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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:11

Si on croit, comme George Orwell et Jean-Claude Michéa, que la plupart des membres d'une population partagent un certain nombre de traits, qui en font des « gens ordinaires », alors on peut concevoir 3 sortes de gauches, chacune ayant une position qui lui est propre par rapport à cette grande majorité des « gens ordinaires ».

 

La gauche modérée serait celle qui fait croire à « l'homme ordinaire » qu'elle veut l'aider à vivre selon ses « aspirations ordinaires », mais qui, une fois au pouvoir, poursuivrait des objectifs qu'elle jugerait plus importants que le « bonheur ordinaire » de « l'homme ordinaire » : une fois au pouvoir elle ne ferait donc rien pour s'opposer aux forces qui oppriment les « gens ordinaires » et qui les empêchent d'accéder à ce « bonheur ordinaire » auquel ils aspirent.

 

L'extrême gauche serait celle qui affiche ouvertement sa volonté, que la société fasse un choix de vie collectif tout à fait différent de celui que voudraient faire la plupart des « gens ordinaires » : le « bonheur ordinaire » auquel ils aspirent ne serait pas selon elle, celui auquel ils devraient aspirer. Comme la gauche modérée, elle s'opposerait donc à « l'homme ordinaire », mais d'une manière différente : la gauche modérée s'opposerait à lui de manière cachée, alors que l'extrême gauche s'opposerait à lui de manière ouverte, et toutes deux ne s'opposeraient pas à « l'homme ordinaire » sur les mêmes points et en ayant en vue de mêmes autres choix.

 

Enfin, une gauche qu'on pourrait appeler la « gauche ordinaire », se proposerait d'aider « l'homme ordinaire » à satisfaire ses « aspirations ordinaires », en luttant contre les forces qui l'oppriment et lui empêchent d'accéder au « bonheur ordinaire » auquel il aspire. Tout en proposant à « l'homme ordinaire », non pas le « bonheur ordinaire » auquel il aspire à l'état brut, mais dans un état raffiné, issu d'un processus de réflexion dialectique, visant à concilier les « aspirations ordinaires » entre elles et avec des exigences éthiques et autres idéaux. Une doctrine de « gauche ordinaire » où « aspirations ordinaires » et exigences éthiques ou idéaux se complèteraient donc pour former un tout, sans que l'un prenne excessivement le dessus sur l'autre, à la manière du yin et du yang de la sagesse orientale.

 

« L'homme ordinaire » (à l'état brut).

 

Mais il faut commencer par le commencement, et donc s'intéresser d'abord à « l'homme ordinaire », à l'état brut.

Pour se faire une idée de ce qu'il pourrait être, on peut s'imaginer toutes les sortes de gens qui vivent dans une société. Des jeunes, des « pères de famille » et « mères de famille », des célibataires, des vieux, des veufs.

Des gens dont les ancêtres vivaient en France, et d'autres dont les ancêtres vivaient en Espagne, en Algérie, au Sénégal...

Des étudiants, des apprentis, des ouvriers, des employés, des chômeurs, des cadres, des artisans, des chefs d'entreprise...

Des gens qui aiment les boites de nuit, d'autres les concerts de rap, d'autres les concertos pour piano, d'autres les bals musette, d'autres les parties de tennis, ou les parties de foot ou les parties de belote.

Des gens qui lisent Le Monde, d'autres L'Équipe, d'autres Paris Match ou Gala, d'autres qui ne lisent pas de journaux...

Des gens qui vivent à la campagne, d'autres en banlieue, d'autres en centre-ville... Etc...

 

La plupart de ces gens auraient donc quelques traits en commun, qui en feraient des « gens ordinaires ».

On pourrait par exemple imaginer que « l'homme ordinaire » est celui qui a :

 

- une conscience ordinaire de la possible cruauté de la vie : parfois nous ne pouvons choisir notre bien-être qu'au détriment de celui d'autrui,

 

- un altruisme ordinaire, c'est à dire limité, et une envie ordinaire de préserver sa vie et son bien être,

 

- une acceptation ordinaire de ses propres imperfections et tendances héritées de son animalité, ces dernières ayant été ou étant encore utiles à la préservation de soi : propension à avoir peur, à se mettre en colère, à se méfier de ce qu'on ne connait pas, à observer des corrélations statistiques entre des apparences et des comportements, etc...,

 

- un sens ordinaire du respect, ou une morale ordinaire : peut-être la « common decency » dont parlent Orwell et Michéa,

 

