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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 16:25

Face à l’échec du «front républicain», il faut un front antifasciste.

Emmanuel Macron a été largement élu dimanche, mais avec une abstention massive et un résultat record pour le Front national (FN) qui engrange près de 11 millions de voix, soit deux fois plus qu’en 2002.

La stratégie du front républicain face à l’extrême droite n’a pas seulement vacillé dans les urnes, elle a été publiquement rejetée par une partie significative de la gauche refusant d’appeler à voter Macron.

On aurait pu croire, au soir du premier tour, qu’il ne s’agissait que de la lubie d’un homme, Jean-Luc Mélenchon, mauvais perdant, refusant de se prononcer, préférant appeler à une consultation des membres de son mouvement, La France insoumise. On a rapidement vu qu’il n’en était rien.

Dès le soir du 23 avril, des manifestations, appelées notamment par Génération ingouvernable et le Mouvement inter-luttes indépendant (Mili), se donnent comme slogan «Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron».

L’ombre du Comité invisible plane sur la jeunesse radicale

Dans les jours qui suivent, le mouvement s’étend, des lycées sont bloqués, donnant parfois lieu à des affrontements avec des groupuscules fascistes.

Retour sur le 27 avril

Hommage à la jeunesse: Dans l'entre-deux-tours, réflexions, blocus et manifestations de la jeunesse face à la situation imposée par le vote et le choix cornélien entre les deux candidats. 18mins33 / DOC du réel

 

Les syndicats tergiversent, la CGT en tête, qui appelle à faire barrage au FN, bien sûr, mais pas au prix du ralliement à celui qui représentait, pour les travailleurs, le pire du quinquennat finissant. Certaines sections CGT, FSU ou SUD appellent même à battre les deux candidats.

 

Le 1er Mai voit le retour à Paris d’un cortège de tête autonome déterminé, dans la continuité des manifestations contre la loi travail, renvoyant dos à dos Le Pen et Macron.

Enfin, venant donner à cette rupture un parfum d’officialité, les membres de La France insoumise se prononcent majoritairement pour le vote blanc, nul, ou l’abstention. Comme si de larges pans de la gauche de la gauche, celle des urnes comme celle de la rue, celle des lycées comme celle des syndicats, face à l’injonction de se plier à la stratégie du front républicain, répondait comme le Bartleby de Melville «j’aimerais mieux pas» - et ajoutait «on vaut mieux que ça».

Face à cet outrage aux bonnes mœurs républicaines, les réactions ont été d’une rare vigueur. Durant l’entre-deux tours, les tribunes se multiplient, de toutes parts, pour rappeler à l’ordre ceux qui seraient trop tièdes, des dessins font des abstentionnistes les complices de pogroms à venir, un «forum républicain» est même organisé «contre l’abstention» - comme si c’était le problème (ici aussi)et non le vote FN.

Pendant ce temps, dans l’indifférence presque générale, des personnalités de la droite dite républicaine appellent à voter Le Pen, et de larges pans de l’électorat Fillon basculent non vers le vote blanc, mais vers le vote brun.

Alors que le FN s’apprêtait à engranger le plus haut nombre de voix de son histoire, principalement grâce à l’afflux des voix de droite, on a fait aux abstentionnistes de gauche, affichés ou présumés, le pire des procès possibles, celui de trahir l’antifascisme.

L’accusation n’est pas mince : l’antifascisme est un élément fondateur de la gauche d’après-guerre, et son abandon serait vu à raison comme le signe précurseur des pires errements.

Mais refuser d’appeler à voter Macron, est-ce trahir l’antifascisme ?

Pas nécessairement, à en croire les organisations antifascistes qui luttent pied à pied contre l’extrême droite tout au long de l’année. Nombre de ces organisations, telles le collectif Action antifasciste Paris-Banlieue ou La Horde, ont refusé de rejoindre le front républicain et ont appelé aux manifestations Ni Le Pen ni Macron. Ces antifascistes seraient-ils alors eux aussi des traîtres à l’antifascisme ?

Ces procès en trahison révèlent surtout une grande confusion sur l’antifascisme.

Le mouvement antifasciste actuel s’est constitué, à partir des années 80, en réaction à la montée de l’extrême droite. Il a dès le départ été très méfiant vis-à-vis des stratégies de front républicain et de l’antiracisme moral incarné en France par SOS Racisme.

Depuis cette période, tandis que les partis de gouvernement, en particulier le PS, agitent la menace du FN pour rallier à eux à peu de frais la jeunesse et les classes populaires, des organisations issues de l’autonomie et des mouvements des banlieues dénoncent ce qu’elles voient comme des manipulations.

L’antifascisme radical qu’elles défendent entend lutter en même temps contre l’extrême droite et le système capitaliste, sécuritaire et raciste qui la nourrit et s’en nourrit.

Dans cette perspective, impossible de construire un front antifasciste avec des partis de gouvernement qui reprennent le vocabulaire, les idées et une partie des politiques de l’extrême droite. Or, les quinquennats successifs de Sarkozy et de Hollande ont constitué une accélération dans l’adoption d’une politique extrême.

Les prisons sont surpeuplées, les étrangers sont raflés et expulsés, les quartiers populaires sont soumis à un ordre policier, les mouvements sociaux sont violemment réprimés, l’état d’urgence est devenu permanent (docu à voir ici), les lois sécuritaires successives ont rogné les libertés publiques, l’islamophobie se répand, et la situation des salariés et des précaires n’a cessé de se dégrader tandis que les profits des actionnaires ont atteint des records.

Macron, qui dit vouloir être «le président des patriotes» et qui est directement responsable de la politique économique pro-patronat de Hollande, ne saurait alors être un barrage face à l’extrême droite, pour les antifascistes, tant il participe pleinement au processus de fascisation de la société française.

De toute évidence, on ne peut plus s’en remettre à la stratégie de front républicain pour faire barrage au FN.

Cependant, il n’y a pas de fatalité à ce que cet échec profite à l’extrême droite. Tout dépendra de la capacité de la gauche à construire un front antifasciste offensif, ralliant les millions de personnes de gauche qui ont refusé de voter Macron dimanche ou qui ont voté pour lui à reculons.

Un tel front ne pourra se faire que sur le refus de collaborer avec les partis de gouvernement qui recyclent, depuis trente ans, les idées du FN, et avec ceux qui héritent de ces partis, Macron en tête.

Ce sera contre eux, et non avec eux, que l’on pourra faire reculer l’extrême droite.

Malgré l’importante contestation de 2016, Emmanuel Macron veut pousser au bout la logique qui a guidé la loi travail

Le président de la République élu dimanche veut poursuivre la démolition des droits des salariés entamée sur le temps de travail au cours du quinquennat qui s’achève, en l’étendant à toute l’organisation du travail.

Emmanuel Macron sait bien qu’il n’a pas encore gagné la partie. La secrétaire d’État qui le soutient, Juliette Méadel, a beau estimer que les 66,1 % des voix qu’il a recueillies dimanche sont « un blanc-seing » pour « aller au bout de sa réforme du droit social et du Code du travail », son projet n’a pas obtenu l’adhésion des Français, en particulier du côté de cette majorité qui s’est opposée à la loi El Khomri au printemps 2016. Celui qui rentrera à l’Élysée à la fin de la semaine espère donc jouer de l’effet de surprise en passant par des ordonnances au cœur de l’été.

1. L’éclatement généralisé du Code du travail

C’est le cœur de la réforme voulue par le nouveau président de la République élu dimanche : « Donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise ou de branche. »

En clair, Emmanuel Macron veut pousser au bout la logique qui a guidé la loi travail, qui est celle de généraliser la dérogation à la loi et aux normes nationales, jusqu’à inverser complètement la « hiérarchie des normes » sociales, au détriment du « principe de faveur » qui voulait que des accords conclus à un niveau inférieur ne pouvaient qu’améliorer les protections accordées au niveau supérieur.

« La possibilité de détruire un avantage social n’est pas une invention de la loi travail, rappelle à ce sujet Emmanuel Dockès, professeur à l’université Paris Ouest-Nanterre. Mais celle-ci l’a systématisée et généralisée » dans le domaine du temps de travail. Emmanuel Macron propose de l’étendre à toute l’organisation du travail.

C’est ainsi que « les horaires effectifs », qu’Emmanuel Macron distingue de la durée légale du travail, mais aussi « les conditions de travail et les salaires » seront « négociés au plus près du terrain », de préférence au niveau de l’entreprise ou, « à défaut », de la branche.

De quoi donner corps à la crainte exprimée par la CGT d’un Code du travail par entreprise. « L’idée d’une règle commune n’a pas les faveurs d’Emmanuel Macron, constate Emmanuel Dockès. Il y a effectivement un risque de disparition progressive de la règle commune. »

Le nouveau président de la République entend mener cette réforme au nom de l’emploi, en visant l’objectif d’un taux de chômage « ramené à 7 % en 2022 ».

Pour Emmanuel Dockès, la « croyance » en un lien entre le chômage et le niveau de protection des salariés relève pourtant de l’« idéologie ». « L’idée selon laquelle l’accroissement de la flexibilité, c’est-à-dire l’accroissement du pouvoir des employeurs, est la source d’une meilleure compétitivité et de création d’emploi est très ancienne.Elle n’a été démontrée à aucun moment, explique le chercheur.

Au contraire, des études de l’OCDE démontrent qu’il n’y a pas de corrélation entre le taux de chômage et le taux de protection. » Le professeur de droit du travail y voit un « vice de raisonnement, qui consiste à faire confiance aux grands entrepreneurs pour dire ce qui est bon pour l’emploi. Mais ce qui est bon pour le grand patronat n’est pas forcément bon pour la société entière ».

2. Les chômeurs sanctionnés pour les rendre flexibles

Non content de promettre la nationalisation de l’assurance-chômage pour mieux la transformer en « assurance universelle », Emmanuel Macron envisage de se lancer dans la chasse aux demandeurs d’emploi.

Dans le pacte qu’il propose, si une personne refuse deux emplois dits décents ou ne peut justifier d’une « intensité » de recherche d’emploi suffisante, le versement des allocations sera bloqué.

En parallèle de ce durcissement des règles, le nouveau président met en avant l’élargissement de l’assurance-chômage aux professions libérales et aux démissionnaires. Il évoque aussi l’orientation des chômeurs vers des formations « vraiment qualifiantes », laissant présager une prise en compte des desiderata patronaux avant les besoins des précaires.

En réalité, l’ex-ministre de l’Économie se contente de recycler de vieilles recettes, suivant la voie d’un Nicolas Sarkozy qui avait instauré la loi sur l’offre raisonnable d’emploi (ORE) en 2008.

Au-delà de deux postes non acceptés, le chômeur est bouté hors des listes de Pôle emploi pour deux mois. Dans les faits, ce dispositif, censé faire chuter artificiellement les statistiques, s’est révélé très peu applicable, l’ex-locataire de l’Élysée ayant sabré des milliers de postes dans les effectifs de l’ex-ANPE.

Le scénario est un peu différent avec François Hollande. Accentuant la stigmatisation et le flicage, le président de la République sortant s’était montré favorable à la création d’une brigade de 200 conseillers Pôle emploi dédiés au contrôle renforcé des chômeurs. Un dispositif de harcèlement qui n’a pas contribué à abaisser les chiffres du chômage.

Pour remettre au travail les 5,5 millions de chômeurs et précaires (dont 3,5 millions sans aucune activité), Emmanuel Macron s’entête dans la même logique répressive et inefficace que ses prédécesseurs. Sans mentionner le problème numéro un : l’absence d’offres d’emploi suffisantes par rapport à la demande. Hier, seules 713 999 annonces de travail étaient disponibles sur le site Web de Pôle emploi.

3. Licencier sans justification en muselant les prud’hommes

Emmanuel Macron revient à la charge sur le plafonnement des indemnités prud’homales. Cela veut dire qu’il veut sécuriser financièrement les entreprises qui licencient « sans cause réelle, ni sérieuse ».

« C’est une véritable escroquerie intellectuelle, dénonce le professeur de droit Emmanuel Dockès. Les patrons réclamaient le droit de pouvoir licencier sans qu’on leur demande des comptes.

Plutôt que d’accéder directement à cette requête, qui serait franchement choquante, Emmanuel Macron s’attaque à la sanction. Une forme de clin d’œil au patronat puisqu’on leur dit : si vous ne justifiez pas les licenciements, ne vous inquiétez pas, ce sera seulement un peu plus cher. »

Aujourd’hui, un licenciement justifié par une raison jugée sérieuse coûte très peu cher à l’entreprise. En revanche, lorsqu’il est dit « sans cause réelle, ni sérieuse », donc basé sur un prétexte ou sur la simple justification d’augmenter les profits, l’employeur s’expose à un recours en justice, qui fixe le montant des indemnités à verser au salarié selon l’appréciation du préjudice subi.

Les plafonds envisagés par Emmanuel Macron s’annoncent dans certains cas tellement bas qu’ils risquent de ne même pas couvrir les frais de justice de l’employé licencié sans raison.

« Les sommes maximales prévues pour indemniser les salariés sont le plus souvent inférieures aux sommes accordées lors des plans de départs volontaires, renchérit Emmanuel Dockès.

Comme on mesure une obligation à sa sanction, on peut en conclure que, dans la pratique, l’obligation de justifier un licenciement risque de disparaître. » Les patrons n’auront qu’à « provisionner » à l’avance leur plan de licenciement non justifié.

C’est la troisième fois qu’Emmanuel Macron veut faire passer cette mesure. La première, dans la loi Macron, avait été retoquée par le Conseil constitutionnel.

La deuxième fois, le plafonnement des indemnités s’est glissé dans la loi El Khomri. Avant d’être supprimé pour tenter de calmer la contestation.

Pour espérer passer le barrage du Conseil constitutionnel, Myriam El Khomri avait modifié le critère du barème pour prendre en compte principalement l’âge et l’ancienneté du salarié licencié sans raison. Emmanuel Macron devrait reprendre la même tactique.

La situation sociale bouge plus vite que Macron ! Avant juillet, ça va chauffer !

La CGT a lancé un appel national à un rassemblement, mardi 16 mai à 15 heures,devant l’usine GM&S Industry de La Souterraine (ici aussi), deuxième employeur privé de la Creuse. Le syndicat veut ainsi soutenir les salariés de l’équipementier automobile placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier. Certains des 279 salariés ont par ailleurs affirmé avoir « piégé » à l’aide de bonbonnes de gaz et de bidons d’essence.

SI UN APPEL NATIONAL EST POSSIBLE DANS CE CAS, ALORS IL L’EST AUSSI CONTRE L’ORDONNANCE MACRON PRÉVUE POUR JUILLET.

Caroline de Haas (celle de la pétition à plus d’un million contre la loi Travail) et François Ruffin (Merci Patron) lancent une pétition « Ordonnances non merci ». « Plus rapide qu'un débat à l'Assemblée, plus facile qu'une négociation avec les syndicats et plus pratique que le 49-3: les ordonnances », dénoncent les initiateurs de l’appel, qui savent comme nous, l’importance de la première ordonnance.

Le contenu de cette ordonnance de juillet ?

L’extension de la priorité aux accords d’entreprise. La loi El Khomri (dite Travail) les réservait au temps de travail. Emploi, salaire et conditions de travail seront concernés. La fusion des institutions représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT). Le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif. Un coup mortel porté aux Prud’hommes, une garantie offerte aux employeurs de licencier vite.

VOILÀ POURQUOI IL NOUS FAUT PASSER PAR LA RUE POUR NOUS OPPOSER À CE COUP DE FORCE, DANS L’ABSOLUE CONTINUITÉ DU 49.3 DE LA LOI TRAVAIL.

https://www.facebook.com/events/166219467241273

Les médias soumis à Lagardère, Bolloré, Bergé-Pigasse-Niel, Drahi, s’opposent à cette réalité sociale pour fabriquer leur réalité, comme Trump, à coups de faits « alternatifs ».

La toute-puissance médiatique tresse chaque seconde des couronnes à ce Kennedy français, tout neuf, tout beau, tout nouveau. La propagande médiatique fait campagne pour Macron à un point tel qu’elle ignore que l’élection au 2e tour l’a porté à l’Elysée par le refus de Le Pen. Sur son propre programme, au 1er tour, il ne représente qu’un quart des suffrages exprimés.

Nous savons quelle colère sociale couve dans le pays. A nous de lui offrir une expression sociale, unitaire, déterminée. Telle est bien la vocation du Front social.

liste des organisations membres de la coordination "Front social"

Commerces :

Education :

Energie :

Fonctions d’Etat :

Fonctions territoriales :

Industries :

Information-Communication-Culture : 

La Poste :

Privés d’emploi et précaires :

Santé :

Transports :

Organisations territoriales :

Confédérations :

Collectifs demandant justice

Associations

Médias

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 13:32

Les affaires liées à François Fillon et Marine Le Pen contribuent à creuser un peu plus le dégoût des Français pour la chose publique.

Campagne électorale

On appelle "campagne électorale" la période qui précède une élection et durant laquelle les candidats et leurs partisans font la promotion de ceux-ci afin de récolter le plus grand nombre possible de voix. Elle est en général basée sur un "programme électoral" ou "programme politique" préalablement élaboré.

Dans de nombreux pays démocratiques, les campagnes électorales sont strictement réglementées en ce qui concerne leur budget, leur durée, les contributions privées, etc. Les partis ou candidats représentés peuvent obtenir des financements publics pour leur campagne.

En France, le déroulement des campagnes électorales et leur financement sont réglementés.
La présidentielle en France est régie par la loi organique du 6 novembre 1962 relative à l’élection du président de la République et par le décret du 8 mars 2001, également modifié par le décret du 21 avril 2006, ainsi que par les lois du 25 avril 2016 de modernisation des règles applicables aux élections et à l’élection présidentielle. Le président est élu pour 5 ans. Les règles ont un peu changées pour l'élection de 2017 ( plus d'infos: ici!!! ) ainsi que pour les suivantes.

La CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politique) est chargée de mettre en oeuvre cette réglementation et notamment de contrôler les comptes de campagne et d'arrêter le montant du remboursement forfaitaire dû par l'Etat. Ses membres sont nommés pour un mandat de cinq ans renouvelable par décret du Premier ministre.

Les règles relatives aux campagnes électorales concernent :

  • les subventions de l'Etat (remboursement forfaitaire et au-delà de 5% de voix exprimées, 50% du plafond de dépense),
  • les contributions de personnes physiques et de partis politiques,
  • les interventions télévisées,
  • etc.

L’élection présidentielle est le dernier scrutin auquel les Français accordent véritablement de l’importance. Dans tous les autres – législatifs, locaux, plus encore européens, la montée des niveaux d’abstention depuis une bonne vingtaine d’années témoigne du désintérêt ou de la défiance des citoyens à l’égard des responsables politiques.

Seule la présidentielle a, jusqu’à présent, échappé à ce délitement démocratique. Bon an, mal an, quatre Français sur cinq continuent à y participer, jugeant que leur avenir et celui du pays s’y décident, tous les cinq ans.

