Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 08:51

Ce nou­veau numéro de la revue est paru le 20 sep­tem­bre 2011.


Introduction

 

Dans le numéro pré­cédent consa­cré aux « pièges mor­tels de l’iden­tité natio­nale », nous écrivions : « sous l’impul­sion de la “Nouvelle Droite” franç­aise, un peu par­tout en Europe, l’extrême droite a récupéré, ou tenté de récupérer, une partie des thèmes lancés par les “gau­chis­tes” et la gauche des années 60 et 70 : le droit à la différ­ence, le mul­ti­cultu­ra­lisme, le sou­tien aux mou­ve­ments rég­io­nal­istes, la cri­ti­que de l’impér­ial­isme amé­ricain, la dén­onc­iation du sio­nisme et de la poli­ti­que d’Israël, le sou­tien aux Palestiniens et bien sûr l’éco­logie (1), pro­fonde ou à tona­lité mys­ti­que, selon les cou­rants.

 

En récupérant ces thèmes, l’extrême droite n’a pas seu­le­ment procédé à une manœuvre tac­ti­que habile consis­tant à occu­per le ter­rain de l’adver­saire, en lui piquant ses mots et ses thèmes de pré­dil­ection.

Elle a aussi moder­nisé, relooké, de vieilles idées qu’elle avait tou­jours déf­endues mais qui com­mençaient à paraître com­plè­tement “rin­gar­des” : le lien à la terre et au ter­roir ; la déf­ense des lan­gues natio­na­les et rég­io­nales ; la peur de toute influence étrangère (que ce soit sur le plan éco­no­mique ou cultu­rel) ; la déf­ense de la nature (considérée comme étant la source de l’iden­tité, de l’“ethnie”, de la “race”). »

 

Ce numéro essaie de recen­ser et dén­oncer quel­ques-unes des pas­se­rel­les, des confu­sions, volon­tai­res ou incons­cien­tes, entre la pro­pa­gande de l’extrême droite et celle de l’extrême gauche.


Par « extrême gauche », nous enten­dons non seu­le­ment les grou­pes qui se réc­lament du marxisme, du lénin­isme, du maoïsme ou du trots­kysme, mais aussi les mou­ve­ments alter­mon­dia­lis­tes, voire par­fois les cou­rants « liber­tai­res », qui ne sont pas fon­da­men­ta­le­ment indép­endants, sur le plan idéo­lo­gique, des diver­ses formes de marxisme sta­li­nien ou néos­ta­linien pro­pagées par les intel­lec­tuels auto-pro­clamés « radi­caux », « contre-hégé­mo­niques » ou « alter­na­tifs ».

 

Par extrême droite, nous enten­dons sur­tout les cou­rants extra­par­le­men-taires, les fas­cis­tes dits « de gauche », donc les « natio­naux-révo­lution-naires », les par­ti­sans d’une Troisième Voie (ou « tercér­istes »), les « solida-ristes (2) », les « Identitaires », les « natio­naux-bol­che­viks », etc., qui ont sou­vent prét­endu, dans le passé, s’ins­pi­rer des recet­tes lénin­istes pour la pro­pa­gande quo­ti­dienne et la conquête du pou­voir, mais aussi les cou­rants de la Nouvelle Droite.

 

Malgré sa taille minus­cule, la Nouvelle Droite a joué un rôle fon­da­men­tal à la fois dans la réno­vation idéo­lo­gique de l’extrême droite par­le­men­taire (FN) – ceux que l’on pour­rait appe­ler les natio­naux-conser­va­teurs –, comme dans la réno­vation des cou­rants néof­asc­istes « de gauche » (3) et même de la droite clas­si­que (UMP) en France et aussi au niveau européen.

