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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 20:58

Le phénomène de contestation qui s'empare de la Turquie depuis plus d'une semaine n'est pas dû à la pauvreté, mais bien à une conception arrogante du développement.

 

http://www.lexpress.fr/medias/4813/2464473_a-church-is-framed-by-a-burning-barricade-in-istanbul-s-taksim-square.jpg

ISTANBUL (Turquie)- "Malgré la modernisation spectaculaire de ses capacités de production, la Turquie demeure sans doute le pays musulman le plus accaparé par ses enjeux intérieurs." REUTERS/ Yannis Behrakis

 

Le tumulte qui s'est emparé d'Istanbul n'a rien d'un nouveau printemps oriental, il est avant tout spécifiquement turc. Il plonge ses racines dans un débat politique virulent qui porte sur la définition même de l'identité turque, sur l'islamisation de la société - passée du stade rampant au rythme intensif -, sur l'extension sans limites de l'affairisme, sur les restrictions croissantes imposées aux libertés fondamentales, sur l'usage par trop banalisé de la violence répressive, bref sur l'accaparement du pouvoir par le bouillant Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

 

Derrière le recours massif aux réseaux sociaux et le caractère hétéroclite des manifestants, étonnant mélange d'écolos urbains ou de laïcistes très marqués, on assiste à une revendication politique qui est due non pas à la pauvreté, comme c'était le cas dans les pays arabes, mais à une conception arrogante du développement.

 

Malgré la modernisation spectaculaire de ses capacités de production, la Turquie demeure sans doute le pays musulman le plus accaparé par ses enjeux intérieurs.

Le nationalisme de la croissance économique, très efficacement mis en oeuvre par l'AKP, le parti islamiste au pouvoir, a progressé sans garde-fous.

Il est incontestable que des réussites frappantes ont été obtenues, tant dans le recul de la pauvreté que dans la compétitivité des entreprises.

 

La figure de l'entrepreneur islamiste, acharné au travail et accroché à ses cinq prières quotidiennes, n'est pas un leurre.

 

Parallèlement, l'explosion du nombre de centres commerciaux et le développement exponentiel des grands centres urbains, en particulier Istanbul (14 millions d'habitants), ont engendré en masse des nouveaux emplois au détriment du lien social.

Mais une fièvre de gigantisme a accompagné ces transformations très rapides, sans que le Stambouliote se sente destinataire du progrès décrété par l'Etat.

 

Le schéma complaisamment qualifié d'"islamiste modéré" a provoqué une étrange asymétrie entre des performances remarquables et un champ sociétal malmené. Les manifestants du parc de Gezi, aux abords de la fameuse place Taksim, s'indignent avant tout de voir un attachant espace urbain promis aux pelleteuses et aux dérives sultanesques d'un gouvernement que plus rien n'arrête, surtout pas la prise en compte de la démocratie ordinaire.

 

Cette fois, le plan dépasse le cadre de l'urbanisme et vise la restauration d'un passé ancien, réputé glorieux. De la place Taksim surgissent à l'heure actuelle deux images; celle d'une statue dédiée à Atatürk, fondateur de la République turque, et celle d'une église orthodoxe grecque, visible de toutes parts.

Autrement dit, le kémalisme - force politique que les islamistes ont combattue avec constance et succès - et la diversité culturelle (non plus chrétienne, hélas, mais alevie, kurde ou autre) - survivance incongrue selon la doctrine islamique unificatrice de l'AKP.

 

L'idée du réaménagement consiste donc à reconstruire dans les parages immédiats une caserne ottomane, telle qu'elle s'y trouvait jadis et qui comprenait, bien sûr, une mosquée. Le tout couronné par un centre commercial, afin que les grands groupes y trouvent leur intérêt.

 

Etonnant, et détonant, mélange de nostalgie islamiste et de capitalisme boulimique, soit la recette même de l'AKP. Bataille de symboles.

A laquelle s'ajoute le style personnel d'Erdogan, populiste et menaçant, qui s'est certes affranchi du kémalisme en remettant le Coran au coeur de la société, mais qui reste fidèle au grand homme par le recours à la force, à la concentration des pouvoirs et à l'encadrement des libertés.

 

Il n'est pas surprenant qu'il invoque Allah et les urnes, ses deux meilleurs alliés, pour rétablir l'ordre - sans ménagement.

 

Le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk a dit l'essentiel :

 

"Cette attitude insensible témoigne assurément d'une dérive autoritaire. La situation des droits de l'homme en Turquie n'a jamais été aussi déplorable depuis dix ans."

 

 la bataille de Taksim en images

 

 "On peut craindre une réaction violente"

 

 Erdogan choisit l’épreuve de force

 

  Fin des affrontements violents sur la place Taksim

 

Retour des manifestants malgré l'ordre d'évacuer

 

Les libertés civiles en danger en Turquie?

 

incertitude sur la poursuite du mouvement de contestation

 

Erdogan hausse le ton, les syndicats aussi

 


Nouvelles émeutes à Istanbul

 

La démonstration de force d'Erdogan

 

Erdogan défend son coup de force, appel à la grève générale

 

L’armée pour mater le mouvement de contestation ?

 

Pressé d’en finir avec la fronde

 

les manifestants de retour place Taksim

 

la police a repris le contrôle de la place Taksim

 

 Tension en Turquie après la mort d'un manifestant kurde

 

Pour l'heure, tout reste encore à faire du côté de Taksim...

 

L’Egypte se prépare à une nouvelle journée de manifestations

 

Egypte: flambée de violence dans le Sinaï, une zone particulièrement instable

 

suivre la Turquie depuis...

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