- une tolérance ordinaire à l'incivilité,

 

- une mentalité ordinaire, en partie héritée de sa culture,

 

- un attachement ordinaire à sa culture et à son peuple,

 

- une aspiration ordinaire à un bonheur ordinaire, bien plus qu'à la poursuite d'autres finalités, comme par exemple la fusion des peuples européens ou des peuples du monde en un seul,

 

- un aventurisme ordinaire : pas une envie de tout changer d'un seul coup dans l'organisation et le mode de vie de sa société,

 

- un gout ordinaire, c'est à dire assez peu prononcé, pour les idéologies et autres grandes théories subjectives de la société, qui nous donnent à voir cette dernière non pas de manière directe, mais de manière indirecte à travers des concepts compliqués, grandiloquents, bizarres, ou un peu fanatiques,

 

- et peut-être d'autres manières encore d'être ordinaire...

comme le formatage de la pensée par le biais notamment des médias controlés...l'uniformisation des aspirations liée à des campagnes publicitaires internationnales de grandes corporations...le manquement au développement de l'esprit critique dans l'éducation...la pression sociale d'être dans une certaine "norme" pour y être intégré...une certaine forme d'individualité égoïte liée au fonctionnement du système néo-libéral...

 

Les suffrages de « l'homme ordinaire ».

 

On s'imagine souvent que pour gagner une élection il faut avoir un bon programme politique et de bons arguments. Cela peut surement être un atout pourvu qu'on sache le mettre en valeur.

On s'imagine parfois aussi que l'homme politique doit avoir de grandes compétences, une grande intelligence ou de grandes qualités d'âme, une grande honnêteté, un grand courage. Cela peut surement encore aider.

 

Mais il est possible que l'intelligence de l'homme politique soit avant tout d'avoir compris que les électeurs sont pour la plupart des « gens ordinaires » qui votent pour quelqu'un d'ordinaire, comme eux, et qui ont une forte répulsion pour les « anomalies », quelles qu'elles soient, défaut de caractère ou trop grande radicalité affichée du projet politique.

 

Tout l'art de l'homme politique de génie est donc peut-être avant tout de savoir paraître ordinaire, en toute circonstance, en cherchant à faire passer toutes ses propositions comme les propositions les plus ordinaires et les plus naturelles qui puissent être, quelle que soit par ailleurs la radicalité réelle de ces propositions.

 

L'essentiel pour l'homme politique, serait de convaincre « l'homme ordinaire » que ses propositions sont les plus proches de ses « aspirations ordinaires » et de son « tempérament ordinaire », et ne s'en éloignent jamais de manière décisive. Tout en faisant transparaitre derrière cela, éventuellement, sa compétence, ses qualités d'âme, et tout en s'appuyant sur la qualité de ses propositions et de ses arguments, si cette qualité est bien réelle (ce qui n'est pas toujours le cas).

 

Mitterrand posant sur les affiches électorales devant un paysage de « France profonde » avec pour slogan « la force tranquille », Chirac et ses sourires chaleureux, ne manquant aucun salon de l'agriculture, Sarkozy et les tonalités gaullistes que prirent ses discours quand commença la campagne officielle, sans oublier le plus grand de tous peut-être : George Frêche, l'ancien maire de Montpellier, qui d'un air finaud, raconta notamment lors d'un très comique aparté enregistré : « Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. ».

 

Aujourd'hui c'est surement Hollande, le maire de Tulle, et son concept de « candidat normal », qui est emblématique de cette manière de rechercher les suffrages des électeurs.

Inversement, l'apparence un peu trop « chevaleresque » de Montebourg, un peu trop « caractérielle » de Mélenchon, un peu trop « intello » de Dupont-Aignan, ou un peu trop « noblesse ancienne » de Chevènement, sont peut-être aussi des handicaps pour eux pour gagner une élection, malgré toute l'intelligence, la profonde honnêteté, la noblesse d'âme, qui sont parfois les leurs, et malgré la qualité plutôt, voire très supérieure, qu'ont leurs propositions politiques.

 

La gauche modérée : « l'homme ordinaire » roulé dans la farine.

 

La gauche modérée est souvent au pouvoir, non seulement parce qu'elle est soutenue par le système médiatique, mais aussi surement parce que ses dirigeants sont habiles. Hollande son leader actuel, en est un très bon résumé. En se présentant comme le « candidat normal », il cherche surement à s'attirer les suffrages de « l'homme ordinaire », en lui faisant croire qu'il prendra les décisions qui découlent le plus d'une « volonté ordinaire » et d'un « tempérament ordinaire ».

