe, 23

 

« Nations prolét­aires », 24 (cf. aussi natio­nal-bol­che­visme, 111)

 

Peuple pales­ti­nien, 25

 

Question juive, La, 26

 

Régionalisme, 27

 

Réseau, 28

 

Résistance, 28

 

Sionistes, 28

 

Sites qui pro­pa­gent la confu­sion

 

Alterinfos, 30

 

Dazibaoueb, 30

 

Entre la Plume et l’enclume, 31

 

Enquête et Débats, 31

 

Eva R-sis­tons, 31

 

Investig’Action, 31

 

La Banlieue s’exprime, 31

 

Mecanopolis, 31

 

Mondialisation.ca, 32 et sur­tout 121

 

Pierre et l’Olivier, La, 32

 

Planetenonviolence.org, 32

 

Tlaxcala.es, 33

 

Tout sauf Sarko, 33

 

Voltaire.net, 33

 

Idiots utiles… à la confu­sion

 

Bricmont, Jean, 35

 

CAPJPO, 36

 

Chossudovsky, Michel, 38

 

Collon, Michel, 38

 

Finkelstein, Norman, 38

 

(Le) Grand Soir, 39

 

Lacroix-Riz Annie, 39

 

Primitivi.org, 40

 

Ramadan, Tariq, 40

 

Résistance 71, 41

 

Résistances (librai­rie), 42

 

Convergences inat­ten­dues et mép­ri­sables

 

Anticapitalisme, 43

 

Anticapitalisme et antisé­mit­isme, 44

 

Antiracisme, 45

 

Chavez et Khadafi, 46

 

Commune de Paris, 47

 

Complots, théories du, 48

 

Conseils ouvriers, 48

 

Rossel, Louis Nathaniel, 49

 

Militants de la confu­sion

 

Atzmon, Gilad, 50

 

Axis for Peace, 51

 

Ayoub, Serge, 51

 

Binet, René, 51

 

Blanrue, Paul-Éric, 52

 

Casa Pound, 57

 

Cattori, Silvia, 67

 

Centre Zahra et Parti Anti Sioniste, 69

 

Ceresole, Norberto, 70

 

Charbonnier, Marcel, 72

 

Cheminade, Jacques, 72

 

Chiesa, Giuletto, 72

 

Cruse, Jean-Paul, 73

 

Dieudonné, 73

 

Duprat, François, 73

 

Egalité et Réconciliation, 74

 

Fouéré, Yann, 74

 

Gallois Pierre-Marie, 74

 

Gazette du Golfe et des Banlieues, 75

 

Génération Kemi Seba, 75

 

Giudice Fausto, 75

 

Hess-Skandrani, Ginette, 75

 

Idiot International, L’, 76

 

Karnooh, Claude, 77

 

Mouvement des damnés de l’impér­ial­isme, 77

 

Mouvement d’action sociale, 78

 

Neturei Karta, 78

 

Nationalistes-révo­luti­onn­aires, 78

 

Parti Anti Sioniste, 79

 

Petras, James, 79

 

Poumier, Maria, 83

 

Renouveau français, 83

 

Reynouard, Vincent, 83

 

Robin, Jean, 84

 

Sfahr Mondher, 84

 

Shamir, Israël, 84

 

Soral, Alain, 85

 

Staline et sta­li­nisme, 86

 

Thèmes pro­pi­ces à la confu­sion

 

Antisionisme, 87

 

Désioniser Israël, 89

 

Dresde (bom­bar­de­ments de), 89

 

Ecologie, 90

 

Génocide, 91

 

Hollywood, 91

 

Identités et Politiques iden­ti­tai­res, 91

 

Immigration, 92

 

Islamophobie, 93

 

« Lobby sio­niste » et lobby pro-israélien, 95

 

Métissage et mixo­pho­bie, 95

 

Shoah Business ou Industrie de l’Holocauste, 96

 

Straight edge, 96

 

Expressions et mots de l’extrême droite

 

Affinités trans­ver­sa­les, 98

 

Barbus, 98

 

Bien-pen­sance, 98

 

Double natio­na­lité, 98

 

Europe, 98

 

Immigrétisme, 99

 

Métapolitique, 99

 

Métissolâtrie, 99

 

Mondialisme, 100

 

National-bol­che­visme, 101

 

Nazisionisme, sio­na­zis, judéo-nazis, 107

 

« Nouvelles conver­gen­ces », 109

 

Oligarchie, 109

 

Pays réel, 110

 

Police de la pensée anti­ra­ciste, 111

 

Politiquement cor­rect, 111

 

Révisionnisme et Négationnisme, 111

 

Révolution popu­laire, 111

 

Shoatique, siono-shoa­ti­que ou holo­caus­ti­que, 111

 

Totalitarisme mou, tota­li­ta­risme soft, tota­li­ta­risme de la pensée, 112

 

Tradition, 112

 

ZOG ou ZORG, 112

 

Annexes

 

– Quelques remar­ques sur un inven­taire de la catas­tro­phe (Luftmenschen), 115

 