 

Au-delà de la diver­sité de ces cou­rants, l’extrême droite possède quel­ques « déno­mi­nateurs com­muns : l’anti­com­mu­nisme, l’ordre, la mise en place d’un Etat fort, la méfi­ance à l’égard de la démoc­ratie par­le­men­taire, la haine du cos­mo­po­li­tisme et le rejet de la poli­ti­que d’immi­gra­tion soit par racisme, soit pour des rai­sons reli­gieu­ses, cultu­rel­les et iden­ti­tai­res », nous expli­que J.-P. Gaultier dans son livre Les extrêmes droi­tes en France.

Dénominateurs com­muns que l’on com­plè­tera par la déf­ense de la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion et de la société de clas­ses.

 

Ce numéro ne cher­che pas à explo­rer toutes les diver­gen­ces ou les nuan­ces entre les com­po­san­tes de la droite radi­cale, mais à sou­li­gner les conver­gen­ces idéo­lo­giques ou pra­ti­ques entre cer­tains grou­pes ou « intel­lec­tuels » fas­cis­tes ou fas­ci­sants et la gauche ou l’extrême gauche, même si leurs posi­tions res­pec­ti­ves sem­blent très éloignées au pre­mier abord, notam­ment sur les points pro­gram­ma­ti­ques que nous venons de citer.

 

Il ne s’agit pas ici de repren­dre la thèse banale de « la conver­gence des extrêmes », mais plutôt de sou­li­gner que, notam­ment depuis la dis­pa­ri­tion du camp des Etats sta­li­niens, depuis la fin de la guerre froide, et grâce à l’usage inten­sif d’Internet par les mili­tants et sym­pa­thi­sants d’extrême gauche s’est développée une sous-« culture » (4) anti­ca­pi­ta­liste, anti­sio­niste et anti-impér­ial­iste réacti­onn­aire (5) , ou anti-impér­ial­iste à sens unique car dirigée contre un seul « impér­ial­isme » ou une seule puis­sance (les Etats-Unis), et (pres­que) jamais contre sa propre bour­geoi­sie.

 

En eux-mêmes, l’anti­sio­nisme, l’anti­ca­pi­ta­lisme et l’anti-impér­ial­isme ne sont pas réacti­onn­aires ; mais les formes domi­nan­tes de ces idéo­logies sur Internet sont suf­fi­sam­ment floues et confu­ses pour per­met­tre des rap­pro­che­ments contre nature entre extrême gauche et extrême droite.

Ces rap­pro­che­ments ne sont pas sim­ple­ment vir­tuels (liens entre sites, repu­bli­ca­tion d’arti­cles avec ou sans l’auto­ri­sa­tion des auteurs), ou fondés sur la mani­pu­la­tion des egos (invi­ta­tions à des col­lo­ques ou à des débats publics, etc.). Ils se tra­dui­sent par l’infil­tra­tion, ou la prés­ence à visage déc­ouvert, de mili­tants d’extrême droite dans des mani­fes­ta­tions ou des ini­tia­ti­ves anti-impér­ial­istes ou anti­sio­nis­tes : mani­fes­ta­tions contre la guerre du Golfe ou contre l’inter­ven­tion amé­ric­aine en Irak, flot­tille pour Gaza, boy­cott des pro­duits venant des colo­nies israéli­ennes ou sim­ple­ment d’Israël, cam­pa­gne contre les Mcdo et l’« Eurodysneyland », etc.

Mais aussi dans des orga­ni­sa­tions éco­log­istes, des syn­di­cats, ou des asso­cia­tions huma­ni­tai­res.

 

En dehors des manœuvres clas­si­ques d’entrisme, on observe une poro­sité, voire une inter­chan­gea­bi­lité, crois­sante des concepts uti­lisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

Cela est dû en partie :

– à l’aban­don, par l’extrême gauche, de la référ­ence au rôle cen­tral du prolé­tariat dans les mou­ve­ments sociaux (et donc dans la future révo­lution sociale),


– à l’aban­don de la référ­ence au com­mu­nisme (société sans clas­ses, sans salai­res, sans argent, sans pro­priété privée et sans Etat)


– et à la dis­pa­ri­tion de toute référ­ence à la néc­essité d’un affron­te­ment vio­lent avec l’Etat bour­geois.

