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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:36

Du « J’accuse » au « J’achète »

 

« Au final, l’essentiel de la presse d’opposition est passée au fil des ans, sans l’assumer, du rôle de porte-parole des descendants historiques du « J’accuse ! » à celui de chambre d’écho des partisans du « J’achète ! »

 

http://www.polemia.com/img/img_doc/dormann_1.jpg

 

En deux mots, la presse de gauche s’est vendue. Au pouvoir étatique d’une part et à des financiers politisés d’autre part, c’est-à-dire finalement aux mêmes, dans la durée. Mais elle n’a pas seulement abdiqué son idéal à cette occasion.

Elle a […] voulu présenter ces évolutions comme un succès de sa profession, une garantie d’indépendance, oubliant un peu vite que c’étaient justement les financiers qui venaient de mettre le monde au bord du gouffre ».

 

La fête aux « dealers d’opinion »

 

Décidément, c’est la fête aux « dealers d’opinion » ! Après La Tyrannie médiatique* en 2008, Les Editocrates** en 2009, Les Médias en servitude*** début 2012, et on en oublie sans doute, c’est Benjamin Dormann qui, dans Ils ont acheté la presse****, sonne la charge contre les journaux vendus à un grand capital dont un bon peuple les croit pourtant les plus farouches adversaires.

 

A travers trois cas emblématiques, ceux du Monde, du Nouvel Observateur et de Libération, l’auteur étudie dans les moindres détails et, chiffres à l’appui, la déchéance de ces organes. Menacés de naufrage malgré les aides constantes - et considérables : jusqu’à 60 % du chiffre d’affaires selon le rapport Cardoso - prodiguées par les gouvernements successifs, y compris et surtout ceux auxquels ils étaient les plus hostiles selon l’adage Oignez vilain, il vous poindra, ils ont fini par confier leurs destinées aux barons de la Haute Banque et aux hérauts du super capitalisme le plus cynique.

 

Les banques Rothschild et Lazard à la tête de Libération et du Monde

 

Relatant le 16 avril l’inhumation du grand polémiste, et ancien vice-président du Front national, François Brigneau, le Bulletin de réinformation, diffusé le 16 avril par Radio Courtoisie, pouvait ainsi ironiser : « Les journalistes d’extrême gauche Abel Mestre du Monde et Christophe Forcari de Libération hantaient les allées du cimetière. Il s’agissait, pour ces professionnels sycophantes de vérifier si Jean-Marie Le Pen était là. Car la présence du vieux chef aurait pu fournir l’occasion d’une petite campagne de diabolisation contre sa fille, Marine…

De l’au-delà, François Brigneau a dû sourire de cette comédie humaine. Voir deux salariés de la banque Lazard, propriétaire du Monde, et de la banque Rothschild, propriétaire de Libération, obligés de suivre son cercueil, quel succès posthume ! »

 

On ne saurait mieux résumer l’ambiguïté, voire l’imposture, de ces quotidiens s’efforçant de soutenir leur réputation d’anticonformisme et de défenseurs de l’humanité souffrante alors qu’ils sont en réalités les serviteurs de la finance et des intérêts mondialistes, comme on l’a vu encore tout récemment lors de la crise libyenne.

 

Ces grands pacifistes ont en effet soutenu à grands cris, sous prétexte de défense des droits de l’homme, l’intervention de l’OTAN, bras armé du lobby pétrolier international. Une intervention qui risque de provoquer la « somalisation » de la Libye et qui a déjà provoqué un indescriptible chaos au Mali où la communauté internationale fait face à « un péril d’une extrême gravité » comme l’a reconnu le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

 

Presse de gauche et mépris du peuple

 

Mais comment en sont-ils arrivés là ?

Pour Benjamin Dormann, ancien journaliste économique, si la presse de gauche a connu une telle hémorragie de lecteurs que les faillites s’y sont succédé - on rappellera celles du Populaire, du Matin de Claude Perdriel, de L’Evénement du jeudi ou du Globe de Pierre Bergé - c’est en raison de son mépris pour le peuple dont elle se prétend l’interprète mais dont elle ne relaie jamais les véritables aspirations. Le credo de Globe, exprimé dès le premier numéro par Bernard-Henri Lévy ne constituait-il pas d’ailleurs une véritable déclaration de guerre au peuple français ? BHL écrivait sans détours : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. »

 

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La « French Kahnnextion »

 

Cette presse a aussi été victime : de ses choix politiques d’abord ainsi qu’en témoigne son admiration hystérique pour le millionnaire cosmopolite Strauss-Kahn (qu’elle tenta par tous les moyens de sauver après sa mésaventure du Sofitel de New York, jusqu’à nier l’évidence avant de rejeter sans gloire le directeur du FMI après que preuve eut été apportée de ses stupres… dont toute la médiaklatura était informée depuis des années) ; mais aussi de son asservissement à la publicité qui « symbolise l’aliénation au système de consommation qu’elle [la presse de gauche] aimerait pouvoir dénoncer »… sans jamais oser le faire.