– Mondialisation.ca : ana­lyse anti­fas­ciste d’un site (Luftmenschen), 121

 

– L’antisé­mit­isme sur le site d’Indymedia aux Pays-Bas (Eric Krebbers), 126

 

– Indymedia : une porte ouverte à l’antisé­mit­isme (Franck Ludo), 129

 

– Pétition : on peut tout signer, mais pas avec n’importe qui (Henri Goldman), 131

 

– Eléments d’intro­duc­tion à la notion de sous-fas­cisme (Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne), 134

 

– RFI, Celine et Tixier-Vignancour (Y.C.), 148

 

– Onze thèses du red­skin­head, 158

 

– Petit « Blanc », Fdesouche et Marine te pren­nent pour un con (red skin­heads), 161

 

– Chauny : encore un jeune condamné pour s’être déf­endu (red skin­heads), 164

 

– Opération Carcajou : la liberté d’expres­sion définie par les fas­cis­tes de Fdesouche (red skin­heads), 168

 

– Violence fas­ciste et déd­ia­bo­li­sation méd­ia­tique : cons­truire la contre-offen­sive ! (red skin­heads), 171

 

– Norvège : l’évo­lution pré­vi­sible de la vio­lence fas­ciste en Europe (red skin­heads), 178

 

– Fdesouche et après ? Jusqu’où va la fachos­phère ? (red skin­heads), 185

 

On trou­vera pro­gres­si­ve­ment la suite de ce numéro sur ce site sur les posts sui­vants.

 

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1701

 

1702

 

1703

 

1704

 

1705

 

1706 et d’autres à venir....


Pour toute com­mande de la ver­sion papier de la revue Ecrire à yves­co­le­man@wana­doo.fr

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:11

Si on croit, comme George Orwell et Jean-Claude Michéa, que la plupart des membres d'une population partagent un certain nombre de traits, qui en font des « gens ordinaires », alors on peut concevoir 3 sortes de gauches, chacune ayant une position qui lui est propre par rapport à cette grande majorité des « gens ordinaires ».

 

La gauche modérée serait celle qui fait croire à « l'homme ordinaire » qu'elle veut l'aider à vivre selon ses « aspirations ordinaires », mais qui, une fois au pouvoir, poursuivrait des objectifs qu'elle jugerait plus importants que le « bonheur ordinaire » de « l'homme ordinaire » : une fois au pouvoir elle ne ferait donc rien pour s'opposer aux forces qui oppriment les « gens ordinaires » et qui les empêchent d'accéder à ce « bonheur ordinaire » auquel ils aspirent.

 

L'extrême gauche serait celle qui affiche ouvertement sa volonté, que la société fasse un choix de vie collectif tout à fait différent de celui que voudraient faire la plupart des « gens ordinaires » : le « bonheur ordinaire » auquel ils aspirent ne serait pas selon elle, celui auquel ils devraient aspirer. Comme la gauche modérée, elle s'opposerait donc à « l'homme ordinaire », mais d'une manière différente : la gauche modérée s'opposerait à lui de manière cachée, alors que l'extrême gauche s'opposerait à lui de manière ouverte, et toutes deux ne s'opposeraient pas à « l'homme ordinaire » sur les mêmes points et en ayant en vue de mêmes autres choix.

 

Enfin, une gauche qu'on pourrait appeler la « gauche ordinaire », se proposerait d'aider « l'homme ordinaire » à satisfaire ses « aspirations ordinaires », en luttant contre les forces qui l'oppriment et lui empêchent d'accéder au « bonheur ordinaire » auquel il aspire. Tout en proposant à « l'homme ordinaire », non pas le « bonheur ordinaire » auquel il aspire à l'état brut, mais dans un état raffiné, issu d'un processus de réflexion dialectique, visant à concilier les « aspirations ordinaires » entre elles et avec des exigences éthiques et autres idéaux. Une doctrine de « gauche ordinaire » où « aspirations ordinaires » et exigences éthiques ou idéaux se complèteraient donc pour former un tout, sans que l'un prenne excessivement le dessus sur l'autre, à la manière du yin et du yang de la sagesse orientale.

 

« L'homme ordinaire » (à l'état brut).

 

Mais il faut commencer par le commencement, et donc s'intéresser d'abord à « l'homme ordinaire », à l'état brut.

Pour se faire une idée de ce qu'il pourrait être, on peut s'imaginer toutes les sortes de gens qui vivent dans une société. Des jeunes, des « pères de famille » et « mères de famille », des célibataires, des vieux, des veufs.

Des gens dont les ancêtres vivaient en France, et d'autres dont les ancêtres vivaient en Espagne, en Algérie, au Sénégal...

Des étudiants, des apprentis, des ouvriers, des employés, des chômeurs, des cadres, des artisans, des chefs d'entreprise...

Des gens qui aiment les boites de nuit, d'autres les concerts de rap, d'autres les concertos pour piano, d'autres les bals musette, d'autres les parties de tennis, ou les parties de foot ou les parties de belote.