 

La dis­pa­ri­tion de ces trois points pro­gram­ma­ti­ques (cen­tra­lité du prolé­tariat mon­dial, usage straté­gique de la vio­lence contre l’Etat et projet com­mu­niste) ne s’est pas tra­duite par un appro­fon­dis­se­ment de la réflexion des « révo­luti­onn­aires », mais par un for­mi­da­ble retour en arrière, faci­lité par l’absence de connais­sance de l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier chez les jeunes géné­rations mili­tan­tes.

 

Des posi­tions poli­ti­ques fai­blar­des depuis long­temps

 

L’aban­don de ces trois points pro­gram­ma­ti­ques ne peut tout expli­quer ; en effet, des cama­ra­des ayant aban­donné ces points pro­gram­ma­ti­ques ne sont pas forcément tombés dans la conni­vence confuse avec les idées d’extrême droite. Il faut donc iden­ti­fier au moins une deuxième cause : les posi­tions déjà erronées déf­endues par les grou­pes et cou­rants d’extrême gauche après 1968 (mais dont cer­tai­nes vien­nent d’encore plus loin) et qui ont pu s’épanouir après l’aban­don de ces points pro­gram­ma­ti­ques.

 

Ces posi­tions plus sim­plis­tes étaient d’ailleurs par­tagées, en partie ou en tota­lité, par des cou­rants plus pro­ches de l’extrême droite. Il s’agit de :

 

– la caracté­ri­sation des pays capi­ta­lis­tes comme impér­ial­istes, sui­vant l’ana­lyse de Lénine,

 

– l’oppo­si­tion erronée entre un capi­ta­lisme finan­cier « pré­dateur » et un capi­ta­lisme indus­triel « sain », oppo­si­tion impli­cite chez Lénine, comme chez Hilferding, théo­ricien de la Deuxième Internationale,

 

– l’incom­préh­ension de ce que furent le fas­cisme et le nazisme.

 

Dans l’argu­men­taire de ceux qui pro­fes­sent ces idées sim­plis­tes cela se tra­duit imméd­ia­tement par les ana­thèmes qu’on jette à la figure des contra­dic­teurs pour les faire taire.

 

Voyons main­te­nant les trois points évoqués ci-dessus.

 

– L’impér­ial­isme est réduit aux capa­cités d’inter­ven­tion mili­taire des seules puis­san­ces europé­ennes ou état­suni­enne, ou alors à la domi­na­tion des trusts et des mul­ti­na­tio­na­les d’ori­gine europé­enne ou amé­ric­aine sur le monde.

Cela conduit à sou­te­nir tel Etat contre tel autre, le « gros » ayant tou­jours tort et le « petit » tou­jours raison, sauf s’il est sou­tenu par le pre­mier des grands (cf., en 2008, le cas de la Géorgie opprimée par la Russie mais sou­te­nue par les Etats-Unis). Cela conduit sur­tout à dédo­uaner les bour­geoi­sies des « petits » pays, voire des puis­san­ces moyen­nes, de la répr­ession qu’elles exer­cent contre « leur » classe ouvrière. La logi­que des camps (« pro­gres­sis­tes » contre « impér­ial­istes ») conduit à conver­tir tel mas­sa­creur en « pro­gres­siste » (voire en « révo­luti­onn­aire ») et récip­roq­uement, sui­vant les situa­tions.

 

– Quoi que l’on pense de la vali­dité des théories de Marx, il faut rap­pe­ler à ses dis­ci­ples que le capi­tal se métam­orp­hose dans trois formes :

 

le capi­tal indus­triel, appelé éga­lement capi­tal pro­duc­tif, qui est à l’ori­gine de toute valeur, incarne le cycle total du capi­tal, et repose sur l’exploi­ta­tion du tra­vail humain ;

 

le capi­tal mar­chand et le capi­tal finan­cier qui ne font que rép­artir des riches­ses (profit com­mer­cial, usu­raire, ban­caire, etc.) créées par le capi­tal indus­triel.