 

C’est pourquoi la façon dont s’est engagée l’actuelle campagne est calamiteuse. En l’espace de quelques jours, le débat démocratique s’est trouvé paralysé, éclipsé, asphyxié par les révélations touchant le candidat du parti Les Républicains.

François Fillon peut bien jouer les outragés, dénoncer des attaques d’une « violence inouïe » et « sans précédent » contre lui, s’emporter contre ce qu’il qualifie, sans sourciller, de « coup d’Etat institutionnel », la réalité est malheureusement beaucoup plus triviale.

Un délétère parfum de favoritisme

Il se présentait, y compris pour mieux se démarquer de l’ancien président Nicolas Sarkozy, comme le « candidat de l’honnêteté ». Il se flattait d’être « irréprochable ». Tout démontre qu’il ne l’est pas. Les conditions dans lesquelles il a rémunéré ou fait rémunérer pendant de longues années son épouse Pénelope ou deux de ses enfants, les sommes en jeu, dont il n’a à aucun moment contesté le montant, son incapacité, jusqu’à présent, à apporter la preuve de la réalité d’un travail effectué par ses proches, font plus qu’entretenir le soupçon qu’il s’agissait d’emplois fictifs financés, dans l’opacité des usages parlementaires, par de l’argent public. Il n’y a rien, là, d’illégal, clame-t-il.

La justice tranchera. Mais, quelle que soit sa conclusion, il restera de cette affaire un délétère parfum de favoritisme, de népotisme et d’avantages indus. Au regard de cet enjeu éthique, le point de savoir si M. Fillon jettera l’éponge ou si ses « amis » l’y contraindront apparaît presque subalterne.

Ce n’est pas tout!!!

Si ce « #Pénelopegate » occupe tous les esprits depuis huit jours, la candidate du Front national n’est pas en reste.

Elle aussi se présente comme la « candidate du peuple », la candidate aux « mains propres » contre les turpitudes de « l’oligarchie ». Et elle vient d’être sommée par le Parlement européen, où elle siège, de rembourser 300 000 euros pour avoir fait rémunérer comme assistante parlementaire à Bruxelles sa chef de cabinet à Paris sans oublier les autres condamnations aux FN.

Sentiment d’impunité et égotismes aveugles

Pis, plusieurs parlementaires européens du Front national sont désormais, pour les mêmes raisons, dans le collimateur de la justice française, qui a ouvert, en décembre 2016, une information judiciaire pour « escroquerie en bande organisée ». Et c’est compter sans les enquêtes ouvertes sur le financement irrégulier de toutes les campagnes électorales du FN depuis 2012. La justice russe s'en mêle aussi.

En tout et pour tout, ce sont trois affaires qui concernent le Front National.

A gauche ce n'est pas mieux au PS à la limite de l'implosion après des primaires truquées.

La gauche peut-elle être au second tour avec les candidatures simultanées de Benoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ?

Le vainqueur de la primaire socialiste élargie a dit entendre « laisser s’épanouir les dynamiques politiques et sociales » mais a indiqué qu’il prendra « des initiatives plus concrètes » après son investiture dimanche.

« J’ai lancé des invitations, j’ai des contacts avec des personnalités, avec leur entourage. Après l’investiture, je prendrai des initiatives plus concrètes. Ce qui est certain, c’est que plus on sera nombreux, moins on aura de chances. Plus on parviendra à rassembler et à diminuer le nombre de candidats, mieux ce sera », a ajouté le député des Yvelines et ancien ministre.

On peut alors se demander si il y a encore des gens qui croient encore en la politique faite par une caste politicienne et si il existe encore des gens qui votent pour et non contre.

 

A force de prendre les Français pour des benêts, à force de donner à voir et à entendre de telles formes d’indifférence ou de mépris à leur égard, à force de s’affranchir de la plus élémentaire probité publique, l’on finira, d’une manière ou d’une autre, par creuser un peu plus leur dégoût de la chose publique et par provoquer leur révolte – légitime: Tels les évènements qui se passent en Roumanie.

Enfermés dans leur sentiment d’impunité et dans leurs égotismes aveugles, les candidats responsables de cet état de fait ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. Mais trop tard.

Le mouvement s'organise déjà!!! Rejoignez le!!!

Pour en savoir plus:

La responsabilité pénale des élus

 

"tous pourris", Voyons voir!!

 

Votez sticule!!!

 

Appels au boycott des élections

 

Génération ingouvernable

 

A l’abordage !  

 

Blocages

 

Semaine de résistances à Nantes

 

Appel : Enfarinons-les !

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 19:57

La circulaire du 20 septembre 2016 « relative à la lutte contre les infractions commises à l’occasion des manifestations et autres mouvements collectifs » a des intentions très claires : « augmenter le nombre de poursuites satisfaisantes » (comprenez : inculpations). Les coupables sont clairement nommés comme « une minorité de personnes souvent très organisée ». Bouh le méchant ennemi intérieur qui déborde les forces de l’ordre…

Le problème c’est que les conditions du maintien de l’ordre conduisent souvent la flicaille à bâcler le travail et donc à ouvrir des boulevards à la défense pour annuler des procédures. Et la circulaire précise que ces difficultés se retrouvent autant lors des manifestations, des « violences urbaines » que dans les mouvements dits « zadistes ».

La justice doit donc s’organiser pour taper fort et taper vite, sans oublier d’anticiper le « surcroît d’activité pénale » que le ministère de l’injustice attend de pied ferme.

L’officier de police judiciare au centre du dispositif

Sur les manifestations il y aura davantage d’officier.e.s de police judicaire (OPJ) [1] qui ne participeront pas directement au dispositif de « maintien de l’ordre » (nasser, gazer, cogner, empêcher), mais qui seront entièrement dédié.e.s à la collecte de preuves et à l’inculpation. Pour leur faciliter cette tâche fastidieuse, une petite fiche leur sera remise. Il n’y aura plus qu’à cocher la ou les bonne(s) case(s).

 

 

Il est également envisagé, pour les manifestations où le risque de débordement est élevé, que les OPJ se tiennent « à proximité des lieux d’interpellation dans des véhicules adaptés susceptibles de constituer des antennes mobiles pour la notification immédiate des droits aux personnes placées en garde à vue ». Avant on avait le temps de reprendre ses esprits entre l’interpellation, souvent extrêmement violente, et l’arrivée au commissariat où l’OPJ notifie les droits, mais ça c’était avant !

Il est aussi conseillé de multiplier les captations vidéos et de vérifier plus rapidement si elles sont exploitables et diffusables dans les tribunaux… Pourquoi pas d’ailleurs dans des audiences spéciales manifestant.e.s ?

Si les comparutions immédiates sont évidemment conseillées pour permettre les condamnations rapides et expéditives des interpellé.e.s, il faut aller plus loin puisque la « minorité » agissante, en plus d’être violente, est organisée. Les procureur.e.s sont encouragé.e.s à permettre des enquêtes de police, voir même à nommer des juges d’instructions. Et puis le plus tôt sera le mieux… Car le nouvel enjeu, nous y reviendrons, est « d’interpeller les auteurs avant qu’ils ne passent à l’acte. »

Organiser l’impunité

Il aurait été surprenant qu’une circulaire de cet acabit ne prévoie rien pour couvrir les exactions des fonctionnaires de police qui l’appliqueront [2]. Dorénavant, « lorsque la personne mise en cause est un fonctionnaire de police, les investigations seront confiées à un service de police, et lorsqu’il s’agit d’un militaire de la gendarmerie, elles le seront à une unité de gendarmerie. Dans un souci d’impartialité des investigations, il conviendra que le service d’enquête saisi soit distinct et extérieur à celui dans lequel la personne mise en cause exerce ses fonctions. » Ce qu’il faut comprendre c’est que le service spécialisé d’enquête, l’IGPN, soit la « police des polices », n’est pas saisie… Elle n’était déjà pas connue pour son zèle et sa sévérité, mais nous allons franchir encore un pas de plus dans l’impunité des forces de l’ordre. Une façon comme une autre d’inciter les flics à blesser, à mutiler, bref, à terroriser la population.

Le droit de manifester remis en question

Avec une certaine dose de cynisme, la circulaire incite les préfets à prendre prétexte de l’état d’urgence pour interdire des manifestations.

 

 

 

 

La circulaire rappelle aussi que l’on peut punir de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende les organisateur.ices d’une manifestation qui aurait débordé… Pourquoi s’en priver ? Et de préciser : « L’organisateur (sic) doit ici être entendue comme celui qui prend une part active aux préparatifs, prend des initiatives, fait des suggestions, précise ses instructions, distribue des convocations, ou délivre un appel à la population, par exemple par voie de presse. » En gros tout.e militant.e qui distribue des tracts, parle au mégaphone, tient une banderole… est susceptible d’être arrêté.e et condamné.e pour cette seule et unique raison.

Pour celles et ceux qui s’inquiéteraient de l’atteinte à nos « libertés », il est précisé : « Si la manifestation est conçue comme une liberté et protégée comme telle par la loi, l’attroupement, défini par l’article 431-4 du code pénal comme « tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de trobler l’ordre public », ne relève pas pour sa part de l’exercice d’une liberté. » et comme une manifestation pour en être une doit être déclaré… Circulez y’a rien à voir !

La douane en renfort pour confisquer le sérum phy

La circulaire déplore que « les contraintes liées au maintien de l’ordre public ne sont pas sans incidence sur la qualité des procédures diligentées », ce qui conduit souvent les parquets à classer sans suite ou les juridictions à prononcer des relaxes. Afin de ne laisser aucun.e dangereux.ses manifestant.e.s passer entre les mailles du filet, le rapport préconise de travailler en amont des manifestations. Le service des douanes est même invité à prêter main forte à la police judiciaire : « En effet, au regard de leur positionnement sur les principaux axes de circulation et de leurs attributions dans le contrôle des flux de marchandises prohibées, les agents des douanes peuvent être mis en situation de contrôler des individus armés se rendant sur les lieux de manifestation et de procéder à la saisie de leurs armes. » Et ne nous méprenons pas sur le sens que la circulaire donne à ce mot. Il y a fort à parier que cela pourra concerner aussi (à l’appréciation arbitraire des forces de répression) écharpes, masques à gaz, sérum phy et tout autre accessoire d’autodéfense devenus indispensables à la participation à une manifestation dans le contexte actuel.

Des délits sur mesure

Au cas où les pandores et les magistrat.e.s ne seraient pas bien au claire sur ce qu’iels pourraient repprocher aux interpellé.e.s, le ministère leur fournit la solution clef en main.

Il conseille aux procureur.e.s d’organiser des réunions « avec les autorités de police judiciaire, pour préciser la qualité et le contenu attendus des procédures judiciaires diligentées à la suite d’opérations de maintien de l’ordre. » La police passe commande, la justice sert les plats.

Une annexe accompagne la circulaire. Elle donne des idées de chefs d’inculpation aux OPJ et aux procureur.e.s, afin que le moins de gardes à vue possibles ne débouchent sur des remises en liberté. C’est sur ces six pages que sont listés tous les prétextes possibles et imaginables pour casser toute contestation, bastonner d’amendes et distribuer des peines d’enfermements.

Connaissiez-vous par exemple la « circonstance aggravante de guet-apens » ? Elle est prévue par l’article 222 du code pénal relatif à la torture et aux actes de barbarie… « Il convient donc de veiller à retenir systématiquement cette circonstance aggravante dès lors que les éléments du guet-apens sont caractérisés. »

L’annexe encourage aussi à se faire plaisir avec le délit d’outrage, pourtant déjà utilisé avec pas mal de générosité : « L’infraction est constituée dès lors que l’outrage prend la forme de paroles, gestes ou menaces, par écrits ou images de toute nature non rendus publics, par l’envoi d’objets quelconques et lorsque ces actes sont de nature à porter atteinte à leur dignité ou au respect dû à leur fonction. La définition de l’outrage est donc relativement large, ce qui permet de qualifier aisément toute forme d’intimidation à l’égard des forces de l’ordre. »… et d’envoyer toujours plus de monde dans le sani-broyeur de la justice de classe !

On n’oublie pas non plus « le délit d’entrave à la circulation routière » (« sanctionne le fait de placer ou de tenter de placer sur une voie ouverte à la circulation publique un objet faisant obstacle ») ou encore « le délit d’entrave à la liberté de réunion et de travail. »

Rennes aura-t-elle servi de laboratoire ? Dans le sous-chapitre malicieusement intitulé « Les incriminations qui peuvent également s’avérer utiles » , les parquets sont invités à voir des associations de malfaiteurs partout où il y a des gens qui s’organisent… et à agir en conséquence. « Cette qualification prévue à l’article 450-1 du code pénal permet d’appréhender de nombreux comportements avant même la comission de pluseurs infractions. »

Petit rappel aussi sur le « délit d’opposition à l’exécution de travaux publics » au cas où il aurait échappé à certains magistrat que l’expusion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes était dans les tuyaux.

La dernière petite fiche avec ses cases à cocher résume à elle seule la volontée de répression systématique.

 

Plus d'infos:

Manifestation interdite : quels sont les précédents en France ?

 

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 10:11

Depuis le 31 mars, la place de la République, à Paris, est devenue l'épicentre d'un mouvement citoyen inédit qui a essaimé partout en France.

 

Lancée le 31 mars place de la République à Paris, l'opération "Nuit debout" est devenue un mouvement qui a essaimé à travers la France. Depuis, chaque soir, les noctambules occupent l'espace public dans la lignée de l'occupation de la Puerta del Sol à Madrid des "Indignés", de la place Syntagma à Athènes par la "Génération des 700 euros" ou des actions du mouvement "Occupy" aux Etats-Unis. 

 

 

Il n'y a pas de chef à "Nuit debout"

 

Le mouvement est basé sur l'échange, la discussion, avec des assemblées générales citoyennes quotidiennes et une organisation "horizontale" sans meneur mais structurée en pôles ("logistique", "actions", "communication"...) et commissions ("convergence des luttes", "éducation populaire", "international", "cantine"...). "C'est une forme moderne d'action politique, hors partis, hors syndicats, sans chef, sans programme, qui dit on discute entre citoyens de ce qu'il faut faire", résume le sociologue Albert Ogien. Toutefois, François Ruffin, sans être favorable à "un leader ou des figures" à la tête du mouvement, juge "souhaitable que des groupes émergent et organisent les choses, prennent des initiatives" pour permettre l'extension du mouvement.

 

"Nuit debout" est contre la loi travail, mais pas que...

 

L'opération, lancée le 31 mars pour prolonger la manifestation contre la loi El Khomri, a largement dépassé ce cadre depuis. Elle dénonce pêle-mêle le tout-sécuritaire, le mal-logement etc. Un mouvement qui rassemble en fait tous les mécontentements. "C'est un ras-le-bol général. Il y a une scission de plus en plus grande entre l'État et l'UE et les citoyens", résume sur FTVI Marie, étudiante. "L'idée, c'est de faire naître une envie de protestation, de contestation parmi les gens", décrypte le sociologue Albert Ogien.

 

L'inspiration du film "Merci patron !"

 

"Merci patron !", la comédie documentaire du réalisateur François Ruffin, également fondateur du journal de critique sociale Fakir est à l'origine du mouvement.

Le New York Times le qualifie d'ailleurs de "cri de ralliement" et évoque "les centaines d'indignés qui se sont réunis la semaine dernière place de la République à Paris pour une projection du film en plein air" et ont "chanté les paroles de la bande sonore".

 

Le film "est devenu un symbole de ce qu'il se passe dans les rues", confie au New York Times Etienne Ollagnier, co-gérant de la société distributrice du film.

 


Merci Patron ! - Bande annonce HD par parano

 

 

La gestuelle est héritée des "Indignés"

 

 

Les assemblées suivent un code bien précis, avec une gestuelle spécifique : agiter les mains en l'air pour montrer son approbation ou croiser les bras pour signifier son désaccord, par exemple. L'Obs a fait un résumé vidéo très clair :

 

 

 

 

 

Ce qui a motivé les Liégeois, toujours en Belgique, à faire de même samedi. Le 40 mars (9 avril donc), a aussi été célébré à Berlin, en Allemagne. En Espagne aussi le mouvement fleurit. 

 

Voir en plein écran

 

 

Autorisations : "Nuit debout" fait les choses dans les règles

 

Pendant onze jours, les manifestants se sont retrouvés chaque soir place de la République, à Paris, souvent par milliers, dans une ambiance de kermesse et de forum altermondialiste. Si ils ont été évacués lundi matin, c'est parce que leur autorisation a expiré dimanche soir. Ils ont pu revenir dès lundi soir. "Une nouvelle déclaration de manifestation a été déposée, signifiant que le mouvement pourra reprendre", avait alors souligné la préfecture.

Même chose à Bordeaux, où le mouvement a été évacué lundi matin. Mais les manifestants ont obtenu une nouvelle autorisation de se réunir et le mouvement reprend mercredi, toujours place de la République. Cette autorisation court jusqu'au 20 avril.

 

Plus d'infos:

 

Le site de Nuit Debout

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Convergence des luttes

TV Debout

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Biblio debout

Les liens et les adresses

P'tit récap'...évolution

AG et commissions: les Nuits debout parlent aussi organisation

Nuit debout en banlieue

Les cas de violences policières enfin recensés : une décision importante mais insuffisante

Nuit debout : «Céder à la violence est contre-productif»

Réflexions sur la violence

Nuit debout et les crypto-fascistes

Gaspard Glanz

VICTIME OU TÉMOIN DE VIOLENCE POLICIÈRE ? VOICI LES DÉMARCHES À SUIVRE

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 09:45

Les chiffres publiés sur l’état de l’économie européenne ne sont pas seulement l’expression d’une crise économique et sociale qui s’intensifie. Ils ont une grande importance historique et marquent la faillite de l’ordre économique capitaliste.


 

Dans ses dernières prévisions, le Fonds monétaire international anticipe que l’économie de toute la zone euro va se contracter de 0,3 % cette année. Au chapitre des grandes économies en récession, la France devrait rejoindre l’Italie et l’Espagne.


La contraction est importante en soi, mais le fait qu’elle survient près de cinq ans après l’éclatement de la crise financière montre qu’il y a des processus sous-jacents à cette crise. L’économie européenne s’enlise dans une spirale descendante.

 

http://www.cgt-martinique.fr/iso_album/actualite-1530_0_150x0.jpg


Un taux de chômage de 27 %, digne de la Grande Dépression, frappe l’Espagne et un taux de 57 % affecte la jeunesse. Plus de six millions de travailleurs espagnols sont sans emploi. En France, le nombre total de chercheurs d’emploi qui n’ont pas travaillé du tout au cours du mois précédent est à 3,2 millions, un record. À travers l’Union européenne, 26 millions de personnes, soit 12 % de la main-d’œuvre, sont sans emploi.

