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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 11:25

Novembre 2016. Nigel Farage rend visite à Donald Trump quelques jours après sa victoire dans les urnes.

Il aura fallu le Brexit et l’élection de Donald Trump pour que soit évoquée de manière vraiment audible la montée globale d’un nouveau nationalisme.

Les clivages qui mènent à une montée du nationalisme dans le monde

Pourtant, cela fait plus de dix ans qu’on assiste, à travers toute la planète, à une forte hausse des crispations souverainistes, des irruptions d’anxiété identitaire et de xénophobie.

Une force dominante: le nationalisme

En Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, les « commentateurs » au sens large – journalistes, intellectuels, universitaires – prennent enfin la mesure de cette évolution. Ou presque : car rarement s’attardent-ils au-delà de leur périmètre géographique.

 

Le basculement politique de la première puissance mondiale et la perspective des élections prochaines dans les pays fondateurs de l’Union européenne, parce qu’ils nous paraissent si immédiatement tangibles, expliquent sans doute cette limitation.

 

Donald Trump, Nigel Farage, Marine Le Pen ( ici aussi ), Geert Wilders restent les personnages centraux du paysage « global » du néonationalisme tel qu’on le dépeint couramment…

 

 

On y rencontre parfois le Hongrois Viktor Orban, le Polonais Andrzej Duda ( ici et aussi ) ou le Turc Recep Tayyip Erdogan. Et plus épisodiquement l’Indien Narendra Modi ou le Philippin Rodrigo Duterte. Une véritable photo de famille du néonationalisme mondial reste à faire.

 

Il y a là un paradoxe, qui en cache au moins un autre. Les commentateurs dénomment « populisme », « paléoconservatisme », « réaction », ou « ultranationalisme » un phénomène qu’ils condamnent plus ou moins explicitement, cherchant a priori à défendre le principe d’un monde ouvert.

 

Or en restant centrés sur les pays occidentaux, cette démarche révèle une difficulté à penser le global chez ceux-là même qui affirment l’avoir assimilé.

 

En revanche, et c’est l’autre paradoxe, les chantres du recentrage national démontrent, sans en avoir l’air, une capacité remarquable à tirer parti de l’interdépendance des sociétés et de la mondialisation de l’espace politique.

 

Des Occidentaux inquiets… mais peu concernés

 

Il y a vingt ans déjà, le commentateur Fareed Zakaria s’inquiétait de la prolifération des « démocraties illibérales » (« The Rise of Illiberal Democracy », Foreign Affairs, November-December 1997).

 

En Amérique du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, dans les Balkans, en Asie du Sud et du Sud-Est, des processus d’élections démocratiques – parfois contrôlés par des observateurs internationaux – accouchaient de régimes autoritaires, ultra-souverainistes et prompts à réduire comme peau de chagrin les droits et libertés civiques des opposants au projet national.

 

Mais hormis les Balkans, le phénomène ne semblait pas concerner les pays occidentaux.

L’Europe des Nations et des Libertés

 

Au cœur de l’Europe, la chute du Mur de Berlin avait produit un récit géopolitique puissant, et durable en dépit de signes précoces de faiblesse structurelle. Ce récit était celui de la chute de « tous les murs » à travers la planète, d’une inexorable et joyeuse interpénétration des sociétés, pour le plus grand bonheur des nouveaux acteurs transnationaux ; la libéralisation économique, portée par les firmes globales, allait de pair avec la libéralisation politique, soutenue par les ONG planétaires.

 

Nourri de cette vision optimiste, le débat public occidental rangea la « démocratie illibérale » au rayon des problèmes périphériques.

 

Cependant, au fil des années, ce qui était considéré périphérique, secondaire, marginal, est devenu singulièrement volumineux, au point de déborder hors des barrières mentales qui étaient censées le contenir.

 

L’avenir de l’extrême-droite mondiale

 

En août 2010, la visite à Tokyo d’une délégation de parlementaires européens d’extrême-droite, dont Jean-Marie Le Pen, au sanctuaire Yasukuni, haut lieu du courant négationniste japonais, provoqua un petit bruit médiatique.

 

Si ce que représentait ce rassemblement nippo-européen – le mépris conjoint du devoir de mémoire –, avait été souligné par les quelques médias qui l’avaient couvert, le fait lui-même ne semblait pas particulièrement significatif d’une évolution politique du monde.

 

Il l’était en réalité, et de deux manières.

D’une part parce qu’il mettait en scène non pas le passé, mais l’avenir de l’extrême-droite mondiale.

D’autre part, parce qu’il annonçait de nouvelles solidarités transnationales, baroques mais redoutablement efficaces, entre fanatiques de la préférence nationale.

 

Avec le passage des générations, l’extrême-droite a indéniablement changé de « look ». Mais pas d’ADN : en douter relève moins de l’exploit de la « dédiabolisation » que de la force d’une paresse intellectuelle et d’une mollesse morale.

 

Ce qui a réellement changé, c’est la tolérance pour un discours qui était à peine dicible, et encore moins audible, il y a quelques années.

 

L’hôte des députés européens au sanctuaire Yasukuni, la minuscule association Issui-kai, défendait un ultranationalisme débridé qui était alors clairement à la marge du paysage politique japonais.

 

Aujourd’hui, ce courant trouve sa place au cœur même du gouvernement de Shinzô Abe, représenté en particulier par la ministre de la Défense Tomomi Inada.

 

De même en Russie, comme le note Charles Clover dans son étude du néo-eurasisme (Black Wind, White Snow : The Rise of Russia’s New Nationalism, Yale University Press, 2016), l’idéologie hypernationaliste panrusse, encore très excentrique au début du millénaire, a trouvé le chemin du Kremlin, devenant la charpente du discours officiel de Vladimir Poutine( ici aussi).

 

De la chute du Mur de Berlin au Mur de Trump

 

La constitution en 2009, du forum BRIC – réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, auxquels se joignit plus tard l’Afrique du Sud – fut d’abord analysée comme l’affirmation d’une nouvelle force non-occidentale, voire « anti » ou « post » occidentale.

 

Mais son véritable ciment était un souverainisme militant, s’accommodant mal d’une gouvernance globale jugée trop intrusive.

BRICS : Coopération ou domination Sud-Sud ?

C’est encore plus vrai aujourd’hui avec la surenchère nationaliste en cours à Moscou, Pékin et New Dehli, et dans une moindre mesure au Brésil, même si l’ultra-nationaliste Jair Bolsonaro y est en pleine ascension.

L’alliance des leaders néo-nationalistes se fait désormais au-delà de l’Occident et du « non-Occident », comme l’illustre le soutien de Vladimir Poutine à Donald Trump et à Marine Le Pen.

Trump, Erdogan, Orban... pour Amnesty, les discours «clivants» sont dangereux

2017, une bonne année pour les politiciens nationalistes et populistes?

 

 

La complicité entre les nouveaux nationalistes peut sembler improbable, voire contre-nature, l’orthodoxie de la préférence nationale étant par essence exclusive.

 

Elle a, de fait, permis l’élaboration à l’échelle planétaire d’un récit remarquablement efficace, prenant l’exact contre-pied de celui de la mondialisation optimiste de l’après–Guerre froide.

 

Dans les années 1980, Ronald Reagan sommait Mikhail Gorbachev de détruire le Mur de Berlin. Trente ans plus tard, Donald Trump affirme que le monde a besoin de plus de murs entre les nations.

 

Et ce nouveau récit du « monde rempli de murs » se diffuse d’autant mieux qu’il est relayé grâce à l’instrument par excellence de la mondialisation : Internet et ses réseaux sociaux.

 

Les maîtres du « populisme high-tech »

 

Ceux dont les convictions néo-nationalistes étaient encore très marginales il y a une dizaine d’années, n’ayant pas accès aux relais d’opinion de grande diffusion, ont investi les possibilités multiples de communication, de rassemblement, de partage, qu’offre Internet.

 

En phase avec leur public, les grandes figures du national-populisme sont aussi des maîtres du « populisme high-tech », selon l’expression du commentateur Aditya Chakrabortty décrivant Narendra Modi.

 

Avant d’être dépassé par Donald Trump, le premier ministre indien détenait le record de production de tweets politiques. Les politiciens classiques n’ont pas la même connectivité.

 

Mais surtout, et spécifiquement ceux qui se reconnaissent dans le récit de la mondialisation positive – même un peu amendé depuis les années 1990 – n’ont pas, à l’instar de leurs adversaires, le réflexe de la mobilisation globale.

 

Le leader pro-Brexit Nigel Farage, invité à la Convention pour l’Action politique conservatrice à Washington, a prôné une « révolution globale » menée par les xénophobes du monde entier.

À l’inverse, les derniers défenseurs d’un monde ouvert et interdépendant ne manifestent pas d’intérêt pour un rassemblement transfrontalier de même ampleur.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:50

La vague réactionnaire qui submerge les démocraties occidentales est construite sur un mythe, celui d’un âge d'or... qui n'a jamais existé. Et sur un faux postulat selon lequel l’humanité serait en perdition.

Ce qui semblait impossible s'est finalement produit. Donald Trump a gagné l’élection présidentielle américaine la plus détestable et la plus inquiétante de l’ère moderne. Elle a marqué l’irruption du populisme à une échelle sans précédent dans l’histoire de la démocratie américaine.

Cette dernière n’est plus immunisée contre une maladie qui a ravagé l’Europe il y a quatre-vingt ans et a fait son retour dans l’ensemble du monde occidental et bien au-delà.

Cette vague, apparemment irrésistible, a deux ressorts, la désignation d’un bouc émissaire et la négation de la réalité.

 

 

Tous nos maux proviennent de l’étranger et des élites qui sont vendues à ces intérêts. Retrouver la grandeur passée, reprendre le contrôle de notre destin, renouer avec une société qui nous ressemble sont les slogans politiques de notre temps.

On les retrouve aussi bien avec Donald Trump que parmi les partisans du Brexit, dans les partis d’extrême-droite européens, avec Vladimir Poutine en Russie, avec Recep Tayyip Erdogan en Turquie, en France, avec Narenda Modi en Inde et même, à une autre échelle, avec Daech. L’islamisme politique n’a-t-il pas pour ambition de retrouver la prétendue pureté religieuse originelle et la puissance militaire qui lui est associée?

Donald Trump promet de rendre «l’Amérique grande à nouveau». Vladimir Poutine entend renouer avec les ambitions impériales de la Russie tsariste et de l’URSS et Erdogan avec le destin de l’empire ottoman. Narenda Modi s’appuie sur un nationalisme hindou construit sur un affrontement avec l’Islam.

Et les partisans du Brexit comme ceux de Marine Le Pen voient dans la fermeture des frontières et le rejet de l’immigration le moyen de revenir à un âge d’or de prospérité et d’entre soi. Un âge d’or qui n’a jamais existé.

 

«La trahison des élites est centrale...»

 

La pensée réactionnaire est toujours construite selon le même schéma, explique Mark Lilla, professeur à l’Université de Columbia et auteur d’un livre récent intitulé The Shipwrecked Mind: on Political Reaction («Naufrage intellectuel: la réaction politique»), dans le New York Times. Elle part de la description d’une période idéale, «un Etat où règne l’ordre et où les personnes partagent un même destin… Puis des idées étrangères promues par des intellectuels et des forces extérieures –écrivains, journalistes, professeurs, étrangers– détruisent cette harmonie. La trahison des élites est centrale dans tout mythe réactionnaire…».

Désigner à la vindicte populaire le ou les responsables de nos malheurs, au hasard l’immigration, l’Europe, la finance cosmopolite, la mondialisation, le capitalisme, les Etats-Unis, la Chine, le sionisme, l’islam… est d’une redoutable efficacité politique.

Sans doute plus encore à l’époque des réseaux sociaux et de l’omniprésence de l’information instantanée qui n’a pour seul horizon que la polémique artificielle du jour, rapidement effacée par celle du lendemain.

Face à un monde compliqué et vide de sens, le «C’était mieux avant» apporte une réponse simpliste et réconfortante au sentiment de déclassement, d’abandon, d’aliénation et d’humiliation d’une partie grandissante de nos sociétés.

Mais si la souffrance économique comme identitaire est bien réelle, la réponse qui consiste à désigner des responsables, les chasser... et revenir ainsi par magie à la grandeur et à l’harmonie passée est une dangereuse illusion.

 

 

Il faut appeler un chat un chat. Cette illusion a des relents fascistes, même si elle ne va pas jusqu’au rejet de la démocratie. Elle s’en rapproche «dans son opposition virulente… au libéralisme, dans sa suspicion envers le capitalisme et surtout dans la croyance que la nation, souvent définie en termes religieux et raciaux, représente la plus importante source d’identité des vrais citoyens», écrit le professeur Sheri Berman, de la Columbia University, dans Foreign Affairs:

«Comme leurs prédécesseurs, les extrémistes de droite d’aujourd’hui dénoncent les dirigeants démocratiquement élus comme inefficaces, impotents et faibles. Ils promettent de soutenir leur nation, la protéger de ses ennemis et redonner une raison d’être à des gens qui se sentent en butte à des forces qui les dépassent…»

 

Il n’y a pas d’effondrement moral, économique et politique

 

La réponse à ces marchands d’illusion et de malheur existe, même si elle tarde à venir. Elle se trouve dans les enseignements de l’histoire et l’affirmation des faits. La réaction est construite sur un mythe, celui d’un passé fantasmé, et sur un faux postulat, l’humanité est en perdition.

Les réactionnaires promettent d’effacer ce que la modernité aurait détruit d’une société harmonieuse à taille humaine. Ils affirment que leur pays et leur société ont fait fausse route, guidés par des élites apatrides, des ploutocrates, et qu’il faut revenir en arrière.

Donald Trump ou Eric Zemmour s’insurgent contre un effondrement moral, politique et économique. Il n’existe pas.

Les sociétés du siècle passé avaient leurs guerres, leurs mouvements sociaux, leur terrorisme, leur misère, leur violence, leurs discriminations, leurs laissés-pour-compte, leurs corrompus…

La réalité objective de l’humanité ne correspond en rien au catastrophisme ambiant. Il n’y a tout simplement jamais eu sur terre de meilleure période pour être vivant, explique l’historien suédois Johan Norberg dans son livre Progress: Ten Reasons to Look Forward to the Future («Progrès: dix raisons d’attendre avec impatience l’avenir»). «L'humanité n'a jamais été plus riche, en bonne santé, libre, tolérante et éduquée», résume-t-il.

 

Quelques exemples, parmi d’autres...

 

L’espérance de vie moyenne dans le monde était de 31 ans en 1900. Elle est aujourd’hui de 71 ans. La Banque mondiale a défini le seuil de la misère extrême à un revenu équivalent à 2 dollars par jour. En 1800, 94% de nos ancêtres vivaient dans une pauvreté extrême. En 1990, 37% de la population mondiale se trouvait encore dans cette situation. Ce chiffre est revenu aujourd’hui à moins de 10%.

Nous vivons dans l’ère la plus pacifique de l’histoire humaine. Le taux annuel d’homicide dans l’Europe médiévale était de 32 pour 100.000. A la fin du XXe siècle, ce chiffre est tombé à 1 pour 100.000. Le taux de mortalité de personnes ayant péri lors de conflits armés est passé de 195 par million en 1950 à 8 par million en 2013.

En 1800, seuls 12% des adultes étaient capables de lire. En 1950, le niveau mondial d’alphabétisme était de 40%. Il est aujourd’hui de 86% et la différence entre les hommes et les femmes ne cesse de reculer.

En 1990, il y avait 76 démocraties électorales. Il y en avait 125 en 2015. L'air de Londres est aujourd’hui aussi propre qu'au début de la révolution industrielle et les forêts s'étendent à nouveau en Europe.

 

Rupture technologique et repli identitaire

 

Cela ne veut pas dire que notre planète soit un paradis. Que les sociétés ne sont pas fracturées par des transformations brutales qu’elles n’arrivent pas à surmonter. Mais personne ne veut voir la réalité des progrès spectaculaires de l’humanité. Nous préférons nous complaire dans les peurs, les fantasmes et l’annonce de catastrophes. «Aucun journaliste ne sait plus ce qu’est une bonne nouvelle», faisait remarquer il y a quelques années le Dalaï-Lama.

Les réactionnaires exploitent l’appauvrissement relatif de la classe moyenne et l’angoisse irrationnelle de l’avenir. Ils apportent une réponse absurde et dangereuse à de vrais problèmes nés de la mondialisation et de l’évolution technologique: l’angoisse culturelle et identitaire et la bipolarisation du marché du travail.

Rendre moins douloureux le sentiment d’un déclin identitaire et culturel prend du temps. Cela se fait dans l’éducation, le respect et plus encore la connaissance de l’autre. Le paradoxe, c’est que la tolérance progresse en fait rapidement dans le monde, mais qu’il est difficile de le voir.

La bipolarisation du marché du travail pose un problème encore plus grave aux sociétés, notamment occidentales. C’est ce qu’explique l'économiste Patrick Artus dans Le Point. «Les créations d'emplois se concentrent aux deux extrêmes, emplois qualifiés à rémunération élevée, emplois peu qualifiés à rémunération faible; entre ces deux extrêmes, les emplois intermédiaires (la classe moyenne) disparaissent progressivement…».

La plupart des études montrent que cette division du marché du travail est plus liée à la technologie qu’à la mondialisation et aux délocalisations.

C’est la technologie qui a chassé la main d’œuvre des campagnes puis des usines et aujourd’hui de bon nombre d’emplois intermédiaires dans les services.

Ce phénomène va s’accélérer, avec par exemple le développement des véhicules autonomes et des robots. Un processus de destruction/création brutal. De nouveaux emplois apparaissent et apparaîtront –les besoins sont sans limites–, mais là encore il faudra du temps.

 

Les États ont un rôle indispensable à jouer dans la formation et dans la protection, avec, pourquoi pas, l’instauration d’un revenu universel. S'ils ne le font pas, les marchands d'illusion ne sont pas prêts de disparaître.

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 10:33

Plus de la moitié des grandes entreprises allemandes, britanniques et françaises ont été mises en cause dans des atteintes présumées aux droits humains.

 

C’est ce que constate une étude publiée le 21 octobre par une coalition européenne d’organisations indépendantes, European Coalition for Corporate Justice, qui travaille sur les responsabilités sociales et environnementales des entreprises.


Cette coalition, basée à Bruxelles, regroupe des grandes ONG comme Amnesty International, le CCFD ou Greenpeace ainsi que des coalitions nationales consacrées à la question du pouvoir et de la responsabilité des entreprises, comme en France le Forum citoyen pour la RSE.