Des gens qui lisent Le Monde, d'autres L'Équipe, d'autres Paris Match ou Gala, d'autres qui ne lisent pas de journaux...

Des gens qui vivent à la campagne, d'autres en banlieue, d'autres en centre-ville... Etc...

 

La plupart de ces gens auraient donc quelques traits en commun, qui en feraient des « gens ordinaires ».

On pourrait par exemple imaginer que « l'homme ordinaire » est celui qui a :

 

- une conscience ordinaire de la possible cruauté de la vie : parfois nous ne pouvons choisir notre bien-être qu'au détriment de celui d'autrui,

 

- un altruisme ordinaire, c'est à dire limité, et une envie ordinaire de préserver sa vie et son bien être,

 

- une acceptation ordinaire de ses propres imperfections et tendances héritées de son animalité, ces dernières ayant été ou étant encore utiles à la préservation de soi : propension à avoir peur, à se mettre en colère, à se méfier de ce qu'on ne connait pas, à observer des corrélations statistiques entre des apparences et des comportements, etc...,

 

- un sens ordinaire du respect, ou une morale ordinaire : peut-être la « common decency » dont parlent Orwell et Michéa,

 

- une tolérance ordinaire à l'incivilité,

 

- une mentalité ordinaire, en partie héritée de sa culture,

 

- un attachement ordinaire à sa culture et à son peuple,

 

- une aspiration ordinaire à un bonheur ordinaire, bien plus qu'à la poursuite d'autres finalités, comme par exemple la fusion des peuples européens ou des peuples du monde en un seul,

 

- un aventurisme ordinaire : pas une envie de tout changer d'un seul coup dans l'organisation et le mode de vie de sa société,

 

- un gout ordinaire, c'est à dire assez peu prononcé, pour les idéologies et autres grandes théories subjectives de la société, qui nous donnent à voir cette dernière non pas de manière directe, mais de manière indirecte à travers des concepts compliqués, grandiloquents, bizarres, ou un peu fanatiques,

 

- et peut-être d'autres manières encore d'être ordinaire...

comme le formatage de la pensée par le biais notamment des médias controlés...l'uniformisation des aspirations liée à des campagnes publicitaires internationnales de grandes corporations...le manquement au développement de l'esprit critique dans l'éducation...la pression sociale d'être dans une certaine "norme" pour y être intégré...une certaine forme d'individualité égoïte liée au fonctionnement du système néo-libéral...

 

Les suffrages de « l'homme ordinaire ».

 

On s'imagine souvent que pour gagner une élection il faut avoir un bon programme politique et de bons arguments. Cela peut surement être un atout pourvu qu'on sache le mettre en valeur.

On s'imagine parfois aussi que l'homme politique doit avoir de grandes compétences, une grande intelligence ou de grandes qualités d'âme, une grande honnêteté, un grand courage. Cela peut surement encore aider.

 

Mais il est possible que l'intelligence de l'homme politique soit avant tout d'avoir compris que les électeurs sont pour la plupart des « gens ordinaires » qui votent pour quelqu'un d'ordinaire, comme eux, et qui ont une forte répulsion pour les « anomalies », quelles qu'elles soient, défaut de caractère ou trop grande radicalité affichée du projet politique.

 

Tout l'art de l'homme politique de génie est donc peut-être avant tout de savoir paraître ordinaire, en toute circonstance, en cherchant à faire passer toutes ses propositions comme les propositions les plus ordinaires et les plus naturelles qui puissent être, quelle que soit par ailleurs la radicalité réelle de ces propositions.

 

L'essentiel pour l'homme politique, serait de convaincre « l'homme ordinaire » que ses propositions sont les plus proches de ses « aspirations ordinaires » et de son « tempérament ordinaire », et ne s'en éloignent jamais de manière décisive. Tout en faisant transparaitre derrière cela, éventuellement, sa compétence, ses qualités d'âme, et tout en s'appuyant sur la qualité de ses propositions et de ses arguments, si cette qualité est bien réelle (ce qui n'est pas toujours le cas).

 

Mitterrand posant sur les affiches électorales devant un paysage de « France profonde » avec pour slogan « la force tranquille », Chirac et ses sourires chaleureux, ne manquant aucun salon de l'agriculture, Sarkozy et les tonalités gaullistes que prirent ses discours quand commença la campagne officielle, sans oublier le plus grand de tous peut-être : George Frêche, l'ancien maire de Montpellier, qui d'un air finaud, raconta notamment lors d'un très comique aparté enregistré : « Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. ».

 

Aujourd'hui c'est surement Hollande, le maire de Tulle, et son concept de « candidat normal », qui est emblématique de cette manière de rechercher les suffrages des électeurs.

Inversement, l'apparence un peu trop « chevaleresque » de Montebourg, un peu trop « caractérielle » de Mélenchon, un peu trop « intello » de Dupont-Aignan, ou un peu trop « noblesse ancienne » de Chevènement, sont peut-être aussi des handicaps pour eux pour gagner une élection, malgré toute l'intelligence, la profonde honnêteté, la noblesse d'âme, qui sont parfois les leurs, et malgré la qualité plutôt, voire très supérieure, qu'ont leurs propositions politiques.

