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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 13:51

S'il semble peu vraisemblable que Vladimir Poutine ait orchestré lui-même ce meurtre, tout porte à croire que les commanditaires appartiennent à des clans gravitant dans les coulisses du pouvoir, et poussant à une radicalisation du régime.

 

http://www.lesechos.fr/medias/2015/03/06/1099317_la-presidence-poutine-au-revelateur-de-laffaire-nemtsov-web-tete-0204204354212.jpg

 

Si un leader de l'opposition était assassiné en face de l'Elysée, peu soupçonneraient le président d'être derrière ce meurtre politique. En revanche, juste après l'assassinat, vendredi dernier, sur un pont adjacent au Kremlin, de Boris Nemtsov, l'un des plus virulents critiques de Vladimir Poutine, le président russe a été immédiatement pointé du doigt. Par la presse occidentale. Et par la foule de simples citoyens qui, à Moscou, ont défilé dimanche pour rendre hommage à « Boris ».

Il semble invraisemblable que Vladimir Poutine ait commandité lui-même le meurtre d'une des personnalités libérales les plus en vue à Moscou et en Occident. Car cet événement écorne sérieusement sa réputation de chef d'Etat contrôlant le pays et assurant sa stabilité, élément clef de sa popularité en Russie depuis quinze ans. Et c'est une catastrophe de plus pour l'image internationale du président qui, en pleine crise ukrainienne, n'avait pas besoin de nouvelles critiques américaines et européennes sur la gestion de son front intérieur.

Le chef du Kremlin a qualifié le meurtre de « honte » et a mis en garde contre la recrudescence des « crimes extrémistes ». Mais, manquant de coeur et de hauteur politique, il n'a pas daigné assister à la cérémonie funéraire. Le geste aurait pourtant été fort. L'exécutif a seulement dépêché le vice-Premier ministre, Arkadi Dvorkovitch, l'un des rares représentants des libéraux encore présents au gouvernement, mais de moins en moins influents face aux « durs » à la faveur de la crise ukrainienne.

Ce sont ces clans de « Siloviki », représentants des forces de sécurité, qui ont intensifié ces derniers mois la campagne de haine contre toutes les voix critiques. Les médias publics ne cessent de dénoncer les « traîtres » et « ennemis de la Russie », membres de cette « cinquième colonne » que fustige si souvent Vladimir Poutine. Le président n'a certes jamais ciblé Boris Nemtsov. Mais, à la télévision, la propagande l'avait visé nommément.

 

http://i.guim.co.uk/media/w-620/h--/q-95/0e92ba53e4ed0b276c393e702c4d00d740b41faa/0_104_4095_2457/1000.jpg

 

Il n'est donc pas surprenant que, au milieu des fleurs et des bougies sur le pont du meurtre, des sympathisants de Boris Nemtsov aient mis une pancarte sous sa photo : «  Tué par la machine d'Etat ». Car, s'il n'a pas commandité son élimination, Vladimir Poutine est bien responsable de cette mécanique de haine désormais hors de contrôle. « Les extrémistes empoisonnent la société avec leur militantisme nationaliste, leur intolérance et leurs agressions », a fustigé le président. Il visait la révolution ukrainienne. Mais, en Russie, c'est la propagande du Kremlin qui entretient ces extrémismes.

L'opposante Xenia Sobchak soulignait d'ailleurs  : « En fait, ce serait moins inquiétant si c'était Poutine qui avait ordonné le meurtre de Nemtsov. Cela serait certes l'action d'un système affreux, mais au moins d'un système gérable. Or je crains que cela ne soit pas le cas (…). Poutine a construit un redoutable "Terminator" et en a perdu le contrôle. »

Les réactions de Vladimir Poutine continuent par ailleurs d'interpeller. La nuit du meurtre, contrairement à ses habitudes, il a très vite réagi. dénonçant «  une provocation ». Une provocation à l'insu du Kremlin, mais sous ses murs ? Par qui et pour qui ? Des services secrets américains ou ukrainiens, comme l'affirment les médias officiels russes ? Mais une telle opération dans le quartier le plus surveillé du pays, avec une probabilité élevée de voir leurs agents arrêtés et des conséquences diplomatiques désastreuses aurait été un risque insensé pour Kiev ou Washington.

Avec ou sans l'aval de certains clans dans les coulisses du pouvoir, l'assassinat de Boris Nemtsov porte les marques d'une action politique menée par des membres des services gravitant ou ayant gravité autour de l'élite poutinienne.

Son timing, deux jours avant un grand défilé de l'opposition, et l'endroit, dans une zone ultrasécurisée jouxtant les murs du Kremlin, n'ont pas pu être choisis au hasard. Les commanditaires savaient que, dans l'opposition et à l'étranger, on allait tout de suite accuser Vladimir Poutine.

C'est ce qu'ils recherchaient. S'agit-il du coup d'une « provocation » contre le président qui, malgré sa popularité record, est menacé par l'impact de la plus grave crise économique que le pays ait connue depuis son arrivée au pouvoir ? Ou est, au contraire, une « provocation » pour le soutenir, orchestrée par des extrémistes qui ont cru agir dans leur intérêt et celui du président ? Dans les deux cas, les commanditaires seraient des insatisfaits du système poutinien qui, avec ou sans lui, oeuvreraient à une radicalisation du régime, via par exemple, une invasion de l'Ukraine, pour couper les ponts avec l'Occident.

Il se trouve que Boris Nemtsov travaillait à un rapport sur l'implication militaire russe auprès des séparatistes dans l'Ukraine orientale et avait annoncé sa divulgation prochaine lors d'une émission de radio. Franchissant ainsi peut-être une ligne rouge, conduisant à son élimination trois heures plus tard. Les commanditaires pourraient aussi être des proches des séparatistes prorusses de l'Ukraine orientale qui auraient espéré que, par ricochet, le meurtre accélère la détérioration des relations entre Moscou et l'Occident, le pourrissement de la situation dans le Donbass et donc la chute du pouvoir pro-européen à Kiev.

Le meurtre de Boris Nemtsov risque donc d'être plus qu'une funeste date dans la longue liste des assassinats non élucidés. Il pourrait révéler des tensions au sein de l'élite très plurielle et peu transparente au pouvoir, annoncer de sérieux troubles, voire, peut-être, des bouleversements politiques inattendus.


 

Pour aller plus loin:


Les conditions et l'enquête


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