 

En Grande-Bretagne, la croissance économique était de 0,3 % seulement au dernier trimestre. Même si les milieux officiels ont laissé échapper un soupir de soulagement, car la Grande-Bretagne venait d’échapper à une récession à «triple creux», l’économie britannique demeure tout de même 2,6 % en dessous de ce qu’elle était avant le début de la crise.


Le produit intérieur brut de la Grande-Bretagne connaît sa chute la plus marquée et soutenue depuis un siècle. Par comparaison, au même point de la crise – environ 51 mois après le début de la crise – la croissance économique avait repris durant la Grande Dépression, le ralentissement des années 1970 et la récession du début des années 1990.


De plus, la perspective économique européenne s’assombrit. Dans un discours prononcé le mois dernier, le directeur général adjoint du Fonds monétaire international, David Lipton, a soutenu que l’Europe risquait de vivre un «scénario de stagnation». «Les investissements déclinent et le chômage continue d’augmenter [et] les marchés financiers demeurent fragmentés.»


La situation européenne n’est cependant que la plus vive expression de l’état du capitalisme mondial. Aux États-Unis, la croissance de l’économie est anémique à 2,5 %, le chômage est semblable à ce qu’il était durant la Grande Dépression et la pauvreté et les inégalités sociales sont en hausse. Pendant que la Réserve fédérale injecte de l’argent dans les marchés financiers, faisant ainsi gonfler les profits, les salaires réels de la vaste majorité de la population continuent de chuter.


Pour les médias bourgeois, leurs commentateurs et spécialistes, la chute continuelle de la position sociale des masses n’est qu’une autre expression de la «nouvelle norme». Aucun d’entre eux ne daigne expliquer pourquoi, malgré les plus grands progrès scientifiques et technologiques de l’histoire, des couches de plus en plus grandes de la population sont appauvries.


Mais la signification d’un tel développement a été expliquée par Karl Marx il y a plus de 160 ans. Un tel phénomène, expliquait-il, montre que «la bourgeoisie n’est plus apte à être la classe dirigeante de la société et à imposer, sous forme de loi primordiale, ses conditions d’existence à la société».


Lors d’un récent forum organisé par la Bank of England à Londres, le chef économiste au FMI, Olivier Blanchard, a exposé les grandes lignes des leçons de la crise. Il s’agit d’une confession de faillite intellectuelle et politique.


Blanchard a admis avoir été pris complètement par surprise par l’éclatement de la crise financière en 2008, croyant que rien de tel ne pouvait se produire. Il n’avait pu s’expliquer la «tuyauterie» du système financier et n’avait pas pris en considération l’interconnexion de l’économie mondiale, qui ont mené à l’effondrement du commerce mondial en 2009.


De plus, après avoir admis que «les outils monétaires et financiers traditionnels sont tout simplement inadéquats pour résoudre les problèmes bien précis du système financier», il a dit qu’il ne savait pas si les soi-disant outils macroprudentiels allaient vraiment pouvoir réguler le système financier.


Et Blanchard n’est certainement pas le seul à s’exprimer ainsi. En septembre dernier, après que la Réserve fédérale américaine a décidé de développer sa politique d’assouplissement quantitatif, Richard Fisher, un membre du Federal Open Market Committee, avait reconnu que «personne ne sait vraiment comment ramener l’économie sur la bonne voie» et qu’aucune banque centrale «n’a l’expérience qui nous permettrait de sortir de cette situation».

 

http://www.cnt-f.org/59-62/wp-content/uploads/crise-le-capitalisme-tire-la-langue.png


La même confusion régnait à une réunion des plus grands économistes organisée par le FMI après sa rencontre du printemps tenue le mois dernier à Washington. George Akerlof, gagnant du prix Nobel, a comparé la crise économique à un chat qui avait grimpé à un arbre, ne savait pas comment descendre et était sur le point de tomber. Un autre économiste a ajouté qu’après cinq ans il était peut-être temps de descendre le chat de l’arbre, mais un autre prix Nobel, Joseph Stiglitz a expliqué : «Il n’y a pas de véritable théorie économique qui puisse expliquer pourquoi le chat est toujours dans l’arbre.»


La faillite de cette scolastique médiévale et de l’ordre social féodal qui la sous-tend fut exprimée dans les discussions dans lesquelles on se demandait combien d’anges pourraient tenir sur une tête d’épingle.


Les théologiens contemporains du capitalisme et leurs discussions sur les chats dans les arbres ont beau sembler aussi ridicules, ce n’est pas à cause de défauts personnels. En dernière analyse, ils sont incapables d’expliquer la plus profonde crise en trois quarts de siècle, car l’ordre socioéconomique qu’ils défendent est hostile à tout progrès historique.


Les idéologues de la classe dirigeante ont profité de l’effondrement de l’URSS pour annoncer la fin du socialisme, mais les économistes et experts des médias restent silencieux sur la faillite du capitalisme.


Toutefois, derrière cette confusion grandit la peur que cet effondrement économique puisse provoquer une explosion de luttes sociales et de luttes des classes. Un important article paru récemment dans le magazine Time notait que Marx avait élaboré la théorie que «le système capitaliste allait inévitablement appauvrir les masses du monde pendant que la richesse mondiale allait être concentrée entre les mains d’une cupide minorité, causant des crises économiques… De plus en plus, l’expérience semble indiquer qu’il avait peut-être raison.»


La foule de statistiques sur la situation en Europe et internationalement montre que le capitalisme est en crise terminale, et cela a des implications révolutionnaires.


La désintégration intellectuelle des défenseurs de l’ordre bourgeois montre que seule une lutte politique consciente de la classe ouvrière, armée d’un programme socialiste et internationaliste, va créer les conditions où celle-ci pourra extirper la société de la spirale descendante de décomposition sociale qu’est l’effondrement du système de profit.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 20:58

Le phénomène de contestation qui s'empare de la Turquie depuis plus d'une semaine n'est pas dû à la pauvreté, mais bien à une conception arrogante du développement.

 

http://www.lexpress.fr/medias/4813/2464473_a-church-is-framed-by-a-burning-barricade-in-istanbul-s-taksim-square.jpg

ISTANBUL (Turquie)- "Malgré la modernisation spectaculaire de ses capacités de production, la Turquie demeure sans doute le pays musulman le plus accaparé par ses enjeux intérieurs." REUTERS/ Yannis Behrakis

 

Le tumulte qui s'est emparé d'Istanbul n'a rien d'un nouveau printemps oriental, il est avant tout spécifiquement turc. Il plonge ses racines dans un débat politique virulent qui porte sur la définition même de l'identité turque, sur l'islamisation de la société - passée du stade rampant au rythme intensif -, sur l'extension sans limites de l'affairisme, sur les restrictions croissantes imposées aux libertés fondamentales, sur l'usage par trop banalisé de la violence répressive, bref sur l'accaparement du pouvoir par le bouillant Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

 

Derrière le recours massif aux réseaux sociaux et le caractère hétéroclite des manifestants, étonnant mélange d'écolos urbains ou de laïcistes très marqués, on assiste à une revendication politique qui est due non pas à la pauvreté, comme c'était le cas dans les pays arabes, mais à une conception arrogante du développement.

 

Malgré la modernisation spectaculaire de ses capacités de production, la Turquie demeure sans doute le pays musulman le plus accaparé par ses enjeux intérieurs.

Le nationalisme de la croissance économique, très efficacement mis en oeuvre par l'AKP, le parti islamiste au pouvoir, a progressé sans garde-fous.

Il est incontestable que des réussites frappantes ont été obtenues, tant dans le recul de la pauvreté que dans la compétitivité des entreprises.

 

La figure de l'entrepreneur islamiste, acharné au travail et accroché à ses cinq prières quotidiennes, n'est pas un leurre.

 

Parallèlement, l'explosion du nombre de centres commerciaux et le développement exponentiel des grands centres urbains, en particulier Istanbul (14 millions d'habitants), ont engendré en masse des nouveaux emplois au détriment du lien social.

Mais une fièvre de gigantisme a accompagné ces transformations très rapides, sans que le Stambouliote se sente destinataire du progrès décrété par l'Etat.

 

Le schéma complaisamment qualifié d'"islamiste modéré" a provoqué une étrange asymétrie entre des performances remarquables et un champ sociétal malmené. Les manifestants du parc de Gezi, aux abords de la fameuse place Taksim, s'indignent avant tout de voir un attachant espace urbain promis aux pelleteuses et aux dérives sultanesques d'un gouvernement que plus rien n'arrête, surtout pas la prise en compte de la démocratie ordinaire.

 

Cette fois, le plan dépasse le cadre de l'urbanisme et vise la restauration d'un passé ancien, réputé glorieux. De la place Taksim surgissent à l'heure actuelle deux images; celle d'une statue dédiée à Atatürk, fondateur de la République turque, et celle d'une église orthodoxe grecque, visible de toutes parts.

Autrement dit, le kémalisme - force politique que les islamistes ont combattue avec constance et succès - et la diversité culturelle (non plus chrétienne, hélas, mais alevie, kurde ou autre) - survivance incongrue selon la doctrine islamique unificatrice de l'AKP.

 

L'idée du réaménagement consiste donc à reconstruire dans les parages immédiats une caserne ottomane, telle qu'elle s'y trouvait jadis et qui comprenait, bien sûr, une mosquée. Le tout couronné par un centre commercial, afin que les grands groupes y trouvent leur intérêt.

 

Etonnant, et détonant, mélange de nostalgie islamiste et de capitalisme boulimique, soit la recette même de l'AKP. Bataille de symboles.

A laquelle s'ajoute le style personnel d'Erdogan, populiste et menaçant, qui s'est certes affranchi du kémalisme en remettant le Coran au coeur de la société, mais qui reste fidèle au grand homme par le recours à la force, à la concentration des pouvoirs et à l'encadrement des libertés.

 

Il n'est pas surprenant qu'il invoque Allah et les urnes, ses deux meilleurs alliés, pour rétablir l'ordre - sans ménagement.

 

Le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk a dit l'essentiel :

 

"Cette attitude insensible témoigne assurément d'une dérive autoritaire. La situation des droits de l'homme en Turquie n'a jamais été aussi déplorable depuis dix ans."

 

 la bataille de Taksim en images

 

 "On peut craindre une réaction violente"

 

 Erdogan choisit l’épreuve de force

 

  Fin des affrontements violents sur la place Taksim

 

Retour des manifestants malgré l'ordre d'évacuer

 

Les libertés civiles en danger en Turquie?

 

incertitude sur la poursuite du mouvement de contestation

 

Erdogan hausse le ton, les syndicats aussi

 


Nouvelles émeutes à Istanbul

 

La démonstration de force d'Erdogan

 

Erdogan défend son coup de force, appel à la grève générale

 

L’armée pour mater le mouvement de contestation ?

 

Pressé d’en finir avec la fronde

 

les manifestants de retour place Taksim

 

la police a repris le contrôle de la place Taksim

 

 Tension en Turquie après la mort d'un manifestant kurde

 

Pour l'heure, tout reste encore à faire du côté de Taksim...

 

L’Egypte se prépare à une nouvelle journée de manifestations

 

Egypte: flambée de violence dans le Sinaï, une zone particulièrement instable

 

suivre la Turquie depuis...

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:03

Ils chantent Grandola Vila Morena, la chanson de la révolution portugaise, la « révolution des Œillets », celle qui donna le signe de la révolution portugaise le 25 avril 1974. Ils sont des millions dans les rues contre l’austérité, contre la troïka UE/BCE/FMI, contre Merkel et tous ceux qui donnent la priorité au remboursement de la dette aux banquier.

http://www.marianne.net/gerardfiloche/photo/art/default/966261-1143842.jpg?v=1362419654
Manifestations contre l'austérité, Avenue de la Liberté à Lisbonne le 2 mars 2013 - Francisco Seco/AP/SIPA

 

Ce fut, en 1974-1975, une révolution contre la guerre coloniale que les armées portugaises menaient en Afrique. Ce fut aussi une révolution contre la « règle d’or » qu’imposait la dictature Caetano qui venait de succéder depuis 1969 à la dictature du « Doutor » Salazar, laquelle avait débuté en 1934.

A l’époque, la dictature imposait « l’équilibre budgétaire » et le faisait payer au peuple : Salazar ne voulait pas qu’il manque un « escudo » dans les caisses de l’état à la fin de l’année, par rapport à ceux qui y étaient entrés. Il professait cette bêtise immense que « un état c’est comme un ménage, ça ne doit pas dépenser plus que ce que ça gagne ». Ce faisant, pendant 40 ans, Salazar avait fait du Portugal le pays le plus pauvre d’Europe, poussant plus d’un million de Portugais (sur 9 millions à fuir le pays). La « règle d’or » vue du Portugal est une sorte de crime économique prolongé sur 4 décennies terribles. Un monstre qui resurgit.

Et voilà que la troïka UE/BCE/FMI recommence Salazar et Caetano. Elle veut imposer la même sorte d’austérité permanente, le même genre de crime économique qui ne sert qu’aux banquiers et aux actionnaires. Donc le peuple chante l’hymne de la révolution, du printemps portugais, à nouveau.

Déjà en le 15 septembre 2012, le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho, obéissant au chantage de Merkel, Barroso, de l’UE, avait voulu abaisser les cotisations sociales des patrons de 22,5 % à 18,5 % et augmenter celles des salariés de 11,5 % à 18,5% : il y avait eu un tel raz de marée dans les rues des grandes villes portugaises qu’il avait dû y renoncer. C’est la seule victoire des peuples d’Europe depuis l’ouverture officielle du chantage à la crise bancaire depuis 2009.

Et là, la troïka qui n’en a jamais assez, dont le but est de profiter de la crise pour imposer des régressions sociales à tous les peuples d’Europe,  a encore exigé que Pedro Passos Coelho compense 78 milliards de crédit de la BCE par des baisses des salaires et des retraite, des hausses généralisées d’impôts, et des « économies » antisociales à travers d’une « reforme de l’état ».

Ce samedi 2 mars 2013, le pays a été submergé par une mobilisation sans précédent de Porto à Faro, dans toutes les grandes villes du pays. 400 000 à Porto, 500 000 à Lisbonne… (plus d’1,5 million d’habitants sur 9 millions, cela ferait l’équivalent de 9 millions de manifestants en France). A l’appel d’un mouvement dit « apolitique », et appelé « que la troïka aille se faire voir » mais aussi de la  CGTP, c’est une marée humaine qui s’est mobilisée : « La troïka et le gouvernement dehors », «le Portugal aux urnes», « élections maintenant »,« démocratie participative ». « Qui s'endort dans la démocratie, se réveille dans la dictature», «Bandits, rendez-nous notre argent». «C'est le peuple qui est souverain», une phrase correspondant à un des vers du chanteur engagé José Afonso, créateur de la chanson Grândola Vila Morena, étaient le principal mot d'ordre des rassemblements. Selon l’AFP qui a le monopole de l’information : « même des militaires se sont joints au défilé qui devait se terminer vers 18 h sur la majestueuse et monumentale Place du Commerce qui donne sur le Tage ».

L’AFP semble indiquer une nouvelle victoire possible de cette marée humaine : « A l'issue de leur examen les créanciers de la troïka pourraient consentir à un nouvel allégement des objectifs budgétaires du gouvernement, de plus en plus difficiles à respecter, alors que l'économie devrait cette année reculer de 2 %, soit deux fois plus qu'envisagé précédemment, et que le chômage a atteint le taux record de 16,9 %. »

Combien de manifestants ? Entre 10 à 15 % du peuple est dans la rue : « Ce genre de comptabilité n'est pas important», dit un des responsables du mouvement, Nuno Ramos de Almeida. « Ce qui l'est, a-t-il dit à l'AFP, c'est que les gens s'opposent à cette politique», « Le gouvernement ne peut gouverner contre le peuple et je crois qu'il va tomber».

Après la crise politique spectaculaire, ouverte par les élections italiennes, après les grands mouvements en Espagne, on peut constater et commencer à se réjouir, que les politiques d’austérité et d’équilibre budgétaire, voient se dresser contre elles les salariats indignés.

 

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Nous devons soutenir les portugais, comme les espagnols et les grecs, car c’est nous soutenir nous-mêmes.

Nous, nous avons un gouvernement de gauche. Mais celui-ci marche sur des oeufs. Que le gouvernement Ayrault veuille mener une « politique rigoureuse » et non pas une « politique de rigueur » ne change pas grand chose.  Les objectifs de 3 % de déficit et de 0,5 % de déficit sont des abîmes. Profonds !

Oui, François Hollande est le plus à gauche d’Europe mais tout est relatif : il n’y a personne d’autres à gauche ni à Rome, ni à Madrid, ni à Lisbonne. L’explication qu’on nous donne au Bureau national du PS : « nous faisons moins de rigueur anti sociale qu’ailleurs » ne peut suffire. Surtout quand il est donné 20 milliards aux patrons, et quand il est question d’imposer l’ANI Medef. Surtout quand Pierre Moscovici, le 24 décembre 2012 donne 2,585 milliards pour sauver Dexia, après avoir refusé 1 milliard pour sauver Mittal. Tout cela crispe les salariés tenaillés par les attentes, les urgences sociales.

Quand il y a 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres, ne pas faire « trop de mal » ce n’est pas faire du bien.  L’équilibrisme, à la marge, cela ne satisfait pas et ne satisfera pas le Medef, lequel agite les cloches pour que « les investisseurs étrangers » nous pressionnent davantage et impose à François Hollande d’en faire plus, et plus et encore plus pour la finance. 


Nous sommes menacés en France, de voir encore reculer nos retraites, nos allocations familiales sont menacées, nos salaires sont bloqués, ils reparlent de TVA à 21 %... chaque jour le Medef mène bataille contre le gouvernement français pour nous faire subir le même sort que les habitants de Rome, Madrid  et Lisbonne. 

La résistance des Portugais contre la troïka les aide mais nous aide aussi.  Aidons-nous nous-mêmes en étant dans la rue le 5 mars.

Observons qu’en Italie avec le M5E (Beppe Grillo), en Espagne avec les « Indignados », et au Portugal avec le mouvement « Que la troïka aille se faire voir », le « vide » créé quand la gauche n’est pas à la hauteur, quand elle se plie peu ou prou à la troïka, appelle a des « mouvements » substitutifs de remplacement. Cette résistance déformée prend des visages confus, contradictoires, hétérodoxes comme les 25 % de Beppe Grillo en Italie, mais la « lecture » de ces mouvements ne fait aucun doute : contre l’Europe dominée par les libéraux, contre la dictature de la BCE et de ses amies, les banques privés, contre le paiement de la « Dette indigne ». 

L’Europe a voulu se doter d’un budget d’austérité pour 7 ans, sous la houlette de Cameron et Merkel. Elle se démasque ainsi auprès de dizaines de millions d’européens en colère et cela nourrit des explosions comme celle du Portugal. Ca va faire un raz de marée partout.