 

Emaillé de portraits féroces (ceux de Denis Olivennes, le grand homme du Nouvel Obs’, ou de Matthieu Pigasse, patron de Lazard et nouveau maître du Monde après avoir organisé le rachat de Libération par le banquier Edouard de Rothschild, citoyen israélien depuis août 2010, valent le déplacement), émaillé d’heureuses formules : « La soupe aux sous », la « French Kahnnextion »… Ils ont acheté la presse est à lire par tous ceux qu’intéresse et surtout inquiète la folle dérive médiatique.

 

Notes :

 

* La Tyrannie médiatique, disponible en Pdf sur le site ou au prix de 10 € (15 € franco) à Polémia, 60 ter rue Jean-Jacques Rousseau, 92500 Rueil-Malmaison

 

** Les Editocrates, de M. Chollet, O. Cyran, S. Fontenelle et M. Reymond. Ed. La Découverte/Pocket, octobre 2009, 196 pages, 12,50€.

 

*** Les Médias en servitude, de Claude Lorne, disponible en Pdf sur Internet ou au prix de 10 € (15 € franco) à Polémia, adresse ci-dessus.

 

**** Ils ont acheté la presse, de Benjamin Dormann, éd. Jean Picollec, 47 rue Auguste Lançon, 75013 Paris. 23 € ou 28 € franco.

 

Presse écrite : des milliardaires la dirigent, les contribuables la financent !

 

Consultant financier, Benjamin Dormann a regardé qui détenait la presse écrite. Il aussi étudié ses comptes.

 

Son diagnostic est simple : ce sont des milliardaires qui détiennent la presse écrite et ce sont les contribuables qui la financent.

 

Le Figaro est la propriété de Dassault. Pierre Bergé (Saint-Laurent), Xavier Niel (Free) et Matthieu Pigasse (banque Lazard) détiennent Le Monde. Edouard de Rothschild est aux manettes de Libération. Bernard Arnault (LVMH) règne en maître aux Echos. François Pinault (PPR) contrôle Le Point. Le Nouvel Observateur appartient à Claude Perdriel. Paris Match, Télé-7 jours, le JDD, Elle et bien d’autres titres sont aux mains de Lagardère Active dont l’actionnaire principal est… l’émir du Qatar.

 

Rares sont les journaux qui gagnent de l’argent. D’ailleurs ce n’est pas ce que recherchent les propriétaires des journaux. Ce que la possession d’un journal leur apporte, ce n’est pas des dividendes, c’est de l’influence : de l’influence qui permet d’obtenir des législations favorables à leurs activités, une fiscalité de complaisance pour leurs groupes financiers et des marchés (publics ou privés) de faveur.

 

Le pire, c’est que cette influence, qui permet à quelques grandes fortunes puissantes de gagner beaucoup d’argent, c’est l’ensemble des Français qui la leur paie. Car la presse écrite coûte près de deux milliards d'euros aux contribuables à la fois sous forme de niches fiscales et de subventions :

 

– plus de 1 milliard de niches fiscales : taux super réduit de TVA (à 2,10%), régime spécial de provisions, exonération de taxe professionnelle, déductions fiscales exceptionnelles à l’impôt sur le revenu ;

 

– plus de 1 milliard de subventions : déficit postal du secteur presse (470 millions), subvention à la Poste pour distribution en zone peu dense (152 millions), aide à la diffusion – portage à domicile, colporteurs, etc.

 

– (173 millions), aide à la modernisation (88 millions), abonnements de l’Etat à l’AFP (117 millions) et – on ne rit pas ! – aide au pluralisme (12 millions).

 

Tels sont quelques éléments repris du livre de Benjamin Dormann, – Ils ont acheté la presse ed. Picollec, mars 2012, 342 pages – et de son intervention à la cinquième Journée d’étude de la réinformation

 



5e journée de réinformation de Polémia -... par Agence2Presse

 

N'est pas révolutionnaire qui veut!!!

 

N'oublions pas le predictive programming...

 


« Les patrons de la presse nationale/ Tous mauvais » de Jean Stern

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