 

Les trois formes du capi­tal sont intrinsèq­uement liées et en isoler une pour la char­ger de tous les maux est une erreur.

C’est ce que font les alter­mon­dia­lis­tes et les tiers­mon­dis­tes quand ils dén­oncent par exem­ple « la fusion du capi­tal ban­caire et du capi­tal indus­triel dans une oli­gar­chie finan­cière » (for­mule empruntée à Lénine) qui serait omni­puis­sante.

 

L’« oli­gar­chie finan­cière » est assi­milée au capi­tal « étr­anger » et cer­tains n’hésitent pas à trans­for­mer le capi­tal « étr­anger » en capi­tal « apa­tride », puis en capi­tal « juif », ce qui expli­que la conver­gence qui ras­sem­ble droite et gauche dans le « socia­lisme des imbé­ciles » (selon l’expres­sion du social-démoc­rate alle­mand August Bebel : « L’antisé­mit­isme, c’est le socia­lisme des imbé­ciles »).

 

– Enfin, le fas­cisme et le nazisme sont com­pris uni­que­ment comme un mal absolu dont il ne fau­drait pas essayer de com­pren­dre les causes éco­no­miques, poli­ti­ques et socia­les qui ont permis le succès.

En effet, si l’on creuse un peu ces ques­tions, on s’aperçoit que le fas­cisme et le nazisme (sans parler du péron­isme et du sta­li­nisme) ont eu une influence élec­to­rale impor­tante chez les ouvriers. Mais sur­tout, ils en ont orga­nisé une bonne part et ont été jusqu’à par­ti­ci­per à de vraies grèves (ainsi la par­ti­ci­pa­tion des ouvriers nazis, jusque dans les comités de grève, lors des grèves sau­va­ges contre les décrets von Papen à l’automne 1932) ; encore aujourd’hui, en Italie, les héritiers des fas­cis­tes orga­ni­sent des chômeurs, des auto-réd­uctions dans les trans­ports et des occu­pa­tions de mai­sons vides.

 

Pour les ex-« gau­chis­tes », la déc­ouv­erte du côté « obscur » de la classe ouvrière les amène à reje­ter tout espoir de trans­for­ma­tion sociale col­lec­tive. Certains d’entre eux sont même fas­cinés par le côté « ouvrier » du fas­cisme et ren­contrent ainsi les fas­cis­tes qui exal­tent le côté ouvrier et révo­luti­onn­aire de ce cou­rant.

 

Mouvement com­mu­niste

 

La méc­onna­iss­ance de l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier par les jeunes géné­rations a été elle-même faci­litée (voire encou­ragée) par la dis­pa­ri­tion des struc­tu­res de for­ma­tion poli­ti­que au sein des grou­pes « révo­luti­onn­aires » et par la montée en puis­sance des « experts » au sein de la gauche alter­mon­dia­liste et des ONG, experts qui sont deve­nus la seule référ­ence théo­rique des mili­tants qui leur font une confiance aveu­gle. C’est ainsi qu’on a pu assis­ter :

 

– à la rés­urg­ence de l’idéo­logie auto­ges­tion­naire, avec l’éloge naïf des coopé­ra­tives ouvrières, de l’éco­nomie soli­daire, des SEL, des squats, des com­mu­nautés (qu’elles soient punk, néo-baba cool, liber­tai­res ou indigènes/autoch­to­nes, etc.) ;

 