Par sa manière de parler il semble aussi toujours chercher le compromis le plus ouvert à l'opinion d'autrui et le plus pragmatique, le plus naturel et conforme au « bon sens ordinaire ».

Mais Hollande aura beau sembler se plier à tous les vents, au fond de lui il restera convaincu que c'est lui et lui seul qui a raison sur toute la ligne depuis le début, et il ne changera pas son avis d'un millimètre.

Et il aura beau sembler chercher à gouverner de la manière la plus pragmatique et conforme au « bon sens ordinaire », les dogmes auxquels il adhère depuis 30 ans avec une rigidité hors du commun, devraient sembler tout à fait extravagants à « l'homme ordinaire », s'ils lui étaient dévoilés avec clarté.

Sa conception de « l'Ouverture » au reste du monde lui commande de détruire l'activité économique en France par le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux, par altruisme pour le reste du monde, pour lui permettre de se développer : on est loin du compromis ordinaire entre altruisme et préservation de soi.

 

Sa conception de « l'Ouverture » est de plus incompatible avec le principe de solidarité nationale, puisque libre échange et liberté de circulation des capitaux profitent aux plus riches en France (consommateurs non exposés en tant que travailleurs à la concurrence avec les pays émergents, détenteurs de capitaux), tout en nuisant aux plus pauvres (travailleurs exposés à la concurrence des pays émergents, souvent les moins qualifiés).

 

Le principe de solidarité nationale fait pourtant surement partie de la morale ou de la mentalité ordinaire, et de l'attachement ordinaire au peuple auquel on appartient.

Par ailleurs, Hollande ne conçoit pas la finalité que serait une union des peuples européens, de manière compatible avec les autres finalités que seraient le respect de la liberté des peuples, la démocratie, et la lutte contre le chômage et les inégalités en France.

 

En effet sa conception de « l'Europe » lui commande de se plier aux traités et directives, sans contester leur caractère néo-libéral, ni le caractère non démocratique de l'Union Européenne.

 

Le respect de la liberté des peuples et l'attachement à la démocratie font surement partie pourtant de la mentalité ou de la morale ordinaire, ou d'un héritage culturel auquel « l'homme ordinaire » est surement attaché.

De plus, le choix de faire passer la construction européenne avant la réalisation matérielle des conditions du bonheur, est surement loin de « l'aspiration ordinaire » au « bonheur ordinaire » avant tout.

Enfin, l'horizon inavoué ou refoulé de cette construction est peut-être une fusion des peuples européens : comment en effet l'institution européenne pourra-t-elle un jour détenir de manière légitime, les pouvoirs gigantesques qu'elle détient actuellement, sans être pilotée alors de manière démocratique par un « peuple européen » fondé par un « contrat social européen » ?

 

Cet horizon est encore très loin de l'aspiration ordinaire au bonheur ordinaire, ainsi peut-être aussi que de l'attachement de « l'homme ordinaire » à son peuple et à sa culture.

Enfin, les doctrines économiques auxquelles Hollande adhère sont néo-libérales, et donc peut-être parfois assez éloignées de la morale ordinaire.

 

Selon cette morale ordinaire, la volonté de « stimuler » l'activité n'est peut-être pas une bonne justification du choix d'exposer les travailleurs français à une concurrence portant sur le critère du cout du travail (et non de l'innovation ou de la qualité), avec les pays émergents.

 

Le néo-libéralisme oublie peut-être aussi excessivement la solidarité et l'équilibrage des rapports de force.

Ainsi Hollande est bien à l'image de cette gauche modérée qui fait croire à « l'homme ordinaire » qu'elle est animée des intentions les plus ordinaires qui soient, mais qui cache sa volonté de poursuivre des objectifs tout autres que ceux de « l'homme ordinaire » une fois qu'elle sera au pouvoir, en se disant alors que c'est elle qui a raison et « l'homme ordinaire » qui se trompe.

 

L'extrême gauche : la rupture avec « l'homme ordinaire ».

 

L'extrême gauche combat ouvertement les « aspirations ordinaires » et le « tempérament ordinaire » de « l'homme ordinaire ».

 

Dans sa forme la plus extrême, elle combat « l'homme ordinaire » sur tous les fronts. Elle ne perçoit pas les moments où le bien être "ordinaire"entre en conflit avec celui d'autrui, et toute volonté de se préserver "ordinaire"est à ses yeux un égoïsme excessif.