En France, 2 français sur 3 sont déçus par François Hollande : en fait ils sont déçus que François Hollande n’engage pas plus le fer avec la finance. Même si, en face, Laurence Parisot menace : « Nous mettrions ça suffisamment en cause pour que les investisseurs étrangers changent d’avis sur la France ».

Le Point conclut en qualifiant Hollande de « louvoyeur » afin de le faire céder à 3000 % coté Medef. Il faut des millions de manifestants dans les rues pour le faire pencher coté salariat.

 

http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photo-v2-457x222/reuters/ofrtp-europe-austerite-201211143/10034494-1-fre-FR/ofrtp-europe-austerite-20121114_paysage360.jpg



C’est le schéma dans lequel nous sommes : où le « louvoiement » se termine en « austérité » accrue ou comme au Portugal, ou bien en entrant dans les manifestations de rue comme le 5 mars, nous obtenons que la « troïka aille se faire voir » !

Lire Printemps portugais, Ed. Actéon, 1984, Gérard Filoche

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/210213/grandola-vila-morena-chant-de-resistance-portugais

 

 Jeudi 14 mars à Bruxelles : rassemblement syndical européen contre les politiques d'austérité (CES)

 

Sommet européen : des discussions, pas de décisions

 

15 000 pour dire « marre de l’austérité »

 

 "nous avons sauvé les banques mais nous risquons de perdre une génération"

 

Contracumbre europea marzo 2013

 

 Récession au Portugal : le PIB a chuté de 3,2 % en 2012

 

 Colère du peuple portugais

 

 L'austérité aggrave la récession en Europe du Sud

 

 action syndicale européenne ce jeudi

 Jour de mobilisation au Portugal contre l'austérité

 

La France menacée de devoir rembourser plusieurs milliards par Bruxelles

 

Les pays européens en récession… et ceux qui risquent d'y plonger


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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 09:11
Un ancien diplomate grec, Leonidas Chrysanthopoulos, s'est confié depuis qu'il a démissionné de son poste aux ministère grec des affaires étrangères. Il prédit une insurrection sociale abev des manifestations violentes en Grèce et indique que le gouvernement aurait engagé BlackWater, l'entreprise américaine militaire privée  tristement célèbre pour ses activités en Irak, pour protéger le parlement. S'il semble être rassuré sur les forces armées grecques et un éventuel coup d'Etat, il ne mâche pas ses mots sur le gouvernement, l'UE et le futur sombre qui attend le pays.
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Leonidas Chrysanthopoulos était un diplomate du ministère grec des affaires étrangères. En tant que jeune officier en service dans les années 1970, il a contribué à assurer l'adhésion de la nation alors fraîchement démocratique à l'Union Européenne (à l'époque la CEE). Il a été ambassadeur d'Athènes en Pologne, en Albanie et au Canada, et, enfin, le directeur général des affaires européennes au sein du ministère.

L'an dernier, il a finalement démissionné en tant que secrétaire général de l'organisation de coopération de la mer Noire, est parti dans le secteur privé, et se sent désormais libre de parler ouvertement de sa fureur sur ce que font l'Europe et les prêteurs internationaux à son pays.

"A un certain moment, très bientôt, il y aura une explosion des troubles sociaux. Cela sera très désagréable" dit-il. Dans les dernières semaines, les bureaux des partis au pouvoir ont été incendiés, ainsi que les maisons de journalistes pro-gouvernementaux. Le siège du parti de la Nouvelle Démocratie au pouvoir a été mitraillé et quelques jours plus tard, une bombe a explosé dans un centre commercial appartenant au 2ème citoyen le plus riche du pays. Personne n'a été gravement blessé par les attaques.

 

"Il s'agit d'une escalade des actions", s'inquiète-t-il, ajoutant qu'il s'attend à ce que "l'explosion" se produise tôt ou tard. Il prédit que l'étincelle arrivera quand les nouveaux impôts et les nouvelles taxes avec effet rétroactif viendront à échéance dans les prochains mois et que les gens ne pourront tout simplement pas payer. "Il y aura de nouvelles hausses des actions armées. Il y aura des manifestations sanglantes."


"Ces actions sont condamnables, bien sûr, mais je pense que ce genre d'activité armée augmentera aussi longtemps que le gouvernement continue d'imposer des mesures oppressives contre le peuple grec."


Le Premier ministre belge Elio di Rupo à dit à Davos que l'Europe doit changer la course de l'austérité dans les six mois s'il n'y a aucun signe de reprise. Ce sont des paroles d'espoir pour Chrysanthopoulos, mais il craint que cela ne soit déjà trop tard pour son pays.


"Nous n'avons pas six mois. Si l'UE veut changer quelque chose, ils doivent le changer hier. Nous avons même des problèmes à enterrer les morts parce que les gens ne peuvent plus payer les frais d'obsèques. Nous nous dirigeons sur la voie de la destruction. (...) La situation en Grèce est dramatique. Si nous poursuivons la voie de l'austérité, nous finirons par un désastre. Si la Grèce d'abandonne l'euro et revient à la drachme, la situation serait difficile, mais plus facile à gérer. Si nous devions revenir à la drachme, cela se ferait progressivement avec les deux monnaies en coexistence pour une période d'un an, ce que nous avons fait lorsque nous avons adopté l'euro. Mais avec une monnaie nationale, la Grèce sera en mesure de la dévaloriser et de rendre son économie plus compétitive."


L'été dernier, la coalition dirigée par Antonis Samaras a lancé une répression majeure (l'opération "Xenius Zeus", le nom de l'ancien dieu de l'hospitalité) sur les migrants irréguliers, détenant jusqu'à 60.000 personnes dont 4.200 seulement ont été arrêtées pour des infractions - une décision qui a été critiquée par Amnesty International et d'autres organisations de défense des droits de l'homme.

Chrysanthopoulos a indiqué que le gouvernement a engagé Blackwater, l'entreprise américaine militaire privée  tristement célèbre pour ses activités en Irak, qui porte désormais le nom de "Academi". Il en explique la raison sans ambages : "Le gouvernement grec n'a pas confiance en sa police, dont les salaires ont également été réduits."


Dans une interview fin 2012, il a indiqué :

"La démocratie n'existe plus en Grèce. Les mesures d'austérité récemment adoptées étaient inconstitutionnelles selon les plus hauts tribunaux de la Grèce. Un membre du Parlement et ancien ministre a indiqué à la télévision que les mesures sont inconstitutionnelles, mais qu'ils doivent les voter. De cette façon, il ouvertement violé le serment qu'il a pris quand il a prêté serment de protéger la Constitution.

 

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Le gouvernement grec a récemment conclu un accord avec la société remplaçante de Blackwater pour engager des mercenaires pour la protection du Parlement. Cependant, le Parlement, dans les démocraties, ne requiert aucune protection. Des directives ont été données aux médias sur ce qui peut être dit et toléré et ce qui ne peut être toléré . Les journalistes qui ne se conforment pas sontharcelés par des agents du gouvernement ou arrêtés. Un autre journaliste a été sommairement congédié de la télévision d'Etat, car il a montré le premier ministre qui était hué lors des célébrations de la fête nationale. Et l'UE se fout de la démocratie en Grèce comme elle le fait à propos de la démocratie dans d'autres pays, comme la Turquie."


Cependant il précise que via ce qu'il entend par les contacts qu'il entretient parmi ses anciens collègues et des politiciens, il est convaincu qu'il n'y aura pas de coup d'Etat militaire, contrairement à 1967.


"Il y a des contacts de certains hommes politiques avec des éléments des forces armées afin de garantir que, dans le cas d'une agitation sociale importante, l'armée n'interviendra pas."

"Je ne veux pas aller trop dans les détails ici car il s'agit d'une question délicate", poursuit-il. "Mais à la suite de ces contacts, je pense que cela va être un succès."


Il déplore ce qui s'est passé à l'UE dans laquelle il a passé une grande partie de sa carrière: "Je faisais partie de l'équipe de négociation en tant que jeune diplomate qui a amené la Grèce à l'UE. L'UE que nous avons rejoint en 1981 n'existe plus."


"Nous avons besoin d'un changement de cap."


Une étude de la fédération grecque des PME a récemment estimé que plus de la moitié des foyers grecs était menacée d'insolvabilité en 2013. Plus d'un tiers de la population grecque vit désormais sous le seuil de pauvreté.


2013, l'année du printemps grec ?


sources :  Newstatesman &  Millstonenews

http://www.okeanews.fr/grece-un-ancien-diplomate-grec-predit-linsurrection-sociale-et-des-manifestations-sanglantes/

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 00:51

L'intervention française au Mali, suivie du siège sanglant en Algérie, représente un tournant dans ce qui se présente comme une nouvelle ruée impérialiste vers l'Afrique. Ces événements, si peu de temps après la guerre des Etats-Unis et de l'OTAN en vue d'un changement de régime en Libye et la guerre civile sectaire en Syrie avec le soutien de Washington, sont le signe que l'humanité assiste à une poussée convulsive des grandes puissances pour la redivision du monde, de ses territoires, ses marchés, ses ressources.


Il y a tout lieu de croire que cette campagne de recolonisation d'une grande partie de la planète sera encore plus sanglante et plus tyrannique que la première colonisation de l'Afrique.

 

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Tout comme durant la guerre contre la Libye, la France a pris les devants en déchaînant sur le territoire malien ses chasseurs-bombardiers et ses chiens de guerre que sont la Légion étrangère. Cependant, les autres grandes puissances impérialistes ont clairement signalé qu'elles ne resteront pas à l'écart.


Le premier ministre britannique David Cameron a juré que le Royaume-Uni « collaborera avec d'autres pour verrouiller ce territoire non gouverné » en Afrique du Nord-Ouest, « avec tous les moyens dont nous disposons. » Qualifiant les développements au Mali et dans les pays avoisinants de « menace mondiale », Cameron a déclaré que cette situation « exigera une réponse sur plusieurs années, voire même plusieurs décennies, plutôt que quelques mois. »


Le gouvernement Obama a d'abord adopté une approche prudente envers les événements au Mali, préoccupé, sans doute, de se retrouver à aider un rival impérialiste, sapant ainsi ses propres objectifs prédateurs en Afrique. Cependant, avec la crise des otages en Algérie qui a coûté la vie à au moins 80 personnes, y compris trois Américains, Washington a clairement exprimé ses intentions d'intervenir de manière agressive.


Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré vendredi dernier: « Nous avons la responsabilité de chasser Al-Qaïda, où qu'il se trouve. Nous les avons chassés dans le FATA (les zones tribales administrées fédéralement au Pakistan). Nous sommes en train de les chasser au Yémen et en Somalie. Nous avons la responsabilité d'assurer qu’Al-Quaïda n'établisse pas de bases d'opérations en Afrique du Nord et au Mali. »


Le message est clair. Le Mali et la région seront transformés en un nouveau front dans la crise de folie meurtrière à échelle mondiale des Etats-Unis et qui sera perpétrée en premier lieu avec des drones Predator et des missiles Hellfire.


Les Etats-Unis ont également annoncé qu'ils sont en train d'envoyer des Forces Spéciales comme « formateurs » et « conseillers » aux six pays, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Ghana, qui fourniront les soldats permettant à la Communauté économique ouest africaine (Cédéao) de bricoler une force africaine qui agira en intermédiaire de l'intervention impérialiste. Les Etats-Unis fourniront le transport aérien pour acheminer les troupes africaines de la Cédéao au Mali.


Autant pour la belle rhétorique d'Obama lors de son investiture. « Une décennie de guerres se termine, » a-t-il déclaré lundi, un jour seulement après que Cameron avertissait que c'était le commencement de décennies de guerres en Afrique.


Nous sommes maintenant dans une ère historique où chaque nouvelle guerre engendre la suivante: La Libye, la Syrie et maintenant le Mali, en l'espace de moins de deux ans.

 

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Le lien entre ces guerres est rarement reconnu dans les médias officiels, qui, d'une voix haletante, font des reportages sur chaque nouvelle crise, des combats au Mali au drame des otages en Algérie dans le complexe gazier, comme s'il s'agissait d'un outrage insensé ne pouvant s'expliquer que comme le développement d'une lutte entre le bien et le mal, connue sous le nom de guerre mondiale contre le terrorisme.


On n'est pas censé prononcer le terme de « boomerang explosif » lorsque l'on est en présence des délicats réseaux médiatiques. Et pourtant c'est précisément de cela qu'il s'agit. La guerre Etat-Unis/OTAN pour le changement de régime en Libye a déstabilisé la région tout entière. Cela a eu pour effet de faire fuir les Touaregs, dont beaucoup avaient servi parmi les forces de sécurité de Khadafi, qui sont entrés se réfugier au Mali dans une situation où les « révolutionnaires » de Libye soutenus par l'OTAN chassaient et tuaient toute personne à peau noire.


Les Touaregs sont un peuple nomade du Sahel qui s'étend en bordure du désert du Sahara. Ils habitent le Nord du Mali ainsi que le Niger, l'Algérie, le Maroc, la Libye et le Burkina Faso.


Au Mali, l'oppression et la négligence du gouvernement central ont provoqué quatre révoltes depuis l'indépendance en 1960. Des révoltes similaires se sont produites au Niger voisin. L'arrivée des Touraegs fuyant la Libye, combinée aux grandes quantités d'armes libyennes disponibles, ont déclenché cette dernière révolte qui a été alimentée par la défection de grande envergure de soldats et d'officiers touaregs de l'armée malienne.


Les nationalistes touaregs laïcs ont cependant été supplantés par des forces islamistes mieux équipées et mieux financées. Fortement consolidées par la guerre des Etats-Unis et de l'OTAN en Libye où elles ont été armées et soutenues par Washington comme force terrestre par procuration contre Kadhafi, elles sont à présent armées et financées de la même façon comme troupes de choc pour un changement de régime en Syrie.

On ne peut pas comprendre la politique américaine au Moyen-Orient et en Afrique si on ne reconnaît pas que Washington opère au sein d'une alliance de fait avec des forces liées à Al Qaïda.


Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), nouvel épouvantail de la « guerre contre le terrorisme, » est comme son prédécesseur en Afghanistan, le monstre Frankenstein de l'impérialisme occidental.

AQMI avait émergé au sein de forces qui étaient parties se battre en Afghanistan, soutenues par les Etats-Unis, contre le régime de Kaboul, soutenu par l'Union soviétique dans les années 1980.

Elles étaient ensuite rentrées pour se battre dans la sanglante guerre civile algérienne des années 1990, où l'impérialisme américain et français soutenaient l'armée algérienne dans sa prise de pouvoir visant à empêcher l'élection du Front de salut islamique. La répression qui s'ensuivit provoqua la mort de 100.000 Algériens.


Le gouvernement algérien a accusé l'émirat du Qatar, un allié clef de Washington, de financer AQMI, tout comme il finance les « rebelles » soutenus par les Américains en Syrie. Avant même le conflit actuel, ce n'était un secret pour personne que AQMI et des groupes similaires jouissaient de l'approbation tacite du gouvernement central du Mali, appuyé par Washington et Paris, qui voyait les Islamistes comme un contrepoids utile aux Touaregs.

 

 Les origines d’Al-Qaïda au Maghreb islamique: Qui est derrière les terroristes?

 

 collusion perpétuelle entre Washington et les terroristes


Et maintenant, on nous demande de croire que cette même organisation est devenue une menace « mondiale », capable d'attaquer à tout moment « notre patrie ».


Le conflit grandissant en Afrique n'a rien à voir avec Al Quaïda ni avec la lutte contre le terrorisme. Le magazine Time a succinctement exposé les motifs réels au Mali: « Les dangers se développent ailleurs, avec d'énormes réserves de pétrole attirant les entreprises occidentales à mettre en place la production de pétrole à travers le vaste Sahel. Au sud de l'Algérie et du Mali se trouve le Niger, un pays désertique extrêmement pauvre avec une production d'uranium au quatrième rang mondial, qui alimente le réseau essentiel du parc nucléaire de la France. A l'est de l'Algérie se trouve la Libye, où un certain nombre d'entreprises occidentales exploitent quelques-unes des plus grandes réserves de pétrole de l'Afrique. »

 

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L'impérialisme américain et les puissances européennes qui avaient précédemment colonisé l'Afrique sont déterminés à s'emparer de ces ressources. Après avoir été supplantés par la Chine comme unique et plus important partenaire commercial de l'Afrique, et toujours derrière Pékin en termes de croissance de l'investissement direct étranger, Washington et les puissances européennes se tournent vers une intervention militaire comme moyen de compenser leur déclin économique.


Tout comme cela avait été le cas avec les rivalités inter-impérialistes générées par la ruée vers l'Afrique il y a un siècle, les conflits actuels pour la domination du continent conduiront à l'éruption d'un nouvelle guerre mondiale.

 

 Guerre Mali: Vrais enjeux et motifs

 

Pourquoi les politiques n'assument pas l'engagement pour motif économique de l'armée française en Afrique

 

MALI : Derrière la marche à la guerre…“des intérêts colossaux paru dans ” Fraternité!", organe du PT d'Algérie

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:32

Ainsi donc, vendredi 21 décembre 2012 devait être le jour de la fin du monde à en croire le désormais fameux calendrier maya.

Pourtant, pas de Melancholia en vue; pas plus que de cieux qui se déchirent pour laisser entendre une voix sentencieuse clamer:  

 

«Bande de ploucs, vous avez vraiment été nuls ces 20’000 dernières années et c’est l’heure de passer à la caisse».

 

La mésaventure humaine a de bonnes chances de continuer, et nous avons donc tout le loisir de nous livrer à notre traditionnel petit bilan de fin d’année.
Une année qui confirme une accélération tout simplement phénoménale de l’Histoire.

 

En vedette américaine : la décomposition au pas de charge d’un Système néolibéral pris en étau entre ses propres mécanismes autodestructeurs d’un côté et, de l’autre, un puissant mouvement d’émancipation des sociétés civiles.

 

L’éveil a commencé, et la confrontation est inéluctable.


Bilan mi-ruines mi-chaos

 

Tout est allé très vite à partir de la chute de l’URSS. Libéré de l’autocensure qu’il s’imposait face à la menace socialiste, le capitalisme triomphant enfanté par le Bloc occidental a rapidement tombé le masque pour révéler l’essence mortifère et totalitaire de sa substance.

 

Le saccage du vivant au service de la seule rémunération du capital s’est alors propagé comme une peste avec les conséquences catastrophiques que l’on sait pour les sociétés humaines et l’environnement.

 

Longtemps, l’idéologie capitaliste a pu faire croire à ses vertus en s’appropriant le mérite des Trente Glorieuses dont le boom économique doit absolument tout aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, et absolument rien ni à Wall Street ni à la City ni au génie supposé de la modernité. Mais l’illusion a parfaitement fonctionné, à grands renfort de dettes, d’enfumage médiatique et de block busters hollywoodiens.