 

La gauche modérée : « l'homme ordinaire » roulé dans la farine.

 

La gauche modérée est souvent au pouvoir, non seulement parce qu'elle est soutenue par le système médiatique, mais aussi surement parce que ses dirigeants sont habiles. Hollande son leader actuel, en est un très bon résumé. En se présentant comme le « candidat normal », il cherche surement à s'attirer les suffrages de « l'homme ordinaire », en lui faisant croire qu'il prendra les décisions qui découlent le plus d'une « volonté ordinaire » et d'un « tempérament ordinaire ».

Par sa manière de parler il semble aussi toujours chercher le compromis le plus ouvert à l'opinion d'autrui et le plus pragmatique, le plus naturel et conforme au « bon sens ordinaire ».

Mais Hollande aura beau sembler se plier à tous les vents, au fond de lui il restera convaincu que c'est lui et lui seul qui a raison sur toute la ligne depuis le début, et il ne changera pas son avis d'un millimètre.

Et il aura beau sembler chercher à gouverner de la manière la plus pragmatique et conforme au « bon sens ordinaire », les dogmes auxquels il adhère depuis 30 ans avec une rigidité hors du commun, devraient sembler tout à fait extravagants à « l'homme ordinaire », s'ils lui étaient dévoilés avec clarté.

Sa conception de « l'Ouverture » au reste du monde lui commande de détruire l'activité économique en France par le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux, par altruisme pour le reste du monde, pour lui permettre de se développer : on est loin du compromis ordinaire entre altruisme et préservation de soi.

 

Sa conception de « l'Ouverture » est de plus incompatible avec le principe de solidarité nationale, puisque libre échange et liberté de circulation des capitaux profitent aux plus riches en France (consommateurs non exposés en tant que travailleurs à la concurrence avec les pays émergents, détenteurs de capitaux), tout en nuisant aux plus pauvres (travailleurs exposés à la concurrence des pays émergents, souvent les moins qualifiés).

 

Le principe de solidarité nationale fait pourtant surement partie de la morale ou de la mentalité ordinaire, et de l'attachement ordinaire au peuple auquel on appartient.

Par ailleurs, Hollande ne conçoit pas la finalité que serait une union des peuples européens, de manière compatible avec les autres finalités que seraient le respect de la liberté des peuples, la démocratie, et la lutte contre le chômage et les inégalités en France.

 

En effet sa conception de « l'Europe » lui commande de se plier aux traités et directives, sans contester leur caractère néo-libéral, ni le caractère non démocratique de l'Union Européenne.

 

Le respect de la liberté des peuples et l'attachement à la démocratie font surement partie pourtant de la mentalité ou de la morale ordinaire, ou d'un héritage culturel auquel « l'homme ordinaire » est surement attaché.

De plus, le choix de faire passer la construction européenne avant la réalisation matérielle des conditions du bonheur, est surement loin de « l'aspiration ordinaire » au « bonheur ordinaire » avant tout.

Enfin, l'horizon inavoué ou refoulé de cette construction est peut-être une fusion des peuples européens : comment en effet l'institution européenne pourra-t-elle un jour détenir de manière légitime, les pouvoirs gigantesques qu'elle détient actuellement, sans être pilotée alors de manière démocratique par un « peuple européen » fondé par un « contrat social européen » ?

 

Cet horizon est encore très loin de l'aspiration ordinaire au bonheur ordinaire, ainsi peut-être aussi que de l'attachement de « l'homme ordinaire » à son peuple et à sa culture.

Enfin, les doctrines économiques auxquelles Hollande adhère sont néo-libérales, et donc peut-être parfois assez éloignées de la morale ordinaire.

 

Selon cette morale ordinaire, la volonté de « stimuler » l'activité n'est peut-être pas une bonne justification du choix d'exposer les travailleurs français à une concurrence portant sur le critère du cout du travail (et non de l'innovation ou de la qualité), avec les pays émergents.

 

Le néo-libéralisme oublie peut-être aussi excessivement la solidarité et l'équilibrage des rapports de force.

Ainsi Hollande est bien à l'image de cette gauche modérée qui fait croire à « l'homme ordinaire » qu'elle est animée des intentions les plus ordinaires qui soient, mais qui cache sa volonté de poursuivre des objectifs tout autres que ceux de « l'homme ordinaire » une fois qu'elle sera au pouvoir, en se disant alors que c'est elle qui a raison et « l'homme ordinaire » qui se trompe.

 

L'extrême gauche : la rupture avec « l'homme ordinaire ».

 

L'extrême gauche combat ouvertement les « aspirations ordinaires » et le « tempérament ordinaire » de « l'homme ordinaire ».

 

Dans sa forme la plus extrême, elle combat « l'homme ordinaire » sur tous les fronts. Elle ne perçoit pas les moments où le bien être "ordinaire"entre en conflit avec celui d'autrui, et toute volonté de se préserver "ordinaire"est à ses yeux un égoïsme excessif.