 

http://www.diarioresponsable.com/images/stories/observatorio_rsc_rse___European_Coalition_for_Corporate_Justice.jpg

 

L’étude s’appuie sur une revue de presse au long cours : des dizaines d’articles et rapports impliquant des grandes entreprises dans des atteintes aux droits humains ont été recensés pendant huit ans, de 2005 à 2013. Cette revue de presse s’est concentrée sur les trois premières économies européennes et leurs grandes multinationales cotées : celles du CAC 40 en France, du DAX 30 en Allemagne et du FTSE 100 à Londres.

 

Les auteurs de l’étude précisent bien qu’il ne s’agit pas forcément de violations des droits humains juridiquement avérées mais d’un recueil d’allégations sérieuses, dont certaines « ont été vigoureusement niées par les sociétés concernées ». Cette étude quantitative dresse cependant une première photographie de cet épineux sujet.

 

Les deux tiers des entreprises du CAC 40 concernées Les entreprises allemandes, comme Adidas, Bayer ou Siemens, sont les plus nombreuses à être citées : 77% des entreprises cotées à la Bourse de Francfort sont ainsi mises en cause dans des atteintes présumées aux droits humains (soit 23 compagnies sur 30).

 

Les Françaises suivent, avec 65% des sociétés du CAC 40 (24 compagnies sur 37) ciblées par des accusations, puis les Britanniques avec 51% de leurs multinationales cotées (43 compagnies sur 84), telles la banque Barclays, British American Tobacco ou Mark &Spencer.

 

La finance aussi concernée que l’énergie et les mines


Du point de vue du secteur d’activités, ce sont les activités liées aux ressources naturelles (mines, énergie) et aux biens de consommation (agroalimentaire, textile, électronique) qui, sans surprise paraissent les plus prônes à occasionner des atteintes aux droits humains. L’autre cible principale des médias et des ONG n’est autre que le secteur financier : 4 entreprises sur 5 en Allemagne, 4 sur 4 en France et 9 sur 15 au Royaume-Uni.


Au vu de ces résultats peu encourageants, les auteurs de l’étude rappellent « l’urgence » pour l’Union européenne et ses États membres « à veiller à ce que les entreprises s’acquittent effectivement de leur devoir » en matière de responsabilité sociétale et « à lever les obstacles à l’accès à la justice des victimes d’abus ». « Une question qui a été largement ignorée jusqu’à présent », souligne le document.


 Les liens de sang entre les entreprises du CAC40

 

Au vu de ces résultats peu encourageants, les auteurs de l’étude rappellent « l’urgence » pour l’Union européenne et ses États membres « à veiller à ce que les entreprises s’acquittent effectivement de leur devoir » en matière de responsabilité sociétale et « à lever les obstacles à l’accès à la justice des victimes d’abus ». « Une question qui a été largement ignorée jusqu’à présent », souligne le document.

 

http://www.peuples-solidaires.org/wp-content/uploads/2010/10/IMAGE1WEB3.jpg

 

Côté CAC 40, les entreprises françaises les plus souvent citées sont Total, Sanofi, ArcelorMittal et BNP Paribas.

Total a par exemple été accusé en mars 2013 d’avoir détruit des fermes et des cultures en Ouganda, lors d’une opération de prospection pétrolière à proximité d’un village de pêcheurs au bord du lac Albert (à la frontière avec la République démocratique du Congo).


Autre exemple : en novembre 2011, un article du quotidien britannique The Independant met en cause Sanofi – et d’autres compagnies pharmaceutiques occidentales – qui auraient financé des essais cliniques pratiqués sur des patients indiens, survivants de la catastrophe de Bhopal, au sein du Bhopal Memorial Hospital. Ces essais cliniques n’auraient pas respecté les standards internationaux et auraient provoqué la mort de plusieurs dizaines de patients.

 

Enfin, dernière illustration, BNP Paribas et sa filiale états-unienne Bank of West, ont été pointées du doigt en juin 2012 pour avoir financé des industriels de l’armement produisant des armes à sous-munitions – ces missiles et bombes qui dispersent des explosifs ou des mines sur plusieurs centaines de mètres. Du fait de leur extrême dangerosité pour les populations civiles, ces armes sont interdites depuis 2010 par une convention internationale, ratifiée par la France…

 

Selon les principes directeurs de l’Onu de 2011, partagés par l’Union européenne, « les entreprises ont la responsabilité d’identifier, de prévenir et d’atténuer les effets négatifs éventuels de leurs activités », rappelle l’étude.

Encore une obligation trop contraignante pour les entreprises ?

 

Pour accéder au rapport de l’European Coalition for Corporate Justice.

 


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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 09:04

Le blanchiment de l’argent sale est l’action qui consiste à cacher ou à déguiser la vraie nature de revenus obtenus illégalement afin de les faire apparaître comme provenant de sources légitimes.

 

La motivation de ceux qui s’engagent dans de telles actions est tout simplement que les voleurs cherchent toujours, un jour ou l’autre, à essayer de jouir, au vu et au su des autres, des fonds ou des biens illégalement acquis.

 

Pour y parvenir il est nécessaire de procéder à une succession d’opérations, qui seront d’autant plus

nombreuses et entourées d’opacité que les fonds criminels à blanchir seront importants.

 

Le blanchiment de capitaux est lié, en amont, à une activité illicite, et ce blanchiment vise tout à la fois à pouvoir « consommer » ces capitaux (pour le confort de la vie personnelle et quotidienne et pour investir dans l’économie visible et bénéficier ensuite de revenus réguliers et « affichables ») et aussi à permettre la poursuite dans le temps de l’activité illicite elle-même.

 

C’est donc par leur blanchiment que tous les capitaux acquis de façon criminelle et illégale peuvent être finalement utilisés « au grand jour » ; on peut ainsi dire que le blanchiment participe à rendre plus « rentables» les opérations criminel les qui engendrent la disposition de fonds importants.

 

Au départ d’une opération de blanchiment il y a des fonds illicites dont les origines peuvent être multiples : jeux prohibés, rackets, trafics de stupéfiants, proxénétisme, hold-up, fraudes, corruption, abus de biens sociaux, etc.

 

Depuis la publication du premier rapport

du GAFI (Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux) en 1990 il est traditionnel de

diviser les opérations de blanchiment en trois phases distinctes qui n’ont aucune valeur juridique mais facilitent la compréhension du phénomène : le placement, l’empilage, l’intégration.

 

Les produits générés par les activités criminelles sont le plus souvent constitués d’argent liquide (les trafiquants, les proxénètes, les corrompus, etc. n’acceptent pas les chèques ou les cartes de crédit !).

Le placement a pour but d’écouler ces importantes liquidités, ce qui est un premier et sérieux problème : les guichetiers des banques n’encaissent pas si facilement des valises pleines de billets !

 

L’une des méthodes les plus fréquentes consiste à intégrer ces billets dans des activités qui, naturellement, brassent beaucoup de liquidités comme les restaurants, les cinémas, les laveries et blanchisseries, les activités touristiques, etc.

 

L’argent sale est mélangé chaque jour, de façon « mesurée », aux recettes commerciales de ces entreprises et envoyé aussi régulièrement à la banque (ces sommes seront par ailleurs déclarées en recettes au fisc, et l’entreprise sera amenée à payer des impôts sur ces gains illégaux, ce qui est la meilleure façon de les « blanchir »).

 

L’empilage consiste à multiplier les opérations financières pour cacher l’origine criminelle des fonds et l’identité de leur propriétaire réel : achat et revente fictive de biens, transferts électroniques de fonds, fausses factures, etc.

Pour ces opérations il est presque toujours fait recours aux paradis fiscaux et judiciaires, pour leur secret bancaire et pour la vaste panoplie d’instruments juridiques permettant l’opacité qu’ils offrent (sociétés-écrans, trusts, etc.)

 

L’intégration est la phase finale du blanchiment : les fonds « reviennent » sous la forme d’argent « propre » (c’est l’empilage qui a permis de brouiller les pistes) pour être dépensés ou investis dans l’économie formelle. Ces dépenses répondent à trois logiques, qui peuvent varier selon la nature de l’activité criminelle de départ :


- l’acquisition de biens à usage personnel et pour améliorer son train de vie.


- l’achat de nouveaux moyens pour faciliter ultérieurement le développement des activités

criminelles, notamment l’achat d’outils servant au blanchiment : achat d’activités commerciales licites dont les encaissements sont principalement en argent liquide.

La présence des organisations criminelles, par exemple, dans les chaînes de restaurants ou les

boîtes de nuit n’est pas fortuite, mais leur permet de servir de couverture aux revenus des

activités criminelles.


- l’investissement « de père de famille» pour procurer des revenus parfaitement licites et

stables, et qui permettront de blanchir, non plus les fonds mal acquis, mais le criminel lui-même.

 

Les exemples d’intégration d’argent, sale au départ, sont très nombreux, à la hauteur de l’imagination des criminels et de leurs conseillers. A chaque fois il s’agit de faire rentrer de l’argent dans son pays pour pouvoir l’utiliser « au grand jour »:

 

une société française engage un procès contre une société (en réalité fictive et domiciliée dans un paradis fiscal) et gagne fort opportunément ce procès, ce qui lui permettra de recevoir « en toute légalité » de l’argent (dont l’origine est autre) ; un haras en France déclare avoir vendu un cheval à l’étranger et présente en contrepartie un gros chèque envoyé par une banque suisse ( en fait c’est un moyen de faire rentrer en France des fonds au départ criminels) ; une entreprise française déclare louer des brevets dont elle est propriétaire à des sociétés établies dans des paradis fiscaux et va recevoir en contrepartie des sommes d’argent qui sont en fait des fonds gagnés par des

trafics.

 

http://electrodes.files.wordpress.com/2012/10/blanchiment_dargent_canafe_sanitized_case_fr_06__02.jpg

 

Les multiples conséquences négatives de l’existence des paradis fiscaux


La criminalité financière et la corruption, la délinquance économique et financière a un coût économique, social, politique et humain bien supérieur à celui de la délinquance de proximité, mais elle fait moins la une des journaux et semble peut intéresser les responsables politiques.

 

Les paradis fiscaux, par le secretet la confidentialité qu’ils organisent, par le nombre de sociétés-écrans et de comptes anonymes qu’ils abritent, par leur absence de coopération avec les systèmes judiciaires des autres États, construisent autant de frontières qui protègent ces crimes et ces criminels des justices et des polices des États où sont les victimes de leurs méfaits.

 

La corruption suppose l’intervention de deux personnes, l’une qui sollicite ou accepte des avantages en contrepartie de l’accomplissement ou du non accomplissement d’un acte relevant de sa fonction ou de son activité professionnelle, et l’autre qui, par ses versements financiers, ou autres, cherche à détourner la première de ses devoirs pour en tirer avantage.

La corruption peut concerner des personnes exerçant une fonction publique et disposant, à ce titre, d’un certain pouvoir (ministres, parlementaires, maires et autres élus politiques, fonctionnaires et agents publics plutôt d’un haut niveau décisionnel, etc.) ou des dirigeants, des cadres, des employés d’entreprises privées ou publiques.

 

La corruption vient fausser les rapports économiques entre les entreprises ( par exemple dans leur accès aux marchés publics) ; elle compromet très fortement le fonctionnement démocratique des États, au Nord comme au Sud.

 

Les paradis fiscaux et judiciaires sont des outils très souvent utilisés pour faciliter les corruptions d’un haut niveau financier, par leurs banques qui peuvent recevoir les fonds importants versés par les corrupteurs et ensuite reçus par les corrompus, et par les possibilités d’y localiser des sociétés écrans et des comptes anonymes qui permettront de brouiller les pistes, de blanchir l’argent qui va servir à financer l’opération et de le faire parvenir finalement à son destinataire de la façon la moins risquée possible.

 

La fraude fiscale.


Les paradis fiscaux et les banques des paradis fiscaux, par leur secret bancaire et l’opacité qu’ils organisent, sont un lieu d’accueil des sommes soustraites aux fiscs nationaux quand il s’agit de sommes assez importantes qui pourraient difficilement être dépensées par les personnes qui fraudent dans leur pays d’origine sans éveiller l’attention des administrations fiscales. Mais les paradis fiscaux sont aussi un outil fort utile pour rendre plus facile la fraude fiscale de haut niveau des personnes fortunées et des entreprises multinationales :

par exemple des sociétés fictives (un nom, une adresse, un papier à en-tête, des références qui font des fausses factures...) vont y être localisées pour diminuer le bénéfice en France.

 

Les conséquences de la fraude fiscale sont, bien entendu, une réduction des rentrées budgétaires, des difficultés supplémentaires pour les budgets publics et une réduction de certaines dépenses publiques dont, trop souvent, celles qui peuvent créer de la solidarité et du lien social (services publics et services sociaux par exemple).

La fraude fiscale des uns est finalement payée ou supportée par les autres (par une augmentation de la pression fiscale sur ceux qui ne peuvent pas frauder et par une réduction des dépenses publiques).


La fraude fiscale est un élément d’accélération des inégalités sociales. La sanctuarisation des trafics et des mafias. Les paradis fiscaux, en « offrant » le secret bancaire, la confidentialité et l’opacité de structures juridiques qui permettent de cacher l’identité réelle des donneurs d’ordre, des propriétaires ou des bénéficiaires, illustrent totalement le dit des banquiers selon lequel l’argent n’a pas d’odeur. Tous les trafiquants vont pouvoir utiliser de tels services, et les fonds qui transitent par les paradis fiscaux peuvent avoir les origines les plus crapuleuses et condamnables : trafics d’armes et financement de guerres privées, argent de la prostitution et du trafic d’êtres humains, sommes amassées par des opérations de racket, édition et mise en circulation de fausse monnaie, trafic de drogue, etc.

 

Les rapports sont maintenant nombreux qui établissent comment les réseaux terroristes utilisent les services des paradis fiscaux pour centraliser les fonds qu’ils amassent, puis pour financer leurs actions. Les mafias et les réseaux criminels sont aussi des utilisateurs des services et des prestations des paradis fiscaux.

 

La complaisance maritime.


Certains paradis fiscaux ont plus particulièrement adapté leur législation et leur réglementation pour pouvoir immatriculer facilement des navires étrangers. Cette complaisance maritime, désormais majoritaire dans le commerce maritime, tire l’ensemble du secteur vers le bas : pas ou peu de fiscalité, pas ou peu de réglementation sécuritaire ou environnementale, peu de contrôles, aggravation des conditions de travail et d’emploi des salariés et de l’encadrement, dégradation des conditions d’exploitation et d’entretien des navires.


Ce contournement des réglementations nationales, notamment sociales, sécuritaires et environnementales, permet de réduire fortement le « coût » du transport maritime et participe ainsi très fortement à la mise en concurrence brutale des marchés et des mains d’œuvre. La succession des « marées noires » et des « navires poubelles » montre la place prise par les paradis fiscaux dans ce secteur économique quand les victimes éprouvent les plus grandes difficultés à faire reconnaître des responsabilités aux véritables donneurs d’ordre.


L’imbrication de l’économie légale et de l’économie criminelle.


Plusieurs études montrent qu’environ 50% des flux de capitaux internationaux passent ou résident dans les paradis fiscaux ; dans ces capitaux qui transitent ou qui résident, il y a de la finance « licite» (mais qui recherche tout de même de la discrétion) et de la finance « illicite », laquelle intervient par ailleurs dans l’économie réelle par des investissements dans des entreprises qui auront pignon sur rue.

 

Les paradis fiscaux sont bien un lieu où se croisent , se mêlent et s’interconnectent l’économie légale et l’économie criminelle, où le noir, le blanc et le gris sont présents ensemble.

 

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Ainsi, par les masses financières concernées, par le nombre de sociétés qui y sont localisées et qui gèrent plus ou moins directement des activités installées un peu partout sur la planète, par la présence -directe ou par des représentants- des principaux réseaux bancaires, par les multiples sociétés-écrans qui sont utilisées par les multinationales, les paradis fiscaux sont de plus en plus influents sur le reste du monde ; ils sont un élément d’accélération des dérégulations et d’accentuation des risques d’instabilité financière.

 

 

 

Conséquences du blanchiment d’argent

 

La problématique du blanchiment

 

 

De l'argent sale russe et chinois dans le vignoble français ?

 

 Comment blanchir l'argent sale ?

 

 Pourquoi HSBC Londres ne veut plus de l'argent des ambassades

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:16

Le libre-échangisme dogmatique est à la théorie du libre-échange ce que les dogmes sont aux idéaux : une déformation idéologique.

 

http://www.marianne.net/photo/art/default/968901-1146055.jpg?v=1366711207

 

En 2010, s’est tenue une réunion des chefs d’Etats européens dont le communiqué officiel « souligne qu’il faut s’abstenir de toute forme de protectionnisme ». En vérité, le débat avait porté sur la gravité des délocalisations et la nécessité de moduler un tant soit peu le libre-échangisme. Berlusconi désigne la Chine et invite à « regarder ce problème de près ». Il est approuvé par le chancelier social-démocrate autrichien.


Barroso débite alors le catéchisme anti-protectionniste : le point est « important, mais il faut aussi regarder cette question de manière plus large et ne pas singulariser un seul pays. L’Union européenne est le premier exportateur au monde. Nous ne devons pas lancer de mauvais messages protectionnistes ».


Sarkozy intervient : « Cette réponse est un peu trompeuse ! L’Union européenne n’a aucune intention d’être protectionniste, mais nous cherchons absolument la réciprocité avec nos partenaires. Nous devons arrêter d’être naïfs […] En ce qui concerne la singularisation d’un pays ou pas, au contraire, on doit cibler la Chine, beaucoup plus que le Burkina Faso car les intérêts sont différents ».


Angela Merkel abonde dans ce sens en estimant qu’il faut qu’une pression soit exercée sur la Chine en ce qui concerne le protocole de l’OMC sur les marchés publics : si nous ne traitons pas les conditions dans lesquelles la Chine obtient des contrats d’infrastructure dans l’UE, nous n’aurons pas de levier pour les contrats d’infrastructure en Chine.


Le libre-échangisme repose sur des arguments d’autorité


Ce consensus des chefs d’Etats, contre le statu quo du libre-échangisme absolu, est entravé par un chantage au risque protectionniste qui utilise tous les stéréotypes en vogue : celui de l’ouverture d’esprit, largesse d’idées, hauteur de vue (regarder cette question de manière plus large), celui de la non-discrimination, non-stigmatisation, non-désignation (ne pas singulariser un seul pays), celui enfin du non-contact avec le malin qu’exigent le présage de bonne augure (ne pas lancer de mauvais messages protectionnistes) et le cordon sanitaire (s’abstenir de toute forme de protectionnisme).


