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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:44

Jacqueline Goy, biologiste et spécialiste des méduses, maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle et membre du conseil scientifique de l’Espace des sciences, vient de nous envoyer son analyse sur la pollution radioactive au Japon.

 

 

http://www.reseaucetaces.fr/images/reseaucetaces_fr/B/-C-%20Chloe%20Yzoard3.jpg

 

Depuis le 11 mars 2011, au large de la centrale de Fukushima, de l’eau fortement radioactive se déverse chaque jour en mer. Il y aura effectivement un avant et un après Fukushima comme il y a eu un avant et un après Tchernobyl, avec cette différence énorme que le phénomène Tchernobyl a été instantané et s’est produit loin des côtes. Ici, à Fukushima, depuis 20 jours l’eau s’écoule et il ne semble pas que le processus puisse dans l’immédiat être stoppé.

Or, il n’y a pas d’étude sur les effets d’une pollution radioactive de cette ampleur en mer et les données disponibles font état de suivis des radioéléments devant les circuits de refroidissement des centrales, toujours préoccupants mais en général sans effet sur les organismes.

Cette fois, il s’agit d’un véritable cocktail à haute dose avec un mélange d’iode, de césium, de plutonium, d’uranium … dont la pollution à long terme dépend de la durée de vie de chaque élément.

Les conditions hydrologiques dans ce secteur montrent une vaste ouverture sur l’océan Pacifique septentrional avec des marées qui contribuent à brasser quotidiennement cette pollution sur une côte déjà saturée. L’eau chargée en radioéléments percole lentement à travers les sables et les graviers du cordon littoral et contribue ainsi à emmagasiner pour longtemps ces éléments dans les sédiments côtiers.

La courantologie générale de l’océan Pacifique place le Japon dans une position géographiquement symétrique à celle des côtes américaines atlantiques avec un courant chaud, ici le Kuroshio, qui remonte en direction des îles Aléoutiennes puis tourne pour longer ensuite les côtes américaines.

Le transport de la pollution est évident dans tout ce secteur du Pacifique septentrional, et même bien au-delà avec le tapis roulant de la grande circulation océanique. C’est aussi dans ce secteur que se situent les plus grandes fosses océaniques et le transfert des différents éléments radioactifs peut se réaliser de bien des manières. D’abord parce qu’à cette époque de l’année, le réchauffement de la température de surface de l’eau de mer n’a pas commencé et les eaux ont une remarquable homothermie sur toute la colonne d’eau, ce qui contribue à favoriser les échanges entre les eaux de surface et les eaux du fond.

 

Les polluants ont ainsi toutes les chances d’atteindre les grands fonds. Ensuite, par la fixation sur les organismes marins. Les premiers affectés sont les organismes qui sont fixés et ne peuvent s’enfuir. Comme les doses sont léthales, il n’y a probablement plus signe de vie dans un premier cercle autour des écoulements.

Puis la surcharge en éléments radioactifs s’établit en zones concentriques de plus en plus diluées en direction de la haute mer. Mais les organismes irradiés vont à leur tour propager et diffuser la radioactivité par leur propre déplacement car la plupart d’entre eux effectue de grandes migrations, journalière entre la surface et les couches sous-jacentes ou saisonnière entre la côte et le large en fonction de leur cycle de reproduction.

Ainsi les larves et les juvéniles de crustacés ou de poissons sont souvent dans les zones littorales alors que les adultes vivent au large. Par leur métabolisme, ces animaux vont rejeter des particules radioactives dans leurs pelotes fécales dont la sédimentation va polluer le fond.

Enfin la relation proie prédateur va également contribuer à perturber toute la chaîne alimentaire. Cette radioécologie est encore peu étudiée, surtout dans une perspective de contamination à long terme engendrant un dysfonctionnement du mileu marin de cette ampleur à cause de la sursaturation en éléments radioactifs.

La notion de seuil léthal est sans doute différente pour chaque espèce, non seulement elle est liée à la durée de vie du radioélément mais aussi à la durée de vie de l’espèce considérée.

Certains groupes ont montré une affinité plus grande pour un type d’éléments, ainsi les poissons accumulent le césium, les crustacés et les mollusques le plutonium, mais les moules privilégient l’uranium et le thorium et sont sélectionnées comme bon indicateur.

 

Enfin toutes les algues fixent les radioéléments, ce qui est un danger de plus lorsque la nappe radioactive va atteindre la zone intertropicale des coraux du Pacifique central. Si l’on ajoute les essaims de petits crustacés si abondants dans les eaux japonaises au printemps, on peut en déduire que les grands cétacés qui s’en nourrissent ne seront pas épargnés.

En fait, il n’y a pas de barrière entre les océans et dans quelques années c’est l’océan mondial qui conservera la mémoire de cette catastrophe.