 

Les imperfections ordinaires et autres tendances ordinaires héritées de l'animalité sont pour elles hautement méprisables : selon elle les lâches peuvent avoir peur, les méchants peuvent se mettre en colère,  les racistes peuvent se méfier de ce qu'ils ne connaissent pas ou observer des corrélations statistiques entre des apparences et des comportements.

 

La morale ordinaire et la mentalité ordinaire sont à ses yeux un ensemble de préjugés ringards, racistes, intolérants, etc...

 

Aspirer à un bonheur ordinaire plutôt qu'à des finalités romantiques comme la fusion de tous les peuples européens ou du monde en un seul, est à ses yeux une forme de petitesse d'âme, tout comme l'aventurisme "ordinaire", bien trop limité à ses yeux.

 

Enfin il faut vraiment manquer d'instruction et haïr la connaissance aux yeux de l'extrême gauche dans sa forme la plus extrême, pour ne pas aimer voir sans cesse le monde à travers les concepts issus de la subjectivité de Marx, Proudhon ou autre.

 

L'extrême gauche ne recueillera jamais une majorité de suffrages : sa fonction objective est donc de stériliser les suffrages et l'énergie de ceux qui votent pour elle ou militent pour elle, et ont souvent un sentiment de révolte.

 

Elle peut aussi servir à affaiblir les partis contestataires qui se laisseraient influencer par elle.

 

La « gauche ordinaire » : le salut de « l'homme ordinaire » ?

 

Ni la gauche modérée, ni l'extrême gauche, ne peuvent donc se rendre utiles aux « gens ordinaires ».

 

La seule gauche qui pourrait leur être utile, est la « gauche ordinaire », composée de gens qui se vivent eux mêmes comme des « gens ordinaires ». Et qui cherchent à réunir ceux qu'ils considèrent comme leurs semblables, les autres « gens ordinaires », sur un projet guidé par une « volonté ordinaire » et un « tempérament ordinaire », ainsi bien sur que par un travail de réflexion visant à concilier ces « traits ordinaires » entre eux et avec des exigences éthiques et autres idéaux.

 

Concilier le « bons sens », qui est inné, avec la « sagesse », qui vient avec l'instruction et l'expérience. Concilier la bête sauvage et imparfaite que nous sommes encore en partie, qui veut survivre, qui peut avoir peur ou se mettre en colère, avec l'ange que nous voudrions être, divinement beau et bienveillant ; concilier la contingence et la cruauté du monde réel avec les conséquences logiques des principes abstraits de justice, la poursuite du bonheur le plus simple et immédiat avec la révérence pour les idéaux les plus lointains, les humeurs de la Terre avec la lumière du Ciel. Partager les offrandes entre celles adressées à Hestia, déesse du foyer, du repos et de la gestation, et celles destinées à Éole, dieu du vent, du voyage et de la fécondation. Concilier la mémoire, qui conserve, avec le changement, qui sont les deux ingrédients tout aussi indispensables l'un que l'autre du progrès. Concilier, par un processus dialectique comme ceux dont parlent Hegel et d'autres occidentaux, la thèse et l'antithèse, ou le yin et le yang orientaux.

 

Mais pour se convertir à la « gauche ordinaire », il faut commencer par le commencement, et commencer donc par s'accepter soi-même et s'affirmer comme un « homme ordinaire » dans toutes ses dimensions ordinaires.

 

Admettre sa volonté de se préserver et les limites de son altruisme, ses imperfections, sa mentalité et sa morale ordinaire, son agacement face aux incivilités, son attachement à sa culture, à son histoire et à son peuple, son envie de pouvoir se sentir « chez soi » dans son pays, etc...

 

Ou au moins admettre que la plupart des gens puissent être ainsi. Et partant de là, on peut donc ensuite chercher à voir comment tous ces « traits ordinaires » que l'on a reconnus et acceptés comme les siens ou au moins ceux des autres, peuvent être le point de départ d'une réflexion visant, sur de nombreux sujets concrets d'aujourd'hui, à concilier ces traits entre eux et avec les exigences éthiques et des idéaux.

 

Par exemple, beaucoup de français d'origine européenne, se sentent de moins en moins « chez eux » en France.

Mais d'autre part, c'est une exigence éthique pour eux d'accepter qu'il y ait aujourd'hui des français issus de cultures maghrébines ou africaines. De plus les français d'origine maghrébine ou africaine ne demandent surement pas autre chose pour la plupart, que de pouvoir se sentir eux aussi « chez eux » en France et être fiers de ce pays.

 

La conciliation de ces exigences en apparence difficiles à concilier, la préservation de la culture française, et l'acceptation de français issus de cultures très différentes, consiste peut-être alors à revitaliser l'amitié nationale française, et à renouveler la culture nationale française, pour qu'elle soit à nouveau vécue par tous les français comme celle de tous les français ; à préserver l'héritage culturel de ce pays que ses habitants s'imaginent comme vieux de plus de 1000 ans, qu'est la France, tout en acceptant que cet héritage s'enrichisse aujourd'hui des apports nouveaux des gens d'aujourd'hui ainsi que de nouveaux héritages.

