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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 10:36

En 2012, on est toujours gouverné par des imbéciles!!!

 

L’affaire Dexia illustre une fois de plus les conséquences très négatives de l’incompétence de nombreux dirigeants français d’entreprise issus de la haute fonction publique.

 

Le 29 mai dernier, les gouvernements belges et français ont demandé à la Commission européenne de proroger jusqu’à la fin de l’année et de porter à 55 milliards d’euros (soit 2,8 % du PIB français) les garanties publiques offertes à la banque franco-belge Dexia pour lui éviter la faillite. Ce énième épisode de la déconfiture de Dexia rappelle opportunément la véritable nature d’un des principaux maux qui plombe l’économie française depuis le début des années 1990 et explique pour une bonne part les réels problèmes de compétitivité que rencontre actuellement l’Hexagone. Il ne s’agit ni des 35 heures ni de la masse excessive des « assistés » par un système de protection sociale trop généreux, mais bien de l’incompétence de beaucoup de dirigeants des grandes entreprises françaises.

 

http://www.lexpress.fr/pictures/651/333399_un-ouvrier-retire-le-logo-de-dexia-sur-l-ancien-batiment-de-la-banque-a-bruxelles-en-fevrier-2012.jpg

 

Cette difficulté est due en particulier à toute une génération de hauts fonctionnaires ultralibéraux. Bien que dépourvus de toute expérience du marché et de la concurrence, ils se sont imaginés, à partir de la fin des années 1980, que, puisqu’ils avaient été bons élèves à l’école pendant leur adolescence et qu’ils avaient passé avec succès des concours très difficiles à l’âge de 20 ans, ils allaient pouvoir sans problème faire des miracles sur le marché mondial si on les propulsait du jour au lendemain à la tête de grandes entreprises nouvellement privatisées. Mais quand les clients, les fournisseurs et les banquiers n’ont plus été des copains de promo de l’ENA, les choses se sont rapidement gâtées…

 

Investissements hasardeux

 

Dans cette logique, nous avions déjà connu au milieu des années 1990 la débâcle du Crédit Lyonnais que Jean-Yves Haberer, inspecteur des finances et ancien directeur du Trésor, avait conduit dans le mur à cause notamment d’investissements hasardeux dans le cinéma américain. Au tournant des années 2000, cela avait été au tour de Jean-Marie Messier, lui aussi inspecteur des finances et ancien du cabinet d’Edouard Balladur, de conduire le groupe Vivendi à la catastrophe à coups, là encore, d’investissements hasardeux dans l’entertainment aux Etats Unis. La catastrophe Dexia répond à son tour à la même logique. Sous la houlette de Pierre Richard, polytechnicien et ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, l’ex-Crédit local de France, privatisé en 1993 et devenu Dexia par la suite, est lui aussi allé dans le mur à cause, une fois de plus, d’investissements américains hasardeux. Ce sont surtout eux qui, au bout du compte, pourraient nous coûter 55 milliards d’euros…

 

Peu de contre-pouvoirs

 

Les effets de cette mégalomanie et de cette incompétence de nombreux dirigeants de grandes entreprises ont été notablement aggravés par la faiblesse des contre-pouvoirs dans la gouvernance d’entreprise à la française. Au sein des conseils d’administration, ces dirigeants se sont arrangés pour placer leurs semblables afin d’être sûrs de ne pas être embêtés selon le bon vieux principe du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ». Quant aux représentants des salariés, ils disposent en France de pouvoirs très limités vis-à-vis des directions d’entreprises. Leurs moyens de peser sur la stratégie des entreprises sont en particulier sans commune mesure avec ceux dont disposent leurs homologues allemands dans le cadre de ce qu’on appelle la Mitbestimmung, la codétermination, qui accorde aux comités d’entreprise un droit de veto sur de nombreuses décisions managériales et prévoit la présence d’une moitié de représentants des salariés au sein des conseils d’administration. Ce qui contribue notablement à expliquer les orientations plus long termistes des dirigeants d’entreprises allemands et leurs succès industriels actuels.

 

Combien de centaines de milliards d’euros d’argent public et privé, de chômeurs et de pauvres supplémentaires ces dirigeants incompétents nous auront-ils coûté depuis vingt ans ?

On n’arrivera bien sûr jamais à le mesurer précisément mais pour redresser l’économie du pays, ce n’est à coup sûr pas seulement ni principalement au bas de l’échelle qu’il faut changer des choses en profondeur.

 

Comme on dit en effet : « Le poisson pourrit par la tête. »

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Published by never-surrender - dans affaires bancaires
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