– à la réap­pa­rition des théories de l’aile « cen­triste » de la social-démoc­ratie alle­mande après la Première Guerre mon­diale (le mariage entre le par­le­men­ta­risme et les conseils ouvriers, inventé par celle-ci, est dés­ormais vanté par de nom­breux grou­pes trots­kys­tes, notam­ment ceux de la Quatrième Internationale à laquelle est lié le NPA, par des socia­lis­tes de gauche ou des néos­ta­liniens sou­cieux de paraître nova­teurs) ;

 

– à la déf­ense du rôle posi­tif des natio­na­lis­mes et des rég­io­nal­ismes par de nom­breux cou­rants marxis­tes ou liber­tai­res ;

 

– à la valo­ri­sa­tion des iden­tités sexuel­les, « racia­les », voire indi­vi­duel­les, abou­tis­sant à une frag­men­ta­tion à l’infini des luttes mais aussi des réflexions cri­ti­ques, au dét­riment de l’uni­fi­ca­tion et de la syn­thèse néc­ess­aires. Très peu de grou­pes ont réussi à penser ensem­ble « genre, race et classe », comme on dit dans le monde mili­tant anglo-saxon, et à mettre cette pensée en pra­ti­que dans les années 70, même à une petite éch­elle (les expéri­ences de grou­pes comme Big Flame en Grande-Bretagne ou des Revolutionary Union Movements dans les usines Dodge, Ford, Eldon et Chrysler aux Etats-Unis sont à cet égard impor­tan­tes).

 

La prise en compte de la tota­lité des oppres­sions aurait pu enri­chir le projet de révo­lution socia­liste glo­bale porté par l’extrême gauche des années 60 et 70. Mais c’est l’inverse qui s’est pro­duit : les luttes ouvrières ont connu une for­mi­da­ble décrue à partir du milieu des années 70 en Europe et aux Etats-Unis, et de mul­ti­ples micro-pro­jets de libé­ration ont vu le jour, portés par des idéo­logies par­tiel­les ou iden­ti­tai­res comme le fémin­isme, l’éco­logie, l’anti­ra­cisme, la lutte pour les droits des mino­rités, les luttes des sans-papiers, des préc­aires, des chômeurs, etc.

 

Le sujet révo­luti­onn­aire mis en avant par les marxis­tes, le prolé­tariat, n’avait peut-être pas les épaules assez larges pour libérer toute l’huma­nité de tous ses maux à lui tout seul. D’ailleurs les marxis­tes se sont posé la ques­tion des allian­ces avec d’autres clas­ses exploitées notam­ment la pay­san­ne­rie pauvre.

Mais la mul­ti­pli­ca­tion des sujets des libé­rations iden­ti­tai­res n’a fait que mar­gi­na­li­ser encore davan­tage la place de la classe ouvrière dans le projet révo­luti­onn­aire, en même temps que la crise capi­ta­liste mon­diale, les restruc­tu­ra­tions, les délo­ca­li­sations et les licen­cie­ments la frag­men­taient, elle aussi (cf. le texte de Joao Bernardo, tra­duit et publié par nos soins, « Classe ouvrière ou tra­vailleurs frag­mentés ») (6) .

 

En 2011, un projet de révo­lution sociale ne peut être le même qu’il y a qua­rante ans. Nous vivons en Europe, dans des pays « paci­fiés » (7), qui n’ont pas connu de situa­tion révo­luti­onn­aire depuis des déc­ennies. Il suffit d’enten­dre les propos de cet « Indigné » de la Bastille que l’on voit crier sur Youtube face aux flics : « Vous vous êtes engagés pour déf­endre le peuple, pas pour lui taper dessus. » Et de les com­pa­rer aux mil­liers de Syriens tués, aux mil­liers de Syriens empri­sonnés et tor­turés, aux chars qui entou­rent les villes syrien­nes une par une, secondés par les sni­pers au ser­vice du régime, pour cons­ta­ter que nous vivons pour le moment dans un cocon poli­ti­que et que nous n’avons aucune idée de ce que pour­rait être une révo­lution sociale, ici et main­te­nant en Europe.

