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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 08:22

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La crise de la dette souveraine impose aux Etats de l'Union européenne de se montrer plus solidaires dans le partage du fardeau, mais les abandons de souveraineté exigés en contrepartie inquiètent, et le saut vers une Europe fédérale se fait dans la discrétion.

 

Désamorcer la crise de la dette impose aux pays de l'UE une plus grande solidarité, mais les abandons de souveraineté qu'elle suppose ne peuvent se discuter qu'à mots couverts pour ne pas réveiller la suspicion des anti-fédéralistes.

 

"Nous devons aller vers davantage d'intégration financière, budgétaire et économique. Nous aurons une union économique pour la fin de l'année", a affirmé le président de l'UE, Herman Van Rompuy lors du sommet du G20 au Mexique.

 

Chargé de préparer un rapport pour le sommet européen des 28 et 29 juin, M. Van Rompuy "est très ambitieux, avec des idées concrètes", a confié un responsable européen. "Il fonde cette intégration sur une union économique, une union bancaire, une union budgétaire et une union politique", a-t-il souligné.

 

"La crise a montré la nécessité d'accélérer l'intégration européenne", a affirmé vendredi le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle. Il s'agit de "renforcer l'Europe pour la rendre plus efficace et capable d'agir", a-t-il plaidé.

 

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Le chef du gouvernement italien Mario Monti, de sensibilité fédéraliste, soutient également cette démarche. "Pour sortir dans de bonnes conditions de cette crise de la zone euro et de l'économie européenne, davantage d'intégration est nécessaire", a-t-il déclaré dans un entretien publié vendredi par plusieurs journaux, dont le Guardian.

 

"Avec une Europe fédérale, nous n'aurons plus cette discontinuité dans les processus décisionnels", soutient son ministre en charge des Affaire européennes Enzo Moavero.

 

Mais le fédéralisme est "un concept très sensible dans certains pays", car il signifie céder des pans de souveraineté nationale à des instances supérieures européennes, avertit un responsable européen.

 

Le Royaume-Uni ne veut pas en entendre parler.

La France est pour sa part très réticente à toute perte de sa souveraineté. Les décisions doivent revenir aux chefs d'Etat et de gouvernement européens, soutient Paris.

 

"En Europe, il y a toujours beaucoup d'enthousiasme à mutualiser les fardeaux mais beaucoup de réserves quand il s'agit de céder de la souveraineté à l'échelle européenne", raille l'entourage de la chancelière Angela Merkel.

 

Ces réserves sont prises en compte.

 

"Le mot fédéralisme n'est pas utilisé dans le document que présentera Herman Van Rompuy, car il ne faut pas réveiller les vieux démons", a expliqué un responsable européen.

 

"Le président François Hollande ne veut pas raviver" les plaies ouvertes en France après l'échec du référendum sur la constitution européenne en 2005, a-t-il ajouté.

 

Aux Pays-Bas, où les électeurs avaient également rejeté le projet de constitution européenne, des élections législatives anticipées sont prévue le 12 septembre "et il ne faut pas braquer les débats" sur l'avenir institutionnel de l'UE, a insisté ce responsable européen. "La construction européenne est une suite de compromis", rappelle-t-il. Elle comporte déjà des éléments de fédéralisme, comme la BCE et la Cour européenne de Justice (CEJ), a-t-il souligné.

 

Le président français François Hollande préconise en effet d'avancer "étape par étape".

 

Dans un mémoire adressé à Herman Van Rompuy, le président français a recommandé "d'établir une feuille de route pour 10 ans afin de permettre d'examiner les conditions d'intégration, notamment budgétaire, et le cadre institutionnel et politique permettant de parvenir à ces objectifs en assurant la nature démocratique des décisions".

 

Cette politique des étapes va s'appliquer aux euro-obligations réclamées par Paris. "Une communautarisation des dettes exige nécessairement une plus forte intégration politique, et nécessitera certainement plusieurs années", a expliqué le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault à l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

 

L'Europe a-t-elle vraiment besoin d'un «saut fédéraliste» ?

 

 le fédéralisme est-il la solution ?

