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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 19:51

Après le refus massif du nucléaire exprimé par les Italiens, les responsables d’Areva se sont répandus dans les radios et les gazettes pour expliquer que cette décision populaire ne représentait pas un gros problème pour leur entreprise puisqu’ils n’avaient pas vraiment de projets avec l’Italie et qu’aucun contrat n’avait été signé.

 

Il y a quelques mois, Areva se vantait pourtant partout de son projet de vendre quatre réacteurs EPR à l’Italie de Silvio Berlusconi et en avril 2010, le premier ministre italien et le président français avait organisé un accord sur le nucléaire entre EDF et son homologue italien Enel.

Ce qui est surprenant dans cette histoire, n’était évidemment pas la frénésie de vente de l’industrie nucléaire français, mais le besoin compulsif de mensonge de ses responsables quand le scénario et la réalité leur échappent.

Tout comme lorsqu’ils expliquent que l’Allemagne ayant décidé de confirmer la fin programmée de ses centrales « devra acheter de l’électricité nucléaire à la France comme elle le fait depuis longtemps ».

Encore un gros mensonge que démentent les statistiques d’échanges énergétiques entre les deux pays : l’hiver dernier, c’est la France qui importait l’électricité allemande.

Les menteries concernent tous les secteurs de l’activité d’Areva puisqu’elle a dissimulé, en France et en Finlande, le coût de ses réacteurs et leurs délais de construction.

 

L’examen de l’histoire de l’uranium, en France et dans le reste du monde, fait apparaître que le mensonge, la dissimulation et le secret sont consubstantiels au nucléaire. Comme une tare qui marque avec une telle force sa carte génétique que ses acteurs ne parviennent jamais à s’en débarrasser. Comme pour conjurer les dangers qu’ils nient depuis des décennies.

Dans l’Oural les Soviétiques ont dissimulé jusqu’au début des années 90 les conséquences de l’accident radioactif survenu en septembre 1957 prés de Kychtym. La région comporte d’ailleurs toujours des zones, notamment des lacs, vérolés par la radioactivité. Mais l’accès en est interdit et les habitants de la région qui acceptent de parler sont menacés par les autorités.

De l’URSS à la Russie, le nucléaire ne change pas de nature. En 1979, l’accident du réacteur N° 2 de Three Miles Island n’a jamais livré tous ses secrets et le pouvoir américain continue à dissimuler ses conséquences sanitaires, notamment une augmentation des cancers et de la mortalité infantile dans cette région. Et nul ne fit de publicité sur un rapport publié deux mois plus tôt par la Commission de Réglementation du nucléaire pointant les défauts ayant provoqué la catastrophe. Un travail de longue haleine qui avait inspiré le scénario du film « Le syndrome chinois » sorti quinze jours avant l’accident de Pennsylvanie sous les ricanements du lobby nucléaire et industriel...

 

Lors de l’accident de Tchernobyl, deux éminents académiciens convoqués d’urgence par le Bureau Politique, conseillèrent à la fois le plus grand secret et une distribution de vodka aux irradiés après avoir minimisé l’accident. Le lendemain, le président soviétique autorisa les journaux de son pays, notamment Ogoniok, à évoquer librement l’accident. Ce qui, sur place, fut assimilé à une trahison. Aujourd’hui dans la zone interdite de Tchernobyl, la plupart des ingénieurs affectés à la maintenance des réacteurs arrêtés nient les dangers et réclament le redémarrage des unités fermées.

 

Le gène du secret et de la négation doit être contagieux : les responsables du consortium créé par Vinci et Bouygues pour construire le nouveau sarcophage, refusent toute information et que les journalistes rencontrent ses cadres.

 

Fin 1999, lors de la tempête qui mit à mal la centrale du Blayais, EDF décida de ne pas communiquer sur les circonstances de l’accident et sur l’accident majeur auquel les réacteurs avaient échappés. Ses responsables haussaient les épaules face aux questions. Il fallut qu’un responsable de l’Institut de Protection et de Sureté Nucléaire organise une fuite pour que le Canard Enchaîné raconte dans le détail comment et pourquoi la centrale inondée avait frôlé la catastrophe.

 

Pour la plupart des incidents signalés sur les réacteurs français, EDF et Areva s’entendent pour minimiser, pour retarder l’information. Comme ni l’un ni l’autre n’avaient jamais accepté de communiquer sur les risques pris par les travailleurs intérimaires trop exposés. Il y a deux ans, voulant visiter la centrale de Dampierre en Burly pour les besoins d’un livre et d’un film, EDF fit attendre 6 mois pour organiser une visite express au cours de laquelle il était interdit de prendre des photos et d’adresser la parole aux ingénieurs. Un « progrès » car pendant 6 ans, à la fin des années 70 et au début des années 80, les journalistes spécialisés étaient interdis de visite dans les centrales françaises.

 

Les Chinois mentent sur les conditions sanitaires à l’intérieur et à l’extérieur de leurs centrales et y interdisent les études épidémiologiques.

 

Comme les Indiens, les Ukrainiens et les Roumains et les Bulgares qui, après avoir maintenu le secret sur les deux réacteurs en piteux état de Kozlodouï, veulent désormais s’offrir une centrale russe.

 

Le dernier exemple tout chaud est évidemment celui de la Tepco, l’opérateur des six réacteurs en rade de Fukushima. Cette entreprise à dissimule pendant des années les incidents de ses réacteurs et a menti sur les causes de la catastrophe (le tremblement de terre et non pas le Tsunami).

Avant d’oublier de signaler que les trois réacteurs sont entrés en fusion dés le premier jour et d’occulter l’intensité de la radioactivité dans et autour de la centrale, les conséquences sur les sacrifiés d’une lutte inégale contre l’accident qui se poursuit et sur l’étendue des contaminations dans la région, bien au delà de la zone d’évacuation et de la zone de confinement.

Ils mentent maintenant en expliquant que la situation sera maîtrisée en janvier prochain avec l’aide de l’autre menteur pathologique, Areva.

 

Dernier menteur identifié : Nicolas Sarkozy en visite il y a une dizaine de jours dans la région de Cosne sur Loire, prés de la centrale de Belleville et expliquant à la presse locale attentive à recopier l’oracle : « Je ne veux pas détruire une filière qui crée de l’emploi, de la compétitivité et de l’indépendance énergétique et l’arrêt du nucléaire allemand offre un débouché à la France dans des conditions concurrentielles intéressantes ».

 

Comprenne qui pourra mais les élus locaux ont applaudi ; les mêmes qui se battent dans la région contre les éoliennes. Je vous la fais courte, pour la liste des secrets et des mensonges qui s’accumulent depuis une bonne quarantaine d’année et aussi pour Sarkozy qui a finement remarqué : « on ne peut pas imaginer un tsunami en Bourgogne ». Rires gras...

 

Il semble y avoir dans l’expression industrielle et politique sur le nucléaire la marque indélébile d’un gène du mensonge et du secret qui se transmet comme une maladie de plus en plus grave et que seuls les écologistes et un référendum national permettraient de commencer à soigner.

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Published by never-surrender - dans nucléaire
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