Mettons les points sur les i. L’anti-protectionnisme imite l’antiracisme dogmatique. S’abstenir de « toute » forme de protectionnisme est un mot d’ordre calqué sur celui du rejet de toute forme de racisme et toute forme d’alliance, de compromission ou de contact avec le racisme. Impératif de non-contact avec le Malin qui fait fonction de rejet de l’impur, de répulsion ethnocentrique envers des lépreux politiques.


Tel autre discours libre-échangiste glose sur un danger « d’escalade » protectionniste. En économie, ces métaphores inquiétantes abondent : spirale de l’inflation, engrenage de l’endettement, cycle récessif, marchés qui dévissent… Ce stéréotype de l’enchaînement inéluctable, du crescendo incontrôlable et des conséquences incalculables repose sur l’idée de réaction en chaîne ou d’effet boule de neige qu’illustre l’argument de la pente glissante ou du petit doigt dans l’engrenage.


Ce stéréotype peut aller jusqu’à craindre un « ver dans le fruit », c’est-à-dire utiliser le spectre de la vermine galopante chère aux langages totalitaires, ou encore recourir à une rhétorique du couteau sous la gorge : « On ne saurait trop insister sur les dangers de jouer avec la rhétorique protectionniste, en particulier en période de crise […] L’histoire ne doit pas être oubliée ».


En filigrane, se profilent l’irresponsabilité d’un enfant qui joue avec une mine, voire le danger d’un pyromane jouant avec le feu, puis la menace se précise, empruntant au langage antifasciste ses métaphores de la boîte de Pandore et de la traînée de poudre (ayant menée aux années noires). Argument d’autorité qui infantilise le lecteur, le prive de son libre-arbitre, le dépossède de sa réflexion. Mieux vaudrait peser le pour et le contre sans se laisser intimider, ni croire que ceux qui ne pensent pas pareil sont des forbans.
 

*Marc Crapez est chercheur en science politique associé à Sophiapol (Paris-X).

Voir l'intégralité des articles de Marc Crapez sur son blog

 

 Le libre-échange transatlantique ne sauvera pas 

 

 Le libre échange ultralibéral est-il le meilleur système?

 

Thatcher: symbole d'un ultralibéralisme qui a mené à la crise actuelle

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 14:48

Que reste-t-il du modèle social français après trente ans de néolibéralisme?

 

Cette question oriente le voyage dans leur pays natal de quatre Français installés depuis plusieurs années au Venezuela.

 

Pour y répondre, le documentaire mêle des données statistiques, journalistiques et des interviews de sociologues, intellectuels, militants, réfugiés politiques, artistes, citoyens, travailleurs sociaux des banlieues, sans-papiers et Roms, enfin tous ceux qui peuvent révéler si la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" est toujours en vigueur dans leur réalité concrète.

 

Documentaire tourné pendant l'hiver 2010-2011

 

Liste des intervenants

 

De leur plein gré

Jean-Luc Mélenchon, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, Bernard Cassen, Ignacio Ramonet, Stéphane Hessel, Bastien Cazals, Dominique Liot, Bénédicte Malaurent, Gilles Robic, Nils Solari, François Maliet, Etienne Douat, Vincent Manuguerra, Anne-Leïla Ollivier, Stivan, Simona, Tinito, Zlatka, Mehmet Ali Dogan, Adama Touré, Djibril Diaby 

 

A l'insu de leur plein gré

Nicolas Sarkozy, François Fillon, Claude Guéant, André Valentin, Chantal Brunel et quelques journalistes serviles.


 Un documentaire signé

Tristan GOSAGUEN, Yan MANUGUERRA, Johanna LEVY et Philippe FRECHOU

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:25

Ils sont aujourd’hui nombreux les ex de la Commission européenne à aller pantoufler dans des lobbies à la fin de leur carrière. Quand je parle d’ex, je ne parle pas des politiques, les commissaires. C’est un autre registre et un autre tempo.


Je parle de ceux qui sont en charge des dossiers, qui ont une autorité, une expérience, des relations, au plus haut niveau, les directeurs généraux, ou leurs adjoints ainsi certains directeurs voire chefs d’unité placés dans des postes clés.


Bref ceux qui ont un excellent carnet d’adresse utile pour un cabinet de lobbying. Il suffit d’examiner quelques uns des associés de certaines sociétés de lobbyings pour s’apercevoir que ce phénomène ne se limite pas à une ou deux personnes mais est très généralisé, surtout dans certaines fonctions.

 

 

Généralisation qui m’a été confirmé “off record” par un des portes-paroles de la Commission européenne.


Un recrutement sélectif de certains responsables


Le cabinet GPlus fondé par un ancien porte-parole de la Concurrence et pour le commerce, Peter Guilford, est souvent cité par ceux qui s’intéressent au lobbying. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Il y a des cabinets plus discrets, mais tout aussi importants, qui pratiquent le recrutement, très sélectif, d’anciens responsables de la Commission européenne. Pour n’en citer qu’un, prenons par exemple, le cabinet Kreab Gavin Andersen, issu de la fusion de deux cabinets internationaux créés à Stockholm et New York, s’est acquis en 2010 les services de l’ancien directeur général de l’Environnement puis au Commerce à la Commission européenne, Mogens Peter CARL.

 

Le service qui suit les carrières des hauts fonctionnaires à la Commission n’a rien trouvé à redire. Mais ce n’est pas sa seule prise. Il emploie une petite dizaine d’anciens cadres de l’institution européennes, dont l’ancien directeur anti-trust à la DG Concurrence, Sven Norberg, l’ancien DG pour l’harmonisation fiscale et les institutions financières, Ole Bus Henriksen, l’ancien DG adjoint au Commerce et ambassadeur à Genève, Roderick Abbott, l’ancien DG Entreprise, Magnus Lemmel… 

 

Les postes détenus par ces responsables ne sont pas dus au hasard. Ils correspondent bien au core business de l’entreprise et à sa clientèle.


La Commission bonne fille, réembauche

 

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A ce qui peut s’apparenter à une véritable fuite des cerveaux, voire un véritable pompage en règle de ressources intellectuelles, la Commission européenne reste sans mot.

Mieux elle n’hésite pas à recourir à ses anciens fonctionnaires pour certaines fonctions. Comme Michel Petite, ancien DG du service juridique, redevenu avocat et consultant chez Clifford Chance. Il a notamment été en contact avec une entreprise de tabac.

L’homme est intelligent, réputé pour sa rigueur professionnelle, et dispose d’un épais tissu relationnel car le poste qu’il occupait est des plus élevés de l’exécutif européen (le service juridique de la Commission voient passer et donnent son avis sur tous les projets de directive et litiges judiciaires).

Non seulement il a été autorisé à exercer ses fonctions qui l’amènent à croiser des dossiers européens dont il pouvait avoir la charge. Mais il vient d’être renommé au “comité d’éthique” de la Commission … chargé de donner un avis sur les fonctions que pourrait occuper les commissaires (télécharger la décision ici).


Et ne répond à aucune question gênante


Lors d’une épique question de réponses hier au briefing de presse, la porte-parole de JM Barroso n’a rien trouvé à redire à cette nomination.

 

« Il n’y a aucun lien entre cette fonction là et les fonctions de M. Petite depuis qu’il a quitté la Commission européenne. (…) Et il n’y a aucune raison de le questionner les qualifications à remplir ses fonctions comme membre du comité ad hoc. »

 

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Quant au recrutement prolifique de ses anciens directeurs généraux par des cabinets de lobbying, la réponse du porte-parole de Barroso est éloquente :

 

« C’est étonnant que tu poses cette question. M. Petite a été autorisé explicitement à exercer ses fonctions. Je suggère qu’on en arrête là. »


La nécessité d’une législation plus précise


On peut se poser la question, plus générale, de savoir pourquoi des hauts fonctionnaires se doivent d’aller travailler dans des cabinets de lobbying, alors qu’il y a tant d’autres manières d’occuper ses jours de retraite (écrire des livres, être avocat aux cotés de familles démunies, de consommateurs en détresse ou d’étrangers demandeurs d’asile ; travailler dans des mouvements ou organisations à but non lucratif, des fondations) …

Une manière d’arrondir ses fins de mois peut-être. Mais aussi de garder un pouvoir d’influence qu’ils ont toujours eu dans leurs fonctions. « Ils n’arrivent pas à décrocher sans doute » m’a assuré un fonctionnaire.


Quoi qu’il en soit, il y a actuellement un laxisme de l’institution européenne envers ses anciens hauts fonctionnaires qui est plus que troublante, qui est gênante dans la conduire des affaires européennes.

De fait, une suspicion, fondée ou non, va pouvoir entacher nombre de ses décisions, où on se demandera si elle n’a pas été influencée par un de ces “anciens” passés de l’autre coté de la rue.

 

Il ne serait pas illogique d’encadrer de façon plus précise l’activité de ses “ex” en leur interdisant toute fonction lucrative ou dans un cabinet de conseil ou de lobbying quand ils sont en retraite ou en pension.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 09:23

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En France, la Cour des Comptes a dénoncé en 2012 plus d’1.8 milliard d'euros de fraudes aux certificats carbone, avec 18 procédures judiciaires en cours.  

 


Vendredi dernier, 500 policiers ont investi le siège de la Deutsche Bank à Francfort, la banque centrale allemande. Ils ont perquisitionné les locaux et interpellé 25 personnes dont le co-président en personne, Jürgen Fitschen, et le directeur financier, Stefan Krause, dirigeants principaux du conseil d’administration.

 

L’objet de cette opération de police d’envergure était encore plus grave que d’habitude. Il s’agit cette fois de fraude aux certificats carbone, ces fameux certificats verts dont tout le monde parle mais dont personne ne connait rien. Ils sentent de plus en plus le soufre ces certificats. Leur fraude est estimée par les polices financières à 5 milliards € rien que pour cette année.

 

Quelques exemples : un ministre ukrainien a été impliqué dans un détournement de 300 millions de certificats en 2011. En un an, le marché italien des certificats carbone a engendré 500 millions de fraudes avant d’être fermé en catastrophe. En France, la Cour des Comptes a dénoncé en 2012 plus d’1.8 milliard de fraudes aux certificats carbone, avec 18 procédures judiciaires en cours. Ce procédé est la gangrène des énergies renouvelables dont il a complètement pourri la base. Avec l’opération de police à la Deutsche Bank, on atteint un niveau industriel de fraude.

 

Le principe est simple : vous construisez par exemple un parc d’éoliennes. D’une part votre électricité sera obligatoirement rachetée au prix fort par le contribuable, même si elle est de mauvaise qualité. Mais d’autre part, il existe une ressource souterraine encore plus intéressante : sans rien dire à personne, vous allez pouvoir négocier au niveau mondial des « certificats » qui vont être rachetés par des industriels pollueurs pour pouvoir continuer à polluer. Ces certificats sont autorisés au nom de mystérieux quotas internationaux définis par quelques experts et surtout quelques banquiers dans le secret de ces fameuses conférences internationales sur le réchauffement climatique.  De toutes façons, leur montant compte peu, car ils sont très mal contrôlés et servent souvent plusieurs fois.

 

Pourquoi des financiers se sentent soudain concernés par l’avenir de la planète ? Parce que ce système vaut beaucoup d’argent. On saisit mieux pourquoi des promoteurs battent la campagne pendant plusieurs années pour installer des éoliennes dans des coins reculés des campagnes françaises. Ce n’est ni l’électricité, ni l’avenir de la planète qui les intéresse, mais un pactole souterrain considérable souvent objet d’évasion fiscale de masse, dont personne ne soupçonne l’ampleur, et dont ils se gardent bien de parler. D’une part le contrôle de ces certificats est très léger et illusoire. Chacun sait qu’il existe des certificats émis plusieurs fois pour le même équipement, ce qui est totalement interdit. Les organismes de « contrôle » sont souvent de simples officines privées à la merci des groupes industriels et financiers qui les ont créées.

 

Ceci veut dire aussi que plus on construit d’éoliennes, par exemple, plus on prolonge la pollution de la planète dans ses aspects les plus graves. Bien au-delà du simple aspect de l’énergie, la rentabilité de vieux équipements polluants est telle que leurs propriétaires sont prêts à subventionner gratuitement des opérations d’énergie renouvelable, tellement elles leur font gagner d’argent.

 

Bien pire, ce système intéresse désormais les mafias internationales car il permet de blanchir, ou plutôt de « verdir » beaucoup d’argent en peu de temps.

Le Service de Renseignement et d’Analyse sur la Criminalité Organisée vient de produire un rapport dans ce sens à l’attention du premier Ministre. Avec un tel système, les « pourboires » locaux sont tentants et faciles, et représentent un montant dérisoire des gains. Ainsi, les opérations d’énergie renouvelable, comme le solaire ou surtout les éoliennes, sont devenues la partie apparente et alibi d’un vaste trafic financier international… subventionné par le contribuable…

 

 

Les lobbies bruxellois champions des ONG bidons

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 08:54

Dans les jours qui avaient précédé les élections présidentielles américaines de 2008, d’importantes sections de l’élite dirigeante américaine avaient pris la décision de soutenir Obama avant la crise financière qui avait éclaté avec l’écroulement de Lehman Brothers. Leur calcul était basé sur l’idée que des illusions placées dans « l’espoir » et le « changement auquel on peut croire », générées par la campagne d’Obama fourniraient un peu de répit dans le contexte de l’hostilité populaire à l’égard du gouvernement Bush.


Quatre ans plus tard, la désillusion se propage de plus en plus, coïncidant avec un changement significatif de l’économie américaine et mondiale qui va alimenter une intensification de la lutte des classes internationalement. De façon plus générale, les trains de mesures mis en œuvre par les gouvernements et les autorités financières dans le but d’empêcher une récession et un effondrement financier sont en train d’arriver au bout de leur efficacité restreinte.


Aux Etats-Unis, les principaux grands groupes, sous l’impulsion du plan de « restructuration » de General Motors du gouvernement Obama qui a fait que les salaires initiaux ont été réduits à tout juste 14 dollars de l’heure, ont été en mesure de maintenir et, dans bien des cas, d’accroître leurs profits. Mais, le programme de réduction des coûts eu égard à la baisse des revenus et à une faible demande ne peut se poursuivre indéfiniment. L’investissement des entreprises – le plus sûr indice des conditions à venir – reste à des niveaux historiquement bas, enregistrant une croissance nulle au troisième trimestre.

 

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Au cours de ces quatre dernières années, la Réserve fédérale américaine a cherché à stimuler les institutions financières et les banques en débloquant des quantités illimitées d’argent bon marché, en augmentant d’environ 2,5 milliers de milliards de dollars les actifs financiers détenus par la Fed. Mais, l’adrénaline de l’impulsion financière est en train de perdre son efficacité.


La politique de la Fed a été reprise par les banques centrales de par le monde. Les actifs financiers inscrits à leurs bilans sont passés d’environ 6 milliers de milliards d’euros à 18 milliers de milliards, ce qui représente tout juste un peu moins d’un tiers du produit intérieur brut mondial.

Comme l’a remarqué récemment le journaliste économique Satyajit Das :

 

« L’économie mondiale est dépendante de l’héroïne monétaire, » et des doses de plus en plus élevées « sont nécessaires pour que le patient puisse simplement fonctionner. »


Les niveaux d’endettement gouvernemental se sont rapidement accrus alors que l’endettement de la banque privée a été transformé en dette publique, et que l’endettement de 11 grands pays est passé de 381 pour cent du PIB en 2007 à 417 pour cent en 2012.

Les programmes de tous les gouvernements capitalistes consistent à récupérer ces énormes dépenses afférentes au renflouement des banques au moyen de programmes d’austérité considérables visant à réduire drastiquement les dépenses sociales et à appauvrir la classe ouvrière.

 

http://www.mecanopolis.org/wp-content/uploads/2011/07/dette.png


Lorsque la crise a éclaté, divers commentateurs financiers et des vedettes de la presse avaient affirmé que la Chine et d’autres soi-disant « marchés émergents » seraient en mesure de « se découpler » des principales économies et de fournir au capitalisme mondial de nouveaux centres de croissance.


Et, pendant une courte période, ces illusions ont été entretenues par la croissance continue de l’économie chinoise, alors que les mesures relatives aux dépenses publiques et à l’expansion du crédit – caractérisées par Goldman Sachs en tant que plus gros plan de relance de l’histoire de l’économie – alimentaient une vague d’investissement.

Mais, les mesures prises par le régime chinois reposaient sur la conviction que les marchés d’exportation du pays – en premier lieu l’Europe et les Etats-Unis – s’amélioreraient.

Cette illusion a bel et bien été brisée et les limitations inhérentes à la politique de relance chinoise sont clairement visibles.

 

http://www.latribune.fr/getFile.php?W=575&H=317&f=1&ext=jpg&ID=5071441


Selon David Pilling, correspondant du Financial Times en Chine, le moral économique en Chine s’est « sensiblement assombri » ces derniers mois. Le taux de croissance chinois a chuté au cours de ces sept derniers mois et se trouve actuellement à son niveau le plus bas depuis 1999.


L’ampleur de la vague d’investissement est telle que l’on estime que la moitié de l’ensemble de l’infrastructure physique de la Chine s'est construit au cours des six dernières années.

La croissance économique fondée sur les dépenses d’investissement se composant de près de 50 pour cent du BIP est intrinsèquement non durable et certains commentateurs économiques parlent ouvertement de l’inéluctabilité d’une crise.


Les chiffres les plus récents en provenance de la zone euro, bloc économique représentant 20 pour cent du PIB mondial et plus vaste que les économies chinoise et américaine réunies, sont l’expression la plus claire de tendances récessionnistes mondiales. Cette semaine, suite à une contraction inattendue de 0,4 pour cent pour cette année, la Commission européenne a révisé en baisse de 1 pour cent ses prévisions de croissance du PIB de l’année prochaine en les ramenant à à peine 0,1 pour cent.

 

http://www.latribune.fr/getCrop.php?ID=5559011&ext=jpg&W=770&H=380&ptr=0


Il est significatif de noter que la principale raison d’une révision à la baisse est le déclin de l’économie allemande qui ne devrait croître que de 0,8 pour cent l’année prochaine contre une prévision précédente de 1,7 pour cent.

D’importants licenciements ont été annoncés dans des secteurs clé de l’économie allemande.

En commentant ces chiffres, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a dit qu’auparavant l’Allemagne avait été protégée des problèmes économiques existant dans le reste de la région européenne, mais que cette période arrivait maintenant à son terme.


Partout en Europe, le chômage devrait grimper à plus de 12 pour cent, ce qui signifie que les conditions ressemblant à une dépression en Grèce et en Espagne vont se propager à travers le continent.