 

le fédéralisme, un plan B illusoire

 

L'arnaque de la dette et l'escroquerie politicienne

 La sociale démocratie jubile. La presse est conquise, fidèle à sa grande tradition de suivisme et à son goût immodéré pour la théâtralisation de tout, surtout du plus insignifiant. Derrière l'orchestration bien rodée du changement, François Hollande comme le gouvernement fraichement nommé – exception faite du « paradoxal » Arnaud Montebourg – demeurent structurellement attachés au projet d'Europe fédérale au point d'en avoir tout accepté, ses codes, son autoritarisme, sa finance et son libre échange débridé.

 

A l'heure où la Grèce se meurt d'être « aidée » par Bruxelles qui la maintient dans l'euro au nom du « processus historique » d'intégration, il est encore des fanatiques assez furieux pour nous vendre la fédération comme solution de sortie de crise. Une frange marginale de la société, économistes, journalistes ou encore artistes « citoyens du monde », qui profite de sa visibilité médiatique et fait pression pour une Europe enfin libérée des conservatismes nationaux, égoïstes et incapables. Une position autoritaire et dangereuse qui force la main des démocraties nationales et risque le chaos.

 

Que la droite libérale y trouve son compte, c'est une évidence. Il y bien longtemps que les théoriciens les plus durs du néolibéralismes, experts et grands patrons ont compris que l'Etat-Nation demeurait seul rempart, dernier obstacle capable d'empêcher l'économie de prendre définitivement le pouvoir sur le politique. Mais dans les années 80 et 90, Friedman et Reagan étaient bientôt rejoints par deux courants de Gauche bien distincts : le premier libertaire, internationaliste et naïf ; le second mondialiste et financier ; l'un et l'autre fédéralistes.

 

Et c'est le ralliement de ce second courant qui a pesé si lourd dans la balance idéologique en Europe ; lorsque même la Gauche ( qui traditionnellement défendait les ouvriers, employés, petits fonctionnaires ) n'a plus cru qu'en la « réforme » du capitalisme, il a bien fallu s'en remettre aux experts et à la Théorie monolithique enseignée à l'élite. Un exemple parmi tant d'autres : dans l'ouvrage « Culture G » destiné aux élèves de Sciences Po et de classes préparatoires, sur le thème mondialisation, deux fiches de lectures sont proposées : l'une sur la Mondialisation heureuse d'Alain Minc, l'autre de Zaki Laïdi, Malaise dans la Mondialisation, qui bien que plus nuancée a définitivement abandonné tout projet alternatif au néolibéralisme. (1) « L'Europe dans la mondialisation est notre seule chance » – nous assènent systématiquement les ouvrages de référenceà l'université, (ou comment le fédéralisme se confond avec le néolibéralisme) ; lorsque les ouvriers l'auront compris, ils se formeront et alors en découvriront les joies et bénéfices...

 

Car l'euroscepticisme n'est que méconnaissance et les sachant, dès lors, doivent évangéliserla masse. Pour Michel Rocard par exemple, les sachants, ce sont les patrons.

 

 

Au nom de la paix que le fédéralisme assurera à jamais, l'idée est admise qu'il faut avancer par dessus la violence des Nations, ces vieilles reliques du passé. L'Homme moderne en Europe a grandi ; il sait désormais qu'il ne fera jamais plus la guerre, car les idées totalitaires ont disparu, autant que les extrémismes. L'analyse de notre passé par divers beaux esprits se réalise comme si eux ne faisaient pas partie de l'Histoire, et conséquemment se trouvaient en capacité de juger ceci et cela, ici la colonisation de Jules Ferry, là l'esclavagisme ; enduits de la certitude que leurs petites personnes se fussent dressées, seules contres tous à l'époque contre l'injustice ; et que nous même, depuis notre perchoir sommes dorénavant capables d'observer qu'il n'y a rien à redire à notre mode de vie. Nos descendants rirons très fort.

 

Dans le monde rêvé de Daniel Cohn Bendit par exemple, l'Allemagne étant l'égale de la Grèce ou de la France, on l'observe chaque jour un peu plus, il est temps que s'unissent les économies, les parlements et les diplomaties. Car l'effondrement est avant tout politique et non celui de la finance ou du libre échange. La solution pour une sortie de crise ? Il faut partager notre siège permanent à l'ONU avec l'Allemagne...