 

Les imperfections ordinaires et autres tendances ordinaires héritées de l'animalité sont pour elles hautement méprisables : selon elle les lâches peuvent avoir peur, les méchants peuvent se mettre en colère,  les racistes peuvent se méfier de ce qu'ils ne connaissent pas ou observer des corrélations statistiques entre des apparences et des comportements.

 

La morale ordinaire et la mentalité ordinaire sont à ses yeux un ensemble de préjugés ringards, racistes, intolérants, etc...

 

Aspirer à un bonheur ordinaire plutôt qu'à des finalités romantiques comme la fusion de tous les peuples européens ou du monde en un seul, est à ses yeux une forme de petitesse d'âme, tout comme l'aventurisme "ordinaire", bien trop limité à ses yeux.

 

Enfin il faut vraiment manquer d'instruction et haïr la connaissance aux yeux de l'extrême gauche dans sa forme la plus extrême, pour ne pas aimer voir sans cesse le monde à travers les concepts issus de la subjectivité de Marx, Proudhon ou autre.

 

L'extrême gauche ne recueillera jamais une majorité de suffrages : sa fonction objective est donc de stériliser les suffrages et l'énergie de ceux qui votent pour elle ou militent pour elle, et ont souvent un sentiment de révolte.

 

Elle peut aussi servir à affaiblir les partis contestataires qui se laisseraient influencer par elle.

 

La « gauche ordinaire » : le salut de « l'homme ordinaire » ?

 

Ni la gauche modérée, ni l'extrême gauche, ne peuvent donc se rendre utiles aux « gens ordinaires ».

 

La seule gauche qui pourrait leur être utile, est la « gauche ordinaire », composée de gens qui se vivent eux mêmes comme des « gens ordinaires ». Et qui cherchent à réunir ceux qu'ils considèrent comme leurs semblables, les autres « gens ordinaires », sur un projet guidé par une « volonté ordinaire » et un « tempérament ordinaire », ainsi bien sur que par un travail de réflexion visant à concilier ces « traits ordinaires » entre eux et avec des exigences éthiques et autres idéaux.

 

Concilier le « bons sens », qui est inné, avec la « sagesse », qui vient avec l'instruction et l'expérience. Concilier la bête sauvage et imparfaite que nous sommes encore en partie, qui veut survivre, qui peut avoir peur ou se mettre en colère, avec l'ange que nous voudrions être, divinement beau et bienveillant ; concilier la contingence et la cruauté du monde réel avec les conséquences logiques des principes abstraits de justice, la poursuite du bonheur le plus simple et immédiat avec la révérence pour les idéaux les plus lointains, les humeurs de la Terre avec la lumière du Ciel. Partager les offrandes entre celles adressées à Hestia, déesse du foyer, du repos et de la gestation, et celles destinées à Éole, dieu du vent, du voyage et de la fécondation. Concilier la mémoire, qui conserve, avec le changement, qui sont les deux ingrédients tout aussi indispensables l'un que l'autre du progrès. Concilier, par un processus dialectique comme ceux dont parlent Hegel et d'autres occidentaux, la thèse et l'antithèse, ou le yin et le yang orientaux.

 

Mais pour se convertir à la « gauche ordinaire », il faut commencer par le commencement, et commencer donc par s'accepter soi-même et s'affirmer comme un « homme ordinaire » dans toutes ses dimensions ordinaires.

 

Admettre sa volonté de se préserver et les limites de son altruisme, ses imperfections, sa mentalité et sa morale ordinaire, son agacement face aux incivilités, son attachement à sa culture, à son histoire et à son peuple, son envie de pouvoir se sentir « chez soi » dans son pays, etc...

 

Ou au moins admettre que la plupart des gens puissent être ainsi. Et partant de là, on peut donc ensuite chercher à voir comment tous ces « traits ordinaires » que l'on a reconnus et acceptés comme les siens ou au moins ceux des autres, peuvent être le point de départ d'une réflexion visant, sur de nombreux sujets concrets d'aujourd'hui, à concilier ces traits entre eux et avec les exigences éthiques et des idéaux.

 

Par exemple, beaucoup de français d'origine européenne, se sentent de moins en moins « chez eux » en France.

Mais d'autre part, c'est une exigence éthique pour eux d'accepter qu'il y ait aujourd'hui des français issus de cultures maghrébines ou africaines. De plus les français d'origine maghrébine ou africaine ne demandent surement pas autre chose pour la plupart, que de pouvoir se sentir eux aussi « chez eux » en France et être fiers de ce pays.