Alors que la croissance économique décline, l’instabilité financière augmentera partout dans la zone euro, faisant peser la menace d’une crise financière de portée mondiale en cas de défaillance de la Grèce, de l’Espagne ou de l’un des autres pays emprunteurs. Les problèmes ne sont pas limités aux pays dits périphériques.


La perspective des banques allemandes reste placée sous « surveillance négative » et des préoccupations persistent pour les banques françaises.

Une crise majeure n’a été évitée jusqu'ici que par la mise à disposition par la Banque centrale européenne d’un millier de milliards de dollars à des banques en mal de liquidités et par son engagement de rachat des obligations des pays hautement endettés.

Mais, aucun montant de liquidités de la BCE ne peut couvrir le problème central – à savoir que les principales banques et institutions financières européennes sont confrontées à une insolvabilité, plutôt qu’à une crise de liquidité.

 

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Face à l’effondrement en cours de l’économie capitaliste mondiale, la réaction de la classe dirigeante partout dans le monde est d’intensifier ses attaques contre les travailleurs.

 

Le gouvernement nouvellement réélu d’Obama a décidé que son premier point à l’ordre du jour est l’adoption de coupes drastiques dans les dépenses, en premier lieu concernant les droits à la sécurité sociale.

En Europe, les programmes d’austérité qui ont créé des conditions identiques à une dépression en Espagne et en Grèce seront intensifiés.

Et en Chine, les mesures de relance de ces quatre dernières années se heurtent au mur de briques du déclin mondial.

 

http://medias.68mai08.org/affiches/affiche_Capitalisme_malade.jpg


Le changement dans l’économie mondiale représente des défis politiques décisifs pour la classe ouvrière.

Le premier pas pour relever ces défis est la reconnaissance que le système capitaliste a échoué et qu’il n’y aura pas de retour à des conditions « normales. »


La « nouvelle norme » est un retour aux conditions de la Grande Dépression – la guerre, le chômage de masse et des formes de gouvernance dictatoriales.

 

http://npdc-picardie.ordi2-0.fr/local/cache-vignettes/L500xH361/Capture-2-9a61f.jpg

 

Ceci implique la nécessité pour la classe ouvrière d’initier une lutte politique pour renverser ce système capitaliste historiquement dépassé et pour construire une économie socialiste planifiée.

 

Pierre Jovanovic "Nous avons pris le chemin de la Grèce" - Avenir de la crise en France

« Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale »


Europe: Vers la faillite et l'explosion de l'euro?

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 09:45

http://s1.lemde.fr/image/2012/11/30/534x267/1798580_3_293b_le-nouveau-gouverneur-de-la-banque_85a5ee266981dc5276af5370f26c459a.jpg

Le nouveau gouverneur de la banque d'Angleterre, Mark Carney, le 28 novembre à Ottawa. 

 

La nomination de Mark Carney, le patron de la Banque du Canada, au poste de gouverneur de la Banque d'Angleterre, a relancé la polémique sur la puissance de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs.

 

En effet, à l'instar de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), d'Antonio Borges, chargé des privatisations au Portugal ou de Mario Monti, président du conseil italien, le futur responsable de "la vieille dame de Threadneedle Street" est un ancien de Goldman Sachs.

 

Les détracteurs du célèbre établissement financier new-yorkais ont beau jeu de souligner dans la foulée que ledit Mark Carney a succédé à Mario Draghi à la tête du Conseil de stabilité financière créé par le G20 en vue de surveiller les institutions financières.

 

PUISSANCE DE SON RÉSEAU D'INFLUENCE UNIQUE

 

Par ailleurs, le banquier central canadien qui a travaillé treize ans chez Goldman Sachs vient d'être remplacé par un autre alumnus ("ancien élève"), William Dudley, à la tête de l'organe de supervision des marchés de la Banque des règlements internationaux.

 

Voilà donc Goldman Sachs qui occupe de nouveau le devant de la scène. En cause, la puissance de son réseau d'influence unique, à la fois souterrain et public, actif des deux côtés de l'Atlantique. On reparle du "gouvernement Sachs", ce maillage serré sédimenté depuis des lustres.

 

http://fr.sott.net/image/image/s4/87779/full/goldman_sachs_fed.gif

 

Les partisans de la théorie du complot peuvent à nouveau s'en donner à coeur joie en dénonçant une pieuvre aux multiples tentacules qui poursuivrait un sinistre dessein de domination mondiale.

 

La réalité du pouvoir de ce cercle magique constitué d'anciens de Goldman Sachs passés avec armes et bagages au plus haut niveau de la fonction publique ou de la politique, est bien sûr plus nuancée.

 

Certes, par le truchement du "revolving door", c'est-à-dire les allers et retours entre la banque et la haute administration, le quartier général du 200 West Street, à Manhattan, est en mesure d'influencer la gouvernance mondiale. "Vous êtes diplômé de l'université Goldman, et vous n'oubliez jamais la culture maison dans vos fonctions à l'extérieur", souligne Richard Sylla, professeur d'histoire financière à la Stern Business School de New York, au sujet d'un mode opératoire très spécifique à la banque.

 

PURE BANQUE D'AFFAIRES ENTOURÉE DE MYSTÈRE

 

De surcroît, incontournable dans les coulisses du pouvoir, Goldman Sachs, pure banque d'affaires entourée de mystère, est invisible aux yeux du public.

 

En outre, à l'inverse de ses consoeurs, la banque fait appel en priorité à d'anciens banquiers centraux, hauts fonctionnaires de la Commission européenne ou directeurs du Trésor. En revanche, dans les couloirs, vous ne croisez jamais d'ex-premiers ministres ou d'ambassadeurs retraités considérés comme d'aimables potiches.

 

Par le truchement de sa confrérie d'anciens associés, Goldman sait cultiver les accointances, de droite comme de gauche. L'enseigne est tout simplement imbattable dans le registre de l'entrisme économico-politique.

 

Enfin, le "gouvernement Sachs" ouvreur de portes permet de recueillir, en toute légalité, des informations qui circulent ensuite dans les différents départements de la banque, à commencer par la salle des marchés.

 

Pourtant, au-delà de ces compagnons, maîtres et grands maîtres amenés à "répandre dans l'univers la vérité acquise en loge", le pouvoir de Goldman a perdu de son efficacité depuis la tourmente financière de 2008.

 

Les "ex" se révèlent moins utiles face à des gouvernements et des régulateurs sensibles à l'impopularité des professionnels de la finance, tenus pour responsables de la crise.

 

Le carnet d'adresses ne suffit plus sur une planète financière complexe et technique face à une nouvelle génération d'industriels moins impressionnés par le savoir-faire des petits génies de l'argent. Les clients exigent le respect de l'éthique.

 

LES MALADRESSES DE SON PDG, LLOYD BLANKFEIN

 

Jamais l'orgueilleux mastodonte n'a pris autant de coups (scandale Abacus, maquillage des comptes grecs, révélations de l'ex-trader Greg Smith...).

 

Les maladresses de son PDG, Lloyd Blankfein, qui affirme "faire le travail de Dieu", ont écorné son image.

 

De plus, le président Barack Obama a mis en route la réforme financière la plus ambitieuse depuis la Grande Dépression et qui devrait contraindre Goldman à limiter les activités spéculatives à l'origine même de son succès.

 

Si la clientèle lui est restée fidèle, et si les diplômés les plus brillants se bousculent toujours au portillon, l'aura de la prestigieuse compagnie s'est ternie.

 

Dans ce contexte, aux Etats-Unis par exemple, l'âge d'or d'anciens dirigeants de la banque implantés dans les hautes sphères de Washington - Sidney Weinberg, conseiller occulte de Roosevelt, ou Robert Rubin et Henry Paulson, respectivement secrétaire au Trésor de Bill Clinton et de G.W. Bush - est bel et bien révolu.

 

Au contraire, des anciens de Goldman sont souvent à la pointe du combat contre les excès de la finance casino. C'est le cas de Gary Gensler, dirigeant de la Commodities Futures Trading Commission, qui combat l'opacité des marchés à terme.

 

Ou de Mark Carney, régulateur impitoyable, qui a déclaré "comprendre" la démarche des anticapitalistes.

 

Goldman Sachs reste une compagnie dotée de tous les atours lui permettant de conserver une part de puissance et de gloire. Mais, dans le nouvel environnement financier, l'institution n'est plus ce qu'elle était.

 

le pillage continu cependant

 

Goldman continu d'étendre ses tentacules

 


ArcelorMittal: l'échec du modèle Goldman Sachs

 


 

Vidéo tirée du Documentaire de 2009 " La mise à mort du Travail" En dénonçant comment la Finance optimise la rentabilité d'une entreprise pour satisfaire les actionnaires, on voit que le même mode opératoire est à l'œuvre sur les Nations. Pour la Société FRANCE dont l'actuel PDG est François Hollande, le remboursement de la Dette n'est que la prise d'otage de l'Industrie, du Service Public et des citoyens, donc de la Souveraineté et de la Démocratie, par des Groupes Financiers dont le principal objectif est de satisfaire le retour sur investissement afin d'enrichir leurs principaux actionnaires.


La fabrique des pauvres

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:24

Le « shadow banking » a atteint le niveau record de 70.000 milliards de dollars en 2011, selon le FSB. Or les activités de ce secteur, très développé en Europe, sont peu contrôlées.

 

http://actuwiki.fr/wp-content/uploads/2012/11/54248_bundles-of-confiscated-money-are-displayed-at-a-police-headquarter-in-madrid.jpg

FINANCE – Depuis 2009, les investissements réalisés par les hedge funds et autres entités non bancaires sont repartis de plus belle.

 

Dans son dernier rapport, le Conseil de stabilité financière (FSB) s’alarme du développement de la finance de l’ombre. Celle-ci représenterait 67.000 milliards de dollars, soit 33,5 fois le PIB de la France. Quels sont les acteurs de ce système bancaire parallèlle, capable de déstabiliser l’économie mondiale? L’Europe est-elle concernée par le problème?

 

Le « shadow banking », c’est quoi?

 

Le « shadow banking » recouvre toutes les sortes de placements qui concurrencent les dépôts bancaires. La plupart du temps, ils sont effectués par des fonds de titrisation, des hedge funds, des banques d’affaires ou des fonds monétaires, c’est-à-dire des entités qui ne sont pas soumises à la réglementation bancaire, car elles ne reçoivent pas de dépôts. Les investissements réalisés par ce système bancaire parallèle offrent souvent des rémunérations attractives, mais ils présentent aussi des risques plus élevés pour les investisseurs.

 

Cela n’empêche pourtant pas leur développement. Même la crise financière ne parvient pas à stopper la tendance. Depuis 2009, les investissements réalisés par les hedge funds et autres entités non bancaires sont repartis de plus belle. Le FSB estime ainsi la taille des activités de la finance de l’ombre à environ 67.000 milliards de dollars en 2011, soit entre 5.000 à 6.000 milliards de plus qu’en 2010.

 

En théorie, ce développement d’une finance parallèle pose un problème de concurrence pour les banques traditionnelles. Cependant, il faut le souligner, celles-ci sont très impliquées dans le shadow banking. Nombre d’entités de l’ombre bénéficient d’un soutien implicite des banques. Celui-ci peut prendre plusieurs formes: utilisation d’une marque, d’un réseau de distribution, apport de liquidités… De fait, une partie importante du shadow banking est liée aux banques. Et c’est bien ce qui pose problème pour le régulateur.

 

Le shadow banking, c’est bien ou pas?

 

« Shadow banking » et finance de l’ombre ont souvent une connotation négative. Ces activités permettent pourtant de financer l’économie. On a longtemps dit, par exemple, que la titrisation avait permis d’apporter énormément de liquidités sur les marchés. Cependant, il y a eu des excès. Pendant des années, les banques et les hedge funds se sont amusés à découper les crédits immobiliers en tranches et à les incorporer à d’autres produits financiers complexes, dotés d’une rentabilité supposée imbattable. Ces produits « titrisés » ont été vendus un peu partout et se sont largement diffusés sur la planète finance, mais quand leurs détenteurs se sont aperçus qu’ils étaient pourris, cela a entraîné un mouvement de panique. Tout le monde a voulu vendre, mais il n’y avait pas d’acheteur.

Résultat, une perte de confiance, un assèchement brutal de la liquidité et le gel du marché interbancaire, poussé au paroxysme dans les semaines qui suivent la chute de Lehman Brothers. Cette expérience montre qu’il faut encadrer la finance de l’ombre. Aujourd’hui, l’un des enjeux est d’être sûr que dans le bilan des banques, tous les engagements sont comptabilisés. Il y a déjà du chemin de fait : le G20 a décidé d’obliger les entités qui « titrisent » à garder 5% de cette activité dans leur bilan. Mais il reste encore à faire appliquer cette mesure. Et puis d’autres mesures de contrôle seront sans doute nécessaire pour limiter, par exemple, la concentration du portefeuille d’actifs illiquides.

 

Le « shadow banking » est-il surtout un problème américain ?

 

Absolument pas. Certes, les Etats-Unis disposent toujours du système bancaire parallèle le plus important au monde, avec 23.000 milliards d’actifs en 2011 et ils sont à l’origine de la crise financière que nous traversons. Cependant, la finance de l’ombre pèse 22.000 milliards de dollars dans la zone euro et 9000 milliards de dollars rien que pour le Royaume-Uni. De fait, sur le Vieux continent, les actifs qui échappent aux régulateurs atteignent un montant supérieur à 30.000 milliards de dollars. A elle seule, l’Europe est donc à l’origine de presque la moitié (46%) du « shadow banking » mondial.

 

Pis: ses parts de marchés en la matière ont même tendance à augmenter, alors que celle des Etats-Unis diminuent. En 2005, la zone euro et le Royaume-Uni représentait 40% de la finance de l’ombre. Aujourd’hui, leur part est de 46%. A l’opposé, les Etats-Unis sont passés de 44% à 35% sur la même période.

 

Le Royaume-Uni et la Suisse sont responsables en grande partie de cette montée en puissance. Ce sont les pays industrialisés où la finance de l’ombre progresse le plus depuis la crise. Selon les travaux du FSB, elle a augmenté de 10% au Royaume-Uni sur la période 2007-2011, et de 6% en Suisse, alors qu’en France et aux Etats-Unis, l’activité déclinait sur la même période.

 

Aujourd’hui, la part du « shadow banking représente 370% du PIB outre Manche. Seuls Hong-Kong (520%) et les Pays-Bas (490%) font pire.

On comprend mieux pourquoi le Royaume-Uni ne veut pas que le reste de l’Europe lui dicte ses règles en matière bancaire.

 

Pour en savoir plus: clic ici et ou voir


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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 15:20

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2012/126/Futurism-Got-Corn-graph-631-thumb.jpg

 

En mars, le Club de Rome célébrait le quarantième anniversaire de son célèbre rapport (surnommé «Halte à la croissance?»), dit aussi Rapport Meadows, du nom de son principal rédacteur. Ce rapport avait été présenté au public le 1er mars 1972, à partir d’une commande faite par le même Club de Rome (créé en 1968) au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1970.

 

Cette célébration a donné lieu à un symposium le 1er mars 2012, dont les conclusions sont présentées sur le site du Club de Rome.

Dans le même temps, un des organisme en charge du rapport, le Smithsonian Institution, rend public une version actualisée pour 2012 du rapport de 1972. Il s’agit, en fait d’un second rapport, utilisant la même méthodologie que le premier, avec les mêmes acteurs, le Club de Rome commanditaire et le MIT exécutant.

Les instruments d'analyse ont cependant été modernisés, pour tenir compte des importants progrès accomplis dans les méthodes d'observation et de prévision.

 

http://2.bp.blogspot.com/_J5QtteoC_70/THfpAltCRgI/AAAAAAAAA_4/BeMMqVMRz38/s320/CLUB+DE+ROME.jpg

 

Le point essentiel, que tous les gouvernements, que toutes les entreprises, tout les média auraient du noter, est que le rapport de 2012 confirme celui de 1972.

Celui-ci donnait soixante ans au système économique mondial pour s'effondrer, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement.

La situation est confirmée par la formule du Smithsonian Magazine, «The world is on track for disaster…», autrement dit, “tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre”.

 

Ce désastre, comme le résume le physicien australien Graham Turner, qui a succédé à Dennis Meadows comme rédacteur coordonnateur, découlera du fait que, si l'humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire, un effondrement économique se traduisant pas une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030.

 

Le désastre n'est donc plus loin de nous, mais tout proche. 2020 est d'ailleurs considéré par certains experts comme une date plus probable. L'effondrement pourrait se produire bien avant 2030. Autrement dit tous les projets envisagés pour le moyen terme de 10 ans seraient impactés, voire rendus inopérants. Les rapporteurs font cependant preuve d'optimisme, en écrivant que si des mesures radicales étaient prises pour réformer le Système, la date buttoir pourrait être repoussée.

 

http://www.illuminati666.com/images/illuminati/clubrome.gif

 

Rien ne sera fait

 

Mais nous devons pour notre part considérer, y compris en ce qui concerne nos propres projets, collectifs ou individuels, qu'aucune de ces mesures radicales ne seront prises. Le système économico-polirique, selon nous, ne peut se réformer. Ce sont en effet les décisions des gouvernements, des entreprises et des médias qui convergent pour que tout continue comme avant, business as usual, ceci jusqu'au désastre. Une petite preuve peut en être fournie par le fait que pratiquement aucune publicité n'a été donnée par aucun des acteurs que nous venons d'énumérer à la publication de cette seconde version du Rapport.

 

Insistons sur le fait que ce n'est pas seulement le réchauffement global qui est incriminé par les rapporteurs, mais plus généralement l’épuisement des ressources et, au-delà, d’une façon plus générale, le saccage catastrophique de l’environnement sous toutes ses formes, autrement dit “la destruction du monde”. Pour l'empêcher, il ne faudrait pas seulement réduire notre production de gaz à effets de serre, mais s'imposer une décroissance radicale, à commencer par celle qui devrait être mise en oeuvre dans les pays riches, qui sont les plus consommateurs et les plus destructeurs.

 

Vains espoirs. Il suffit de voir comment, lors des élections françaises de cette année, la question a été évacuée des enjeux politiques (1).

Dans le même temps, on envisage sérieusement de relancer la recherche des gaz de schistes et d'entreprendre des forages profonds en Méditerranée...Petit exemple, car des mesures autrement plus dangereuses se préparent en Arctique et ailleurs.

 

Les opinions publiques se rassureront en faisant valoir que si ce nouveau rapport n'est pas discuté, si des milliers d' « experts » de tous ordres ne le mentionnent pas, c'est parce qu'il est le produit d'un étroit groupe de pression comptant sur le catastrophisme pour prospérer.

