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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 16:36

Les "maîtres du monde" réunis à Tokyo du 9 au 13 octobre à l'occasion de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ne maîtrisent rien du tout. Les 188 ministres des finances, plus autant de gouverneurs de banques centrales, y ont donné le spectacle d'une planète déboussolée. Car la belle solidarité déployée sous la houlette du FMI, quand la crise grondait de 2008 à 2010, s'est envolée. Le "chacun pour soi" et le "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" sont devenus la règle pour des gouvernants englués dans leurs stratégies électoralistes.

 

A Tokyo, la zone euro a été la région la plus montrée du doigt pour l'effet dépressif mondial que provoque son incapacité à juguler la crise de sa dette. Personne ne l'a dit, mais la Grèce est considérée par tous comme incapable de se redresser et de rembourser ses emprunts. On lui donnera du temps – "deux ans", a proposé Christine Lagarde, la patronne du FMI –, mais personne ne veut lui prêter plus d'argent que ce qui lui a été promis. "Oui, dit un des décideurs de son sort, la Grèce fera défaut, mais personne n'en prendra la responsabilité."

 

Passé par pertes et profits, ce pays ne semble plus être le problème de la zone euro. Il a cédé sa place à l'Allemagne. Quoiqu'ils en disent pour complaire à leur opinion, les dirigeants américains sont moins irrités par Pékin que par Berlin : les Allemands ont profité de la baisse de l'euro pour accroître leurs parts de marché à l'export ; par leur orthodoxie budgétaire, ils bloquent la reprise de la croissance en Europe.

 

Voilà qu'ils encouragent les Espagnols à ne pas demander l'aide conjointe de l'Europe, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI et qu'ils traînent les pieds pour bâtir l'union bancaire européenne que le monde entier réclame ! A Tokyo, leur raideur a fait l'objet de vives critiques et nul ne pense que le Conseil européen du 18 et du 19 octobre sera plus efficace que les précédents.

 

Mais les Etats-Unis, eux aussi, menacent l'équilibre mondial, comme se sont fait un plaisir de le rappeler Yi Gang, gouverneur adjoint de la Banque de Chine, ou Guido Mantega, ministre brésilien des finances. Une incapacité de leurs deux partis à s'entendre pour réduire leurs déficits déclencherait, dans douze semaines, des coupes automatiques dans le budget de l'Etat, un "précipice budgétaire" qui plongerait le pays mais aussi le monde entier dans la récession.

 

Pis : qui bloque la réforme de la représentativité au FMI ? Les Etats-Unis. Et qui a tué les négociations du cycle de Doha à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ? Les Etats-Unis saisis d'un incoercible réflexe de repli pour cause de campagne électorale. La Chine est-elle exempte de critiques ? Non, car le laborieux processus de succession à Pékin est aussi perturbant pour la deuxième économie mondiale que le ralentissement européen pour ses exportations.

 

On peut poursuivre à l'envi le tour du globe des palinodies politiques. Le Brésil qui fait la leçon aux pays riches ? Il a mis en place en 2011 un assainissement budgétaire trop draconien et plus dommageable pour son économie que les flux financiers venus du nord. Le Japon ? Les dirigeants de ce recordman du monde de la dette sont incapables de décider une politique fiscale pour tarir leurs déficits. L'Inde ? New Delhi n'en finit pas de voter, puis d'annuler les réformes, les politiques, les infrastructures qu'exigerait son milliard d'habitants.

 

La situation n'est pas plus brillante dans les institutions. Pour sauver des économies en péril, les banques centrales (BCE, Réserve fédérale, Banque du Japon, Banque de Chine, Banque d'Angleterre) se sont lancées dans des politiques monétaires et financières laxistes sans se soucier des dégâts infligés aux voisins. Mme Lagarde les a sermonnées, dimanche 14 octobre, pour les risques de surchauffe que ces politiques génèrent, alors qu'elle les avait félicitées naguère d'avoir sauvé la croissance grâce à ces assouplissements inédits !

 

Le FMI gagnerait à ne pas rajouter à la pagaille ambiante et à garder le cap qu'il tient depuis deux ans à l'intention de ses Etats membres : "Poursuivez vos "consolidations budgétaires" (la réduction des déficits), mais pas au point de tuer la croissance." Depuis le 8 octobre, il a monté le ton : "Donnez du temps au temps, car le tarissement des déficits a des effets plus redoutables que nous ne le prévoyions."

 

Hélas ! il n'y a plus ni lieu ni temps pour mettre fin à ces cacophonies. Le G20, où s'harmonisaient vaille que vaille les crispations nationales, voire nationalistes, est en sommeil. Le Mexique a bâclé en six mois le sommet de juin à Los Cabos pour cause de changement de président. La Russie, qui en héritera le 4 novembre à Mexico, ne sait pas trop ce qu'elle souhaite en faire, hormis en profiter pour briller sur la scène mondiale.

 

Nombre de gouvernants et d'ONG pensent donc que la stabilité financière, la lutte contre la pauvreté, ou la maîtrise de la volatilité des prix alimentaires demeureront à l'état d'envolées oratoires pendant les deux prochaines années. L'économie de la planète est désaccordée comme jamais, et ce n'est pas fini. "Une quarantaine de pays sont toujours malades de leurs déficits dont certains ne pourront pas se sortir, et ils feront défaut. Qui en gérera les turbulences et comment ? Quand commencera-t-on à y réfléchir... ensemble ?", s'inquiétait à Tokyo un "maître du monde" perplexe devant l'insouciance générale.

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Published by never-surrender - dans affaires bancaires
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