 

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Dans notre essai intitulé «Pourquoi notre hyper-Titanic va couler», nous avons longuement exposé les processus décrivant la perversité intrinsèque du projet néolibéral.
Sans revenir par le détail sur le saccage perpétré par ce modèle de société indépassable donc, on se bornera à rappeler ici ses derniers hauts faits :

 

un million et demi de civils tués en deux ratonnades pétrolières en Irak ;

des dizaines de milliers de morts pour une tentative de contrôle stratégique de l’Afghanistan ;

un Moyen-Orient maintenu à l’état de poudrière permanente pour permettre la captation de ses ressources ;

le déclenchement ou l’entretien de conflits dévastateurs sur le continent africain pour les mêmes raisons ;

une Libye détruite ; une Syrie en passe de l’être ;

une guerre froide réactivée et, bien sûr, une gouvernance globale par la peur et la menace de guerres à venir toujours plus folles (Syrie et Iran aujourd’hui, Russie et Chine demain).

 

Tout cela pour garantir encore un peu d’american way of life à un Occident malgré tout en faillite.


Voilà, grosso modo, le bilan des 20 dernières années du capitalisme militarisé et conquérant du Bloc occidental, cela sans compter l’orgie sans précédent de tueries de tout ce qui pousse, vole, gambade ou nage sur notre planète sacrifiée sur l’autel de la croissance éternelle.


D’un point de vue religieux, on pourrait sans hésitation reconnaître l’essence parfaitement satanique d’un tel Système en ce que ses faux prophètes, dégoulinants de vertu préfabriquée, s’acharnent à l’évidence à plonger la Création dans le chaos.


L’éveil


Aujourd’hui ce Système est regardé pour ce qu’il est : une machine à broyer le vivant pour le transformer en bonus et dividendes.
D’abord marginale, cette prise de conscience au potentiel révolutionnaire a peu à peu gagné les masses que le Tittytainment de sa machine de propagande ne parvient plus à endormir.

 

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Les médias officiels en général, télévisuels en particulier, sont en effet eux aussi regardés aujourd’hui pour ce qu’ils sont: la machine à enfumer du Système.


En quelques années, la société civile a ainsi bâti ses propres canaux d’information véritablement indépendants. Sites web, blogs et forums alternatifs, réseaux de contacts et réseaux sociaux forment désormais une Toile dissidente à l’intérieur même de la Toile du Système.

 

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Et si, au début d’internet, on vérifiait encore ce que l’on y trouvait dans les médias officiels pour en estimer la validité, c’est désormais exactement l’inverse qui se passe : on jette un coup d’œil méfiant sur les liens de google-actu et ses clones, et on «rétablit» les faits déformés que l’on y trouve grâce aux sources de la Toile dissidente.

 

Cet effondrement de la crédibilité et, partant, de la légitimité de l’autorité journalistique a bien sûr son pendant au niveau politique.


La corruption quasi généralisée du politique par les lobbies et la succession ininterrompue de scandales sociaux, sanitaires ou alimentaires qui en ont déjà découlé ont confirmé que la loi sacrée du profit supplante désormais toutes les autres.


Face à des agences de sécurité alimentaires ou sanitaires phagocytées par les industriels, chacun sait d’avance aujourd’hui que les prochaines pandémies, qui viendront sans doute des OGM, où des ondes de nos si précieux GSM, trouveront leur épilogue dans la vieille rengaine du «responsable mais pas coupable». Et puis tout continuera, tout recommencera avec son cortège de maladies, de souffrance et de destruction.


C’est la fameuse loi de la «contre-productivité» d’Yvan Illich, qui veut que lorsqu'elles atteignent un seuil critique en situation de monopole, les grandes institutions de nos sociétés modernes industrielles produisent une situation où tout bascule vers son contraire : le système de santé produit des malades ; celui de l'éducation des ignorants ; celui de la communication davantage d'isolement; celui de la sécurité toujours plus d’insécurité ; celui de l’alimentation toujours plus d’intoxications etc…

 

Enfin, l’immense hold-up pratiqué par les gouvernants sur des populations déjà précarisées – pour renflouer les caisses des «surmorts» de la finance mondiale après la crise dite des subprime –, a achevé d’ouvrir les yeux d’une multitude jusque-là hypnotisée par l’enfumage télévisuel.

 

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Même l’un des principaux gourous de la mondialisation néolibérale, Zbigniew Brzezinski, a récemment prévenu ses coreligionnaires que la prise de conscience politique universelle des masses serait de plus en plus difficile à réprimer  

(«persistent and highly motivated populist resistance of politically awakened and historically resentful peoples to external control has proven to be increasingly difficult to suppress.»). 


La société civile est en train de s’émanciper de la prison-Système.
C’est l’éveil.

La confrontation

 

Partant, 2013 ne pourra qu’être le théâtre de deux radicalisations.

 

Celle de masses précarisées hurlant de plus en plus fort leur rejet d’un Système nihiliste et destructeur ; et celle du Système lui-même, encagé dans ses déterminismes et redoublant d’agressivité pour «persévérer dans son être», c’est-à-dire pour perpétuer tant que faire se peut la rémunération du capital et la préservation des privilèges d’une élite numériquement de plus en plus insignifiante.

 

Mais ce mécanisme de pillage du vivant et de concentration des richesses ne fera que nourrir et renforcer la rébellion des laissés-pour-compte de la mondialisation néolibérale.


Face à la montée en puissance prévisible de la contestation, la réaction du Système sera sans surprises:

 

guerres pour les ressources à l’extérieur,

criminalisation de la contestation à l’intérieur avec développement de technologies sécuritaires et répressives,

2013 : comment l’Europe se prépare à espionner ses citoyens

 

contrôle accru des individus ;

offensive contre la Toile dissidente par la multiplication de lois restrictives;

bunkerisation des élites prédatrices

et, bien sûr, offensive généralisée de la machine à enfumer du Système pour reprendre le contrôle de l’information globale.


Mais rien n’y fera. Le Système néolibéral enfanté par l’Occident est dans une impasse qu’il ne peut plus dépasser. Car ce Système EST l’impasse.
C’est la confrontation.

 

L’EUROPE, SUBIR OU RESISTER ?

 

 

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Le monde l’après


Pour l’heure, la tension monte donc autant que le désordre grandit au rythme des crises économiques insolubles ; des crises énergétiques ingérables, des crises écologiques dévastatrices, des bulles financières sans cesse renouvelées ; des plans d’austérité criminels et, désormais, des menaces de guerres régionales ou même mondiale.
Le désordre est complet, total, et s’autoalimente dans une spirale sans fin prévisible ni même possible.


Le vieux rêve de gouvernance mondiale des illuminés de l’american dream agonise dans un fracas mortifère.
A terme, le basculement est inéluctable.


La dislocation géopolitique mondiale entamée en 2008 va donc s’accélérer sous nos yeux, avec, en point d’orgue, le probable effondrement définitif de l’hyper-puissance américaine, matrice du Système.


Ce sera le coup d’envoi d’un immense Grand-Jeu où le Système va tenter, pour survivre, de se recomposer de manière plus ou moins chaotique au travers de nouvelles alliances, de nouveaux pactes.


Mais comme nous l’avons vu en Egypte où le peuple marque désormais à la culotte ses dirigeants, il n’est pas impossible que les 99% réussissent alors à dicter eux-aussi les conditions de ce monde d’après en contraignant les politiques à réinvestir leur véritable rôle de serviteurs des peuples et non des banksters ou des multinationales prédatrices.

 

Si cette espérance est trahie, il ne s’agira alors que d’un jeu de chaises musicales  qui permettra au Système de «persévérer dans son être» avec de nouveaux habits, de nouveaux masques, mais toujours sous le drapeau avilissant de la dictature libérale.


Et nous n’aurons plus qu’à trinquer alors à l’absurdité sans fond de la mésaventure humaine en regardant sombrer notre hyper-Titanic.


En revanche,  si cette espérance abouti, alors la page blanche qui s’ouvrira marquera le début du monde d’après. Un monde nécessairement tourné vers une décroissance raisonnée et bien évidemment purgé de Wall Street et de la City, du cancer néolibéral et de son utopie criminelle de croissance éternelle.


Que 2013 nous serve donc à nourrir cette espérance, à la partager, à rassembler toutes nos forces et notre volonté pour la faire triompher.

 


"L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde."

Albert Camus

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 12:35

Division interne, calculs partisans, manque d'autorité... François Hollande, à force de gérer la France comme un parti politique risque fort de se confronter à la dure expérience qu'a vécu Louis XVI en son temps.

 

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De Louis XVI, les Français ont gardé le souvenir, au demeurant injuste, d’un bon Roi victime des événements, maltraité par l’Histoire, emporté par une inéluctable Révolution. Et l’historiographie marxiste, qui conteste le rôle des hommes et croit à l’inéluctabilité des grands conflits historiques, a nourri cette perspective finalement indulgente pour le dernier des Capet. Le mythe de la révolution bourgeoise est au fond un hommage posthume rendu au monarque, comme s’il avait été le jouet de l’Histoire malgré lui.

 

La réalité était tout autre : Louis XVI n’avait guère de bienveillance pour son peuple, mais il avait vu juste sur un certain nombre de réformes à entreprendre : réduire les pensions versées aux nobles, réformer la fiscalité et la géographie administrative, réformer la bureaucratie. Le mouvement des physiocrates qui le talonnait en avait fait son fond politique : les sujets majeurs de l’Ancien Régime s’appelaient réforme fiscale, réforme de l’État et crise de la dette.

 

Ce qui manquait à Louis XVI, c’était l’esprit de décision: quand il entrevoyait une réforme nécessaire, il faisait un pas vers elle, et tout de suite la somme de difficultés à affronter pour parvenir à ses fins le faisait reculer.

 

Cette indécision, qui résonnait dans l’esprit des Français comme le signal de la faiblesse, eut raison de notre monarchie décadente. Ainsi, en convoquant les États Généraux le 1er mai 1789, Louis XVI eut l’intuition géniale que seule une consultation large permettrait de surmonter les résistances à une réforme fiscale, indispensable pour financer la dette. Mais, dans son souci de ne pas aller trop loin, il voulut placer ces États sous l’autorité de la noblesse qui ne représentait plus rien. Lorsque le Tiers État, lors de la fameuse séance du Jeu de Paume, refusa ce principe, Louis XVI céda.

 

Quelques jours plus tard, il rassembla des troupes loyalistes autour de Paris pour reprendre la situation en main. Mais le peuple prit la Bastille pour s’armer, et Louis XVI recula à nouveau. La monarchie se désagrégea peu à peu, à force d’atermoiements et d’indécision.

 

Comment ne pas voir que la France de François Hollande se promet aux mêmes affres ? François Hollande élu sur le principe d’une renégociation du traité budgétaire ?


Quelques semaines suffisent à enterrer l’idée.

 

http://www.epicureweb.fr/images/articles/hollande-manchette-banlieues-hip-hop.jpg

 

François Hollande élu sur la promesse d’une réforme fiscale majeure ? La loi de finances se limite à créer une contribution exceptionnelle pour quelques centaines de ménage, et le reste est oublié. Avait-il juré qu’une loi sur les licenciements boursiers protégerait les salariés contre des patrons voyous ? Il ne reste plus qu’Arnaud Montebourg pour défendre une forteresse fantôme où les futurs chômeurs vérifient jour après jour l’abandon dans lequel le gouvernement les laisse.

 

L’affaire du rapport Gallois constitue, de ce point de vue, une sorte de zénith dans la dénégation, le reniement, la velléité faite gouvernance.

 

Lors de la conférence sociale de juillet, le gouvernement avait annoncé un grand chantier sur la réforme du financement de la sécurité sociale. Le projet avait du sens. Dans un premier temps, les experts documentaient les différentes pistes possibles. Parallèlement, Louis Gallois devait établir la cohérence d’un transfert de cotisations vers l’impôt pour diminuer le coût du travail. Rappelons clairement que cette concomitance n’a jamais fait de doute, puisque le document de synthèse de cette conférence présentait la remise de ce rapport comme un préalable à la concertation qui devait rassembler, au premier trimestre 2013, les partenaires sociaux sur l’avenir du financement de la sécurité sociale.

 

Fin septembre, le bruit commence à courir d’un transfert de cotisations à hauteur d’environ 40 milliards, en une ou deux années, ce qui constituerait un choc majeur pour le coût du travail en France. Les défenseurs de cette idée jugeront qu’il s’agissait d’un choc salutaire.

 

Assez rapidement, tout le monde déchante. Le gouvernement évoque l’idée d’un saupoudrage tel que le choc se transformerait en mesurettes étalées sur une éternité, sans impact sur la réalité.

 

Il semblerait que Louis Gallois, qui fut directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement en 1981 puis en 1988, prépare dans le même temps un rapport favorable à un transfert de cotisations à hauteur de 30 milliards d’euros vers l’impôt. Précisément l’arbitrage dont nombre de députés socialistes semblent ne pas vouloir, pour des raisons tout à fait idéologiques.

 

Résultat ? Les petites phrases fusent, qui annoncent déjà une mise à l’écart d’un rapport dont le gouvernement avait pourtant fait grand cas. Les dégâts causés par ce reniement risquent d’être cataclysmiques : après avoir fait l’apologie d’une méthode fondée sur la concertation, présentée comme une rupture avec l’ère Sarkozy, le système Hollande n’aura pas mis six mois à reprendre des pratiques anciennes : les discussions en vase clos, et le silence arrogant opposé à toute pensée alternative.

 

Ces circonvolutions donnent l’impression d’être une méthode de gouvernement. Un jour, un ministre prône la dépénalisation du cannabis, le lendemain, le Premier Ministre lui cloue le bec, et une semaine plus tard, la ministre de la Santé se réjouit d’expérimentations en centres ouverts. Qui peut comprendre la ligne officielle du gouvernement?

 

Le petit monde socialiste imagine qu’après tout, le pays peut bien être dirigé comme le parti lui-même : dans les luttes de clan, les reniements, les coups fourrés, les calculs partisans à trois balles, et l’esprit de vengeance. Il n’est vraiment pas certain que cette conviction soit fondée, car un pays, qui plus est la France, ne se manie pas comme un parti. Il lui faut de la vision, de la grandeur, des certitudes et des valeurs respectées.

 

Faute d’obéir à cette règle, le gouvernement risque bien de faire la dure expérience que vécut la monarchie en son temps : celle d’une division interne, d’une incapacité à réagir faute d’autorité, d’un lent engloutissement dans la férocité de l’histoire.

 

Je le sais... Tout le monde constate le calme de l’opinion publique. Relisons les journaux de mars 1968, et nous y trouverons la même torpeur.

 

Mélenchon compare Hollande à Louis XVI


 Hollande, le dernier président français

 



Hollande, le calme avant la tempète par khalem2012

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 08:25

Parfois, les lectures des hauts dirigeants d’un pays sont tout à fait révélatrices de ce qu’ils pensent. L’un des ouvrages récemment lus par plusieurs nouveaux membres du Comité permanent du Politburo du Parti communiste chinois (PCC), le plus important organe décisionnel du pays, apparaît ainsi surprenant. Il s’agit en effet de L’Ancien régime et la Révolution, d’Alexis de Tocqueville.

 

http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2010-03-23T091658Z_1038198962_GM1E63N1C3701_RTRMADP_3_RUSSIA-CHINA.JPG

Xi Jinping

 

Ces cadres – auxquels le PCC s’apprête à passer le flambeau dans le cadre de son 18e congrès du 8 novembre – liraient non seulement Tocqueville pour son diagnostic du contexte social à la veille de la Révolution française, mais il paraît également qu’ils recommanderaient l’œuvre à leurs amis. S’il s’agit de la vérité, la question évidente est alors de savoir pourquoi les futurs dirigeants de la Chine font circuler une œuvre classique étrangère portant sur le thème de la révolution sociale.

 

Nul besoin d’aller chercher bien loin pour répondre à cette question. Selon toute vraisemblance, ces dirigeants pressentent aujourd’hui, soit par instinct soit de manière plus rationnelle, l’existence d’une crise imminente qui pourrait mettre en péril la survie du PCC de la même manière que la Révolution française avait mis fin à la domination des Bourbons.

 

Un certain nombre de signaux révélateurs de cette inquiétude sont d’ores et déjà visibles. La fuite de capitaux hors de Chine atteint aujourd’hui des sommets. Plusieurs sondages s’intéressant aux millionnaires chinois révèlent chez la moitié d’entre eux une volonté d’émigrer. Parmi les appels de plus en plus prononcés en faveur de la démocratie, le prétendant à la magistrature suprême en Chine, Xi Jinping, aurait paraît-il rencontré le fils du regretté Hu Yaobang, réformiste politique et véritable icône chez les libéraux chinois. Bien qu’il ne faille pas nécessairement attacher trop d’importance à cette visite, il est raisonnable de penser que le futur dirigeant chinois a conscience de l’instabilité croissante du Royaume céleste.

 

L’idée d’une certaine forme de crise politique susceptible d’engloutir la Chine dans les années à venir pourrait sembler absurde à bien des observateurs, et notamment aux élites commerciales et politiques occidentales, qui considèrent comme immuables la puissance et la viabilité du PCC.

Dans leur esprit, l’emprise du Parti sur le pouvoir semble indestructible. Pourtant, plusieurs tendances se dessinent, de manière inaperçue ou relevées seulement çà et là, qui altèrent profondément l’équilibre du pouvoir entre le PCC et la société chinoise, le premier perdant en crédibilité et en contrôle, et la seconde gagnant en confiance et en force.

 

L’une de ces tendances n’est autre que l’émergence de personnalités indépendantes et à l’autorité morale publique : hommes d’affaires prospères, universitaires et journalistes respectés, écrivains célèbres et autres blogueurs influents.

Depuis le massacre de la Place Tiananmen en 1989, le PCC a clairement mené une stratégie consistant à coopter les élites sociales.

Cependant, plusieurs personnalités telles que Hu Shuli (fondatrice de deux magazines d’affaires reconnus), Pan Shiyi (promoteur immobilier au franc-parler célèbre), Yu Jianrong (expert en sciences sociales et intellectuel public), les blogueurs Han Han et Li Chengpeng, ou encore Wu Jinglian (économiste majeur), ont atteint le succès par eux-mêmes, tout en préservant leur intégrité et leur indépendance.

 

Le PCC dépossédé de son monopole sur le pouvoir politique du pays

 

En exploitant Internet et Weibo (l’équivalent chinois de Twitter), ils sont devenus des champions de la justice sociale. Leur courage moral et leur stature sociale leur ont permis de se forger un soutien de masse (mesurable par leurs dizaines de millions d’adeptes sur Weibo). Leur discours recadre bien souvent les termes du débat politique et social, et positionne le PCC sur la défensive.

C'est pourquoi:

L’Etat chinois met fin à l’anonymat en ligne pour mieux contrôler Internet

 

Pour le Parti, cette évolution est clairement inquiétante. Elle aurait tendance à confier les rênes de la politique chinoise à des représentants autonomes de forces sociales qu’il n’est pas en mesure de contrôler.