 

Nous pensons pour notre part que certains décideurs, discrets mais influents, prennent au contraire ces prévisions très au sérieux et se préparent, évidemment par la force, à protéger leurs avantages face à la révolte des milliards d'humains qui seront touchés par le futur effondrement.

 

(1) Sauf, marginalement, par le Front de Gauche. Voir ici même

 

Qu'est ce que le club de Rome?

wikipépia

 

Nouveau rapport du Club de Rome

http://www.clubofrome.org/?p=3392 plantri.gif

 

Article du Smithsonian Magazine

http://www.smithsonianmag.com/science-nature/Looking-Back-on-the-Limits-of-Growth.html#ixzz1rEEVUFqq plantri.gif

 

Rapport du Club de Rome 1972. Halte à la croissance

http://fr.wikipedia.org/wiki/Halte_%C3%A0_la_croissance_%3F

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:24

http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/local/cache-vignettes/L200xH233/arton187-ce0bd.jpgAprès avoir annoncé un nécessaire « choc de compétitivité » appelé des vœux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite désormais construire un « pacte de compétitivité » sur l’ensemble du quinquennat de François Hollande. Une préoccupation bien ancrée dans l’air du temps : la « compétitivité » est désormais sur toutes les lèvres, omniprésente dans le débat public. Sans qu’on se donne la peine de se demander : la compétitivité, c’est quoi au juste ?

 

Depuis les années 90, la compétitivité est devenue le maître mot du discours politique, un véritable mantra. Aujourd’hui encore, depuis le Parti socialiste jusqu’à la droite, la compétitivité serait l’unique voie de sortie de la crise.

Pourquoi au juste ? Parce qu’il n’y a pas le choix.

Dans un contexte de libéralisation et de concurrence généralisées, la compétitivité, c’est l’équation gagnante : compétitivité des entreprises = croissance = créations d’emploi.

 

Cette simple équation permet de comprendre comment la compétitivité s’est imposée comme un objectif ultime, un modèle « gagnant-gagnant » : les entreprises, les salariés et les gouvernements, tout le monde y gagne ; c’est la fin de la lutte des classes, sous la bénédiction bienveillante du capitalisme financier.

 

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Cette potion magique ne s’applique pas seulement à l’économie, mais à la société toute entière. Bien entendu, sur le plan économique, il faut plus de libre-échange, moins de régulation, moins d’impôts pour les (grandes) entreprises, moins de droit du travail, moins de cotisations sociales…

Mais il faut aussi mettre l’école, la recherche, les services publics, l’écologie, la culture, nos villes, nos régions… et nous-mêmes au service de la compétitivité.

 

Sauf que, sauf que… appliquées depuis plus de 20 ans, les bonnes recettes de la compétitivité n’ont jamais tenues leurs promesses. Loin d’apporter des perspectives pour les économies européennes, ces mesures ont en grande partie préparé la crise financière de 2008, puis elles ont contribué à l’empirer.

 

Pourtant, la quête de la sacro-sainte compétitivité n’a pas été en pertes pour tous. Les privatisations, dérégulations, et autres flexibilisations du marché du travail, menées au nom de la compétitivité semblent finalement aboutir aux mêmes conséquences : les bénéfices de quelques-uns ne cessent d’enfler, au détriment des conditions de vie de la majorité.

Alors, quid de la compétitivité ? Un petit retour historique s’impose.

 

Le rêve des industriels

 

En 1967, le premier ministre Georges Pompidou donnait déjà les premiers éléments de ce que va devenir le discours de la compétitivité : la menace de la concurrence sera l’occasion de sortir la France et ses industriels de la léthargie, de la paresse dans laquelle l’ont plongée les protections douanières.

 

 

Si Pompidou laisse entendre que l’effort d’ajustement coûtera aux industriels, l’économiste de la CGT Jean Duret percevait déjà en 1956 la feinte derrière les velléités de libéralisation du marché commun européen :

« On invoquera les dures lois de la compétition internationale pour démontrer qu’un niveau d’emploi élevé ne pourra être assuré que si les travailleurs se montrent « raisonnables » ».

 

http://www.ert.eu/sites/default/files/styles/external_banner/public/EuropeoOnTrack_336x280.jpg

 

C’est pourtant à partir des années 80 que prend forme une véritable doctrine européenne de la compétitivité, sous l’impulsion décisive de la Table ronde des industriels européens (European Round Table ou ERT), puissant lobby industriel rassemblant quelques 45 dirigeants de grands groupes européens.

 

La Table ronde se donne pour objectif d’influencer la structure même de la construction européenne, pour la rendre favorable au développement de l’industrie. Elle est bien implantée dans les réseaux de pouvoir bruxellois puisque fondée à l’initiative de deux commissaires européens dont Etienne Davignon, futur dirigeant… de la Société générale de Belgique.

 

Ses premiers succès ne se font pas attendre. Le lobby industriel participera activement à l’élaboration de l’Acte unique européen, qui détaillait les barrières commerciales et réglementaires à supprimer pour permettre l’émergence du marché unique. Le traité se basait sur le Livre Blanc publié par la commission Delors en 1985.

Ce document était, comme le reconnurent ses auteurs, lui-même directement inspiré du rapport « Europe 1990 » rédigé par le lobby industriel.

 

Le marché unique sera un premier pas dans l’imposition de la compétitivité comme impératif catégorique. Ce n’était qu’un début : lorsque Delors rend en 1993 son Livre blanc sur la croissance, la compétitivité et l’emploi, il remercie les industriels pour leur soutien lors de sa préparation.

Une semaine plus tôt, il avait pris part à la conférence de presse de la Table ronde des industriels qui présentait son dernier rapport, selon lequel la compétitivité était LA solution pour « vaincre la crise ».

 

http://www.galaxidion.com/arobase/photos/13017.jpg

 

Ce n’est donc pas une surprise : le Livre Blanc approuvé par les gouvernements européens reprend les analyses et préconisations des industriels.

Cette séquence témoigne de l’« alliance objective » qui voit le jour pendant les années Delors entre la Commission et les milieux d’affaires.

Elle permettra notamment la construction du marché unique face à des gouvernements parfois peu enthousiastes, et se poursuivra après le départ de Delors.

 

Les termes de cette relation « gagnant-gagnant » semblent se résumer ainsi :

la Table ronde appelle à plus d’intégration européenne et de nouveaux pouvoirs pour la Commission, et celle-ci, de son côté, contribue à promouvoir la doctrine des industriels au sommet de l’agenda des politiques européennes.

 

Pas d’alternative à la compétitivité

 

La stratégie de Lisbonne proposée par la Commission et adoptée en mars 2000 apparaît comme l’aboutissement de cette symbiose entre la commission et le lobby industriel. Elle sacrait pour 10 ans la compétitivité comme objectif n°1 de l’Union européenne, appelée à devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010 ».

 

Pour les lobbies industriels comme l’ERT, le rêve se réalisait : l’Union européenne, dévouée toute entière au bien-être des grands groupes privés.

Cette orientation sera confirmée en mars 2010 avec la stratégie « Europe 2020 » qui reprenait avec quelques ajouts les recettes pro-compétitivité promues dans le cadre de la stratégie de Lisbonne.

 

Dans le cadre de cette croisade pour la compétitivité, la commission préconise d’accroître la concurrence dans le marché intérieur.

Au programme, la déréglementation des marchés, et notamment du marché des services, une politique de libre-échange exacerbée, et la libéralisation et privatisation des services publics, notamment l’énergie et le transport. Autant de mesures que l’on retrouve à nouveau dans le « Pacte de croissance » promu en juin par le Président Hollande.

 

En fait, ces politiques de concurrence sont la seule voie possible pour les gouvernements souhaitant stimuler l’économie, puisque, côté macro-économique, les politiques « alternatives » sont exclues :

on impose un carcan sur les salaires (« modération salariale ») pour assurer d’une part la compétitivité du coût du travail, et de l’autre la stabilité de la monnaie unique.

 

Dans le même temps, la mise en place de la monnaie unique empêche tout ajustement par dévaluation de la monnaie.

Une perspective qui n’est pas sans déplaire à l’économiste Bulchadani, de la banque Morgan Stanley, qui expliquait en 1998 :

« Si l’on supprime la devise nationale comme soupape de sécurité, les gouvernements devront se concentrer sur les changements concrets à effectuer pour devenir plus compétitifs : impôts plus bas, flexibilité du marché du travail et cadres réglementaires plus favorables à l’industrie. »

 

Les gouvernements doivent par ailleurs renoncer à toute politique budgétaire ambitieuse :

obligés d’emprunter sur les marchés financiers, ils doivent désormais faire preuve de « rigueur » budgétaire.

Et plus question d’augmenter les impôts… là encore, compétitivité oblige.

 

http://libertesinternets.files.wordpress.com/2012/02/business-frienly.jpg?w=510&h=342

 

Dès lors, comme disait Margaret Thatcher, « il n’y a pas d’alternative ». Les élus n’ont plus le choix :

comme de bons entrepreneurs, ils doivent s’assurer de garantir partout, à tous les niveaux de décision, un contexte « favorable aux entreprises » (business friendly).

Le principe avait été décrit par Jean Duret un demi-siècle auparavant : « Les capitaux auront tendance à déserter les régions et les pays où les salaires seront relativement élevés, où certaines lois sociales seront susceptibles de gêner une exploitation trop éhontée.»

 

A l’échelle des Etats, des régions, des villes, les élus deviennent des « managers », et leurs performances sont comparées à l’échelle européenne (le « benchmark ») pour déterminer les « bonnes pratiques ».

A l’aune… de la compétitivité, bien sûr. C’est le triomphe du nouveau management public, qui se traduit en France par la RGPP (revue générale des politiques publiques).

 

La compétitivité s’impose partout

 

Depuis 2000, la commission emboîte le pas aux lobbies industriels, pour qui presque tout finit par se rapporter à la compétitivité, y compris les politiques écologiques et sociales.

C’est la raison pour laquelle l’ERT encourage l’« évaluation comparative », c’est-à-dire l’utilisation de la comparaison quantitative des effets des politiques de compétitivité pour déterminer les nouvelles mesures à adopter.

L’évaluation comparative, cela signifie « scruter le monde afin d’y découvrir ce que les autres ont de meilleur, où que ce soit, pour ensuite, essayer de l’égaler ou de le surpasser»

 

A commencer par l’aménagement du territoire. Les élus locaux deviennent des « managers » de territoire qui doivent désormais tout faire pour attirer entreprises et investissements privés. Fiscalité aux petits oignons, partenariats publics-privés, infrastructures adaptées…

Les grands projets d’infrastructures, autoroutes, lignes à grande vitesse, aéroports (comme celui de Notre-Dame des Landes) deviennent des éléments essentiels de l’« attractivité » des régions.

 

L’université et la recherche n’y échappent pas : elles doivent, elles aussi, se soumettre au dogme de la compétitivité.

La stratégie de Lisbonne, puis la stratégie « Europe 2020 », stipulent que l’université doit permettre de former une main d’œuvre adaptée aux demandes du marché du travail, c’est-à-dire des entreprises.

La commission en appelle même à enseigner « l’esprit d’entreprise » dès le plus jeune âge.

La recherche doit, elle, se focaliser sur l’« innovation », et donner aux entreprises européennes des avantages compétitifs.

 

Les politiques écologiques sont elles aussi soumises à l’impératif de « compétitivité ». Face aux enjeux climatiques, la commission en appelle à une « croissance verte » fondée sur le développement des « technologies vertes » (dont certaines controversées, comme les biocarburants, par exemple).

Les mécanismes de compensation comme la « finance carbone » sont censés inciter les industriels à modifier leurs comportements… alors que toute régulation contraignante sur le changement climatique ou les produits chimiques des industries polluantes est exclue… là encore, compétitivité oblige.

 

http://img.over-blog.com/318x330/2/20/71/42/competitivite-cgtcg08-cg08-syndicat-cgt-ardennes-08.jpg

 

Enfin, la protection sociale doit, elle aussi, se mettre au service de la compétitivité :

il faut, d’une part, flexibiliser le droit du travail, en finir avec le CDI et les conventions collectives pour faciliter les licenciements – et ainsi permettre aux entreprises de mieux s’adapter aux fluctuations des marchés et mettre en œuvre la « modération salariale ». De l’autre part, il faut « activer » les politiques de l’emploi, c’est-à-dire inciter les chômeurs à accepter des emplois qu’ils n’accepteraient pas spontanément en durcissant les règles ou en diminuant les allocations.

Enfin, la sécurité sociale, dont le financement pèserait trop sur les entreprises, doit être confiée aux assurances privées.

 

Une équation truquée

 

En stipulant que toute mesure en faveur des entreprises allait automatiquement réduire le chômage et donc bénéficier à tous, l’« équation magique » de la compétitivité a contribué à propager l’idée que les mesures politiques qui vont dans l’intérêt immédiat des plus grandes firmes internationales sont également, par transitivité, dans l’intérêt de tous.

 

En voyant, encore aujourd’hui, la quasi-totalité de la classe politique sauter comme un cabri en criant « compétitivité ! compétitivité ! », on ne peut s’empêcher de se dire que les lobbies industriels ont bien joué leur coup. Et on ne peut qu’être perplexe en se demandant comment tout ce beau monde peut-il tomber dans un tel panneau si facilement.

 

Car il est pourtant évident que cette équation est truquée.

 

Tout d’abord parce que la centralisation de la production et de la distribution catalysées par le Marché unique ont permis aux multinationales de diminuer les coûts en réduisant considérablement leur main-d’œuvre. Les mesures de concurrence, le libre-échange et la dérégulation du marché du travail censément prises pour stimuler la « compétitivité » ne font qu’accentuer cette tendance.

 

Sur une durée de cinq ans à partir de 1989, la compagnie d’électronique hollandaise Philips a réduit son personnel de 22 % – environ 68 000 emplois ; British Telecom a pu se glorifier d’avoir réduit son effectif de 235 000 à 125 000 entre 1985 et 1996.

À la fin des années 1990, une nouvelle vague de fusions, d’acquisitions et de restructurations industrielles a encore eu pour résultat d’engendrer à la fois des bénéfices record et d’importantes suppressions d’emplois .

 

http://i2.cdscdn.com/pdt2/4/0/8/1/700x700/9782915661408/rw/operations-de-restructuration-dans-les-groupes.jpg

 

Le discours orwélien des industriels atteint des sommets, lorsqu’un rapport de la Table ronde des industriels explique que lutter contre les plans de licenciements, c’est lutter contre l’emploi : « lutter contre la restructuration revient simplement à faire obstacle au changement et à la création d’emplois »

 

Le dogme de la compétitivité exclut toute mesure structurelle qui pourrait être prise pour endiguer le chômage :

la modération salariale, la rigueur budgétaire pèse sur l’activité et maintient un taux de chômage élevé.

Dès lors, la « lutte contre le chômage » mise en œuvre par les gouvernements européens relève au mieux du trompe l’œil.

Au pire, elle contribue à flexibiliser davantage les conditions de travail, à développer les contrats précaires et à accroître les contraintes sur les chômeurs à travers « le durcissement des critères d’éligibilité, la réduction des montants et des durées d’indemnisation, [et] le renforcement des contrôles ».lire ici et !!!

 

La conclusion est donc claire.


La compétitivité, ce n’est pas l’emploi : c’est le chômage, la précarité, et l’explosion des inégalités. Tout ce que l’on nous a imposé depuis plus de vingt ans.

Un modèle de société C’est Georges Pompidou qui vend la mèche, dans l’interview citée plus haut. La doctrine de la compétitivité, qui s’impose à toutes les strates de la décision publique, contribue à forger, par le biais d’une menace permanente, une société sous tension.

Dans la même veine, Laurence Parisot se demandait en 2005 dans le Figaro : « La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ? ».

 

Cette tension est inhérente à nos sociétés « compétitives ». Elle n’a de cesse de s’accroître, et avec elle les profits des grands groupes.

A mesure que les prétendus « remèdes » prouvent leur inanité, on les prescrit avec d’autant plus de force.

 

Georges Pérec avait donné une image qui pourrait illustrer ce modèle : une île, W, où les habitants sont des athlètes contraints à la compétition et qui deviennent obsédés par la victoire – condition de leur survie. Une société toute entière tournée vers la « compétitivité »… où l’on découvre finalement que les performances des athlètes sont dérisoires :

 

« Il faut voir fonctionner cette machine énorme dont chaque rouage participe, avec une efficacité implacable, à l’anéantissement systématique des hommes, pour ne plus trouver surprenante la médiocrité des performances enregistrées : le 100 mètres se court en 23″4, le 200 mètres en 51″ ; le meilleur sauteur n’a jamais dépassé 1,30m. »

 

La farce a assez duré. Il est grand temps d’en finir avec la « compétitivité », et d’inventer un autre imaginaire… plus vivable.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 09:03

On le voit de plus en plus au quotidien : le pouvoir politique est l’esclave du pouvoir financier.

 

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La Haute finance en a besoin pour tricher, voler, taxer, racketter le citoyen, afin de réduire les rentrées fiscales et contraindre la NATION à courber l’échine devant la Haute finance pour quémander plus de prêts qui servent à payer les intérêts des dettes dont les taux sont fixés par M. LE MARCHE.

 

Le pouvoir d’achat des citoyens baisse, la consommation baisse, les notes des entreprises sont dégradées et elles doivent investir à un coût plus élevé (du moins pour certaines)… Tandis que les nations sont poussées vers la banqueroute, les grosses sociétés sont condamnées à s’UNIR et beaucoup vont DISPARAITRE. C’est la loi de M. LE MARCHE qui prépare le monde UNIFIE de demain.

 

Pas de révolution pour le moment

 

Regardez les Etats-Unis : 50% des Américains se partagent 2% du patrimoine des Etats-Unis.

Y a t-il des mouvements sociaux ? Non, pas à notre connaissance.

Les plus éclairés ne manifestent pas mais se préparent au jour de la rupture du Système car, heureusement, les marionnettistes ne contrôlent pas tout, surtout les cieux.

 

Chez nous, les communistes toujours grassement financés par le capital, comme le fut Karl Marx, sont silencieux.

Les syndicalistes ? Ils ne disent rien.

D’aucuns pensent à la retraite… Peur du lendemain ?

Ce n’est pas le cas de tout le monde : à l’UMP on se bat pour être le prochain poulain du premier cercle financier du parti. Sont-ils aveugles ? C’est probable. Pourtant François Fillon n’avait-il pas dit, en devenant Premier ministre, que la France était ruinée ?

Tant que le scénario évolue trop lentement vers le Nouvel Ordre Mondial, les financiers auront besoin des politiciens. Il n’y aura donc pas de révolution « spontanée » pour le moment en Occident.

