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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 12:00

Les effets dominos en Europe

 

Voici de très intéressants graphiques publiés par Zero Hedge, qui proviennent de Reuters, et qui montrent l’exposition des systèmes bancaires nationaux aux différents pays de la zone euro (dettes publiques + dettes privées).

On peut identifier aisément les principaux effets dominos en Europe.

 

Paradoxalement, la Grèce n’est pas le cas le plus dangereux : son principal créancier est le système financier français, à hauteur de 56,9 milliards d’euros, ce qui reste malgré tout absorbable.

Mais on note ailleurs plusieurs connexions à environ 100 milliards d’euros qui, si elles venaient à rompre, entraîneraient des conséquences gravissimes (faillite du système bancaire, renflouement géant de l’Etat, ou nationalisations) :

 

1) L’Irlande, qui est engagée envers le Royaume-Uni et l’Allemagne à hauteur de plus de 100 milliards d’euros à chaque fois. Autrement dit la chute de l’Irlande provoque une crise systémique instantanée dans ces deux pays.

 

2) Le Portugal, très engagé envers l’Espagne (88,5 milliards), déjà très malade de ses banques qui ont largement investi dans la bulle immobilière et sont loin d’avoir enregistré toutes leurs pertes. Donc si le Portugal saute, l’Espagne saute dans la foulée. Et après l’Espagne il y a l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, chacun engagés à plus de 100 milliards d’euros.

 

3) L’Italie, engagée envers la France à hauteur de 410 milliards d’euros ! L’Italie, dont le risque de défaut existe selon l'administrateur délégué d'Intesa Sanpaolo, première banque de détail italienne. Dans ce cas le système financier français serait balayé dans l’heure.

 

4) Citons aussi la Belgique (engagée envers la France à hauteur de 224 milliards) mais qui, sans gouvernement depuis plus d’un an, s’en sort très bien pour l'instant ! A coté de cela, la Grèce semble bien peu de chose…

 

 Et votre assurance vie?

 

Il n’y a pas que les banques qui possèdent des emprunts grecs ; les compagnies d’assurance également.

 

La différence, c’est qu’elles les ont refourgués dans vos contrats d’assurance-vie…

 

La situation économique grecque peut mettre en danger votre assurance-vie. Crédit Reuters

 

Les banques et les sociétés d’assurance possèdent des emprunts grecs dans leurs comptes, mais si la Grèce tombe en défaut, les conséquences ne sont pas du tout identiques.

 

Pour les banques c’est une perte sèche, si par exemple la dette est dévaluée de 50 %, c’est autant de définitivement perdu pour elles.

 

Par contre, les assureurs peuvent déduire cette perte dans les contrats d’assurance-vie de leurs clients ! Ils versent le rendement garanti, moins la perte en capital (en général c’est écrit en tout petit en bas du contrat…).

 

Ainsi, Axa annonce tout à fait officiellement une exposition « brute » à la dette grecque de 1,9 milliard d’euros [ndlr : Axa nous a précisé qu'il s'agissait en réalité de 1,1 milliard d'euros], mais une exposition « nette » de 300 millions d’euros seulement. Autrement dit, 1,6 milliard de pertes pour les clients de ses contrats d’assurance-vie…

 

Groupama détient 2 milliards d’euros d’emprunts grecs, mais ne donne pas son exposition nette, la proportion, toutefois, ne doit pas être très différente. Sur l’exemple d’Axa, les clients encaissent donc 85 % de la perte !

 

Et voici une façon supplémentaire de faire payer aux contribuables le renflouement de la Grèce, après les plans de sauvetage, in fine financés par l’impôt, voici le deuxième effet Kiss Cool, l’assurance-vie.

 

Et on ne parle ici que de la Grèce. Groupama détient 13,3 milliards d’euros de dette souveraine de pays de la zone euro en difficulté (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).

Mettons l’Italie de côté, qui parvient pour l’instant à se refinancer sans difficulté.

 

L’Irlande et le Portugal sont exactement dans la même situation que la Grèce, c'est-à-dire insolvables. Ce sont les prochains sur la liste.

Et l’Espagne, très liée au Portugal et faisant face à une énorme bulle immobilière, n’est pas très loin.

 

Quelles seraient les conséquences sur les contrats d’assurance-vie français si ces pays faisaient défaut ?

 

Enormes, bien sûr. Il est peut être temps, pour ceux qui détiennent ces produits de placement, de se renseigner sur le contenu réel de leurs contrats.

 

et le pire de tous: les CDS

 

CDS : pire que la dette, le produit financier qui pourrait provoquer la faillite des banques françaises...