Le monopole du PCC sur l’autorité de morale publique est bel et bien révolu, et son monopole sur le pouvoir politique désormais également en danger.

 

Cette dépossession est par ailleurs aggravée par un effondrement de la crédibilité du Parti auprès des citoyens ordinaires. L’opacité, le secret et le penchant du Parti pour le mensonge ont évidemment toujours entraîné un problème de crédibilité. Mais la vague de scandales et de crises observée ces dix dernières années – sur des questions de sécurité publique, en matière de denrées et médicaments falsifiés, ou encore de pollution environnementale – a totalement anéanti le peu de crédibilité qui persistait.

 

La vente de lait en poudre contaminé, en 2008, a constitué l’un de ces épisodes. La dissimulation officielle de communiqués relatifs à l’incident (qui s’était produit juste avant les Jeux olympiques de Pékin) avait non seulement entraîné le décès de nombreux enfants, mais également suscité encore davantage de méfiance des Chinois ordinaires à l’égard des autorités.

Sur le plan environnemental, la preuve la plus éloquente de cette tendance est sans doute la préférence des résidents de Pékin pour les conclusions de l’étude de l’ambassade des États-Unis sur la qualité de l’air, par rapport à celles de leur gouvernement.

 

Pour un régime aujourd’hui dénué de toute crédibilité, le prix de la préservation du pouvoir est exorbitant – et en fin de compte, inacceptable – dans la mesure où il implique un recours plus fréquent à une répression plus lourde.

 

La répression engendre pourtant un retour de moins en moins significatif pour le Parti, en raison d’une troisième évolution de nature révolutionnaire : la diminution considérable du coût des actions collectives.

Les autocraties sont à même de rester au pouvoir si elles parviennent à diviser la population et à empêcher des activités d’opposition organisée.

Bien que le PCC ne soit aujourd’hui confronté à aucune contestation organisée, il doit désormais faire face quotidiennement à des actions virtuelles de protestation organisée.

 

http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/2012/10/18/772813/images/principale/PC%20Chine%20Fotolia_32615882_Subscription_XXL.jpg

 

Quatre fois de plus de grèves qu’il y a dix ans

 

Selon les estimations d’un certain nombre de sociologues chinois, pas moins de 500 émeutes, manifestations collectives et autres grèves ont lieu chaque jour dans le pays, soit près de quatre fois de plus qu’il y a dix ans.

Compte tenu de l’utilisation généralisée de téléphones mobiles et d’ordinateurs connectés à Internet, il est beaucoup plus facile que jadis de rassembler partisans et alliés.

 

De plus, cette défiance croissante traduit une perception du public selon laquelle les autorités éprouveraient de plus en plus de peur à l’égard du peuple, et auraient tendance à céder à ses exigences lorsqu’elles sont confrontées à des manifestants en colère.

À l’issue de plusieurs manifestations collectives parmi les plus virulentes de l’année passée – à savoir le conflit territorial de Wukan dans la province du Guangdong, ou encore les manifestations environnementales de Dalian, Shifang, et Qidong – le gouvernement a été contraint de faire marche arrière.

 

S’il n’est plus possible de gouverner par la peur, les nouveaux dirigeants chinois ont du souci à se faire pour l’avenir du PCC.

Tandis que la révolution politique silencieuse du pays se poursuit, la question est celle de savoir si ces dirigeants choisiront d’écouter ses doléances, ou tenteront de préserver un ordre qui, comme la monarchie française, ne peut être sauvé.

 

contre la censure

 

Rare manifestation contre la censure en Chine


 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:04

Il est fondamental de replacer la mobilisation exemplaire du 25, 26 et 29 septembre en Espagne (25S Rodea el Congreso) |1| dans son contexte international pour évaluer les tensions sociales en cours dans un nombre croissant de pays pour les mêmes raisons : un déficit flagrant de démocratie permettant l’application d’une violente politique d’austérité, celle-ci conduisant à l’appauvrissement du plus grand nombre au nom d’une dette largement illégitime qui profite aux quelques autres.

 

Contexte international d’une lutte contre l’austérité qui tend à être commune

 

Peu de temps auparavant, le 15 septembre au Portugal, un million de personnes (10% de la population), dont au moins 500 000 dans la capitale, manifestaient dans tout le pays, soutenues par des représentants des forces de l’ordre et de l’armée, contre la troïka et ses funestes plans d’austérité.

Face à la plus grande manifestation depuis le 1er mai 1974 après la chute de la dictature de Salazar, le gouvernement a dû revenir sur ses positions et revoir sa copie, en l’occurrence une hausse de 7% des contributions sociales des travailleurs (de 11% à 18%) – revenant à une baisse de salaire effective – accompagnée d’une baisse de 5,75% des charges patronales (de 23,75% à 18%) |2|.

C’est une victoire, bien qu’insuffisante, du mouvement social qui donne une idée de son potentiel émancipateur. Le 29 septembre, des centaines de milliers de personnes manifestaient à l’appel de la CGTP (Confédération Générale des Travailleurs du Portugal), principal syndicat du pays. Le 1er ministre Passos Coelho, surnommé ’Robin des Bois des Riches’ pour vouloir donner aux riches ce qu’il prend aux pauvres, devait trouver où puiser l’argent afin de respecter les objectifs de réduction du déficit public (à 4,5% du PIB l’an prochain) imposés par les créanciers. Après avoir informé la troïka, le ministre des finances, Victor Gaspar, annonçait une hausse brutale et généralisée des impôts sur le revenu en 2013 qui frappe de plein fouet les pauvres et la classe moyenne déjà durement malmenée. « Le même vol avec une autre main » résumait-on au sein de la gauche de la gauche et des mouvements sociaux. En réponse, un nouvel appel à la grève générale est annoncé pour le 14 novembre |3|.

 

En Italie, le secteur public se met en grève le 28 septembre contre les coupes budgétaires du gouvernement du premier ministre Mario Monti arrivé au pouvoir sans élection en novembre 2011 pour appliquer l’austérité. Austérité qui, selon les marchés, n’était pas mise en place assez rapidement par son prédécesseur Berlusconi, empêtré dans ses fameux scandales de corruption…

Arrivé au pouvoir fin 2011, l’ex consultant pour Goldman Sachs Mario Monti |4| a imposé des coupes claires de 30 milliards (décret Salva Italia), la récession de l’économie italienne s’est accentuée alors que les salaires dans la fonction publique sont déjà gelés depuis plus de deux ans, le taux de chômage a atteint 10,7% de la population active en juillet et Monti a pour la première fois déclaré le 27 septembre qu’il serait prêt à rester à la tête du gouvernement après les élections législatives prévues au printemps 2013 si le scrutin ne débouchait pas sur une majorité claire. Une normalisation d’un exercice du pouvoir sans élection qui reviendrait à l’achèvement d’une démocratie mourante, autrement dit, une déviance dictatoriale.

 

En Grèce, le 26 septembre, le nouveau gouvernement de coalition d’Antonis Samaras soumis à la troïka (Union européenne, BCE, FMI) a vécu sa première grève générale de 24 heures, la troisième depuis le début de l’année. Le nouveau paquet d’austérité draconien que la coalition gouvernementale devait présenter à la troïka est finalement en passe d’être accepté après plus de deux mois de tractations. Il vient s’ajouter aux trois autres plans déjà adoptés par le parlement grec depuis le début de la crise. Les négociations butaient entre autres sur un nouveau relèvement de l’âge du départ en retraite, à 67 ans au lieu de 65 |5|.

La Grèce est sommée d’économiser 11,5 milliards d’euros supplémentaires pour 2013-2014 afin de débloquer la prochaine tranche de 31,5 milliards d’euros du prêt UE-BCE-FMI de 130 milliards d’euros promis à la Grèce en mars.

Ces mesures iniques imposées par les créanciers ont plongé la Grèce dans sa cinquième année consécutive de récession avec un taux de chômage à 25% qui a plus que doublé en deux ans (54,2% des jeunes entre 15 et 24 ans sont sans emploi et le taux de chômage de la population active atteint 25,1% en juillet 2012). Complètement soumise au diktat des créanciers, la coalition au pouvoir espère obtenir un délai supplémentaire de deux ans (à 2016) pour parvenir aux objectifs imposés initialement pour 2014.

La nouvelle grève générale (la 4ème de l’année et la 2ème contre pour le gouvernement actuel) du 18 octobre, coïncidait avec la fin d’une mission de la troïka sans parvenir à un accord sur les mesures d’austérité pour débloquer le prochaine tranche de prêt.

 

Pendant ce temps, le ministre du Développement, Konstantinos Hatjidakis, vient d’annoncer début octobre que l’État venait d’allouer 28,9 millions d’euros à la construction d’un circuit de Formule 1 dans le sud-ouest du pays (à Fares).

Un tel chantier, dont le coût total est estimé pour le moment à 94,6 millions d’euros et devrait durer trois ans, a de quoi exaspérer une population qui continue à se saigner pour rembourser une dette en partie causée par le déficit abyssal (9 milliards d’euros de déficit) généré par l’investissement astronomique pour les Jeux olympiques de 2004 |6|.

 

Le 9 octobre, 7 000 policiers et tireurs d’élite transformaient Athènes en ville interdite lors de la venue d’Angela Merkel.

Ce même jour on célébrait la commémoration des morts tombés sous le bombardement de la ville par l’Allemagne nazi en 1944, 3 jours seulement avant la libération. L’occupation nazi a ruiné le pays et affamé son peuple (300 000 morts lors de l’Occupation) et l’Allemagne n’a toujours pas remboursé sa dette de guerre envers la Grèce.

Pour le peuple grec qui vit aujourd’hui une occupation économique, c’est un lourd symbole de recevoir la visite de la chancelière allemande un 9 octobre.

Dans un tel contexte, souvent omis dans les médias dominants, on comprend qu’une partie de la population grecque n’hésite pas à assimiler la politique d’austérité allemande à la naissance d’un ’quatrième Reich’.

Ce même jour, le quotidien britannique The Guardian publiait les témoignages de plusieurs dizaines de manifestants antifascistes affirmant avoir été victimes de tortures infligées par la police après leur arrestation lors d’une manifestation contre le parti néo-nazi grec, l’Aube dorée |7|.

Quelques jours plus tard, un officier de police affirmait que la police était infiltrée par ce parti fasciste |8|.

 

En France, François Hollande qui dégringole dans les sondages impose, sans référendum ni consultation, le Pacte budgétaire européen, véritable traité de l’austérité à perpétuité, qu’il avait promis de renégocier. Le 30 septembre, près de 80 000 personnes défilent dans les rues de Paris contre cet acte de trahison notoire |9|.

 

Le même jour en Belgique, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Bruxelles contre les politiques antisociales d’austérité prévoyant près de 14 milliards d’euros d’économies afin de réduire le déficit budgétaire à moins de 3% du PIB contre 3,8% en 2011.

Le royaume de Belgique s’enfonce lui aussi dans l’austérité alors que les banques privées sont sauvées quel qu’en soit le coût : en Belgique, les sauvetages bancaires ont provoqué une augmentation de la dette publique de 32,5 milliards d’euros.

En guise d’exemple, le groupe bancaire Dexia accusant des pertes astronomiques est sauvé par les contribuables pour la 2ème fois en octobre 2011 alors que des bonus indécents sont distribués aux dirigeants.

 

Plus loin, les étudiants chiliens, en lutte depuis mai 2011, descendent à nouveau dans la rue le 27 septembre à la veille du débat parlementaire sur le budget prévisionnel de 2013 pour réclamer une hausse du budget de l’éducation.

Les étudiant-e-s réclament un changement constitutionnel dans le cadre d’un système éducatif héritier de la dictature de Pinochet (1973-1990) qui a introduit le secteur privé et réduit les ressources publiques destinées à l’enseignement.

Après un nombre infini de manifestations réclamant une éducation gratuite et de qualité pour toutes et tous, le gouvernement conservateur de Sebastián Piñera semble fléchir. Il a finalement promu une loi visant à ramener de 6 à 2% les intérêts sur les prêts que les étudiants devaient s’engager à payer au système bancaire pour financer leur carrière |10|.

Il a par ailleurs envoyé un projet de loi au Parlement afin d’augmenter le budget de l’éducation de 1200 millions de dollars (soit 9,4% d’augmentation pour atteindre 12,8 milliards).

Cette victoire, dont il faudra vérifier la portée, fait écho à celle du mouvement étudiant au Québec qui, après 7 mois de lutte, a réussi à faire annuler l’augmentation disproportionnée de 75% des frais de scolarité et la loi répressive, dite loi 78, durement contestée.

 

Le 12 octobre, après Barack Obama en 2009, l’Union européenne recevait le prix Nobel de la paix. Cette Union dont la construction repose sur des politiques ultra libérales appliquant l’austérité pour les peuples et creusant toujours plus l’inégalité, fragilise grandement la paix sociale.

Ironie de l’histoire, l’organisation militaire de l’OTAN applaudissait la remise du prix. L’Union européenne, dont la Commission – accompagnée de la BCE et du FMI – forme la tristement célèbre troïka, ne fait qu’approfondir les problèmes après 20 sommets dédiés à la résolution de la crise tout en appliquant l’austérité.

Cette Union s’apprête à ratifier le traité européen MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui dérobe toute souveraineté à chaque État membre et porte un coup fatal à notre démocratie chancelante.

Hasard du calendrier, le lendemain 13 octobre, des milliers de personnes manifestaient dans toute l’Europe |11| et au delà contre la dette et les plans d’austérité dont l’UE supervise l’application.

 

En Europe, un front uni et coordonné des luttes contre l’austérité est nécessaire et urgent.

 

Partout les peuples se rebellent contre cette attaque sans précédent contre la démocratie. Cette atteinte à la souveraineté portée à son paroxysme par le MES, le Pacte budgétaire ou le changement constitutionnel prévoyant la priorité au remboursement de la dette, soulève l’indignation et la révolte.

 

Seule l’union des mouvements populaires contre la troïka des créanciers et les banques privées pourra faire fléchir cette politique qui ne fait qu’accentuer le transfert de richesse du travail vers le capital.

 

Cette lutte devient urgente si l’on ne veut pas voir le fascisme ramper à nos portes et s’autoproclamer unique alternative.

 

Jérôme Duval

 

Notes

 

|1| 25S. Le peuple debout face à la démocratie séquestrée,

http://cadtm.org/25S-Le-peuple-debout-face-a-la

 

|2| Un des mots d’ordre était « Que se lixe a troika » (Que la Troïka dégage). Lire Rui Viana Pereira, Portugal : un million de révoltés dans la rue le 15 septembre 2012 contre la Troïka et le gouvernement,

http://cadtm.org/Portugal-un-million-de-revoltes

 

|3| Cet appel à la grève générale devient international et est aussi suivi en Espagne, de grosses manifestations sont prévues un peu partout en Europe.

 

|4| Goldman Sachs, sans doute averti du risque sur la dette souveraine par son ancien Conseiller pour les affaires internationales Mario Monti, a « réduit son exposition sur les titres de la dette italienne de 92% (de 2,5 milliards de dollars en mars 2011 à 191 millions au 30 juin 2012) ». Chiara Filoni, Italie. L’imposture de Mario Monti,

http://cadtm.org/Italie-L-imposture-de-Mario-Monti.

 

|5| L’accord Grèce-troika tient à 2 ou 3 milliards, L’Echo, 19 septembre 2012 : www.lecho.be/actualite/economie_politique_europe/L_accord_Grece_troika_tient_a_2_ou_3_milliards.9244527-3500.art ?ckc=1

 

|6| Bloomberg, 01/10/2012, Greece Unblocks Subsidy for Formula 1 Track Construction, http://www.bloomberg.com/news/2012-10-01/greece-unblocks-subsidy-for-formula-1-track-construction.html ;

Athènes débloque 30 millions d’euros pour un circuit de F1, L’Expansion, 3.10.2012, http://lexpansion.lexpress.fr/economie/athenes-debloque-30-millions-d-euros-pour-un-circuit-de-f1_343216.html ;

www.huffingtonpost.fr/2012/10/01/grece-formule-1-circuit-patras-crise_n_1929675.html

 

|7| ’Greek anti-fascist protesters ’tortured by police’ after Golden Dawn clash’, The Guardian, 9 octobre 2012,

http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/09/greek-antifascist-protesters-torture-police

 

|8| ’Golden Dawn has infiltrated Greek police, claims officer’, The Guardian, 26 octobre 2012,

http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/26/golden-dawn-infiltrated-greek-police-claims

 

|9| Le traité budgétaire européen est finalement adopté par l’Assemblée nationale le 9 octobre.

 

|10| www.diario-octubre.com/2012/09/27/los-estudiantes-chilenos-vuelven-a-la-calle/

 

|11| Journée mondiale de mobilisation dans le cadre de la Semaine de lutte global contre la dette et les Institutions Financières Internationales à l’appel de Global Noise. Vidéo de la manifestation à Madrid : http://www.europapress.es/videos/video-cacerolada-multitudinaria-contra-deuda-ilegitima-20121014112544.html

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 11:53

Plus l’écart est grand entre riches et pauvres, plus les conséquences en termes de santé publique sont graves, expliquent les scientifiques.

 

http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2012/09/1141/1141-terre.jpg

 

Depuis quelques décennies, les 1 % les plus riches de la population se détachent du reste de l’humanité à une allure accélérée. La distribution asymétrique de la richesse n’a rien de nouveau, mais elle suscite une question nouvelle : la richesse de ces 1 % nuit-elle à la santé des autres ?

 

Une richesse accrue au sommet ne s’accompagne visiblement pas d’un accroissement du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté [avec 1,25 dollar par jour, selon la définition de la Banque mondiale]. Pourtant, même si vous n’avez pas basculé du côté de l’extrême pauvreté, la façon dont vous vous situez par rapport aux autres d’un point de vue socio-économique a une incidence sur votre santé. Michael Marmot, épidémiologiste à l’University College de Londres (UCL) et spécialiste des effets de l’inégalité sur la santé, estime que les gens qui vivent dans une pauvreté relative sont les plus touchés. De nombreuses études ont montré que l’accès réduit à une alimentation nutritive, mais aussi à un système de santé et à des établissements scolaires corrects ainsi qu’une exposition plus importante à la violence avaient un impact important sur notre santé mentale et physique. “Il ne faut pas penser uniquement en termes de misère absolue”, souligne-t-il.

 

 

 

Selon Thomas McDade, anthropologue à l’université Northwestern de Chicago, l’avancée des recherches dans ce domaine a révélé des choses encore plus surprenantes :

 

“Nous sommes de plus en plus amenés à constater que, même quand on dispose d’un emploi stable et d’un revenu de classe moyenne, on n’est pas en aussi bonne santé que quelqu’un figurant parmi les 1 %. Quelque chose de plus fondamental dans la hiérarchisation sociale a des répercussions sur la santé et la qualité des relations humaines.”

 

La pauvreté relative va de pair avec l’inégalité.