La classe moyenne est encore bien trop grasse.

 

Et l’Europe ?

 

Là aussi, la Haute finance a besoin des technocrates pour préparer le programme qui suivra la banqueroute organisée des nations. Ces technocrates sont fort bien payés pour ne par réfléchir à ce qu’ils font. Comme les politiciens, ils sont le bras actif de ce pouvoir qui agit dans l’ombre et ne veut pas apparaître au grand jour.

 

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Les multinationales

 

Le pouvoir d’achat baisse, les entreprises ferment, les multinationales délocalisent et la puissance financière distribue sans compter du crédit pour ces projets. La plupart des gros groupes ont des comptes à l’abri des mesures fiscales des politiciens. On arrose les campagnes présidentielles et le jeu continue. Personne ne regarde du côté des paradis fiscaux. Personne n’accuse Wall Street et la City.

 

Le Libor, l’Euribor ? C’est déjà oublié et c’est pourtant l’un des plus gros scandales… Le secrétaire au Trésor US qui fut un élément déterminant pour étouffer l’arnaque a-t-il été ennuyé ? Nullement. Beaucoup de petites gens travaillant au noir pour s’en sortir et pris la main dans le sac, ne bénéficient pas des largesses des ‘contrôleurs’. Il est vrai qu’ils ne sortent par des Kissinger Associated…

 

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Ces centres financiers où l’argent va dans tous les sens, dans tous les coins du monde à partir d’un clic d’ordinateur, sont eux-même arrosés par les banques centrales. Et qui décide au sein des banques centrales ? Des politiciens américains ont accusé un cartel bancaire d’être aux manettes de la Fed. Des émissions de télévision l’ont démontré comme d’excellents ouvrages.

 

Ces banques centrales décident des politiques de destruction de la monnaie et donc de renchérissement des actifs tangibles : énergie et alimentaire essentiellement.

Qui paie et qui récolte ?

Ces banques centrales organisent, depuis des décennies, la désintégration des économies occidentales pour introduire une société COLLECTIVISTE où une mafia doit dominer l’ensemble. Une sorte de nomenklatura qui rappelle ce qu’Alexandre Soljenitsyne décrivait si bien.

 

Puis viendra le moment où les politiciens devront remettre leur pouvoir ainsi qu’un grand nombre de banquiers à des institutions plus opaques : ces institutions supranationales qui préparent le futur.

Le grand équilibre monétaire international sur la ruine des nations. L’institution de la Banque des Règlements Internationaux est encore inconnue de la plupart de nos contemporains. Elle a un bel avenir…

 

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Quand les gens intègreront ces trois lettres : « BRI », dans leur vocabulaire, le monde devrait être bien différent de ce qu’il est aujourd’hui.

 

Source Images : Les fouines Associées

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 11:53

Rien ni personne ne pourra infléchir la trajectoire implacable de notre hyper-Titanic. Le paquebot est trop lourd, trop grand, impossible à manœuvrer sur une courte distance et glisse trop vite sur l’arête d’un iceberg écologique qui déchire déjà son flanc. De surcroît, aveuglée par les prouesses du monstre qu’elle croit encore contrôler, sa capitainerie n’en finit plus de pousser les moteurs à fond en hurlant si fort «Progrès ! Progrès !», qu’elle parvient à couvrir le vacarme de l’eau s’engouffrant dans les brèches béantes. Seule une panne totale des moteurs pourrait encore éviter le naufrage.

 

C’est que la feuille de route choisie par les élites du Système est tragiquement simple.

 

Postulat de base : il est hors de question de réduire la voilure d’un vaisseau conçu dans l’illusion d’une croissance infinie dans un monde pourtant fini.

 

Solution : les nouvelles technologies sont la seule option pour réparer les dégâts provoqués par les précédentes.

 

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Fameux pari s’il en est, où se joue la survie même de l’espèce. Non pas que les individus censés présider à nos destinées soient particulièrement fous, déviants ou mal-intentionnés mais, simplement, ils sont les premiers adeptes hallucinés d’une idéologie qui a réussi à berner tout le monde, à commencer par eux-mêmes, et qui a accouché d’un monstre aujourd’hui aussi autonome qu’indomptable.

 

Avertissement : Pour les lignes qui suivent, nous avons puisé nombre d'arguments chez divers auteurs auxquels nous rendons d’emblée hommage pour éviter de fréquentes références, méritées mais typographiquement pénibles. Il s’agit pour l’essentiel de «La condition inhumaine» d’Ollivier Dyens; du «Paradoxe du Sapiens», de Jean-Paul Baquiast, de «L’homme unidimentionnel», de Herbert Marcuse, ou encore de la «Politique de l’oxymore», de Bertrand Méheust.

 

Premier constat : La démocratie libérale n’est pas écolo-compatible

 

Le modèle proposé par la démocratie libérale prétend offrir à l’ensemble des peuples de notre petite planète le niveau de vie, et donc de consommation, du standard occidental d’aujourd’hui. Une simple mise en parallèle des besoins que nécessiterait la réalisation de cet objectif avec les ressources réellement disponibles suffit à le définir comme insensé, intenable.

C’est pourtant le principal mythe fondateur de notre Système, et son principal slogan à l’exportation. La mécanique de la démocratie libérale repose en effet sur l’idéologie consumériste, qui place l’individu au cœur du système, avec pour fonction première de consommer et de consommer encore pour garantir cette croissance éternelle seule à même d’assurer la pérennité du modèle.

 

Ce faisant, ce système impose un déchaînement de la matière permanent, un pillage constant des ressources, une surenchère ininterrompue dans la production pour assurer le gavage de ses ouailles. Ce n’est pas un hasard si aucune démocratie libérale ne peut se prévaloir d’une empreinte écologique avouable.

 

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Saturation, érotisation

 

Concrètement, le Système fonctionne aujourd’hui sur le mode de la saturation, de l’hyper-stimulation pour susciter un désir permanent, obsessionnel de consommer. La passion de la possession n’est plus contenue, elle est encouragée à l’extrême. Elle est même devenue le sens premier de la vie pour beaucoup d’individus (parce-que je le vaux bien)… Or en tant qu’acte fondamentalement dénué de sens, il en va de la possession des objets comme de la sexualité sur internet : elle ne peut que susciter des désirs, toujours davantage de désirs, sans jamais pouvoir les assouvir. C’est la multiplication sans fin du désir et de son impossibilité.

 

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Le consommateur est donc maintenu en quelque sorte en état d’érotisation permanente face à un acte d’achat qui ne le satisfait jamais, condamné qu’il est dès lors à combler cette absence de sens, de véritable jouis-sance, par d’acquisition de nouvelles possessions (voir l’hystérie suscitée par l’arrivée de l’Iphone 5 à l’heure où nous écrivons ces lignes). C’est un peu le schéma de l’addiction aux drogues avec une phase d’excitation voire d'exaltation à l’approche de la prise (achat), qui procure un bref plateau de satisfaction (plaisir de la découverte du produit) immédiatement suivi d’une lente phase de dépression (habitude puis désintérêt, renaissance du désir).

 

Epuiser l’univers

 

Le déchaînement de la matière ainsi imposé par le consumérisme exerce donc une pression dite «de confort» de plus en plus insoutenable pour la biosphère, entraînant l’épuisement accéléré des ressources et le saccage du vivant. Il faut créer de la richesse, croître, produire toujours davantage pour alimenter la mécanique du Système et gaver le conso-citoyen de choses en plastique à l’obsolescence programmée, d’objets technologiques rapidement démodés. La voracité du Système a aujourd’hui bel et bien de quoi «épuiser l’univers».

 

Les déjections du Système

 

Et puis il faut aussi considérer les dégâts provoqués par les immenses masses de déjections générées par ce processus. Des ordures dont le Système organise un recyclage minimum pour son «image», sa narrative, mais dont l’essentiel, l’incommensurable masse est silencieusement déversée dans les pays en voie de développement ou dans les abysses des océans, formant autant de bombes à retardement écologiques.

Enfin, il faut encore considérer la manipulation du vivant au vu de son appropriation. Pour le Système, la gratuité du vivant est en effet une aberration de la nature qu’il convient de corriger.

Alors, abandonnant un principe de précaution anachronique, on fouille, on dissèque, on manipule les ADN de tout ce qui passe pour y coller un brevet et faire du profit, toujours du profit, avec des résultats (déjà) et des perspectives effrayantes pour l’écosystème.

En soixante ans, le capitalisme et son dernier avatar, le système néolibéral, ont donc ainsi orchestré un meurtre systématique de l’environnement* d’une telle ampleur que beaucoup de spécialistes doutent de la possibilité d’un retour en arrière.clic ici!!!

 

Abdication du conso-citoyen

 

Structurellement incapable de s’engager dans un processus de décroissance qui aurait, seul, une chance de faire légèrement dévier notre Hyper-Titanic, le Système s’emploie dès lors à calmer l’angoisse de ses conso-citoyens grâce à une armée de scientifiques grassement payés pour minimiser, voire à démentir l’état d’urgence auquel nous sommes parvenus écologiquement parlant. Parallèlement, il s’est approprié les slogans écologiques pour se poser en sauveur du désastre dont il est la matrice et l’artisan appliqué, provoquant une confusion efficacement paralysante desdits conso-citoyens (Grenelle de l’environnement, Sommets sur le climat, campagne pédagogie à 2 balles en faveur de l’environnement sur Cartoon TV etc… etc…). Aujourd’hui, même les pubs de l’industrie pétrolière ressemblent à des campagnes de collecte de fonds de Greenpeace.

Prisonniers de leur quotidien, psychologiquement minés par le brouillage des messages, les conso-citoyens abdiquent alors devant cet apaisant mensonge qui leur murmure que le Système prend la question au sérieux, qu’il est le seul à pouvoir réparer les dégâts et qu’à la fin, on trouvera bien le moyen de s’en sortir, de colmater la brèche.

Les derniers pécheurs s’émeuvent bien de savoir que les poissons du Rhône sont désormais impropre à la consommation ; chacun s’inquiète de savoir qu’un tiers des terres émergées sont menacées de désertification ; que les calottes glaciaires fondent à un rythme effarant ; que les abeilles sont en train de mourir ; que plus du quart des espèces animales auront disparu à plus ou moins brève échéance.

Mais on ne s’inquiète plus que confusément. Et puis, on s’inquiète surtout de savoir quand sortira la nouvelle version du dernier MacdoPhone. Ce qui nous amène tout naturellement au deuxième constat.

 

Deuxième constat : L’hyper-technologie comme illusion du salut

 

On l’a bien compris, le Système ne peut envisager la décroissance des pays les plus riches – qui permettrait par exemple aux pays les plus pauvres d’approcher du standard sans augmentation exponentielle des dégâts sur l’environnement–, car ce serait tout simplement trahir sa principale promesse de campagne. La panacée pour le Système, c’est donc toujours davantage de technologie, l’hyper-technologie, la fuite en avant vers la complexité**.

 

Abdication du politique

 

Mais le progrès comme solution unique implique l’abdication du politique. C’est un moyen supplémentaire de transférer les derniers résidus de pouvoir qui subsistent chez les politiques vers la machine-Système, vers le Marché, devenu le réel mais insaisissable centre de pouvoir de notre monde marchandisé. Le degré de maîtrise formidable de l’outil technologique auquel est parvenu le Système nourrit en effet l’illusion d’une maîtrise des choses, d’une maîtrise des risques et d’une capacité d’infléchir le cours des évènements par toujours davantage de technologies.

Sauf que, là encore, le Système ne fait qu’entretenir une illusion apaisante. Car même une transition réussie vers des énergies non polluantes, par exemple, prendrait des décennies que nous n’avons plus, et ne résoudrait de toute façon en rien les ravages provoqués par l’hyper-consommation de notre vertueux modèle en termes d’épuisement des ressources et de saccage du vivant. La technologie comme solution n’est qu’un slogan.

 

Virtualité contre réalité

 

En revanche, insidieusement, l’invasion des technologies du quotidien détache de plus en plus les individus de la nature*, ce qui permet sans doute de leur faire accepter plus sereinement son recul progressif de nos vies. On pourrait même dire que le monde technologique célébré par la démocratie libérale nous permet de faire peu à peu le deuil de l’ancien monde, le monde biologique.

Et cela même si la disparition du monde biologique implique fatalement la nôtre. Ce n’est que l’une des contradictions du Système, contradiction facilement résolue par le déni.

 

 visionner ce reportage!!!


Les productions de science-fiction hollywoodiennes sont à cet égard un miroir intéressant des utopies du Système avec, par exemple, la vision récurrente d’un monde hyper-technologique qui a totalement remplacé une nature confinée sous serres pour de simples besoins nutritionnels.

Dans les faits, la civilisation technologique est tout simplement en train d’absorber l’humanité en nous, de la pénétrer, de la modifier, de transformer la nature de ses perceptions, sa façon de «se» penser. Elle crée une distance, un gouffre, entre l’humain et le réel.

 

Troisième constat : le Système n’est pas réformable.

 

«Je constate qu’il pleut, alors je prends mon parapluie.» Cet exemple de décision volontaire est devenu impossible à un système complexe comme celui qui nous gouverne. Les échecs qui ont ponctué absolument tous les Sommets organisés sur le climat en fournissent une preuve indiscutable. Comment est-il possible, se dit-on naïvement, que la gravité de la crise climatique (il pleut), empêche les décideurs de prendre des mesures concrètes (un parapluie). C’est le Paradoxe du Sapiens.

 

Survivre et prospérer

 

C’est que tous les Systèmes complexes qui combinent humain et technologie sont mus par des forces qui échappent au contrôle des individus qui les composent, même de ceux qui les ont créés. Dans ces systèmes dits anthropotechniques, l’humain ne peut plus être distingué de l’outil. L’humain et l’outil forment une nouvelle entité avec sa propre détermination, ses logiques propres. Autrement dit, un système complexe fonctionne de manière quasi autonome car, ayant été conçu pour performer, il est dès l’origine pensé et placé en compétition darwinienne permanente avec son environnement. Tout système complexe n’a ainsi qu’un seul objectif : survivre et prospérer.

Dans ce super-organisme, la «nature» humaine est une composante parmi d’autres, et son pouvoir de décision devient très relatif.

Mettez José Bové à la tête de Monsanto et, à la fin de l’année, Bové aura été digéré ou rejeté comme un improbable greffon par le Conseil d’administration de la multinationale, et Monsanto aura multiplié ses profits.

On objectera qu’un tel système luttant pour sa survie devrait alors nécessairement éviter de poursuivre dans une voie qui le voue à sa perte à moyen-terme. Sauf que le moyen terme n’existe plus dans la «psychologie» du système.

 

Présent absolu et plaisir immédiat

 

Notre modernité, et à plus forte raison celle du Marché qui gouverne, ne se pense que dans l’immédiateté (cours de l’action à la cloche ; chiffres du mois ; bonus).

La Système ne peut plus penser l’avenir..

L’iceberg qui déchire la coque de son flanc n’a pas encore touché son cœur, il a donc le temps de faire encore quelques profits pour devancer la concurrence.

Dans une société figée dans le présent absolu et l’obsession de la satisfaction immédiate de ses envies, les quelques décennies qui nous séparent du naufrage sont une éternité qui suffit à faire du danger à venir une totale abstraction.

Quand l’eau sera montée jusqu’à recouvrir notre bouche, pensent nos chers CEO, on respirera par le nez et il sera toujours temps de prendre des mesures car la concurrence devra alors faire de même.

La machine néo-libérale est désormais insensible à la logique, aux faits, à l’argument, à l’argument «humain» en particulier.

En ce sens, le fantasme de la domination de la machine sur l’homme, habituellement confiné aux récits de science-fiction, est bel et bien une réalité tangible, mesurable, monstrueuse de notre modernité. La Système, en tant que machine, commande son évolution.

 

L’exemple des subprimes

 

Une preuve de ce mécanisme a été fournie lors de la crise des subprimes de 2008. Le Système a opéré un véritable hold-up sur les contribuables, avec la complicité unanime de tout l’appareil politique qui lui est soumis, sans rien chercher à régler des problèmes structurels qui l’avait conduit au bord de l’abîme. Se promettant donc à lui-même de nouveaux éclatement toujours plus spectaculaires, mais plus tard. Dans l’immédiateté du raisonnement que lui impose sa nature, le contrat était donc rempli puisque la menace d’effondrement était écartée de l’instant présent.

En résumé, même face à la perspective de sa ruine totale, le système néolibéral n’est pas en mesure de se réformer, prisonnier qu’il est de ses déterminismes.

 

Quatrième constat : la démocratie libérale est d’essence totalitaire.

 

L’affirmation peut paraître excessive, elle ne l’est pas. Selon Francis Fukuyama, la démocratie libérale doit ainsi marquer la fin de l’Histoire, chacun étant occupé à faire des affaires plutôt que la guerre. Ambition d’apparence inoffensive, voire vertueuse, mais qui renferme pourtant une réalité effrayante en pronostiquant l’avènement d’un Système unique qui a dévoré tous les autres, réduit toute opposition, annihilé toute alternative. Une «grande société unique» ayant incorporé, digéré toutes les autres ; un hyper-monde en somme, gouverné par un Système unique, une idéologie unique, une pensée unique.

Ce qui correspond en tout point à la définition du totalitarisme.

Et c’est uniquement le jugement de valeur implicitement contenu dans le pronostic de Fukuyama – à savoir que la démocratie libérale serait bonne et vertueuse pour l’humanité – qui annihile l’effroi que l’avènement de ce totalitarisme devrait naturellement susciter en nous. Or ce jugement de valeur est faux.

 

La part sombre du projet libéral

 

La démocratie libérale, aujourd’hui irrémédiablement placée sous la dictature des marchés, est un Système violent, qui soutient son expansion par la violence, qui réduit ses opposants par la violence, et dont l’essence totalitaire ne peut, au fur et à mesure que grandira sa domination, que conduire à une forme élaborée de dictature. L’avènement de la société libérale interdit en effet l’alternative.

 

 en savoir plus!!!


Les divergences de pures formes, qui opposent ce que l’on nomme les «sensibilités politiques», se discutent à l’intérieur du statuquo qu’elle impose. C’est à cela que se réduit l’opposition. Dans une société qui prétend pourvoir de manière satisfaisante aux besoins du plus grand nombre, l’opposition n’a en effet plus aucune raison d’être, elle est même une menace pour la collectivité. Les plus grands auteurs d’anticipation, d’Orwell à Philipp K. Dick surtout (ce génie), ont été les premiers à avoir eu l’intuition que la part sombre, la part cachée et inavouable du projet capitaliste*** (devenu néolibéral) finirait par dominer le monde de demain, une fois l’effort de séduction rendu inutile par la victoire globale.

