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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 11:53

Plus l’écart est grand entre riches et pauvres, plus les conséquences en termes de santé publique sont graves, expliquent les scientifiques.

 

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Depuis quelques décennies, les 1 % les plus riches de la population se détachent du reste de l’humanité à une allure accélérée. La distribution asymétrique de la richesse n’a rien de nouveau, mais elle suscite une question nouvelle : la richesse de ces 1 % nuit-elle à la santé des autres ?

 

Une richesse accrue au sommet ne s’accompagne visiblement pas d’un accroissement du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté [avec 1,25 dollar par jour, selon la définition de la Banque mondiale]. Pourtant, même si vous n’avez pas basculé du côté de l’extrême pauvreté, la façon dont vous vous situez par rapport aux autres d’un point de vue socio-économique a une incidence sur votre santé. Michael Marmot, épidémiologiste à l’University College de Londres (UCL) et spécialiste des effets de l’inégalité sur la santé, estime que les gens qui vivent dans une pauvreté relative sont les plus touchés. De nombreuses études ont montré que l’accès réduit à une alimentation nutritive, mais aussi à un système de santé et à des établissements scolaires corrects ainsi qu’une exposition plus importante à la violence avaient un impact important sur notre santé mentale et physique. “Il ne faut pas penser uniquement en termes de misère absolue”, souligne-t-il.

 

 

 

Selon Thomas McDade, anthropologue à l’université Northwestern de Chicago, l’avancée des recherches dans ce domaine a révélé des choses encore plus surprenantes :

 

“Nous sommes de plus en plus amenés à constater que, même quand on dispose d’un emploi stable et d’un revenu de classe moyenne, on n’est pas en aussi bonne santé que quelqu’un figurant parmi les 1 %. Quelque chose de plus fondamental dans la hiérarchisation sociale a des répercussions sur la santé et la qualité des relations humaines.”

 

La pauvreté relative va de pair avec l’inégalité.

 

“Nous nous apercevons que plus les inégalités sont importantes, que ce soit en termes de revenus, d’accès à l’éducation, d’intégration sociale ou d’autres facteurs, plus grandes sont les inégalités en matière de santé”, explique Michael Marmot.

 

 

Un stress toxique

 

Le coefficient de Gini est l’un des indicateurs utilisés pour mesurer les disparités économiques au sein d’une société. Il va de 0 (tout le monde a le même revenu) à 1 (une personne concentre tout le revenu) [voir graphique].

Les études montrent une corrélation entre des coefficients de Gini élevés et de mauvais résultats en termes de santé publique, parmi lesquels un risque accru de naissances prématurées et des taux de mortalité plus élevés.

Une méta-analyse menée par S. V. Subramanian à l’Ecole de santé publique de l’université Harvard montre que 900 000 décès pourraient être évités aux Etats-Unis si son coefficient de Gini (qui est de 0,36) était inférieur à 0,29.

 

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En quoi le fait d’avoir moins d’argent que vos pairs affecte-t-il votre santé ?

 

Les études sont formelles : c’est le stress, le responsable. Non pas les tracas du quotidien, mais le mécanisme de défense psychologique et physique face à des menaces extérieures répétées auxquelles on ne peut échapper. Un stress de ce genre est toxique parce qu’il peut conduire le système de défense du corps humain à se retourner contre lui.

 

En temps normal, l’exposition à un stress conduit le corps à réagir en nous apportant un surcroît d’énergie (en envoyant plus de glucose aux muscles), en augmentant les battements du cœur, la tension artérielle et la respiration afin d’oxygéner les muscles au plus vite. Les vaisseaux sanguins se contractent et le processus de coagulation est lancé afin que trop de sang ne soit pas perdu en cas de blessure. Ces réactions physiques font partie de notre “kit de survie” naturel, qui s’enclenche en cas de danger. Mais, une fois le danger disparu, tous les paramètres reviennent à la normale.

 

Un changement radical de culture

 

Or chez les gens qui sont soumis à un stress permanent, ce mécanisme ne se met jamais en veille : la glycémie est en roue libre, la tension artérielle élevée augmente les risques de caillots sanguins, la libido est en berne et le système immunitaire est soumis à rude épreuve. Une exposition prolongée aux hormones du stress peut également avoir d’autres effets délétères. Elle peut même altérer la structure des neurones et leurs connections, ce qui peut avoir ensuite un impact sur le comportement et modifier l’équilibre hormonal.

 

Bien que la santé suive un gradient social, au-delà d’un certain seuil de richesse, les bénéfices en matière de santé restent stables. “La différence d’espérance de vie entre quelqu’un qui gagne 1 million de dollars et quelqu’un qui en gagne 2 millions est infime, explique Michael Marmot. Les bénéfices de l’argent en matière de santé ne peuvent se décupler à l’infini.”

 

L’accumulation des millions ne devrait donc pas permettre aux 1 % de vivre encore plus longtemps.

En revanche, une légère augmentation générale de revenu pourrait permettre à une bonne partie de la population d’être en meilleure santé.

Les mesures à mettre en œuvre sont donc des plus logiques… mais des plus délicates d’un point de vue politique : une meilleure répartition des richesses permettrait d’augmenter l’espérance de vie des êtres humains à l’échelle nationale et internationale. Mais, à moins d’un changement radical dans la culture politique occidentale, cette éventualité est peu probable.

 

Ces derniers temps, les gouvernements, quelles que soient leurs orientations politiques, ont eu une responsabilité dans le creusement des inégalités.

 

Alors que l’écart entre les personnes les plus riches et les autres ne cesse de se creuser, le problème de l’inégalité n’est pas près de disparaître. Et à mesure que les preuves s’accumulent, on comprend mieux les dommages causés par les inégalités à la santé, l’estime de soi, l’intégration sociale et le pouvoir de décider de sa propre vie. Comme on dit, savoir, c’est pouvoir – en particulier quand le savoir se trouve entre les mains de 99 % de la population.

 

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