 

“Nous nous apercevons que plus les inégalités sont importantes, que ce soit en termes de revenus, d’accès à l’éducation, d’intégration sociale ou d’autres facteurs, plus grandes sont les inégalités en matière de santé”, explique Michael Marmot.

 

 

Un stress toxique

 

Le coefficient de Gini est l’un des indicateurs utilisés pour mesurer les disparités économiques au sein d’une société. Il va de 0 (tout le monde a le même revenu) à 1 (une personne concentre tout le revenu) [voir graphique].

Les études montrent une corrélation entre des coefficients de Gini élevés et de mauvais résultats en termes de santé publique, parmi lesquels un risque accru de naissances prématurées et des taux de mortalité plus élevés.

Une méta-analyse menée par S. V. Subramanian à l’Ecole de santé publique de l’université Harvard montre que 900 000 décès pourraient être évités aux Etats-Unis si son coefficient de Gini (qui est de 0,36) était inférieur à 0,29.

 

http://www.courrierinternational.com/files/illustrations/article/2012/09/1141/1141-coefficient-de-Gini.jpg

 

En quoi le fait d’avoir moins d’argent que vos pairs affecte-t-il votre santé ?

 

Les études sont formelles : c’est le stress, le responsable. Non pas les tracas du quotidien, mais le mécanisme de défense psychologique et physique face à des menaces extérieures répétées auxquelles on ne peut échapper. Un stress de ce genre est toxique parce qu’il peut conduire le système de défense du corps humain à se retourner contre lui.

 

En temps normal, l’exposition à un stress conduit le corps à réagir en nous apportant un surcroît d’énergie (en envoyant plus de glucose aux muscles), en augmentant les battements du cœur, la tension artérielle et la respiration afin d’oxygéner les muscles au plus vite. Les vaisseaux sanguins se contractent et le processus de coagulation est lancé afin que trop de sang ne soit pas perdu en cas de blessure. Ces réactions physiques font partie de notre “kit de survie” naturel, qui s’enclenche en cas de danger. Mais, une fois le danger disparu, tous les paramètres reviennent à la normale.

 

Un changement radical de culture

 

Or chez les gens qui sont soumis à un stress permanent, ce mécanisme ne se met jamais en veille : la glycémie est en roue libre, la tension artérielle élevée augmente les risques de caillots sanguins, la libido est en berne et le système immunitaire est soumis à rude épreuve. Une exposition prolongée aux hormones du stress peut également avoir d’autres effets délétères. Elle peut même altérer la structure des neurones et leurs connections, ce qui peut avoir ensuite un impact sur le comportement et modifier l’équilibre hormonal.

 

Bien que la santé suive un gradient social, au-delà d’un certain seuil de richesse, les bénéfices en matière de santé restent stables. “La différence d’espérance de vie entre quelqu’un qui gagne 1 million de dollars et quelqu’un qui en gagne 2 millions est infime, explique Michael Marmot. Les bénéfices de l’argent en matière de santé ne peuvent se décupler à l’infini.”

 

L’accumulation des millions ne devrait donc pas permettre aux 1 % de vivre encore plus longtemps.

En revanche, une légère augmentation générale de revenu pourrait permettre à une bonne partie de la population d’être en meilleure santé.

Les mesures à mettre en œuvre sont donc des plus logiques… mais des plus délicates d’un point de vue politique : une meilleure répartition des richesses permettrait d’augmenter l’espérance de vie des êtres humains à l’échelle nationale et internationale. Mais, à moins d’un changement radical dans la culture politique occidentale, cette éventualité est peu probable.

 

Ces derniers temps, les gouvernements, quelles que soient leurs orientations politiques, ont eu une responsabilité dans le creusement des inégalités.

 

Alors que l’écart entre les personnes les plus riches et les autres ne cesse de se creuser, le problème de l’inégalité n’est pas près de disparaître. Et à mesure que les preuves s’accumulent, on comprend mieux les dommages causés par les inégalités à la santé, l’estime de soi, l’intégration sociale et le pouvoir de décider de sa propre vie. Comme on dit, savoir, c’est pouvoir – en particulier quand le savoir se trouve entre les mains de 99 % de la population.

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 09:14

Tout part en vrille à une vitesse que je n'ai vue qu'en 2008.

Confidence d'un directeur financier en liaison avec les PME françaises

 

"je vois clairement une dégradation majeure du chiffre pour novembre, décembre et janvier; tout le monde a de plus en plus de mal à payer. De plus, les dépôts de bilan ont été en hausse de 50% en septembre et en octobre et ça va continuer".

 

Le Telegramme de Brest nous le confirme ici, 16 liquiditations et 6 redressements juste sur Quimperlé (merci aux lecteurs).

 

En plus des dépôts de bilan, les gens licenciés deviennent la charge, ou les salariés, du Pôle Emploi de leur pays, même si c'est pendant un "temps".

Le Ministre du Redressement Productif ressemble de plus en plus à ces bouts de stuc, à ces ornements qu'on colle à des faux plafonds pour donner l'illusion de la splendeur.


Ainsi, Jean-Claude Debard, le PDG de Mitsubishi France, l'a même traité dans La Provence "d'Abruti Mental":

 

"Je ne comprends pas, ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers de l'automobile qui représente 25% des revenus de la France et 10% de l'emploi dans notre pays, car il n'y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l'automobile directement ou indirectement. Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologique, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales... Tous le subissent. Il est bête et ne comprend rien. Vous pouvez me citer sans vous inquiéter... Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaines de télévision nationales, j'ai déjà un contrôle fiscal!".

 

http://img.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH298/_yartiMontebourg07-319ab.jpg

 

Le problème en effet est que Montebourg ne sert à rien, ne redresse rien. Il brasse du vent, agite les feuilles, soulève de la poussière médiatique qui, invariablement, finit toujours par retomber, sans rien bouger...


Le chômage en France a augmenté de 50.000 personnes, et Angel nous dit "avec les gens radiés, ca fait donc plutôt du 100.000 de plus".

En Espagne, le chômmage est officiellement à 25% (Telegraph), le vrai étant entre entre 30 et 40%.

Regardez bien les licenciements de la semaine passée, elle fait carrément peur. Je n'ai pas vu une telle liste sauf lors de la période noire de 2008.


Le plus grave est que cela n'est que le début.

 

http://www.droitdesrh.fr/wp-content/uploads/2011/02/Tableau-notification-licenciement.png

 

Constat d'Ambrose Evans-Prithard:

"All key measures of the eurozone money supply contracted in September and private credit fell at an accelerating pace, dashing hopes of a quick recovery from recession" lire ici.

 

- Dow Chemical va fermer 20 usines et licencier 5% de ses salariés soit 2400 personnes (CNBC) en particulier en Belgique et en Hollande

 

- DuPont va virer 1500 personnes

 

- Pfizer Canada licencie 300 salariés, lire ici merci à Isabelle

 

- Credit Suisse va licencier 10.000 de ses banquiers dans le monde, lire ici le FT.

 

- Coca Cola Europe va se débarasser de 500 personnes, lire ici

 

- Nokia-Siemens-Networks se sépare de 17.000 salariés dans le monde entier, lire ici le FT.

 

- Hewlett Packard Belgique va perdre 250 emplois, merci à Antoine, lire ici.

 

- le "Darty" belge, Photo Hall, vient de tomber aussi et 350 personnes vont perdre leur travail, lire ici.

 

- La Louvière et sa sidérurgie belge sont aussi frappés (lire ici) avec plan de départs de 600 personnes (merci à Marie-Christine)

 

- Ford Angleterre va licencier 1.400 ouvriers en fermant les usines de Southampton et Dagenham, lire ici.

 

- Ford Belgique à Genk va licencier 5.000 ouvriers ce qui veut dire que 5.000 autres perdront leur emploi chez tous les sous-traitants et entreprises connexes lire ici.

 

- Electrolux ferme son usine pour la délocaliser en Pologne, 410 emplois vont sauter, lire ici.

 

- Dans le Morbihan, 96 emplois disparaissent chez Cvo Plouhinec, lire ici Ouest France ici, merci à Scod.

 

- Sunrise Suisse renvoie 140 personnes, lire ici.

 

- Ex Libris, la chaîne de librairies suisse va fermer près d'un quart de ses magasins

 

- Logitech Suisse renvoie 43 personnes de plus, lire ici

 

- Planzer en Suisse vire 20 personnes suite à la délocalisation de Nespresso, lire ici (merci à Marie-Rose et Sylvain).

 

Notre lecteur Stéphane nous dit "Il y a 15 ans, Renault fermait ses portes à Vilvorde. Il y a 13 ans, Opel fermait ses portes à Anvers. Aujourd'hui, on parle que Ford va peut-être fermer à Genk. Il va rester en Belgique: Audi (Forest) pour l'A1 (9% des ventes d'Audi) et Volvo (Gand) pour la V40 (25% des ventes de Volvo). Tout fou le camp!". Et en France, le nombre de bénéficiaires du RSA a déjà augmenté de 14%, lire ici Le Parisien.

 

Et dans la même logique Mr Tacchi a vu cette dépêche de Reuters sur "Des arrêts de production sont prévus en novembre dans plusieurs usines automobiles en France, y compris pour la première fois de l'année chez Toyota à Valenciennes, la demande continuant de chuter en Europe".

 

Revue de Presse par Pierre Jovanovic

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 18:31

Plus possible de retirer votre argent des banques d’ici peu, selon un ancien de Goldman Sachs

 

Jean-Michel Steg a été formé à l’université de Harvard aux USA avant d’intégrer l’IEP (Institut des Études Politiques) Sciences Po à Paris.

Ancien directeur général dans les banques Citigroup, Goldman Sachs et Lazard Freres, il est actuellement chez Blackstone.

Alors qu’il débat sur la faillite du système de retraites complémentaires avec Nicolas Doze sur Bfm Business, il évoque ouvertement que le système bancaire sera en panne d’ici peu, les invités étant scotchés avant d’enchaîner sur un autre sujet.

 

« Je pense (…) qu’en France, on ne bougera vraiment que le jour où on mettra sa carte de crédit (…) dans le distributeur automatique et que ça ne sortira pas, que ce soit le distributeur automatique de votre banque, le compte bancaire d’un employé public ou celui d’un retraité. Et je pense que ce jour là se profile. »

 

lire aussi: ici!!!
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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 21:02

Les manifestations contre les plans d’austérité se sont encore multipliées, ces derniers jours, aux quatre coins de l’Europe : à Lisbonne (Portugal), Madrid (Espagne), Salonique (Grèce)...

 

Problème : ces rituels mouvements de protestation, pour compréhensibles et justifiés qu’ils soient, ne débouchent guère sur grand chose.

 

Leur stérilité vient de ce qu’ils se situent sur le terrain de l’imploration à l’égard des pouvoirs en place. Il est poliment demandé aux dirigeants de revenir sur les décisions impopulaires qu’ils ont imposées. On peux toujours rêver....

 

Croit-on que ces dirigeants ont attendu les manifestations pour savoir que les mesures d’austérité décidées vont être impopulaires ? Croit-on qu’ils vont gentiment revenir sur leur décision sous la menace de quelques slogans ? Pffffffffff.....

 

Un fossé définitif

 

La crise de la « Grande perdition » a creusé un fossé définitif entre des représentations politiques instituées et les populations. Les premières ont pris fait et cause pour le sauvetage coûte que coûte d’un système agonisant (mais qui les fait vivre). Les secondes affichent périodiquement – mais vainement – leurs souffrances et doléances sur des banderoles.

 

Ces démonstrations protestataires dans les rues s’avèrent en réalité tout aussi pusillanimes que leurs variantes par les urnes. Les électeurs se contentant au final d’alterner deux camps institués aux objectifs (et intérêts) similaires. Lesquels finissent par se coaliser autour de l’austérité sous la pression ténébreuse d’une vulgaire Troïka.

 

C’est le cas en Grèce, au Pays-Bas, et même en France où UMP et PS s’apprêtent à adopter de concert le Traité européen de stabilité (TSCG). Qui vient lui-même renforcer un traité précédent que la population avait pourtant majoritairement rejeté en 2005.

 

L’impasse démocratique est donc totale, aggravée s’il en est par les dégâts grandissants de la Grande crise.

 

Premier semestre 2013 : le temps des émeutes ?

 

Dans son dernier bulletin (GEAB n° 67), le LEAP, qui peine de plus en plus à présenter l’Union européenne comme un îlot de salut dans le bourbier mondialisé actuel, anticipe des émeutes sur le vieux continent dès le premier trimestre de 2013.

 

Les émeutes sont la protestation du désespoir. On ne sait jamais trop sur quels terrains incertains elles débouchent. On le voit bien aujourd’hui en terre arabe (toute révolution est récupérée). Mais l’impasse actuelle n’est pas non plus tenable très longtemps. Même un social-démocrate revendiqué comme l’historien Marcel Gaucher en convient :

 

« La grande inconnue, c’est la réaction de la société française lorsqu’elle va prendre conscience que nous sommes embarqués dans une crise de longue durée, où le retour des vaches grasses n’est pas pour demain et où il ne sera jamais plus possible de jouer comme avant. Le moment où cette découverte va se produire est imprévisible et l’on ne sait absolument pas quelles en seront, alors, les conséquences. »

 

Une prise de conscience est nécessaire pour les manifestants qui arpentent aujourd’hui les pavés en toute stérilité. Et qui vont tenter de le refaire en France le 30 septembre sous l’égide du Front de Gauche.

 

Les manifestations de protestations sont un droit légitime, mais à la portée limitée. Or, la crise de la « Grande perdition » ne semble pas l’être, elle, limitée.

 

Alors...Autarcie, Boycott, Décroissance et Autogestion videront de leur sens le néo libéralisme et son pseudo pouvoir sur les individus!!!

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 17:51

http://lejournaldusiecle.files.wordpress.com/2012/08/o01_11207691.jpg?w=600&h=420

 

Il ne s’agit plus seulement d’espionner les citoyens étasuniens avec des drones de surveillance : l’armée américaine est en train de se procurer tout un arsenal anti-émeutes au cas où les militaires seraient obligés d’aller combattre au corps à corps les civils étasuniens sur leur propre sol.

 

Une demande d’armes postée dans la rubrique des transactions commerciales fédérales du site officiel du gouvernement a révélé que l’armée étasunienne recherchait sur le marché des équipements qui ne causent pas la mort pour les utiliser vraisemblablement à l’intérieur des Etats-Unis. Dans un autre post au début de l’été, l’armée a fait un appel d’offre pour des boucliers anti-émeutes, des masques, des bâtons en polycarbonate et des armures. Le 10 juillet elle a signé un contrat avec A2Z Supply Corp de Stevensville, au Montana qui s’est engagé à lui fournir ce matériel.

 

La dernière commande de matériel de l’armée étasunienne a été enregistrée seulement quelques semaines avant un autre appel d’offre publié par le Département de la Sécurité Intérieure. Le 26 juillet le bureau du service des achats du Département de la Sécurité Intérieure a aussi écrit sur le site FBO.gov qu’il recherchait des fournisseurs de casques de combat, gants tactiques, genouillères, armures et autres équipements de ce genre qui pourraient être utilisés en tandem avec un “système de contrôle d’émeutes” complexe.

 

Selon l’ordre exécutif signé en 2001 par Bush, le Président de l’époque, qui a institué le Département de Sécurité Intérieure, l’agence a pour mission “de coordonner les efforts de la branche exécutive pour anticiper, se tenir prête, empêcher, protéger, riposter et sortir d’attaques terroristes à l’intérieur des Etats-Unis. Lorsqu’une agence dont la mission est entièrement intérieure se propose de consacrer des milliers de dollars à du matériel anti-émeute, –et qu’une armée de plus d’un million de soldats recherche des gilets pare-balles et non des fusils d’assaut– on peut penser que le gouvernement est en train de s’équiper en vue d’une guerre tous azimut contre son propre peuple sur le sol américain.

 

Les deux recherches de matériel ont été diffusées dans les jours qui ont suivi un récent témoignage à Capitol Hill de Janet Napolitano, la secrétaire de la Sécurité Intérieure, témoignage dont certaines parties confirmaient que le gouvernement fédéral envisageait de déployer des drones de surveillance au dessus de la Californie dans le but d’exercer une surveillance préventive sur les villes américaines sous couvert de “sécurité publique”.

 

http://lejournaldusiecle.files.wordpress.com/2012/07/pendant-ce-temps-c3a0-anaheim.png?w=600&h=457

 

En attendant, la ville de Anaheim en Californie fait la une ces derniers temps, parce que s’y déroule une semaine de manifestations ininterrompus contre la police que les manifestants accusent de corruption. Le week-end dernier, deux hommes ont été tués par balles par des officiers du département de police de Anaheim.

 

Les manifestations pacifiques qui s’en sont suivi ont provoqué encore plus de violence à cause de la répression de la police locale qui a augmenté les tensions entre les civils et les flics; beaucoup de gens disent que la répression brutale de la police est un test effectué localement dans le but d’instaurer une loi militaire sur le pays.

 

Comme les agences intérieures et l’armée nationale sont tous en train de s’équiper de matériel anti-émeutes, l’agitation de Anaheim qui a déjà gagné d’autres villes pourrait bien rencontrer une opposition fédérale et une opposition bien équipée.

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 10:24

http://cdn3.myeurop.info/sites/default/files/imagecache/article_thumbnail/media/images/SIPA_00641202_000012.jpg

 

Après avoir refusé de baisser leur salaire en novembre dernier, les députés français disent non à la fiscalisation d'une partie de leur indemnités.

 

Ailleurs en Europe, certains élus ont fait des concessions… d'autres pas !

 

"Embrassons-nous Folleville !". Le salaire est confortable, et les avantages divers et variés aux frais de la République font du mandat de représentant du peuple français une belle rente de situation en ces temps de crise.

 

Ce n'est pas du Labiche, mais le pathétique spectacle donné au Théâtre Palais Bourbon par les élus de la Nation. Le changement ce n'est toujours pas maintenant. Que la majorité à l'Assemblée soit de droite ou de gauche. Après avoir refusé de baisser de 10% leur salaire en novembre dernier, ils s'opposent à une fiscalisation d'une partie de leurs indemnités.

 

La proposition de loi émanait du député centriste Charles de Courson. Elle visait à obliger les députés à justifier leurs dépenses et à rendre imposable la partie non utilisée de leurs indemnités. La Commission des Finances de l'Assemblée a rejeté la proposition à 20 voix contre 3. Un vote sans appel.

 

Mais combien gagne un député français ?

Est-il mieux loti que ces confrères européens ?

 

Nous avons comparé dans le détail sa rémunération avec celles des élus italiens, grecs, anglais, allemands et les députés européens. Surprise, surprise : les députés grecs et, surtout, les eurodéputés ont vraiment un job en or. Loin, très loin, devant les Allemands.

 

Salaire mensuel net : 5 189,27€ net, selon l'Assemblée Nationale.

 

Auquel il faut à cela ajouter :

 

6 412 € brut pour les frais divers

 

9 138 € pour rémunérer ses collaborateurs.