 

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Or les signes de ce grand retournement à venir sont déjà là.

 

Guerres de conquête…

 

A l’extérieur de ses frontières, on constate ainsi que la démocratie libérale n’hésite jamais à porter le fer dans les régimes et les ensembles territoriaux ou idéologiques qui lui résistent. Passons sur une guerre froide durant laquelle la défense du projet capitaliste a nécessité le déploiement d’une violence inouïe.

Nous pourrions cyniquement accepter que c’était «de bonne guerre».

Sauf qu’après la chute de l’URSS, le sang n’a jamais cessé de couler «pour la bonne cause».

La tentative d’incorporation du Moyen-Orient, entamé avec la première guerre du Golfe, puis relancée sous couvert de guerre contre le terrorisme, a ainsi impliqué le meurtre de plus d’un million et demi de personnes déjà, et la dévastation totale de plusieurs pays. Actuellement, la guerre sous-traitée en Syrie par le Bloc occidental est le dernier exemple en date de la poursuite d’une expansion du Système par le fer et le feu, expansion exercée au demeurant avec le soutien uniforme de médias de masse désormais totalement incorporés, digérés par le Système.

 

…et violence intérieure

 

A l’intérieur de sa sphère d’influence, on a également pu constater la brutalité du Système vis-à-vis des manifestants du mouvement des Indignés en Espagne par exemple, ou les méthodes quasi staliniennes déployées vis-à-vis d’un Julian Assange dès l’instant où il est apparu comme une menace pour la stabilité du Système.

 

Amnesty a dénoncer l'utilisation excessive de la force contre les manifestants!!!


Une police de la pensée s’installe parallèlement de manière toujours plus invasive dans nos démocraties libérales, imposant la doxa du Système grâce au contrôle exercé par le plus formidable ensemble d’outils de propagande de tous les temps.

Des instruments de contrôle d’internet sont en train d’être mis en place (p.ex. lois Acta, Sopa, Pipa, et consorts…), non pas pour en éjecter les déjections culturelles qui y pullulent (comme par exemple la pornographie la plus extrême que le Système tolère voire encourage puisqu’elle fait partie de ces «libertés» destinées à distraire le conso-citoyens), mais bien en tant qu’instrument de contrôle de la Toile.

Comme n’importe quel Etat, comme n’importe quel Système, la démocratie libérale est un monstre froid qui écrase pour se propager, qui finira par écraser même ses adeptes pour persévérer dans son être.

 

lire ici!!!

 

L’ultime menace

 

Tous les Systèmes complexes ont en effet une tendance naturelle à l’emballement, à aller au bout de leur logique. Et une fois les oppositions annihilées, une fois le triomphe global réalisé, une fois l’en-dehors incorporé, l’agressivité du Système ne pourra que se retourner contre son espace intérieur.

Il s’agira en effet pour lui de prévenir la perversion de son «être» et l’éclatement, qui représenteront alors l’ultime menace à réduire.

A terme, la liberté humaine sera donc contrainte d’abdiquer à l’échelle individuelle face à la toute-puissance du Système, comme elle l’a déjà fait à l’échelle politique.

 

Conclusions : l’effondrement comme espérance

 

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Si l’on fait l’impasse sur les meurtres de masse qui lui ont permis de prospérer et sur son essence totalitaire, il est incontestable que grâce à son insouciance criminelle, à son inculpabilité, le Système capitaliste, devenu néolibéral, a réussi à créer une bulle de justice et de prospérité inégalée dans l’histoire de l’humanité.

Il serait également stupide d’en nier les conquêtes et les acquis remarquables aux niveaux social ou médical notamment. Même un banlieusard français peut se prévaloir aujourd’hui d’un confort dont n’aurait jamais osé rêver Louis XIV.

 

les stades de l'effondrement!!!

 

La menace d’une ruine totale

 

Mais en même temps, la construction de cette bulle a provoqué le saccage de la biosphère et de tout l’éco-système de notre planète en quelques décennies, au point de menacer l’humanité d’une ruine totale.

Ce Système a fait de nous de vulgaires traders du monde vivant, capables de dévaster jusqu’aux abysses des océans pour s’assurer des bonus confortables, pour pouvoir aller en avion grignoter des tapas à Barcelone pour le prix d’une place de ciné.

 

La dette ainsi léguée aux générations futures est si énorme, si gigantesque qu’il faudra sans doute des siècles pour la rembourser, si tant est qu’elle puisse l’être un jour. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la machine-Système est plus que jamais emballée sur elle-même, plus que jamais en phase d’expansion de son modèle mortifère, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. A moyen terme, de nouvelles grandes guerres vont sans aucun doute opposer les acteurs de cette triste farce pour capter les dernières ressources disponibles, tirant ainsi définitivement la chasse sur l’utopie ridicule de Fukuyama.

Mais à la fin, rien n’empêchera notre paquebot de s’écraser définitivement contre l’iceberg écologique et de couler corps et biens. Sauf si…

 

Les moteurs toussent

 

Sauf si, comme nous le disions en préambule, une panne totale des moteurs vient stopper la course folle de notre Hyper-Titanic.

 

Nous sommes persuadés que, face à l’hyper-puissance d’un Système que personne n’est en mesure de combattre, seul l’effondrement intérieur dudit Système, par indigestion de lui-même, offre une perspective de salut.

Or nous avons atteint des seuils limites où l’utopie d’une richesse illimitée partagée par tous se fracasse désormais contre les réalités d’un modèle économique qui craque de toutes parts.

Les Etats-Unis, matrice du Système, sont au bord de la faillite. Plus de 15% de la population y survit déjà grâce à des bons d’alimentation. L’American dream, vitrine du projet néolibéral, a du plomb dans l’aile.

La zone euro part de son côté en lambeaux sous les coups de boutoir d’une crise de la dette, mère de toutes les crises, qui devrait bientôt entrer dans sa phase explosive (dettes US et mondiale, ici seulement la dette publique).

Même dans sa zone d’influence, d’abondance, le Système n’est donc plus en mesure de résoudre ses contractions, de gaver tout le monde.

Chômage, paupérisation, marginalisation : un pourcentage sans cesse grandissant des populations occidentales rejoignent peu à peu les laissés-pour-compte du Système. Autant d’Indignés en puissance.

La supercherie d’un projet néolibéral définitivement insensé et intenable, est devenue impossible à cacher.

 

Répression à venir

 

Mais comme tous les systèmes, le Système néo-libéral cherchera donc à persévérer dans son être. Tant que ses moteurs ne seront pas totalement à l’arrêt, la violence va aller grandissant à l’intérieur de sa zone d’influence et les hordes de laissés-pour-compte qui vont vouloir affronter sa machine de répression seront criminalisées et combattues.

Ce sera une étape difficile, dangereuse, car l’hyper-puissance technologique du Système est capable de permettre à une très petite minorité de se maintenir au pouvoir par la violence.

 

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/09/manifestation-police.jpg?d126be


Il suffit d’observer le modèle israélien et sa capacité de contenir, militairement, une insurrection quasi permanente à l’intérieur même de son périmètre (d’aucuns pensent d’ailleurs qu’Israël est un champ d’expériences dans le domaine particulier des techniques de répression des insurrections massives).

Mais des alternatives sont possibles pour un autre monde, si tant est que la panne totale des moteurs du vaisseau ne tarde pas trop.

Un monde qui saura certainement préserver les acquis valables de l’ancien, tout en se délestant de sa toxicité et de ses logiques mortifères.

 

Des projets, il y en a plein les cartons des Indignés. La décroissance raisonnée, la dissolution des Marchés, la primauté du pouvoir politique sur le pouvoir économique et, enfin, l’élaboration d’une Déclaration universelle des DROITS DE LA VIE apparaissent toutefois comme les conditions premières et minimales d’une renaissance.

 

*Dans une lettre datée de mai 68, l’écrivain et poète suisse Maurice Chappaz écrivait : «J’ai localisé le pouvoir réel, brutal dans l’économie et vu les velléités, les complicités, les mensonges, le blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comporté pour moi un élément de dégoût que tu ne peux imaginer : le nazisme. Le commercial totalitaire le resuce en lui : cette tuerie d’arbres, de phoques, cet empoisonnement de l’air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette réclame pour l’englobant industriel, le «progrès» carrément détachés de l’humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, spéculateurs, menteurs en tous produits et appétits. Nous connaissons aussi ces volontés de puissance à l’œil parfois très intelligent de Surmorts, qui délèguent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des espèces de chauves graisseux moins costaux qu’eux-mêmes. Les Surmorts ont besoin d’otages, de médiocres qui limitent toujours un pays aux affaires. »

 

** Dans The Singularity is near, Ray Kurzweil relève que «selon la loi du retour accéléré, la croissance est maintenant telle que nous parviendrons bientôt à un état de transformations si profondes, si rapides, si denses que toute l’existence humaine basculera. Les cent années du XXème siècle, par exemple, équivalent à vingt ans d’innovations à la vitesse des transformations des années 2000. A ce rythme, les cent années du XXIème siècle seront l’équivalent de ving mille ans de progrès au rythme d’aujourd’hui.»

 

***Dans "La politique de l'oxymore", Bertrant Méheust relève combien il est étrange de constater que le Système néolibéral a recyclé avec zèle l’héritage nazi : autoroutes, fusées, avions à réaction, voiture pour tous, propagande de masse, politique spectacle, guerre spectacle, grand’messe sportive, voyages organisés, exaltation narcissique du corps…

 

D’où la question : le nazisme comme préfiguration paroxystique du triomphe néolibéral ?

 

PS: Dans le sublime film de Lars von Trier, Melancholia, une planète menace de heurter la Terre. Toute l'intrigue se déroule à huis-clos dans une famille.

Le père, figure moderne et rationnelle, ne cesse de rassurer tout le monde, scrutant Melancholia jour et nuit au téléscope pour "profiter du spectacle", affirmant qu'elle ne fera que passer "tout près" de la Terre sans la toucher, comme l'attestent "tous les vrais scientifiques".

Une fois seulement il confiera son doute sur leurs calculs, avant de replonger dans le confort du déni. Puis il découvre que l'astre va bel et bien frapper la Terre de plein fouet. Il abandonne alors sa famille sans un mot et va se suicider.

Dernier dialogue du film entre Léo et Justine:

- J’ai peur, j'ai peur que la planète nous heurte quand même.

- Faut pas. Je t’en prie.

- Papa a dit qu’il n’y aurait rien à faire. Nulle part où se cacher.

- Si ton père a dit ça, c'est qu’il y a une chose qu’il a dû oublier. Il a oublié la cabane aux pouvoirs magiques.

- Aux pouvoirs magiques ?

- Oui.

- C'est une cabane que tout le monde sait fabriquer ?

- Super-Tatie sait

. - Okay. - Allez, on va chercher des branches.

- Comme ça.

- C'est super dur.

- Donne ta main. Ferme les yeux.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 14:04

Film documentaire en deux parties de Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi Noire

 

Finance – La grande pompe à « phynances » - Partie 1

 

Dans ce premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d’octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale.

 

Des « barons voleurs » d’hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l’euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers.

 

Assurances, produits dérivés, fonds spéculatifs (hedge funds)… : les dispositifs techniques se succèdent pour accroître les profits, augmentant toujours plus le risque et la fraude systémiques.

 

 

Noire Finance – Le bal des vautours – Partie 2

 

Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le « piège à pauvres » s’est refermé.

 

Il décortique les rouages de la « machine à dette » et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle.

 

Dénonçant l’impunité des « banksters » et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un « gouvernement Goldman Sachs », les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 15:05

la crise favorise les liaisons dangereuses

 

La crise financière a donné l'occasion aux réseaux mafieux de s'infiltrer davantage dans l'écomomie mondiale, en investissant du liquide dans les banques européennes et américaines. C'est ce que démontre Roberto Saviano, l'auteur italien de Gomorra, dans une longue enquête qui suscite de nombreuses réactions.

 

http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2012/08/3008-italie.jpg

Dessin de Boligán paru dans El Universal, Mexique.

 

A qui profite la crise ? Aux mafias du monde entier, répond Roberto Saviano. Dans deux articles publiés le même jour (lundi 27 août) dans La Repubblica et le New York Times, le journaliste et écrivain italien montre à quel point la crise financière a fait l'objet d'un business planétaire pour les réseaux mafieux. Retwitté le jour même par l'économiste Nouriel Roubini, traduit en grec et publié dans I Kathimerini, l'article de Saviano a suscité depuis de nombreuses réactions.

 

Que dit l'auteur de Gomorra ? En substance, que les intérêts mutuels des banques et des organisations mafieuses n'ont fait que progresser depuis l'éclatement de la crise financière.

 

La démonstration est limpide. Reprenant une idée développée dès 2009 par Antonio Maria Costa, alors directeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, il explique qu'au plus fort de la crise, les "gains des organisations criminelles ont constitué le seul capital d'investissement liquide dont disposaient certaines banques". Comme l'ont montré les études du FMI, entre janvier 2007 et septembre 2008, les banques européennes et américaines ont perdu plus d'un milliard de dollars en titres toxiques et crédits non exigibles.

 

"Il est donc possible de déterminer le moment précis où les organisations criminelles italiennes, russes, balkaniques, japonaises, africaines, indiennes, sont devenues déterminantes pour l'économie mondiale. A savoir : au second semestre de l'année 2008, quand le manque de liquidités est devenu le principal problème du système bancaire", écrit Saviano dans La Repubblica.

 

HSBC et les cartels mexicains

 

De récents scandales, souligne Saviano dans l'article du New York Times, ont confirmé les relations incestueuses entre "bankers" et "gangsters". Depuis le mois dernier, la justice américaine enquête en effet sur le rôle de la banque britannique HSBC dans une affaire de blanchiment d'argent sale issu des cartels de la drogue mexicains. S'appuyant sur un rapport accablant du Sénat américain, le New York Times a révélé que la filiale mexicaine de HSBC avait transféré 7 milliards de dollars d'argent sale des cartels vers HBUS, la filiale américaine de HSBC. La banque aurait aussi contourné les lois américaines pour transférer de l'argent en direction de régimes soumis à des sanctions américaines, l'Iran, le Soudan et la Corée du nord. Mais HSBC n'est pas la seule. ABN Amro, Barclays, Credit Suisse, Lloyd's ou encore ING ont admis avoir effectué des transactions avec Cuba, la Libye, le Soudan, etc.

 

Dépendantes des liquidités des organisations criminelles, les banques occidentales ont donc massivement et sans complexe blanchi l'argent de la drogue. La City de Londres et Wall Street sont ainsi devenues, selon le journaliste italien, "les deux plus grandes blanchisseuses d'argent sale du monde", bien devant les îles Caïmans, l'île de Man et les autres paradis fiscaux.

 

Ce poids des organisations criminelles sur le système économique en temps de crise nous oblige à renforcer les mécanismes de contrôle sur le secteur bancaire et à approfondir la lutte contre le blanchiment, martèle Saviano. Un appel que les acteurs de la lutte antimafia, notamment en Italie, ont aussi relayé. Cité par La Repubblica, le procureur national antimafia italien Piero Grasso estime que le gouvernement italien doit impérativement réformer ses mécanismes législatifs et que l'Europe doit se doter au plus vite d'un "code pénal antimafia unique".

 

Confirmant l'analyse du journaliste, Piero Grasso précise que les premières auditions des nouvelles commissions antimafia européennes [mises en place en avril dernier] évoquent largement ce processus de blanchiment d'argent sale. "La N'Drangheta [mafia calabraise] a récemment blanchi 28 millions d'euros en quelques heures en acquérant un quartier entier en Belgique", a déclaré il y a peu Sonia Alfano, à la tête de la nouvelle commission anti-mafia du Parlement européen.

 

L'Europe du sud gangrénée

 

La Grèce et l'Espagne comptent parmi les pays européens les plus touchés par la crise et ils sont aussi littéralement gangrénés par la corruption et le crime organisé. C'est pourquoi ils constituent deux exemples révélateurs des liens qui se nouent entre mafia, finance et crise, estime Saviano, qui consacre une large partie de son enquête aux deux pays.

 

Au même niveau que la Colombie dans le classement de l'ONG Trasparency international sur l'indice de corruption, la Grèce est une "terre d'investissement mafieux", où une soixantaine de familles mafieuses russes prospère depuis plusieurs années. Or en Grêce comme ailleurs, la crise n'a fait que renforcer la mainmise des réseaux mafieux sur le système bancaire. "A cause de la crise, les Grecs ont dû puiser dans leur épargne : environ 50 milliards d'euros ont ainsi été prélevés dans les banques grecques entre 2009 et 2011. Les possibilités légales de souscrire un prêt venant à manquer, de plus en plus de gens ont recours à des emprunts illégaux", écrit Roberto Saviano.

 

Le journaliste évoque ainsi un gigantesque marché noir de prêts illégaux en Grèce, dont le chiffre d'affaires s'élèverait à 5 milliards d'euros par an. Chiffre qui aurait quadruplé depuis le début de la crise en 2009. En janvier dernier, une organisation criminelle active depuis plus de quinze ans et composée d'une cinquantaine d'"usuriers" a été démantelée à Thessalonique (deuxième ville du pays). Elle prêtait à des taux d'intérêt compris entre 5 et 15 % par semaine et "punissait" les mauvais payeurs. 1 500 à 2 000 personnes auraient été victimes de ce réseau, dirigé par le propriétaire d'un restaurant et deux frères impliqués dans des trafics de drogue. D'après le ministère des Finances grec, la plupart des opérations usurières de ce type sont liées à l'activité de bandes criminelles originaires des Balkans et d'Europe de l'Est.

 

L'autre grand marché noir qui empoisonne les finances de l'Etat grec est celui du pétrole. On estime qu'environ 20 % de l'essence vendue en Grèce provient du marché illégal : il s'agirait d'une essence composée d'un mélange de carburant acheté légalement et de carburant acquis sur le marché noir. Un moyen pour les revendeurs de se faire une marge importante et d'éviter les taxes - une manne financière importante qui échappe à l'Etat.

 

L'Espagne, elle aussi, est "colonisée par des groupes mafieux autochtones (les Galiciens, les Basques et les Andalous) et par des organisations étrangères (italiennes, russes, colombiennes et mexicaines), affirme Roberto Saviano. "Historiquement, l'Espagne a toujours été un refuge pour les parrains italiens en cavale. (…) Même si la lutte antimafia espagnole a progressé, le pays offre toujours de grandes opportunités de blanchiment, maximisées par la crise en Europe. Le boom immobilier qu'a connu l'Espagne entre 1997 et 2007 a constitué une manne pour ces organisations, qui ont investi leurs gains dans la pierre ibérique". De plus, selon le journaliste italien, la Grèce et l'Espagne sont les "portes d'entrée des routes de la cocaïne en Europe". Les trafiquants, essentiellement issus des rangs de la Camorra [mafia napolitaine], ont fait de l'Espagne une plaque tournante de leur trafic en direction des pays européens.