 

Tous les français pourraient ainsi à nouveau se sentir « chez eux » en France, et la France conserverait une singularité culturelle, sans avoir pourtant manqué à l'éthique : simplement cette singularité se serait renouvelée, sans avoir pour autant rompu totalement avec son passé.

 

Autre exemple, le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux sont un choix qui va à l'encontre du principe de solidarité nationale, puisqu'en France ils profitent aux plus riches tout en nuisant aux plus pauvres.

D'autre part il y a l'exigence éthique pour la France de garder un certain altruisme avec le reste du monde. La conciliation de ces exigences difficiles à concilier réside alors dans le fait pour les français de s'engager collectivement dans une relation au reste du monde, en se répartissant équitablement les couts et profits liés à cette relation. Ils peuvent alors être aussi altruistes qu'ils le veulent, puisque le cout de cet altruisme pourra toujours ensuite être réparti de manière équitable à eux, en fonction de leurs revenus.

 

Autre exemple encore, l'Union Européenne n'est pas démocratique, et les pouvoirs que les démocraties nationales leur ont transféré sont gigantesques : un gouvernement français qui voudrait aujourd'hui lutter efficacement contre le chômage et les inégalités en France ne le pourrait pas, sans se ressaisir de ces pouvoirs.

De plus, pour que les institutions européennes deviennent pilotées par la population européenne de manière démocratique, il faudrait que les peuples européens aient accepté de fusionner, en acceptant un « contrat social européen ».

Mais il reste possible de concilier la poursuite de l'idéal d'une union des peuples européens, tout en cherchant aussi à respecter la liberté des peuples, la démocratie, et en cherchant à lutter contre le chômage et les inégalités. Il suffit pour cela de transformer l'Union Européenne en une union de démocraties nationales souveraines, coopérant sur des projets communs, faisant des échanges humains et culturels, ayant des accords commerciaux privilégiés, jusqu'à ce que les peuples européens aient accepté de fusionner, par exemple par un référendum.

 

Il existe encore surement de nombreux autres exemples, appelant parfois des conciliations dialectiques qui restent à inventer. Mais une fois toutes ces conciliations dialectiques réalisées, il deviendra possible pour la « gauche ordinaire », de se focaliser enfin sur ce qu'on pourrait considérer comme l'essentiel, et qu'on oublie aujourd'hui à force de se disputer sur le reste.

 

La « gauche ordinaire » pourrait enfin se focaliser sur les réformes institutionnelles qui feraient disparaître les forces qui aujourd'hui empêchent à « l'homme ordinaire » d'accéder au « bonheur ordinaire » auquel il aspire.

 

Et Dieu sait qu'entre la réforme du système monétaire et financier, les mesures protectionnistes mettant fin à une concurrence avec les pays émergents portant sur le critère du cout du travail, le rééquilibrage des rapports de force sur les marchés du travail, de l'immobilier, de la grande distribution, des transports et de l'énergie, et les autres moyens de lutter efficacement contre le chômage et les inégalités, la remise à flot du système éducatif, le redressement de la démocratie française par la restauration de sa souveraineté et la réforme des médias, et la revitalisation de la culture française et du lien affectif sensé unir les français, il y aurait aujourd'hui beaucoup de réformes à faire, et qui dérangeraient vraiment ceux, "ordinaires", qui profitent aujourd'hui excessivement du système.

 

Dans certaines situations extrêmes comme une situation de chômage de masse "ordinaire" durant depuis des décennies, une telle « gauche ordinaire » pourrait s'allier à une « droite ordinaire », pour former une sorte de « coalition des partis ordinaires » de gauche et de droite.


En attendant que la situation soit revenue à la normale pour pouvoir à nouveau se livrer au petit jeu de la lutte entre gens de droite "ordinaire" et gens de gauche "ordinaire".


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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 11:14

Le collectif Mais c’est un homme (link ) [1] vient de lancer une « déclaration d’entrée en résistance ».

 

En ce 1er août, date d’entrée en vigueur de la loi du 5 juillet 2011 sur la psychiatrie, le collectif a décidé d’appeler à « un plan d’action et de résistance éthique » pour maintenir la pression contre ce texte très décrié (link) et obtenir in fine son abrogation.

 

« Cette loi, avertit le collectif, participe des atteintes considérables portées aux libertés et aux droits sociaux. Elle organise la surveillance sociale des vulnérables et précaires stigmatisés en "classes dangereuses" ».

 

Et de poursuivre : « Cette loi est fondamentalement inacceptable car elle impose la contrainte et le contrôle social comme organisation du soin en psychiatrie, de l’hôpital au domicile, sous la nouvelle appellation aberrante de soins sans consentement ».

 

Remettant en cause la vision sécuritaire de la loi, Mais c’est un homme appelle les psychiatres et soignants à « mettre en place des mesures de contrainte. Et notamment, le refus des collectifs soignants de tout programme de "soins contraints" à domicile contraires à la déontologie et aux droits fondamentaux ».