 


L'accident de Fukushima porté au niveau 7, comme Tchernobyl

 

Le Japon, secoué mardi par deux fortes répliques, a porté la gravité de l'accident nucléaire de Fukushima-Daiichi à 7, soit le niveau maximal et le même que l'accident de Tchernobyl.

L'accumulation des fuites radioactives est à l'origine de cette réévaluation mais les experts soulignent que les conséquences des deux accidents sont incomparables.

 

La centrale de Fukushima-Daiichi a été fortement endommagée le 11 mars par un séisme de magnitude 9 et un tsunami qui ont fait 28.000 morts et disparus dans le nord-est du Japon. Les ingénieurs de Tokyo Electric Power (Tepco), l'exploitant de la centrale, ne parviennent toujours pas à reprendre le contrôle du site.

 

Deux répliques sismiques ont encore ébranlé le Japon mardi, sans infliger de dégâts supplémentaires à la centrale de Fukushima-Daiichi. Toutes deux étaient de magnitude 6,3 sur l'échelle de Richter.

 

Un responsable de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle (Nisa) a expliqué que les niveaux cumulés de fuites radioactives justifiaient de porter la gravité de l'accident à 7, ce qui signifie des effets considérables sur la santé et l'environnement.

 

Les émissions de particules radioactives en provenance de Fukushima-Daiichi représentent environ 10% de la quantité émise par la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, après l'explosion survenue en 1986, a dit la Nisa.

 

Elles pourraient être finalement plus importantes qu'à Tchernobyl, car elles n'ont toujours pas cessé, bien qu'elles aient diminué considérablement depuis trois semaines. Selon un calcul préliminaire cité par l'agence Kyodo, l'exposition aux radiations a dépassé le seuil annuel d'un millisievert dans des zones situées à plus de 60 km au nord-ouest de la centrale et à 40 km environ au sud-est.

L'entourage du Premier ministre Naoto Kan a expliqué qu'il avait fallu du temps pour mesurer et estimer le total des radiations émises. "Même avant cela, nous considérions que c'était un incident très grave donc en ce sens, cela ne changera pas vraiment la façon dont on le traite", a expliqué un responsable.

L'accident de Fukushima-Daiichi était auparavant classé au niveau 5, comme l'accident de Three Mile Island aux Etats-Unis en 1979. Chaque niveau signifie que la gravité de l'événement est 10 fois supérieure au niveau inférieur.

Plusieurs experts joints par Reuters jugent cette réévaluation exagérée et expliquent que l'accident n'a rien à voir avec le désastre de Tchernobyl qui, il y a 25 ans, avait provoqué des rejets radioactifs dans tout le ciel européen. "On en est très loin. Tchernobyl, c'était terrible. Cela a explosé, il n'y avait pas de confinement et ils étaient coincés", explique Murray Jennex, expert du nucléaire. "Leur confinement (à Fukushima) a tenu le coup, la seule chose qui n'a pas résisté, c'est la piscine de combustible qui a pris feu", dit ce professeur associé à l'université de San Diego, en Californie.

Un expert de l'université d'Osaka, Kenji Sumita, souligne qu'élever la gravité au niveau 7 "a de graves conséquences diplomatiques". "C'est dire aux gens que l'accident peut potentiellement poser problème à nos voisins", dit-il. La Chine et la Corée du Sud ont déjà protesté contre le déversement d'eau faiblement radioactive dans l'océan Pacifique, opération arrêtée lundi.

Quelques minutes avant l'annonce d'un incendie sur le réacteur n°4 de la centrale de Fukushima-Daiichi, finalement maîtrisé, l'est du Japon a été une nouvelle fois secoué par une réplique de magnitude 6,3 du séisme du 11 mars.

L'épicentre de ce tremblement de terre a été localisé au large de la préfecture de Chiba, à 77 km au nord-ouest de Tokyo. Une deuxième réplique a eu lieu quelques heures plus tard, dans l'après-midi au Japon, dans le Nord-Est. Elle a également été mesurée à 6,3.

La centrale de Fukushima-Daiichi a été brièvement évacuée mais, selon Tepco, le niveau de radioactivité sur place n'a pas augmenté et les pompes servant à injecter de l'eau dans les trois premiers réacteurs ont continué de fonctionner normalement. Tepco peine à reprendre le contrôle du site de Fukushima.

Elle injecte de l'azote dans les réacteurs, dont certains ont subi une fusion partielle, pour éviter une trop forte concentration d'hydrogène susceptible de provoquer des explosions qui libéreraient des particules radioactives.

Le déversement d'eau de mer dans les réacteurs, pour éviter une surchauffe du combustible, a en outre entravé les efforts visant à remettre en état de fonctionnement le système de refroidissement de la centrale, pourtant indispensable.

 

Bertrand Boucey et Clément Guillou pour le service français Par Reuters

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Published by never-surrender - dans nucléaire
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