 

François Fillon a taxé "d'irresponsables" mardi les propos de DSK qui avait assuré au 20h de TF1, qu'il fallait "prendre sa perte" de la dette grecque.

 

Et si la restructuration de cette dette déclenchait un risque majeur "caché" pour les banques françaises ?

 

Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ? Crédit reuters

 

Une lourde interrogation pèse sur le système bancaire européen, et plus spécialement français. Le ministre allemand de l’Économie, Philipp Rösler, l’évoque ouvertement, son collègue des finances, Wolfgang Schäuble, de façon plus elliptique, mais François Fillon et François Baroin ne veulent pas en entendre parler.

 

Dominique Strauss-Kahn la considère comme inéluctable (il faut « prendre ses pertes ») lors de son passage au 20h de TF1, le Premier ministre juge ces propos « irresponsables ».

 

Pourquoi cette polarisation ?

 

L’engagement total des banques françaises s’élève à une quarantaine ou une cinquantaine de milliards d’euros, suivant les estimations. Donc si la Grèce restructurait sa dette à hauteur de 50%, la perte de 20 ou 30 milliards serait absorbable par les banques, à tout le moins avec une aide de l’État, qui au passage lui coûterait moins cher que les multiples plans d’aide à ce pays à la dérive.

 

La bombe des CDS, produits dérivés dangereux

 

Mais un élément de l’équation reste dans l’ombre : le montant des CDS, et surtout qui les a vendus.

 

Un CDS (Credit Default Swap) est un produit dérivé qui permet de se protéger contre un risque de crédit, d’une grande entreprise ou d’un État.

 

Si vous possédez des emprunts grecs, vous pouvez acheter des CDS auprès d’une banque qui propose ce produit. Vous lui versez à échéances régulières une prime (d’autant plus élevée que le risque de défaut est grand), et si la Grèce fait effectivement défaut sur tout ou partie de sa dette, la banque compense la perte.

 

Vu comme cela, ça à l’air rassurant, mais il y a deux éléments qui rendent ce produit extrêmement dangereux : Vous pouvez acheter des CDS sur la Grèce… même si vous ne possédez pas d’emprunts grecs ! Simplement pour jouer, pour spéculer, et toucher le jackpot en cas de faillite du pays.

 

C’est comme si vous pouviez acheter une assurance incendie sur la maison de votre voisin…

 

Ce produit n’est pas négocié sur un marché organisé et surveillé par les régulateurs, comme la bourse, mais « de gré à gré » c'est-à-dire dans une opacité totale.

 

Et en plus il ne figure pas au bilan des banques, mais dans le « hors bilan », c'est-à-dire que les banques ne communiquent pas dessus et ne publient aucun chiffre.

 

Ce produit diabolique a été inventé dans les années 1990 par Blythe Masters de la banque JP Morgan (on lira sa très intéressante biographie écrite par Pierre Jovanovic), et connaît un succès foudroyant avec des volumes mondiaux qui dépassent les 50 000 milliards de dollars ! (pour vous donner un ordre d'idée, la dette publique des USA est de 14 500 milliards de dollars).

 

Si une société vend trop de CDS sans avoir les fonds propres suffisants, elle se met en danger de mort : c’est ainsi que l'importante société d'assurance AIG a fait faillite en septembre 2008, et a du être renflouée de 100 milliards de dollars par Washington, après avoir vendu quantité de CDS sur Lehman Brothers, convaincue que l’une des principales banques d’affaires américaines ne pouvait pas faire faillite…

 

Les banques françaises touchées par la crise grecque via les CDS ?

 

Revenons à la France : déjà lors de la négociation du plan d’aide à la Grèce signé le 21 juillet, il fallait éviter tout « événement de crédit » (restructuration de la dette) susceptible de déclencher les CDS.

 

Depuis la situation de la zone euro a encore empiré.

 

Alors soyons clairs : oui ou non les banques françaises ont-elles vendue des CDS sur la Grèce au point qu’un défaut total ou partiel de ce pays les mettrait en situation de faillite ?

 

Voilà qui expliquerait l’obstination du gouvernement !

 

Le fait que la BNP, la Société Générale, le Crédit Agricole soient autant massacrés en bourse signifie-t-il que les investisseurs savent ou se doutent que c’est le cas ?

 

Il devient urgent de faire la lumière sur les engagements en CDS des banques françaises et européennes, et de rendre public cette information. Sinon les rumeurs continueront leur travail de sape, jusqu’à une faillite qui prendra tout le monde de court

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Published by never-surrender - dans affaires bancaires
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