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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 09:13

Depuis quelques mois, certains événements politiques, certaines informations et une situation sociale de plus en plus difficile pour des millions de Français nous force à nous poser cette question, même si elle peut paraître saugrenue.


Ainsi, les révoltes en partie abouties en Tunisie et en Egypte, le succès du petit livre de Stéphane Hessel, le développement en France du mouvement Uncut, le record d’abstention aux élections cantonales et certains sondages récents ne peuvent-ils pas être vus comme les signes avant-coureur d’un possible mouvement de révolte en France, dont les effets de la crise financière, la politique d’austérité menée par le Gouvernement, l’augmentation des prix, l’indignation que suscite les revenus et bonus des banques et transnationales, et la baisse et la faiblesse des bas et moyens salaires en constitueraient d’autres causes apparentes ?

 

Les révoltes Tunisienne et Egyptienne ont apporté au monde un élément très important : l’exemple de la réussite. Elles ont montré que la révolte n’était pas vouée obligatoirement à l’échec ou à la répression sanglante et pouvait renverser un régime, même autoritaire. Par cela, elles en ont donné un visage positif et optimiste.

 

Notons que ces révoltes n’ont visiblement pas plus à tout le monde et certains politiciens de l’UMP et du FN se sont empressés d’insister sur les prétendus inconvénients majeurs qu’elles engendraient : en fait un problème d’émigration momentané. Et D. Strauss-Kahn s’est même donné la peine de nous avertir qu’une éventuelle révolte en Chine aurait des conséquences néfastes pour l’économie mondiale (1). N’est-ce pas là une façon de tenter de briser l’élan de sympathie et d’espoir que ces mouvements ont suscités dans le monde entier chez tous ceux qui aspirent à plus de liberté et à un monde plus juste ? Si ce n’est pas le cas, cela y ressemble beaucoup !

 

Il y a aussi une part d’optimisme chez Hessel. Et le succès de son petit livre, qui est, selon lui, « un appel à s’indigner (2) » montre que des idées très peu représentées dans les médias et habituellement réservées à un public très restreins ont cette fois-ci touchées et intéressées un public beaucoup plus large. En effet, non seulement « Indignez-vous » donne des motifs d’indignation : « l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie (3) », « les moyens de communication de masse qui ne proposent […] que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous conte tous (2) », mais ses 22 pages décrivent aussi le processus qui mène à « l’insurrection pacifique (2) » : trouver un motif d’indignation, devenir un militant engagé (4) et cultiver « une espérance non-violente (5) ». Et Hessel rappelle à ce propos cette phrase de J.-P. Sartre : « l’espoir a toujours été une des forces dominantes des révolutions et des insurrections (5) », à laquelle les révoltes tunisienne et égyptienne font échos puisqu’elles ont eu probablement la vertu de raviver cet espoir.

 

Si le mouvement France Uncut semble inspiré par Hessel et notamment par les derniers mots de son livre : « créer, c’est résister, résister, c’est créer (2) », puisque ce mouvement se décrit comme « non-violent, spontané, populaire et créatif (6) », il est pourtant venu d’Angleterre. Il y est né d’une initiative de citoyens scandalisés par l’évasion fiscale pratiquée impunément par les grosses sociétés britanniques et les coupes budgétaires opérées par le Gouvernement ; et organise des manifestations où se mêlent originalité et provocation (7).

 

Ce mouvement n’est encore pas très important, néanmoins il parait être en phase avec une partie de la population française si on en croit certains sondages. Ainsi, 58% de sondés souhaitent une révolte en France et ils sont 49% à penser qu’une telle chose est possible (8), 85% des jeunes sondés de 15 à 35 ans ne font « peu » ou « pas du tout » confiance aux hommes politiques (9), 71% des sondés pensent que les médias ne sont pas digne de confiance et 89% estiment que ce sont les marchés financiers qui dirigent le monde (10). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela rend compte d’un climat de défiance par rapport au pouvoir, qu’il soit politique, économique ou médiatique.

 

Et d’ailleurs, comment interpréter autrement le record d’abstention aux élections cantonales et le recul du Parti Socialiste par rapport à son résultat à celles de 2004 – moment où la droite était beaucoup plus en forme ? Ce qui fait qu’à ces dernières élections, moins de 17% des électeurs potentiels ont bien voulu voter pour ce parti et ce, après une campagne très engagée de la part de ses candidats.