 

Il appelle également à « la saisie systématique du juge des libertés » ainsi qu’à la « construction d’un observatoire national de suivi de l’application de cette loi ». « Nous dénonçons l’hypocrisie du législateur et la duperie de la loi : un véritable soin psychique ne peut se concevoir sans le consentement », résume le collectif. - [01.08.11]

 

[1] Membres du collectif : Advocacy France, Association pour la recherche et le traitement des auteurs d’agressions sexuelles (Artaas), Attac France, Cercle de réflexion et de proposition dʼ actions sur la psychiatrie (CRPA), Collectif dʼassociations dʼusagers en psychiatrie (CAUPsy), Collectif « Non à la politique de la peur », Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fondation Copernic, Groupe multi professionnel des prisons, Ligue des droits de l’Homme, Nouveau Parti anticapitaliste, Parti communiste français, Parti de Gauche, Parti socialiste, Résistance sociale, Les Sentinelles égalité, SERPsy, Solidaires, Sud santé sociaux, Syndicat de la magistrature, Syndicat de la médecine générale, SNPES-PJJ-FSU, Union syndicale de la psychiatrie, Les Verts.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 17:08

"Tout le système est en danger, parce que l'urgence sociale est un concept que personne n'accepte".

La déclaration est de Xavier Emmanuelli, avant sa démission de la présidence du Samu social, annoncée mercredi dans une interview à Charlie Hebdo.

 

"L’urgence sociale, personne n’y croit"

 

L'ancien secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire d'urgence de 1995 à 1997 quittera son poste en octobre et la structure d'aide aux SDF devra lui trouver un successeur. Le docteur dénonce le "désengagement des pouvoirs publics et de l'Etat dans ce domaine très particulier qui est l'accueil d'urgence". Mercredi matin sur Europe 1, Xavier Emmanuelli a qualifié sa décision de "cri d'alarme parfaitement justifié". L’urgence sociale, personne n’y croit", dit-il.

 

En cause, les coupes budgétaires pour les associations qui prennent en charge l'hébergement d'urgence et le logement social. Au Samu social, financé à 92% par l'Etat, le budget est passé de 110 millions d'euros en 2010 à 90 millions en 2011. À Paris, le seul centre du Samu social de la capitale a fermé à la fin du mois de juin.

 

Une nouvelle politique à long terme

 

Au gouvernement, on justifie ces coupes budgétaires par la mise en place d'une nouvelle politique à long terme pour l'hébergement social des plus démunis : le "housing first". Littéralement "le logement d'abord" ou "chez soi d'abord".

 

L'idée : considérer que l'hébergement d'urgence ne doit être qu'une porte de sortie vers le logement et éviter les allers-retours entre la rue et les centres d’accueil. Ce principe est expérimenté depuis 2010 en France(link), à Marseille, Toulouse et Lille, pour des sans-abri ou précaires présentant des troubles psychiatriques. La même stratégie est déjà appliqué avec un relatif succès aux Etats-Unis, au Canada, ou dans certains pays du nord de l'Europe comme la Finlande.

 

"Une ligne politiquement correcte"

 

Une politique qui inquiète Xavier Emmanuelli : "Ils (le gouvernement, ndlr) sont sur une ligne politiquement correcte du 'housing first', (link) nous on est dans le 'caring first, housing then' (soigner d'abord, loger ensuite)". Même son de cloche du côté de la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.

 

Christophe Robert, délégué général de la fondation et porte-parole du Collectif des associations de lutte contre le mal-logement, rappelle qu'il est "du devoir de l'Etat de proposer des solutions d'urgence dignes". "La logique est pertinente mais il faut être en capacité de proposer des logements...", regrette-t-il, affirmant que le gouvernement met la charrue avant les boeufs en diminuant les places d'hébergement plus vite qu'il ne propose de logements.

 

"Une totale déconnexion avec la réalité"

 

Il s'agit selon lui d'"une forme de régression" : "l'hôtel n'est pas la solution, mais qu'est-ce qu'on fait pour les plus précaires ? On laisse des personnes dormir dans leurs bagnoles, des parking, des caves ?". "Cela fait des mois que les associations tirent la sonnette d'alarme", commente Christophe Robert à propos de la démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du Samu social. "Il y a une totale déconnexion avec la réalité qui nous inquiète très fortement : on perd de vue l'objectif, qui est d'aider les plus faibles". "

 

Le pouvoir doit intégrer à sa politique les effets de la crise économiques. C'est comme si depuis deux ans, rien ne s'était passé", conclut-il. Fin juin, le collectif d'associations a refusé de prendre part à une réunion organisée par Benoist Apparu, le secrétaire d’État au logement, en craignant que "cette énième rencontre, après avoir dialogué pendant deux ans, soit en déconnexion totale avec les réalités de terrain que nous dénonçons".

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 11:34

La première maison d’arrêt entièrement gérée en partenariat public-privé a été inaugurée la semaine dernière, dans le Nord. Les associations dénoncent des méthodes inadaptées.

 

http://q.liberation.fr/photo/id/307551/r/03/02/w/459/m/1310894281

La prison de Lille-Annœullin, le jour de l'inauguration le 26 juin.