 

Le "Vegas" espagnol, future plaque tournante ?

 

"Dans ce contexte, le projet Eurovegas du magnat américain Sheldon Adelson de construire en Catalogne, en investissant 35 milliards de dollars, un complexe de casinos, d'attractions et de structures touristiques sur le modèle de Las Vegas, risque de transformer ces lieux en un des principaux centre de blanchiment d'argent sale de l'Occident", affirme l'auteur de Gomorra.

 

Etant donné les intérêts colossaux en jeux, quelle est la capacité d'action du pouvoir politique ? Difficile de réduire les Etats à un simple rôle de victime et de spectateur passif. En Afrique, en Amérique latine, dans les Balkans et en Europe de l'est, les entreprises criminelles agissent à une telle échelle qu'il est impossible que les gouvernements ne soient pas partie prenante, estime l'écrivain et chroniqueur d'origine vénézuélienne Moisés Naim dans une tribune de La Repubblica.

 

"Roberto Saviano a bien fait de soulever le problème, écrit Moisés Naim,(…) mais je serais un peu moins pessimiste [que lui] sur l'Europe, Espagne et Grèce comprises. La corruption y est très importante, certes, mais on ne peut pas parler d'"Etats mafieux" pour autant. (…). Dans un Etat mafieux, au départ, les criminels s'infiltrent dans le gouvernement, ils s'enrichissent et enrichissent leurs collaborateurs, leurs amis et les membres de leur famille, et exploitent leur influence politique et les liens qu'ils peuvent avoir avec le crime organisé pour cimenter et étendre leur pouvoir".

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 09:21

 

La finance folle : Le monde de la finance est dominé par des machines hors de contrôle, qui pilotent des algorithmes élaborés par des mathématiciens dans le but de faire le plus de profit possible en l'espace de quelques secondes. Mais il arrive parfois que les logiciels s'emballent et provoquent ce que les experts appellent un «flash crack» : un effondrement de la bourse en quelques instants.

 

Pendant ce temps....

 

Pour résumer:

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 15:27

http://www.notre-planete.info/actualites/images/planete/anthopocene_Europe.jpgEn se basant sur des théories scientifiques, des modélisations d'écosystèmes et des preuves paléontologiques, une équipe de 18 chercheurs, incluant un professeur de la Simon Fraser University (SFU, Vancouver), prédit que les écosystèmes de la Terre vont faire face à un effondrement imminent et irréversible.

 

 

L'humanité est entrée dans l'Anthropocène : une nouvelle ère géologique où tout pourrait basculer... pour le pire. © Globaia, Planet Under Pressure, SEI, SRC, CSIRO

 

Dans un article récemment publié dans Nature intitulé "Approaching a state-shift in Earth's biosphere", les auteurs examinent l'accélération de la perte de biodiversité, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes, l'interconnexion grandissante des écosystèmes et le changement radical du bilan énergétique global. Ils suggèrent que tous ces éléments constituent des précurseurs à l'apparition d'un état planétaire de seuil ou encore d'un point de basculement[1].

Si cela s'avérait exact, ce que les auteurs prédisent pour le siècle en cours, les écosystèmes de la planète, tels que nous les connaissons, pourraient rapidement et irréversiblement s'effondrer.

 

http://europeanlinenandhempcommunity.eu/wp-content/uploads/2010/10/Image-11.png

http://s3.e-monsite.com/2011/02/28/07/resize_550_550//Capture23.jpg

 

"Le dernier point de basculement dans l'histoire de la Terre est apparu il y a 12 000 ans, lorsque notre planète est passée de l'âge de glace, qui a duré 100 000 ans, à un état interglaciaire", a déclaré Arne Mooers, un des auteurs de l'article et professeur de biodiversité à SFU. "A ce moment, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1000 ans. C'est comme passer de l'état de bébé à l'âge adulte en moins d'une année. Mais la planète est en train de changer encore plus rapidement aujourd'hui".

 

"Il y a une probabilité très élevée que le prochain changement d'état global sera extrêmement perturbateur pour nos civilisations. Souvenez-vous, nous sommes passés de l'état de chasseurs-cueilleurs à celui capable de marcher sur la Lune dans une des périodes les plus stables et anodines de toute l'histoire de la Terre", a souligné Arne Moeers. "Lorsque le seuil sera atteint, ce sera un point de non-retour. Ainsi, si un système bascule vers un nouvel état parce que vous y ajoutez beaucoup d'énergie, même si vous retirez ensuite cette nouvelle énergie, il ne repassera pas dans son état précédent. La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent". Autrement dit, lorsque les activités humaines modifient le bilan radiatif de la Terre en émettant massivement des gaz à effet de serre, nous prenons un risque très élevé : celui de faire basculer brutalement tout le système climatique vers un nouvel état d'équilibre, sans que nos sociétés soient capables de s'adapter, tout comme les écosystèmes actuels.

 

Ces projections contredisent une croyance populaire répandue selon laquelle la pression de l'Homme sur le changement climatique qui détruit notre planète est encore contestable, et qu'un effondrement serait alors graduel et étalé sur plusieurs siècles. L'étude conclut que nous serions avisés de ne pas transformer la surface de la Terre de plus de 50%, ou nous ne serions plus capables d'inverser ce processus.

 

Or, nous avons aujourd'hui atteint 43% de ces changements, en convertissant les paysages en zones agricoles et urbaines. "En un mot, les hommes n'ont rien fait réellement de significatif pour éviter le pire car les structures sociales existantes ne sont juste pas les bonnes", dit Mooers. "Mes collègues qui étudient les changements climatiques induits à travers l'histoire de la Terre sont plus qu'inquiets. En fait, ils sont terrifiés"...

 

Source Study predicts imminent irreversible planetary collapse - SFU

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 17:23

Le conflit syrien risque de dégénérer en guerre mondiale

 

La crise syrienne a changé de nature. Le processus de déstabilisation qui devait ouvrir la voie à une intervention militaire légale de l’Alliance atlantique a échoué. Ôtant leur masque, les États-Unis ont publiquement évoqué la possibilité d’attaquer la Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité, comme ils le firent au Kosovo. C’était feindre d’ignorer que la Russie de Vladimir Poutine n’est pas celle de Boris Eltsine. Après s’être assuré du soutien chinois, Moscou a tiré deux coups de semonce en direction de Washington. La continuation des violations du droit international par l’OTAN et le CCG risque désormais d’ouvrir un conflit mondial.

 

http://www.voltairenet.org/local/cache-vignettes/L400xH300/1-3429-b28e5.jpg

 

Lors de la célébration de la victoire contre le nazisme, le 9 juin dernier, le président Vladimir Poutine a insisté sur la nécessité pour la Russie de se tenir prête à un nouveau sacrifice.

 

Le président Vladimir Poutine a placé son troisième mandat sous le signe de l’affirmation de la souveraineté de son pays face aux menaces directement lancées contre la Fédération de Russie par les États-Unis et l’OTAN. Moscou a maintes fois dénoncé l’élargissement de l’OTAN, l’installation de bases militaires à ses frontières et le déploiement du bouclier antimissile, la destruction de la Libye et la déstabilisation de la Syrie.

 

Les jours suivant son intronisation, M. Poutine a passé en revue l’industrie militaire russe, ses forces armées, et son dispositif d’alliance [1]. Il a poursuivi cette mobilisation en choisissant de faire de la Syrie la ligne rouge à ne pas franchir. Pour lui, l’invasion de la Libye par l’OTAN est comparable à celle de la Tchécoslovaquie par le IIIe Reich, et celle de la Syrie —si elle devait avoir lieu— serait comparable à celle de la Pologne qui déclencha la Deuxième Guerre mondiale.

 

Toute interprétation de ce qui se passe actuellement au Levant en termes intérieurs syriens de révolution/répression est non seulement faux, mais dérisoire au regard des vrais enjeux et relève de la simple communication politique. La crise syrienne est avant tout une étape du « remodelage du Moyen-Orient élargi », une nouvelle tentative de détruire « l’Axe de la Résistance », et la première guerre de « la géopolitique du gaz » [2]. Ce qui se joue actuellement en Syrie, ce n’est pas de savoir si Bachar el-Assad parviendra à démocratiser les institutions qu’il a reçu en héritage ou si les monarchies wahhabites du Golfe parviendront à détruire le dernier régime laïque de la région et à imposer leur sectarisme, mais quelles frontières séparent les nouveaux blocs, OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai) [3].

 

Certains de nos lecteurs ont probablement sursauté à la lecture de la phrase précédente. En effet, depuis des mois, les médias occidentaux et du Golfe leur martèlent à longueur de journées que le président el-Assad incarne une dictature sectaire au profit de la minorité alaouite, tandis que son opposition armée incarne la démocratie pluraliste. Un simple regard sur les événements suffit à discréditer cette présentation mensongère. Bachar el-Assad a convoqué successivement des élections municipales, un référendum et des élections législatives. Tous les observateurs se sont accordés à dire que les scrutins se sont déroulés de manière sincère. La participation populaire a atteint plus de 60 % alors même que les Occidentaux les ont qualifiés de « farces » et que l’opposition armée qu’ils soutiennent a empêché les citoyens de se rendre aux urnes dans les quatre districts qu’ils contrôlent.

Dans le même temps, l’opposition armée a multiplié les actions non seulement contre les forces de sécurité, mais contre les civils et tous les symboles de la culture et du multi-confessionnalisme. Ils ont assassiné les sunnites progressistes, puis tué au hasard alaouites et chrétiens pour contraindre leurs familles à fuir. Ils ont brulé plus de mille cinq cents écoles et églises. Ils ont proclamé un éphémère Emirat islamique indépendant à Baba Amr où ils ont institué un Tribunal révolutionnaire qui a condamné à mort plus de 150 mécréants, égorgés un à un en public par leur bourreau. Et ce n’est pas le pitoyable spectacle de quelques politiciens dévoyés, réunis au sein d’un Conseil national syrien en exil, affichant un projet démocratique de façade sans rapport avec la réalité de terrain des crimes de l’Armée « syrienne » libre, qui masquera plus longtemps la vérité.

Au demeurant, qui peut croire que le régime laïque syrien, dont l’exemplarité était célébrée il y a peu, serait devenu une dictature confessionnelle, tandis que l’Armée « syrienne » libre, soutenue par les dictatures wahhabites du Golfe et obéissant aux injonctions de prédicateurs takfiristes serait un parangon du pluralisme démocratique ?

 

L’évocation par des dirigeants US d’une possible intervention internationale hors mandat de l’ONU, à la manière dont l’OTAN avait démembré la Yougoslavie, a suscité inquiétude et colère à Moscou. La Fédération de Russie, qui jusqu’ici se tenait en position défensive, a décidé de prendre l’initiative. Ce changement stratégique est dû à l’urgence de la situation du point de vue russe, et à l’évolution favorable sur le terrain en Syrie [4].

 

Moscou a proposé de créer un Groupe de contact sur la Syrie qui réunirait l’ensemble des États concernés, c’est-à-dire à la fois les Etats voisins, les puissances régionales et internationales. Il s’agit de substituer un forum de dialogue à l’actuel dispositif belliqueux mis en place par les Occidentaux sous le vocable orwellien de « Conférence des Amis de la Syrie ».

 

La Russie continue à soutenir le Plan Annan —qui est en fait la reprise à peine modifiée du plan présenté par Sergey Lavrov à la Ligue arabe—. Elle déplore que ce plan ne soit pas appliqué, mais rejette la culpabilité sur la faction de l’opposition qui a pris les armes. Selon A.K. Lukashevich, un des porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l’Armée « syrienne » libre est une organisation illégale au regard du droit international. Bien qu’elle assassine chaque jour 20 à 30 soldats syriens, elle est publiquement soutenue par les États de l’OTAN et du CCG en violation du Plan Annan [5].

 

Se posant en faiseur de paix face à une OTAN faiseur de guerre, Vladimir Poutine a demandé à l’OTSC de se préparer à déployer des « chapkas bleues » en Syrie, à la fois pour séparer les belligérants syriens et pour combattre les forces étrangères. Nicolai Bordyuzha, secrétaire général de l’OTSC, a confirmé qu’il dispose de 20 000 hommes formés pour ce type de mission et immédiatement disponibles [6]

 

Ce serait la première fois que l’OTSC déploierait une force de paix hors de l’ancien espace soviétique. Piqué au vif, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a tenté de saboter cette initiative en proposant soudainement d’organiser lui aussi un Groupe de contact.

 

Réunissant à Washington le groupe de travail sur les sanctions de la Conférence des Amis de la Syrie, la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton a fait fi de la proposition russe et a surenchéri en faveur d’un changement de régime [7].

 

En Turquie, des parlementaires d’opposition ont visité les camps de réfugiés syriens. Ils ont constaté l’absence de plus d’un millier de réfugiés enregistrés par les Nations Unies dans le principal camp et, au contraire, la présence d’un arsenal dans le camp. Ils ont alors interrogé à l’Assemblée le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan exigeant qu’il révèle le montant de l’aide humanitaire accordée aux réfugiés fantômes. Les députés considèrent que le camp de réfugiés est une couverture pour une opération militaire secrète. Il abrite en réalité des combattants, principalement libyens, qui l’utilisent comme base arrière. Les députés ont émis l’hypothèse que ces combattants sont ceux qui se sont introduit dans le district de Houla lorsque le massacre a été perpétré.

 

Ces informations confirment les accusations de l’ambassadeur russe au Conseil de sécurité, Vitaly Churkin, selon lesquelles, le représentant spécial de Ban Ki-moon en Libye, Ian Martin, a utilisé des moyens de l’ONU destinés aux réfugiés pour acheminer en Turquie des combattants d’Al Qaeda [8].

 

En Arabie saoudite, la fracture entre le roi Abdallah et le clan des Sudeiris s’est à nouveau manifestée. À l’invitation d’Abdallah Ier, le Conseil des oulémas a publié une fatwa stipulant que la Syrie n’est pas une terre de jihad. Mais, dans le même temps, le prince Fayçal, ministre des Affaires étrangères appelait à armer l’opposition contre « l’usurpateur alaouite ».

 

La journée du jeudi 7 juin a été riche en événements. Alors que Ban Ki-moon et Navi Pillay, respectivement secrétaire général et Haut-commissaire aux Droits de l’homme, dressaient leur réquisitoire contre la Syrie devant l’Assemblée générale de l’ONU, Moscou a procédé à deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux.

 

http://www.voltairenet.org/local/cache-vignettes/L220xH293/222222-8b942.jpgLe colonel Vadim Koval, porte-parole du RSVN, a admis le test d’un Topol —lancé depuis un silo près de la Caspienne—, mais n’a pas confirmé celui d’un Boulava depuis un sous-marin en Méditerranée. Cependant, le tir a été observé dans tout le Proche-Orient, d’Israël à l’Arménie, et il n’existe aucune autre arme connue qui puisse laisser de telles traces dans le ciel [9].

Le message est clair : Moscou est prêt à la guerre mondiale, si l’OTAN et le CCG ne se plient pas aux obligations internationales telles que définies par le Plan Annan, et persistent à alimenter le terrorisme.

Selon nos informations, ce coup de semonce avait été coordonné avec les autorités syriennes. De Même que Moscou avait encouragé Damas à liquider l’Émirat islamique de Baba Amr sitôt l’autorité du président el-Assad confirmée par le

 

Le micile Boulava tire som nom d'une antique masse d'arme

slave faisant office de bâton de Maréchal des armées cosaques

 

référendum constitutionnel, de même il a encouragé le président à liquider les groupes de mercenaires présents dans le pays sitôt le nouveau Parlement et le nouveau Premier ministre installés. L’ordre a été donné de passer d’une stratégie défensive à une action offensive pour protéger la population du terrorisme. L’armée nationale est donc passée à l’attaque des bastions de l’Armée « syrienne » libre. Les combats des prochains jours s’annoncent difficiles, d’autant que les mercenaires disposent de mortiers, de missiles anti-chars et désormais de missiles sol-air.

 

Pour faire baisser la tension, la France a immédiatement accepté la proposition russe de participation à un Groupe de contact ad hoc. Washington a dépêché en urgence Frederic C. Hof à Moscou. Contredisant les propos tenus la veille par la secrétaire d’État, Hillary Clinton, M. Hof a à son tour accepté l’invitation russe.

 

Il n’est plus temps de se lamenter sur l’extension des combats au Liban, ni de pérorer sur une possible régionalisation du conflit. Depuis 16 mois qu’ils déstabilisent la Syrie, l’OTAN et le CCG ont créé une situation sans issue qui peut désormais dégénérer en guerre mondiale.

 

[1] Agenda du président Poutine : 7 mai : investiture du président Vladimir Poutine 8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre 9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie 10 mai : visite du complexe militaro industriel russe 11 mai : réception du président abkhaze 12 mai : réception du président sud-ossète 14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC. 18 mai : visite de l’institut de recherche de défense Cyclone 25 mai : revue des sous-marins atomiques 30 mai : réunion avec les principaux responsables de la Défense 31 mai : réunion du Conseil de sécurité russe 4-7 juin : visite en Chine, sommet de l’OCS 7 juin : visite au Kazakhstan durant le tir de missile Topol

 

[2] « La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient », par Imad Fawzi Shueibi, Réseau Voltaire, 8 mai 2012.

 

[3] « Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial », par Imad Fawzi Shueibi, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 13 mars 2012.

 

[4] « L’affaire de Houla illustre le retard du renseignement occidental en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juin 2012.

 

[5] « Comment of Official Representative of the Ministry of Foreign Affairs of Russia A.K. Lukashevich on the Question of Interfax related to the statement made by Representative of so-called Free Syrian Army S.Al-Kurdi », Ministère russe des Affaires étrangères, 5 juin 2012.

 

[6] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

 

[7] « Friends of the Syrian People Sanctions Working Group », déclaration à la presse d’Hillary Clinton, Département d’État, 6 juin 2012.

 

[8] « La Libye, les bandits-révolutionnaires et l’ONU », par Alexander Mezyaev, Traduction Julia, Strategic Culture Foundation (Russia), Réseau Voltaire, 17 avril 2012.

 

[9] « 7 juin 2012 : la Russie manifeste sa supériorité balistique nucléaire intercontinentale », Réseau Voltaire, 8 juin 2012.

 

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