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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 13:30

Le Vieux continent, champion de la liberté de la presse?

 

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Pas si vite: dans son classement mondial annuel publié, Reporters sans frontières dénonce le recul de certaines démocraties européennes, France et Royaume-Uni en tête.


Ni dégringolade, ni catastrophisme: avec trente et un représentants sur les cinquante pays les mieux classés, "l'Europe domine largement le classement mondial de la liberté de la presse", assure Reporters sans Frontières (RSF).

 

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Une bonne place qui ne surprend pas au regard des textes européens: depuis la Convention des droits de l’homme de 1950 (dont la ratification est nécessaire pour adhérer au Conseil de l'Europe), jusqu'à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne proclamée en 2000, ils défendent haut et fort le droit à une information libre. Liberté effective et proclamée semblent donc pour une fois s'accorder.


Pour autant, le classement 2014 de l'ONG, publié, s'alarme de certains reculs: "La liberté de l’information est parfois malmenée dans certains pays de l’Union européenne, elle est très clairement bafouée dans d’autres". La France n'est pas épargnée.


Le paradoxe du "premier de la classe"


Une constante se dégage des palmarès de ces dernières années: les pays nordiques apparaissent en modèle pour la liberté de la presse. RSF l'explique par:

  • Des fondements constitutionnels et légaux solides.
  • Une culture des libertés individuelles, davantage intégrée qu’au Sud.

Ainsi, depuis 2008, c'est la Finlande qui occupe la tête du classement mondial, suivie cette année par les Pays-Bas et la Norvège. Pourtant, RSF soulève les paradoxes de ce "premier de la classe": la diffamation est passible de peine de prison, même si, dans la pratique, il est très rare que des journalistes soient ainsi sanctionnés. Par ailleurs, un réel pluralisme de l'information s'observe malgré une concentration de l’ensemble des médias nationaux entre trois principaux propriétaires.

 

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Les reculs français et britanniques


Plus au sud et à l'est, la situation est moins réjouissante. Si en Italie, une loi encourageante dépénalisant la diffamation par voie de presse est en préparation, les cas français et britannique incitent à l'inquiétude. L'Hexagone occupe la 39ème place du classement (en recul d'un rang par rapport à l'an dernier) et le Royaume-Uni la 33ème (contre 30ème en 2013). 


> En France, c'est la décision de la justice française de faire retirer les enregistrements de l’affaire Bettencourt du site Mediapart et du Point qui est mise en cause. Elle est interpétée par RSF comme

une atteinte grave à liberté de la presse, violant le droit du public à être informé d’une affaire d’intérêt général impliquant des responsables politiques de premier plan."

> Outre-Manche, deux affaires récentes sont dénoncées. La destruction, par le gouvernement, de disques durs du quotidien du Guardian contenant des informations relatives aux services de renseignement britanniques (GCHQ). Et par ailleurs, la détention, sous le régime du Terrorism Act (durant neuf heures) du conjoint de Glenn Greenwald, ex-blogueur ayant collaboré avec Edward Snowden.

En mélangeant journalisme et terrorisme, les autorités britanniques reproduisent de manière inquiétante et surtout avec une facilité déconcertante l’une des pratiques les plus répandues des régimes autoritaires",

juge RSF.

Mais au-delà de ces menaces, dans certains pays d'Europe, la liberté de la presse est clairement bafouée.


Grèce, Bulgarie, Hongrie: la honte de l'Europe


> La Grèce est peut-être le pays d'Europe où le recul est le plus douloureux. En cinq ans seulement, le berceau de la démocratie a perdu plus de cinquante places au classement mondial de la liberté de la presse. La crise économique se répercute avec violence sur le secteur médiatique. Ainsi, les quelques riches entrepreneurs qui financent les médias réorientent leurs investissements vers des activités plus rentables. Par ailleurs, les journalistes sont souvent accusés de collusion avec le pouvoir.


C'est dans ce contexte déjà tendu qu'en juin dernier, dans l'objectif assumé de réduire la dépense publique, le gouvernement d'Antonis Samaras a pris une décision sans préavis: fermer le groupe d’audiovisuel public grec (ERT)

 

Un coup d'état médiatique et culturel surréaliste, qui a provoqué un blackout total. Un véritable choc, qui a consterné l'opinion publique bien au-delà des frontières de la Grèce. Sous la pression internationale, le gouvernement a cependant annoncé la création d’un nouveau groupe d’audiovisuel public: NERIT. 


> La Hongrie elle aussi est confrontée, depuis l’accession au pouvoir de Viktor Orbán en 2010, "à une érosion continue des libertés publiques". En 2011, en effet, le gouvernement a voté une loi sur les médias hautement restrictive, dénoncée alors par la France comme une "altération profonde de la liberté de la presse"

La liberté de la presse n'existe plus en Hongrie",

titrait à sa "Une" le plus important quotidien hongrois, Nepszabadsag. Le texte introduisait notamment des amendes pour les auteurs de contenus ne respectant pas les critères d’une "information équilibrée". Ce menaçant projet a cependant été largement modifié à la demande pressante de l’Union Européenne.

 

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Mais la liberté de la presse reste vacillante. La chasse à l’information indépendante reste d'actualité.

Dernier symbole en date, rappelle RSF: la station de radio d'opposition Klubradio. Le nouveau Conseil médiatique a longtemps refusé de renouveler la licence, avant de céder sous la pression en mars 2013.


> En Bulgarie également, l'année 2013 a été tendue. Le pays, classé "dernier pays de la zone UE" par RSF, a été marqué par plusieurs mois de manifestations, en marge desquelles des journalistes ont été victimes d’agressions répétées par les forces de l’ordre. Symbole de ces intimidations subies, la journaliste Genka Shikerova, réputée pour ses prises de position sans concessions, a vu son véhicule incendié devant chez elle à Sofia.


Les Balkans: journalistes en péril 


> En Macédoine, "le vernis démocratique utilisé par le gouvernement macédonien depuis quelques années ne fait que cacher la multiplication des atteintes à la liberté de l’information", diagnostique l'ONG. Le sort du journaliste Tomislav Kezarovski est emblématique de cette dérive. En octobre dernier, il a été condamné à plus de 4 ans de prison pour avoir révélé l’identité d’un témoin protégé dans une affaire de meurtre. Sous la pression internationale, sa peine a été transformée en assignation à résidence.

 

> Au Monténégro, la sécurité des journalistes demeure également une préoccupation majeure. Les quotidiens Vijesti et Dan ainsi que le magazine Monitor portent une information libre, mais leurs journalistes font régulièrement face à des intimidations et à des agressions physiques, parfois très graves.

 

http://www.lexpress.fr/pictures/928/475205_une-pancarte-reclame-la-liberation-de-journalistes-lors-d-une-manifestation-devant-un-tribunal-d-istanbul-en-2011.jpg

 

En ce qui concerne la Turquie: ici, et .  


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Published by never-surrender - dans contrôle total
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