Les prisons, c’est un marché. Plutôt juteux : 15 millions d’euros de loyer annuel, pendant vingt-sept ans, payé par l’Etat à Bouygues, pour la prison d’Annœullin (Nord).

C’est la petite dernière, 688 places, inaugurée par le ministre de la Justice, Michel Mercier, la semaine dernière.

 

La première «Full PPP», explique ce dernier avec gourmandise, un partenariat public-privé total. Bouygues a construit le centre pénitentiaire sur ses deniers, 70 millions d’euros, et a chargé sa filiale, Themis FM, de son exploitation. Maintenance des bâtiments, restauration, blanchisserie, et même le transfert des détenus.

 

L’Etat a gardé ses seules missions régaliennes, la surveillance et la réinsertion.

 

Parloir. Il a aussi délégué au privé les tâches qui revenaient traditionnellement aux associations. Par exemple la gestion du vestiaire pour les détenus indigents, ce qui est déjà en pratique au centre pénitentiaire de Sequedin. Non sans heurts. «Là-bas, c’est Sodexo justice service, explique Karine Bocquet, de Trait d’union. Cette filiale de Sodexo a appelé les associations pour trouver des vêtements, alors qu’elle a un budget pour en acheter. Absurde.»

Des précédents qui ne la rassurent pas. Son association s’occupe de l’accueil des familles, avant le parloir. «On nous a imposé de travailler avec Themis FM. Nous avons pensé à dissoudre l’association, mais nous ne pouvions pas déserter le terrain», raconte-t-elle. Car l’opérateur privé n’a prévu que trois salariés pour gérer les appels téléphoniques, le planning du parloir, et réceptionner les familles six jours sur sept. «Les proches arrivent très tôt, à 8 heures pour un parloir à 11 heures, par exemple, par peur de le louper.

 

L’accueil familles, c’est comme une salle d’attente, en plus conviviale, et nous sommes à la disposition des gens qui veulent parler. Quand il y a un problème, nous les renvoyons vers d’autres structures, décrit Karine Bocquet. Nous sommes absolument sûrs que la salariée de Themis FM n’aura pas le temps de cette écoute.» L’opérateur a d’ailleurs clairement intégré dans ses plannings les bénévoles de l’association. Et demandé à Trait d’union de montrer comment cela se passait à la nouvelle arrivante. «Le premier dimanche de juillet, elle devait se retrouver seule, elle a demandé à ce que l’équipe reste, ce qui montre bien qu’elle n’avait pas reçu de formation. C’est un peu étonnant», glisse la responsable associative.

 

Anne-France Larivière, du Relais enfants-parents, est plus directe : «Il est incroyable que Themis FM compte sur des bénévoles pour l’aider.» Son association amène au parloir les enfants de détenus, quand la famille refuse de s’en charger. Elle craint «l’embouteillage monstre» pour les prises de rendez-vous, avec un seul interlocuteur au téléphone. «Avant, c’étaient les surveillants qui s’en occupaient. Ils connaissaient les familles, ils prenaient le temps de parler des situations, car leur temps n’était pas compté. C’était plus humain», regrette-t-elle. Surtout, elle s’inquiète de la mise en place d’un service de garde gratuit des enfants à l’extérieur de la prison, alors que les parloirs n’ont pas été aménagés pour eux. «A Loos [l’ancienne prison, remplacée par Annœullin, ndlr], le parloir était vaste, avec moins d’intimité, c’est vrai, mais les enfants pouvaient bouger, jouer ensemble. Là, ils vont être dans des box fermés de 9 m². Un détenu m’a dit : "je ne sais pas comment mon petit de 4 ans va supporter d’être enfermé pendant une heure et demie dans un parloir minuscule".» Les familles vont sans doute préférer laisser les enfants à la garderie, et les prisonniers les verront de moins en moins. «L’administration pénitentiaire préfère accueillir les enfants dehors que dedans, soupire Anne-France Larivière. Elle ne s’inquiète que d’une chose, que les familles utilisent cette garde gratuite pour aller faire leurs courses à Auchan, juste à côté.» «Charges».

 

Faire appel au privé, ce serait «une économie sur l’exploitation de 5% par an», selon un responsable de l’Agence publique pour l’immobilier de la justice. Affirmation qui fait sourire du côté du Syndicat national des directeurs pénitentiaires, même s’il reconnaît une vraie qualité du service : «La Cour des comptes travaille sur le sujet et le rapport va être salé.» Sur la direction interrégionale de Lille, qui va du Havre à la frontière belge, les deux tiers du budget sont absorbés par les prisons en gestion déléguée, qui ne représentent pourtant que la moitié des effectifs.

 

Le syndicat grince : «L’administration est plus préoccupée à payer ces charges qu’à avoir des projets nouveaux de lutte contre la récidive.»

 

(1) En 2010, la Cour des comptes avait déjà dénoncé la gestion des cantines des établissements pénitentiaires par les prestataires privés et les «écarts de prix injustifiables».

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