 

 

Glaçant. Mais il y a pire. Il y a la Gauche qui hait le Peuple, en même temps que son pays, la France, en la personne de Jean Quatremer. Gourou fédéraliste, depuis son petit monde bruxellois où tout le monde parle 4 langues, voyage et côtoie les faiseurs de technocratie.

 

La symbolique est forte, et ne seraient-ce les Nations pour demeurer l'échelon principal des imaginaires collectifs, de la démocratie et de la protection sociale à travers une langue et une histoire, le fédéralisme aurait quelque chance, et probablement un certain soutien populaire. Mais non. Car nous aimons nos voisins, les espagnols, les allemands... et tous ces autres Peuples qui nous sont proches et pourtant différents... Simplement, nous ne sommes pas eux. Nous avons des intérêts et des cultures sociales différentes qui nous les rendent complexes autant que surprenants lorsque nous avons la chance et le plaisir de passer une frontière. (2) Quoi qu'il en soit, c'est bien l'absence de prise avec le réel qui donne aux fédéralistes cette arrogance autoritaire, convaincus qu'ils ont seuls contre tous raison d'y croire ; le temps leur donnera raison pensent-ils certainement, autant qu'il donnera raison à la politique régressive de Papandréou, de Sarkozy de Merkel ou de Monti....

 

En attendant, si l'Europe fédérale veut avancer, elle n'a pas le choix. Il faudra se passer des citoyens, qui d'ailleurs, en ont pris l'habitude. Et Jean Quatremer ne s'en cache plus.

 

 

Que pouvons nous espérer ?

 

La Grèce lorsqu'elle sortira de l'Euro créera un précédent fatal à la monnaie unique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Si d'autres pays suivent, il faudra reconstruire des partenariats économiques entre pays sur d'autres bases que la libre concurrence anarchique. Pour les pays capables de résister à la crise monétaire se posera la question du fédéralisme.

 

Les partis de gauche en mesure de gouverner (3) n'ont à l'heure qu'il est pas pris la mesure que la construction européenne par l'économie et le droit nous conduit quoi qu'il arrive à un fédéralisme sans cesse plus poussé qui se heurtera toujours à des réalités nationales culturelles et à des intérêts propres ; à l'idée, en définitive que les communautés de citoyens doivent se sentir maitresses de leur destin et qu'en cela il est illusoire de croire qu'un parlement non adossé à un Peuple européen puisse fonctionner sans éveiller de très graves frustrations. Le Parti Socialiste français, en même temps qu'il choisissait l'Europe à partir de 1983, abandonnait par là même les exclus de la mondialisation à leur sort ; un choix qu'il n'a toujours pas questionné aujourd'hui (4).

 

Le Front de Gauche quant à lui peine à parler de protectionnisme et de souveraineté, sa base militante se trouvant être plus radicale et rouge que républicaine. Là se trouve pourtant la clé : dans la défense des intérêts des classes pauvres et moyennes de notre pays, sans tergiverser sur l'Europe lorsqu'elle nous malmène.

 

(1) Culture G, Jacques Bonniot de Ruisselet, Ellipse, OPTIMUM

 

(2) Régis Debray, Eloge des frontières. Gallimard

 

(3) Pour les autres. Le NPA n'a quant à lui toujours pas tiré les leçons de son internationalisme utopiste et de son refus du jeu parlementaire. Les Verts pour leur part, ont un programme de gauche qui s'appuie sur les instances internationales les plus néolibérales. Le MRC peine à rassembler. Il s'est de fait largement dispersé entre FdG, PS, DLR, et FN.

 

(4) voir également l'article intéressant "les Trois Gauches" de Laurent Pinsolle.

 

 

"Si l’on veut faire appliquer dans toute leur rigueur et dans toutes leurs conséquences les politiques censées « sauver l’Euro », alors il faudra, de gré ou de force, retirer le pouvoir et la souveraineté des mains du peuple. Il faudra mettre en place une dictature technocratique dans ces pays et, cette logique est inévitable, cette dictature étant sourde aux intérêts différents et divergents qui naturellement existent, il faudra immanquablement que cette dictature se transforme en Tyrannie. La logique du « saut fédéral », au-delà de toutes ses ambiguïtés et ses contradictions porte en elle « telle la nuée l’orage » ce danger immense."

Jacques SAPIR

 

http://halshs.archives-ouvertes.fr/FMSH-WP/halshs-00710375

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