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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 13:31

TAXES. François Fillon a annoncé mercredi 24 août un nouveau tour de vis gouvernemental. Nicolas Sarkozy pourra-t-il toujours prétendre être le "président du pouvoir d'achat" alors que les taxes sur la consommation pénalisent toujours les mêmes ?

 

À huit mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy peine à changer de costume. Des commentateurs ont beau affirmer qu’il vient d’enfiler la tenue du "Père la rigueur" et qu’au nom de la crise, il va consentir, enfin, à faire payer les plus nantis pour protéger les plus pauvres de la faillite qui guette notre pays, c’est faux.

 

Une fois de plus, ce sont les plus modestes qui vont payer, dans les rayons du hard discount et chez le buraliste.

 

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Du costume à paillettes à celui du président protecteur

 

N’est pas Fregoli qui veut, Leopoldo Fregoli, ce transformiste italien qui, chaque soir, était capable de créer 100 personnages en changeant 400 fois de costumes. Nicolas Sarkozy, lui, monte sur scène pour un numéro lamentable qui dure depuis cinq ans, une éternité, au cours duquel il a tour à tour retiré avec peine son costume à paillettes de président bling-bling, mis une veste de camouflage pour mieux traquer l’immigré et le Rom, enfilé le costume noir à fines rayures du "président présidentiable". Et maintenant, il nous ferait le coup du président protecteur ?

 

Comme disent les spectateurs devant un numéro raté, "il y a un truc". Nicolas Sarkozy reste le président des riches, certainement pas celui du pouvoir d’achat. Je ne parle pas de la crise qui serait venue contrarier ses plans, mais bien de cette volonté, comme le mauvais magicien jette de la neige artificielle sur scène pour détourner l’attention du public sur ses tours de passe-passe, d’essaimer des taxes supplémentaires dans les rayons des supermarchés et chez les buralistes, tout en affirmant qu’il n’augmente pas les impôts.

 

Car bien évidemment, sous l’ère Sarkozy, les riches et les pauvres ne sont pas égaux devant l’impôt. Malgré la nouvelle taxe de solidarité qui doit toucher une part infime des plus gros contribuables, malgré l’abandon du bouclier fiscal, ce boulet dont la droite a fini par se débarrasser en cette période électorale, l’inégalité reste flagrante, et même insupportable.

 

Il suffit pour les nantis d’avoir les moyens de s’offrir un expert comptable pour défiscaliser au mieux leur patrimoine, et réduire au maximum leurs contributions. On l’a vu avec Liliane Bettencourt qui, l’an passé, a reçu un chèque de l’État de 30 millions d’euros. Pour les pauvres en revanche, même s’ils sont officiellement "exonérés" parce que leurs ressources sont inférieures au seuil d’imposition, ils sont cernés par les impôts indirects dans leur vie quotidienne.

 

La pédagogie du portefeuille inventée pour les pauvres

 

C’est toute une rhétorique qui a été inventée pour faire passer la pilule auprès des couches populaires. Prenez "la pédagogie du portefeuille", cette idée tordue destinée à habiller de morale publique un impôt supplémentaire dans les classes les plus modestes. On nous dit, il y a désormais un impôt "obésité" en présentant la nouvelle taxe sur les boissons sucrées.

 

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Mais qui fait ses courses dans les magasins discount et n’a pas les moyens d’acheter des purs jus d’orange et doit se rabattre sur les boissons à sucre rajoutées ? Évidemment les pauvres. Or, au nom de la lutte contre l’obésité et le diabète, qui frappent surtout les plus modestes (tiens tiens !), la TVA actuellement fixée à 5,5% va être relevée à 19,6%. Autrement dit, une boisson sucrée à 1,05 euro actuellement coûtera bientôt 1,20 euro, ce qui n’est pas anodin pour les familles nombreuses qui, souvent sont celles qui, faute de moyens et d’éducation nutritionnelle, mangent mal et déséquilibré.

 

Voilà donc comment, au nom d’un intérêt supérieur de la santé publique, Nicolas Sarkozy espère engranger 120 millions d’euros pour combler le trou de la Sécurité sociale en taxant subrepticement les plus modestes sur les sodas. Pourquoi pas, dans ce cas, inventer bientôt une taxe sur les aliments les plus gras et les plus sucrés, tels que les chips et les hamburgers, là encore, nourritures préférées des pauvres ?

 

Évidemment, les familles nombreuses ne vont pas changer de comportement et continueront d’acheter, chez les hard discounters, les faux jus d’orange, les pseudo-concentrés et autres faux nectars, faute de faire la différence avec un pur jus de fruit ou d’oser entrer dans la supérette du coin à la réputation d’être trop chère.

 

6% de taxe supplémentaire pour les chômeurs-fumeurs

 

Car la pédagogie du portefeuille ne marche pas. Sinon, devant la flambée constante des prix du carburant, les automobilistes laisseraient plus souvent leur voiture au garage ! Et les 15 millions de fumeurs réguliers cesseraient d’acheter leurs "sucettes à cancer".

 

Les associations anti-tabac ne cessent de dire qu’il faut "frapper un grand coup", c’est-à-dire taper au portefeuille, pour obtenir enfin des résultats dans la lutte anti-tabac. Mais là non plus, ça ne fonctionne pas. Il suffit de regarder les résultats : chaque année au mois de novembre depuis 2009, le prix du paquet de cigarettes augmente de 6%. Au nom de la santé publique. Mais les fumeurs ne décrochent pas : un Français sur trois a consommé (et consumé) 2,7 milliards de paquets de cigarettes en 2008 !

 

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En 2010, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) a même constaté que le nombre des fumeurs repartait à la hausse. Roselyne Bachelot a reconnu que c’était à cause de la crise économique qui frappe notre pays depuis 2008. "Pratiquement 50% des chômeurs sont fumeurs et à l'évidence, la crise, l'augmentation du chômage, a eu un effet sur l'augmentation de la consommation du tabac", a déclaré la ministre. 49,6% des sans-emploi fument en 2010, contre 43,5% en 2005.

 

Triste constat, que celui qui consiste à reconnaître que les plus gros buveurs d’alcool, les plus gros fumeurs, les plus gros consommateurs de boissons sucrées sont aussi les Français les plus modestes, désireux de compenser un peu de misère par un peu de plaisir, fût-il dangereux pour leur santé.

 

Pas de quoi freiner Nicolas Sarkozy dans son désir de colmater le déficit public : s'il taxe les pauvres, c'est "pour leur bien" puisqu'officiellement, il s'agit d'une démarche de santé publique.

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Published by never-surrender - dans ne soyons pas dupe!!!
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