 

La conciliation de ces exigences en apparence difficiles à concilier, la préservation de la culture française, et l'acceptation de français issus de cultures très différentes, consiste peut-être alors à revitaliser l'amitié nationale française, et à renouveler la culture nationale française, pour qu'elle soit à nouveau vécue par tous les français comme celle de tous les français ; à préserver l'héritage culturel de ce pays que ses habitants s'imaginent comme vieux de plus de 1000 ans, qu'est la France, tout en acceptant que cet héritage s'enrichisse aujourd'hui des apports nouveaux des gens d'aujourd'hui ainsi que de nouveaux héritages.

 

Tous les français pourraient ainsi à nouveau se sentir « chez eux » en France, et la France conserverait une singularité culturelle, sans avoir pourtant manqué à l'éthique : simplement cette singularité se serait renouvelée, sans avoir pour autant rompu totalement avec son passé.

 

Autre exemple, le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux sont un choix qui va à l'encontre du principe de solidarité nationale, puisqu'en France ils profitent aux plus riches tout en nuisant aux plus pauvres.

D'autre part il y a l'exigence éthique pour la France de garder un certain altruisme avec le reste du monde. La conciliation de ces exigences difficiles à concilier réside alors dans le fait pour les français de s'engager collectivement dans une relation au reste du monde, en se répartissant équitablement les couts et profits liés à cette relation. Ils peuvent alors être aussi altruistes qu'ils le veulent, puisque le cout de cet altruisme pourra toujours ensuite être réparti de manière équitable à eux, en fonction de leurs revenus.

 

Autre exemple encore, l'Union Européenne n'est pas démocratique, et les pouvoirs que les démocraties nationales leur ont transféré sont gigantesques : un gouvernement français qui voudrait aujourd'hui lutter efficacement contre le chômage et les inégalités en France ne le pourrait pas, sans se ressaisir de ces pouvoirs.

De plus, pour que les institutions européennes deviennent pilotées par la population européenne de manière démocratique, il faudrait que les peuples européens aient accepté de fusionner, en acceptant un « contrat social européen ».

Mais il reste possible de concilier la poursuite de l'idéal d'une union des peuples européens, tout en cherchant aussi à respecter la liberté des peuples, la démocratie, et en cherchant à lutter contre le chômage et les inégalités. Il suffit pour cela de transformer l'Union Européenne en une union de démocraties nationales souveraines, coopérant sur des projets communs, faisant des échanges humains et culturels, ayant des accords commerciaux privilégiés, jusqu'à ce que les peuples européens aient accepté de fusionner, par exemple par un référendum.

 

Il existe encore surement de nombreux autres exemples, appelant parfois des conciliations dialectiques qui restent à inventer. Mais une fois toutes ces conciliations dialectiques réalisées, il deviendra possible pour la « gauche ordinaire », de se focaliser enfin sur ce qu'on pourrait considérer comme l'essentiel, et qu'on oublie aujourd'hui à force de se disputer sur le reste.

 

La « gauche ordinaire » pourrait enfin se focaliser sur les réformes institutionnelles qui feraient disparaître les forces qui aujourd'hui empêchent à « l'homme ordinaire » d'accéder au « bonheur ordinaire » auquel il aspire.

 

Et Dieu sait qu'entre la réforme du système monétaire et financier, les mesures protectionnistes mettant fin à une concurrence avec les pays émergents portant sur le critère du cout du travail, le rééquilibrage des rapports de force sur les marchés du travail, de l'immobilier, de la grande distribution, des transports et de l'énergie, et les autres moyens de lutter efficacement contre le chômage et les inégalités, la remise à flot du système éducatif, le redressement de la démocratie française par la restauration de sa souveraineté et la réforme des médias, et la revitalisation de la culture française et du lien affectif sensé unir les français, il y aurait aujourd'hui beaucoup de réformes à faire, et qui dérangeraient vraiment ceux, "ordinaires", qui profitent aujourd'hui excessivement du système.

 

Dans certaines situations extrêmes comme une situation de chômage de masse "ordinaire" durant depuis des décennies, une telle « gauche ordinaire » pourrait s'allier à une « droite ordinaire », pour former une sorte de « coalition des partis ordinaires » de gauche et de droite.


En attendant que la situation soit revenue à la normale pour pouvoir à nouveau se livrer au petit jeu de la lutte entre gens de droite "ordinaire" et gens de gauche "ordinaire".


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