 

Nous sommes bien là devant les signes d’un décrochage, car si l’UMP est au plus bas et le PS parait en mesure de le remplacer au pouvoir, ce parti ne convainc pas et ne mobilise pas. Il faut dire que 68% de sondés pensent que droite et gauche font la même politique une fois au pouvoir et « ce score sidérant, pour Marianne2, témoigne de la très faible crédibilité de la gauche [due] à la faiblesse de son discours sur la crise ou les superprofits du CAC40 et des banques, et sur les difficultés croissantes que rencontres des millions de Français pour joindre les deux bouts avec des salaires faibles et des prix qui ne cessent de monter (10) ».

 

Mais la réponse des forces politiques semble être celle d’une élite qui vit en apesanteur au-dessus des préoccupations de ces millions de Français qui subissent et vont subir encore plus les augmentations des prix de l’énergie et de l’alimentation et la baisse des salaires.

 

Ainsi, Sarkozy continu sa politique d’austérité, le PS ne propose pas clairement d’alternative et certains de ses candidats ont même déjà annoncés qu’ils mèneraient eux aussi une politique d’austérité : François Hollande et DSK. Notons que Ségolène Royal et Arnaud Montebourg sont les seuls au PS à s’être clairement engagés en faveur d’une alternative crédible à l’austérité.

 

De toute façon, l’Europe vient d’adopter un pacte intitulé « pacte pour l’Euro et la compétitivité » qui introduit une gouvernance budgétaire européenne, laquelle impose aux états membres d’appliquer une politique d’austérité budgétaire (11).

 

Ces politiques d’austérité verront la diminution des prestations de l’état, une baisse de la croissance et l’augmentation du chômage (12). Mais elles sont voulues par les milieux financiers sous prétexte que les états doivent réduire leurs dettes, alors que la baisse de la croissance va priver les états de recettes fiscales, donc rendre leurs dettes plus difficile à rembourser. Mais ce qu’il faut savoir aussi, c’est que ce volume de dettes trop important reproché aux états est dû essentiellement aux opérations de sauvetage de ces mêmes banques en 2008 par les états (13), qui ont consistées en fait à transférer les dettes des banques sur les états (14).

 

Donc, se sont les même qui provoquent l’endettement des états, l’augmentation des prix notamment dans l’alimentation (par les effets de la spéculation sur les matières premières alimentaires) et qui imposent, entre-autre par le biais du FMI, des politiques d’austérité qui ne servent pas aux états à réduire leurs dettes dans les meilleures conditions, mais à les réduire le plus vite possible, c’est-à-dire avant le prochain sauvetage des banques !

 

Car la crise est très loin d’être terminée (14) et le système financier est très fragile (15). Et comme rien n’a été fait pour le réguler, la solution adoptée par les dirigeants mondiaux aux derniers G20, c’est de continuer à transférer les dettes des banques sur les états (14). Autrement dit, les états n’ont pas fini de s’endetter et d’imposer à leur population des politiques d’austérités. Donc, la question de la dette est une question de rapport de force, comme le rappelle Jacques Attali dans le livre qu’il a consacré à ce sujet (16). Mais les gouvernements, et celui de la France en particulier, auront-ils la volonté et le courage de changer ce rapport de force avec les milieux financiers – qui rappelons le, « achètent les gouvernements », selon la formule de J. Stiglitz (17) – ou préféreront-ils prendre le risque d’affronter leur population ?

 

Pour l’instant, ils ne semblent pas prêts à tenter de changer ce rapport de force et nous nous retrouvons devant trois possibilités : soit les politiques attendent des éventuelles émeutes ou manifestations massives pour négocier avec les banques ; soit ils comptent utiliser la manière forte et « mater » les protestataires ; soit ils ne croient simplement pas à la possibilité d’une révolte en France.

 

Mais quoi qu’il en soit, nous devons admettre que le terreau fertile de la révolte est bien là ! Et si rien n’est fait, si rien ne change, si le cours des événements n’est pas inversé, n’aura-t-elle pas lieu, tôt ou tard ?

 

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2  S. Hessel, Indignez-vous !, Montpellier, Indigène édition, 2011, p.22.

3  Ibid p11 12

4  Ibid p12

5  Ibid p19

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