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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 12:19

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C'est l'un des effets de la catastrophe de Fukushima: l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) reconnaît qu'il peut se produire un accident nucléaire en France.


Comme le souhaitait François Fillon après la catastrophe de Fukushima au Japon, les centrales françaises vont toutes être contrôlées, y compris celles qui sont en construction comme l’EPR de Flamanville (Manche), pourtant réputée, selon ses concepteurs, comme «l’une des plus sûres du monde». Mieux, elle fera l’objet, si nécessaire, d’un «moratoire», selon André-Claude Lacoste, le président de l’ASN, mercredi 30 mars à l’Assemblée nationale. Saint-Alban, Chinon, Chooz et Nogent dans le collimateur.

Ce jour-là, en effet, l’ASN présentait le traditionnel rapport annuel sur la sûreté nucléaire en France, qui a pris une importance toute particulière au regard de la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon.

«L'édition 2010 épingle les centrales EDF de Saint-Alban, Chinon, Chooz et Nogent dont la sûreté est jugée en recul, note Le Figaro du 31 mars. En revanche, cinq sites se détachent favorablement du reste du parc en matière de sûreté nucléaire: Bugey, Penly, Tricastin, Civaux et Golfech». «Meilleure maintenance», «remplacement des composants» défectueux, «contrôle systématique» des 58 réacteurs sans oublier l’EPR, tels ont été les recommandations d’André-Claude Lacoste devant les députés et les sénateurs qui l’interrogeaient. 

«Les trois incidents de niveau 2 (sur l'échelle internationale Ines qui en compte 7) recensés en 2010 par l'ASN sont passés au second plan, écrit encore Le Figaro. Le premier s'est produit à la centrale de Chinon où un ouvrier a saisi un objet irradié, le deuxième à l'usine Areva de la Hague où un gant manipulant du plutonium a été percé, le troisième où trois travailleurs ont été faiblement contaminés».

Il y a un avant et un après Fukushima: le président de l’ASN, au lieu d’esquiver les interrogations des parlementaires, est allé plus loin que jamais dans le domaine de la transparence et de la conviction affichée de «tout faire» pour éviter une catastrophe. M. Lacoste l’a d’ailleurs reconnu pour la première fois: un accident nucléaire est possible en France. «Réponse terrible, commente Le Parisien du 31 mars, alors que le parquet de Paris devrait (...) requérir un non-lieu dans l’enquête sur l’impact du nuage de Tchernobyl. Certes, les rejets radioactifs (de Fukushima) ne représentent que 10% de ceux envoyés dans l’air par le réacteur n°4 de la centrale ukrainienne, a rappelé hier l’ASN. Mais justement, Tchernobyl, dont le nom résume à lui seul le cauchemar du nucléaire civil, se rappelle aujourd’hui à notre souvenir».

Un coup dur pour l’EPR de Flamanville et de Finlande Pour éviter tout risque, le président de l’ASN a évoqué l'idée d'un «moratoire» sur la construction du premier réacteur EPR (European Pressurized Reactor), en construction à Flamanville. «Par ses propos, écrit Le Point du 1er avril, (il) a en effet implicitement reconnu que le réacteur français de troisième génération conçu par Areva n'a pas plus été étudié que les 58 autres de l'Hexagone afin de résister à un enchaînement de catastrophes naturelles, comme un séisme et un tsunami».

«L'analyse à court terme devrait porter sur "cinq grands sujets", précise Le Figaro du 1er avril qui cite l’AFP: résistance aux séismes, résistance aux inondations ou aux deux combinés, perte totale d'alimentation électrique, perte de refroidissement et gestion des accidents, y compris les plus graves». Une charge qui reviendra à l’exploitant, c’est-à-dire à EDF.

Cette décision tombe mal pour Areva qui connaît des difficultés à vendre l’EPR à eau pressurisée, plus cher que les autres systèmes parce que, jusqu’à présent, jugé plus sûr. En France, la centrale de Flamanville, prévue pour une mise en exploitation en 2012 et un coût d’un peu plus de 3 milliards d’euros a été repoussée à 2014 et son prix relevé à 5 milliards d’euros.

«La situation n'est pas meilleure sur le seul autre chantier européen en cours en Finlande, à Olkiluoto, poursuit Le Point. En novembre 2009, les Autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise avaient émis des réserves sur les systèmes de sûreté de l'EPR. Elles critiquaient alors la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle, supposés être indépendants, l'un faisant fonctionner le réacteur et l'autre assurant sa sécurité». Jusqu’à présent, Areva justifiait les retards et les coûts par les améliorations constantes apportées dans le domaine de la sécurité.

Cinq d'entre elles seraient bien réelles : un compartiment étanche pour refroidir le corium en cas de fusion ; des bâtiments indépendants (au nombre de quatre) pour abriter les systèmes de sécurité; une coque d’1,30 m d’épaisseur en béton pour le réacteur et deux systèmes de sécurité ; une enceinte d’1,30 m antiradioactivité ; un radier unique et des bâtiments bas pour améliorer la sécurité antisismique. En évoquant un «moratoire» pour l’EPR, M. Lacoste a jeté le doute.

«Ma réponse a été surinterprétée», tente de nuancer le patron de l’ASN dans Libération du 1er avril. «Je n’ai pas en tête un moratoire, au sens administratif, mais l’audit que nous a demandé le Premier ministre, après l’accident de Fukushima. Ce travail va porter sur l’ensemble des réacteurs, qu’ils soient en fonctionnement ou en construction - cette deuxième catégorie se limitant à l’EPR de Flamanville». Et d’ajouter pour calmer le jeu : «Si cet audit débouche sur des améliorations possibles sur les premiers, il faudra agir en tenant compte de leur fonctionnement. Si des améliorations apparaissent nécessaires et possibles sur l’EPR, il serait logique et intelligent qu’EDF s’efforce de les anticiper le plus possible et de ne pas construire pour démolir ensuite».

A l’Autorité de Sûreté Nucléaire, l’heure est donc à la modestie et à la volonté d’apparaître transparent, comme a tenu à le montrer mercredi M. Lacoste à l’Assemblée nationale: «Et de rappeler, nous dit Le Figaro, une "position constante de l'ASN" désormais plus audible même parmi les parlementaires les moins antinucléaires : «personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire en France».

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Published by never-surrender - dans nucléaire
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