 

Le TGV gratuit en 1ère classe

 

Cinq lignes téléphoniques remboursées

 

Un abonnement Internet haut débit.

 

Soit une enveloppe totale de plus de 20 000 €.

 

Le nouveau président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone a baissé de 30% son indemnité supplémentaire, qui s'élève à 10 000 €.

 

Italie: deux baisses de 10%

 

Selon l’article 69 de la Constitution italienne, l’indemnité des parlementaires ne doit pas dépasser le salaire brut annuel accordé aux magistrats ayant rang de président de la Cour de Cassation. Les parlementaires touchent 12 mensualités.

 

En 2006, l’indemnité a été réduite de 10%. En 2007, les augmentations ont été gelées pour six ans. Le 28 septembre 2011, le bureau de la présidence du Parlement a, de nouveau, réduit l’indemnité de 10% pour les députés qui déclarent plus de 90.000 euros par an et de 20% pour ceux qui déclarent 150.000 euros brut par an.

 

Depuis le 1er octobre 2011:

 

Salaire mensuel: 5 246,97 € ou 5 007,36 € pour ceux qui ont d'autres revenus.

 

Les députés qui n’habitent pas Rome bénéficient d'une indemnité forfaitaire mensuelle de 3 503,11 €.

 

Les députés qui n’assistent pas aux séances perdent 206,58 € par jour.

 

Indemnité forfaitaire pour frais divers : 3 690 € par mois.

 

Remboursement frais téléphoniques : 3 098,74 euros par an.

 

Cette somme leur est allouée par le biais du groupe parlementaire auquel ils appartiennent. Les députés reversent 6,7% de leur salaire brut, soit 784,14 euros par mois, à un fonds parlementaire. Au terme de leur mandat, ils perçoivent un une prime dont le montant équivaut à 80% du total brut perçu chaque année. Les parlementaires versent aussi 8,6% de leur salaire brut par mois. Le député ayant couvert une législature, soit cinq ans, percevra une retraite représentant entre 20 et 60% de son salaire dès 65 ans.

 

Grèce: la crise, connait pas!

 

Leur pays est en faillite, et alors ?

Les députés grecs ont refusé fin 2011 une baisse de leurs ressources et font partie des très rares privilégiés qui continuent d'avoir des facilités de crédit.

 

Salaire mensuel net : 8500 €

 

Indemnités parlementaires : 4900 € net

 

Revenus forfaire pour participation à des commissions : 1200 €

 

Frais de bureau : 936 €

 

Frais de transport : 364 - 607 € (de plus, transports publics gratuits: trains, bus, ferries)

 

Communication/Courrier : 834 euros

 

Indemnité de logement (pour les députés de province) : 1000 euros.

 

Gel des salaires au Royaume-Uni

 

Etre membre de la Chambre des Communes offre un statut social envié et une solide rémunération. Le salaire des députés britanniques a néanmoins été gelé en mars à la suite de la levée de boucliers de la presse et de la rue à la suite d'une proposition du parlement d'une hausse de…1%.

 

Salaire: 5 478 £ net par mois (6 396 €)

 

Indemnité transport pour se rendre au Parlement : 313 £ (365 €) pour ceux qui habitent dans Londres et 424 £ par mois (495 €) pour ceux qui habitent en banlieue de Londres.

 

De plus les frais de transports sont remboursés jusqu'à 96 allers simples par mois entre la circonscription et Westminster à partager entre l’ensemble des employés du député.

 

Indemnité logement : 1 658 £ (1 935 €) par mois pour ceux qui louent un deuxième logement car habitant hors de Londres.

 

Frais de bureau : 2 000 £ (2 336 €) par mois à Londres ou 1 791£ (2 092 €) par mois si les bureaux sont en dehors de Londres

 

Indemnité forfaitaire pour rémunération collaborateurs: 9583 £ (11 200 €)

 

Soit un total mensuel maximum possible de : 18 510 £ (21 617 €) par mois pour les parlementaires vivant hors de Londres et de 17 374 £ (20 300 €) pour ceux qui vivent en banlieue.

 

Les députés allemands ne cachent rien

 

Net et sans bavure. Pour découvrir les salaires de leurs députés, les allemands n’ont qu’à se rendre sur le site internet de leur Parlement. Les contribuables peuvent ainsi apprendre que les représentants du peuple touchent:

 

Salaire mensuel : 7 668 € imposable.

 

Aucune prime ou indemnité supplémentaire.

 

La dernière augmentation que les membres de la chambre basse se sont accordés remonte au 1er janvier 2009 (+ 4,48 %). L’année précédente, ils s’étaient déjà octroyé une rallonge de 4,7%. Cette transparence permet d’éviter toute polémique en Allemagne.

 

Les eurodéputés payés double!

 

Et les eurodéputés?

 

Ils se sont voté coup sur coup, début 2010, et derechef, en mars 2011, deux augmentations de 1500 € chacune de leur "dotation mensuelle". Lors du vote, l'eurodéputé verte allemande, Helga Trüpel avait, en vain, dénoncé ce vote "tout simplement insensé en période d'austérité et de coupes budgétaires". Motif invoqué par les députés européens pour justifier cette décision: "l'augmentation de la charge de travail issue des nouvelles compétences héritées du Traité de Lisbonne (!)".

 

Les dépenses des parlementaires européens - salaires, frais de voyage, bureaux et rémunération des assistants représentent environ 25 % du budget annuel de 1,5 milliard d'euros du parlement européen.

 

Salaire mensuel brut: 7 956,87 €. Après déduction de l'impôt européen et de la cotisation d'assurance accidents, le salaire est de 6 200,72 €.

 

Indemnité mensuelle pour frais divers: 4 299 € par mois.

 

Dépenses de personnel : 21 209 € par mois.

 

Les billets d'avion (en classe affaire) ou train (en 1ère classe) pour se rendre à Bruxelles ou Strasbourg sont remboursés.

 

Indemnité forfaitaire de voyage en Europe : 4 243 € par an

 

Mais, et cela change tout, les eurodéputés sont payés deux fois:

 

Une fois pour exercer leur mandat avec leur salaire mensuel, et une autre fois pour faire leur travail de parlementaire:

 

Le Parlement leur verse une indemnité forfaitaire de 304 euros par jour de présence "aux réunions officielles des organes du Parlement dont le député est membre qui sont organisées à l’intérieur de la Communauté européenne".

 

Au total, un eurodéputé présent à la séance plénière mensuelle à Strasbourg et autre réunions de groupe ou de travail à Bruxelles, soit une vingtaine de jours par mois, peut coûter au Parlement européen, hors frais de transport et d'hébergement, près de 40 000 euros par mois!

 

Actualisé le 21 novembre 2011 à 11h: montant  total du coût mensuel d'un eurodéputé évalué à 40 000 euros et non pas 60 000 euros comme indiqué initialement pas erreur de calcul.

 

Dans un autre registre, le Parlement européen a adopté en novembre dernier un nouveau "code de bonne conduite" obligeant les eurodéputés à plus de transparence. Ils devront désormais déclarer les relations dans les trois ans avant le début de leur mandat avec des entreprises qui pourraient engendrer des conflits d'intérêts. Wait and see.

 

Actualisé le 25 juillet 2012 à 12h avec le rejet par la commission de Finances de l'Assemblée Nationale de la proposition de loi visant à fiscaliser une partie de l'indemnité des députés français.

 

Pour en savoir plus!!!

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 09:26

Sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur, les inégalités, je vous propose aujourd’hui la traduction de cet article de Stewart Lansley du 19 mars 2012, traduit pour www.les-crises.fr par Valérie Courteau.

 

http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2009/8/4/1249396687753/lansley.jpg

 

 

 

Stewart Lansley est chercheur à l’Université de Bristol et auteur de «The Cost of Inequality : Why Economic Equality is Essential for Recovery », Gibson Square, 2012.

 

 

Au cours des trente dernières années, une part croissante du gâteau économique mondial a été « colonisée » par les pays riches. C’est cette concentration de revenus qui est la véritable cause de la crise actuelle. Elle a créé les conditions du krach de 2008 et maintenant nous conduit dans une ère de crise quasi-permanente.

 

L’orthodoxie économique des 30 dernières années tient qu’une dose sévère d’inégalité amène les économies à la pleine croissance de façon plus efficace et plus rapide. Comme l’économiste autrichien-américain, Ludwig von Mises, l’un des prophètes de premier plan du capitalisme de marché inégal, l’évalue en 1955: «L’inégalité de la richesse et des revenus est la cause du « bien-être des masses, et non pas la cause de la détresse de quiconque ». C’est le point de vue repris par Sir Keith Joseph, l’un des conseillers les plus écoutés de Mme Thatcher, en 1976. “La recherche de l’égalité des revenus amènera ce pays à devenir un bidonville totalitaire.”

 

En 1975, un livre influent, “Equality and Efficiency : Le Big Trade-Off”, écrit par le regretté économiste américain Arthur Okun, a fait valoir que trop d’égalité conduit à une moindre richesse économique. Bien qu’il s’agisse d’une théorie qui a pris naissance avec la nouvelle droite, elle arriva à être adoptée dans la plupart de l’échiquier politique, y compris par la direction du New Labour.

 

La preuve est désormais faite – une expérience de trente années à rendre les économies plus inégales a abouti à un échec. Les économies des États-Unis et du Royaume-Uni – où l’expérience a été plus fortement appliquée, sont devenues beaucoup plus polarisées et plus enclines à la crise. Les deux crises les plus dommageables du siècle dernier – la Grande Dépression des années 1930 et le grand krach de 2008 – ont été toutes deux précédées par une forte augmentation des inégalités. En revanche, la période la plus longue de succès économique et de stabilité – l’ère de la période post-guerre aux années 1970, une période surnommée la «grande mise à niveau » – était celle dans laquelle les produits de la croissance étaient répartis de façon équitable, entre salaires et profits et par catégories de revenus.

 

La répartition de ce que les économistes appellent “la part des facteurs de production” – la façon dont la production est partagée – a des implications cruciales pour la façon dont les entreprises privées du pays fonctionnent. Comme l’un des pères fondateurs de l’économie classique, David Ricardo, l’a dit en 1821, “Le principal problème en économie politique” est de déterminer comment “le produit de la terre … est réparti entre … le propriétaire de la terre, le propriétaire du stock ou des capitaux nécessaires à sa culture et les ouvriers par qui elle est cultivée“.

 

Permettre aux salaires de se positionner trop loin derrière la croissance de la production bouleverse les mécanismes naturels nécessaires pour atteindre l’équilibre économique. C’est parce que dissocier les bénéfices de la production siphonne l’économie. Le pouvoir d’achat diminue et les sociétés de consommation perdent leur capacité à consommer.

 

Au Royaume-Uni aujourd’hui, les salariés ont environ £ 100 milliards de moins dans leurs poches (à peu près l’équivalent du budget de la santé de la nation) que si le gâteau avait été partagé comme il était dans les années 1970.

Dans la plus grande économie du monde, les États-Unis la somme s’élève à £ 500 milliards. En revanche, les gagnants du processus de la hausse de la redistribution – les grandes entreprises et les un pour cent du haut du panier- sont assis sur les excédents croissants des entreprises et la flambée des rentes privées. C’est ce déséquilibre qui est la cause réelle de l’absence de redressement.

 

La concentration des produits de la croissance dans les mains d’une petite élite financière mondiale apporte non seulement une déflation massive, et conduit également à des bulles d’actifs.

Selon la théorie pro-inégalité, les excédents croissants des entreprises en plein essor et les richesses personnelles auraient dû déclencher une nouvelle ère d’investissements privés et une hausse plus rapide de croissance.

Au lieu de cela, elles ont conduit à une montagne mondiale géante de capital libre de toute attache. Seule une minuscule proportion de cette somme, d’ailleurs en baisse, a fini dans un investissement productif. L’argent versé dans les prises de contrôle, le private equity, et l’ingénierie financière et industrielle est devenu la source de beaucoup des plus grosses fortunes, mais a surtout permis d’extraire la richesse des entreprises existantes.

 

La principale leçon de ces trente dernières années, c’est qu’un modèle économique qui permet aux plus riches membres de la société d’accumuler une part de plus en plus importante du gâteau crée un mélange dangereux de déflation de la demande, d’appréciation des actifs et un grand resserrement de l’économie productive qui prendra fin dans la tourmente économique prolongée.

Un écart grandissant intensifie simplement le cycle économique, ce qui augmente la hauteur des pics, l’approfondissement de l’étendue du crash et prolonge la durée du creux.

 

Depuis les trente dernières années, nous avons exploité un modèle économique défectueux. Pourtant, il a survécu à la seconde récession la plus profonde de ces 100 dernières années et est resté pratiquement intact. Sortir de l’ère actuelle d’une croissance lente et intermittente et d’instabilité prolongée exige que les grandes concentrations de revenu et de richesse soient détruites – tout comme elles l’ont été dans les années 1930. Au lieu de cela, à travers le monde, le fossé avec les grandes richesses n’a cessé de croître durant la récession.

 

L’édification d’une société plus égalitaire signifie maintenant un changement fondamental dans notre approche de la gouvernance politique. Il doit y avoir une reconnaissance, plus large, de l’erreur qu’a été la théorie sur l’impact de l’inégalité, et de ses conséquences désastreuses. Un modèle de capitalisme qui ne parvient pas à partager les fruits de la croissance de façon plus équitable n’est pas durable. Le cas classique contre l’écart de revenu croissant, fondé sur la justice sociale et la proportionnalité, doit être étendu aux éléments de preuve de l’impact dommageable des économies les plus polarisées.

 

Par-dessus tout, la recherche de sociétés plus égalitaires doit être élevée à un objectif principal de la politique économique nationale et mondiale. Ce serait ajouter une nouvelle dimension au débat actuel sur le rôle de l’Etat. Au Royaume-Uni depuis les années 1980, jusque sous les trois gouvernements travaillistes après 1997, le rôle et l’impact de l’inégalité n’a joué, au mieux, qu’un rôle marginal dans l’appareil gouvernemental. Bien qu’il y ait eu beaucoup de débats au plus haut niveau sur la mobilité sociale et à la lutte contre la pauvreté, la question plus large de la répartition des facteurs de production et de l’impact macro-économique des changements dans la concentration des revenus ont été largement ignorés par le Trésor et le Cabinet du Premier ministre.

 

Aucun modèle de prévision économique commun dans le Royaume-Uni – y compris ceux construits par des institutions indépendantes ainsi que par le Trésor et le Bureau pour la responsabilité budgétaire (OBR) – n’intègre l’impact des changements dans la répartition des revenus sur les résultats vitaux tels que l’investissement privé, le niveau de vie et la demande globale dans l’économie. L’OBR a publié un tableau en 2011 – niché dans une annexe, qui prévoit que la part du travail de la production va continuer à baisser jusqu’en 2015. Mais les répercussions de cette tendance ont ensuite été ignorées.

 

La question de la «distribution des facteurs » devrait être au centre de la pensée économique stratégique. C’est ce qui détermine l’évolution du niveau de vie et a eu un impact majeur sur la stabilité et la durabilité de l’économie. Pourtant, étonnamment, elle passe à travers les mailles de la machinerie actuelle d’élaboration de la politique.

 

Comme un ancien conseiller, à la fois de Tony Blair et de Gordon Brown, Gavin Kelly, le disait dans une analyse récente à la radio 4, “La vérité est qu’aucun ministère à Whitehall ne voit vraiment comme son travail de s’inquiéter des importantes évolutions du niveau de vie auxquelles est confrontée la population active de ce pays. Evidemment tout le monde s’intéresse à elles mais personne n’en est vraiment chargé. ”

 

Cette approche non interventionniste doit changer.

Réduire les inégalités, en particulier par la réalisation d’un meilleur équilibre entre salaires et profits, est un objectif qui doit être adopté par la machine gouvernementale. Cela nécessite, d’abord, l’ajout d’une nouvelle série d’indicateurs économiques à ceux de l’inflation, de la productivité, de la croissance et du chômage.

Ceux-ci devraient inclure les rapports de rémunération, la part salariale, la part du revenu détenue par les plus hauts revenus et les 0,5 pour cent ainsi que la tendance des taux moyens d’imposition.

Les informations sur toutes ces tendances sont collectées par le Bureau du Royaume-Uni pour les statistiques nationales et par la plupart des pays riches – bien qu’avec, parfois, un certain décalage. Pourtant, l’analyse de ces données et leurs implications a principalement été laissée à des chercheurs indépendants.

 

A chaque indicateur devrait être donné un objectif compatible avec la stabilité économique. Ainsi l’objectif de la part des salaires devrait être fixé selon la moyenne des deux décennies d’après-guerre – entre 58 et 60 pour cent – des niveaux qui ont amené l’équilibre et la stabilité durables. À 53 pour cent – et en dessous – il est actuellement bien en deçà de l’objectif. Le taux moyen d’imposition devrait augmenter par décile de revenu. À l’heure actuelle, ils sont plus élevés parmi les ménages à faible revenu que chez les ménages à revenu élevé. La part du revenu dont bénéficie le 1% les plus riches se situe actuellement à 15 pour cent, bien au-dessus du niveau compatible avec la stabilité. Le ratio de la rémunération entre le haut et le bas de l’échelle se trouve bien au-dessus de 100:1, plus du double du modèle typique des années 1950 et 1960.

 

A côté de ces nouveaux indicateurs, le gouvernement devrait rassembler les meilleures études sur les instruments politiques les plus efficaces pour atteindre ces objectifs. Ceux-ci doivent être conçus pour limiter le niveau d’inégalité économique à l’intérieur des limites qui empêchent l’instabilité. Ils vont de la politique fiscale et industrielle au rôle de la négociation collective et de la gouvernance d’entreprise. Lorsque les objectifs ne sont pas respectés – comme ils le sont de toute évidence à l’heure actuelle – alors la politique doit être ajustée en conséquence.

 

Une telle stratégie va conduire sans doute à des cris d’indignation des lobbyistes employés par ceux qui sont susceptibles d’être les plus touchés. Il existe déjà une campagne concertée pour la défense des rémunérations de la City, malgré elles l’une des principales sources de déséquilibre. Comme Michael Spencer, le directeur général de l’intermédiation professionnelle, ICAP, et avec une fortune estimée à un demi-milliard de livres, l’écrit dans The Independent le 10 mars, «Un salaire élevé est bon pour la Grande-Bretagne. En fait, il est essentiel “.

 

On en a beaucoup parlé, mais cela n’a suscité que peu d’actions sur la question des salaires en baisse et de la participation aux bénéfices en hausse. Assurer un meilleur équilibre entre ces principaux résultats économiques est aussi nécessaire à la réussite économique que le contrôle de l’inflation et la gestion du déficit budgétaire. Pourtant, en abdiquant leur responsabilité sur ces points, les gouvernements partout dans le monde riche ont permis d’amener les économies nationales et mondiales sur la voie de l’autodestruction. Stewart Lansley

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