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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:00

Voter, à quoi bon ! Des taux d'abstention record ont été atteints en Seine-Saint-Denis (67,30 %) lors du premier tour des cantonales au mois de mars dernier. C’est le cas dans une majorité de quartiers classés "zone urbaine sensible". link

 

 

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Les relations entre les politiques et les habitants des quartiers baignent dans une certaine indifférence. Les partis sont trop éloignés pour mesurer le souffle et les attentes de ces territoires (45% de chômage chez les 16-25 ans, 1/3 de la population vit sous le seuil de pauvreté…).

Les discours et les schémas politiques ne sont pas en phase avec les enjeux du moment.

Les militants politiques ont déserté ces lieux à un moment où les structures traditionnelles s’affaiblissent -famille, usine, syndicats, vie associative.

Par ailleurs, la représentativité politique de ces territoires au parlement ou au sénat est inexistante.

 

Aucune personnalité nationale charismatique ne s’impose sur ce terrain. Le ministre de la Ville ne dispose d’aucune administration. Il accentue la mise à l’écart de ces territoires du "droit commun" et les enferme dans des slogans, comme des marques de lessive.

Le contentieux historique entre le parti socialiste et la génération des années 80, celle de la "Marche pour l’égalité et contre le racisme" n’est toujours pas réglé. Le PS a spolié ce mouvement avec la création de SOS Racisme fortement soutenue par les pouvoirs publics au détriment des associations de quartiers, pourvoyeuses de "cadres" ou d’élus susceptibles d’être des relais efficaces localement.

 

L’histoire des luttes et des combats politiques dans les quartiers populaires est ignorée. Comme celle de la classe ouvrière. La famille est un levier de politisation important pour les jeunes, fournissant les premiers repères politiques et l’apprentissage démocratique.

 

Or, la plupart des habitants des quartiers de la première génération n’ont pas le droit de voter. Une majorité de jeunes n’ont jamais vu leurs parents se diriger vers un bureau de vote un jour d’élection.

Encore un rendez-vous manqué par le PS, alors que cette promesse figurait au programme de François Mitterrand en 1981 !

 

L’engagement associatif et la contestation constituent une expérience nécessaire à la prise de conscience politique. De ce point de vue, les émeutes urbaines de novembre 2005, malgré la violence, constituent une expérience politique pour beaucoup de jeunes.

 

Habiter, mais où ?

 

Comment casser le ghetto sans évoquer la loi SRU. Au 1er janvier 2010, la France compte 4,5 millions de logements locatifs sociaux, qui accueillent environ 10 millions d’habitants.

Votée en 2000, la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) impose, sous peine d’amende, un quota de 20% de logements sociaux dans les villes de plus de 3500 habitants.

 

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/5741308313992.jpg


Mais de nombreuses villes continuent de préférer la sanction à la construction. C’est une hypocrisie nationale qui alimente la fracture sociale.

 

Dans l’imaginaire collectif, le logement social est synonyme de cité HLM et au fameux triptyque pauvreté/immigration/insécurité.

Donc pas de ça chez nous, plutôt chez les voisins. La pression des habitants, qui sont autant d’électeurs, dissuade les élus à respecter la loi !

 

Ces maires se trouvent des deux côtés de l’échiquier politique. Ils privilégient les égoïsmes particuliers à l’intérêt général.

 

En refusant de construire des HLM sur leur territoire, les maires tournent non seulement le dos aux valeurs républicaines de mixité et de solidarité, mais ils sont tout simplement hors la loi.

 

C’est à partir de ce moment que nait la ghettoïsation par le haut.

Les classes moyennes et supérieures maintiennent à distance les plus défavorisés. Les stratégies de luttes territoriales sont une guerre silencieuse dont l’arme principale est la spéculation immobilière.

 

Du choix résidentiel découle un certain nombre de services (écoles, offre culturelle…), parce que la résidence est déterminante pour le destin des individus.

 

La tolérance zéro promise aux jeunes délinquants doit prévaloir pour les récalcitrants SRU. Il est vrai que pour être intransigeant avec les autres, il faut d’abord l’être avec soi.

 

L’exemple de Neuilly-sur Seine, la ville du président de la République, est un symbole nocif avec ses 3% de logements sociaux !

 

Les valeurs républicaines se transmettent d’abord par l’exemple. Chaque jour qui passe gonfle les chiffres de l’abstention et enfonce davantage les quartiers populaires dans les interstices de la République.

L’amnésie et le déni creusent les sillons du séparatisme social.

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Published by never-surrender - dans pendant ce temps!!!
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