 

Mais, en même temps, nous ne gagne­rons rien à dis­pen­ser, comme les partis de gauche et cer­tains gau­chis­tes, l’illu­sion que les cadres, les petits com­merçants, les petits arti­sans, les ouvriers, les petits patrons, les pay­sans-capi­ta­lis­tes et les chômeurs auraient des intérêts fon­da­men­taux com­muns. Nous ne gagne­rons rien à croire, comme de nom­breux alter­mon­dia­lis­tes, liber­tai­res ou « radi­caux », que tous les êtres humains seraient des indi­vi­dus opprimés et exploités, sus­cep­ti­bles de se rév­olter et de ren­ver­ser le capi­ta­lisme et l’Etat… de sur­croît sans pren­dre le pou­voir.

 

Pour ter­mi­ner, il est aussi une ques­tion dér­ange­ante, à laquelle nous ne rép­ondons pas ici, faute de place, mais que plu­sieurs arti­cles du numéro pré­cédent de Ni patrie ni fron­tières ont abordé en cri­ti­quant la gauche natio­na­liste ou la gauche laïco-xénop­hobe :

 

quelle est notre part de res­pon­sa­bi­lité dans la confu­sion ?

 

Certains d’entre nous ne pro­pa­gent-ils pas des com­por­te­ments et des idées racis­tes, colo­nia­lis­tes ou sexis­tes, et ce depuis fort long­temps ? Les infil­tra­tions de l’extrême droite, les limi­ta­tions théo­riques de l’extrême gauche, n’expli­quent pas tout. Nous nous croyons vac­cinés contre les préjugés de classe, racis­tes, sexis­tes et colo­nia­lis­tes, mais le sommes-nous vrai­ment ?

 

Aux Etats-Unis, cette inter­ro­ga­tion a amené cer­tains mili­tants et cer­tai­nes mili­tan­tes à se deman­der com­ment lutter pra­ti­que­ment contre les préjugés racis­tes, colo­nia­lis­tes et sexis­tes qui pou­vaient sévir au sein de leurs pro­pres orga­ni­sa­tions et des mou­ve­ments sociaux. Souvent sur le regis­tre de la culpa­bi­li­sa­tion et des bons sen­ti­ments, mais au moins il existe des ten­ta­ti­ves d’abor­der le pro­blème.

 

Aux Pays-Bas, de telles inter­ro­ga­tions sont à la base de grou­pes comme De Fabel van de ille­gaal et main­te­nant Doorbrak, et elles tra­vaillent aussi le groupe bri­tan­ni­que The Commune qui se réc­lame du vieux mou­ve­ment ouvrier, et veut aussi intégrer les acquis des « mou­ve­ments de libé­ration » fémin­iste et anti­ra­ciste des années 70. Et il en existe cer­tai­ne­ment d’autres que nous ne connais­sons pas.

 

Certains grou­pes ou per­son­nes citées dans ce lexi­que s’indi­gne­ront cer­tai­ne­ment d’être ravalés au rang de sim­ples « pas­se­rel­les » vers l’extrême droite. Ils ne com­pren­dront pas non plus pour­quoi cer­tains « concepts » qu’ils uti­li­sent tous les jours sont peu rigou­reux, voire carrément réacti­onn­aires (8).

 

Nous espérons que ce petit inven­taire inci­tera les « modé­rateurs » de leurs sites Internet à mieux choi­sir leurs fréqu­en­tations, leurs référ­ences idéo­lo­giques et à trier avec rigueur (donc à lire soi­gneu­se­ment) les mails, les arti­cles et les infos qu’ils publient sur leurs sites ou qu’ils dif­fu­sent autour d’eux.

 

Quelques livres utiles

 

– La galaxie Dieudonné. Pour en finir avec les impos­tu­res, de Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier, 2011, Editions Syllepse (ouvrage utile mais qui aurait gagné à plus de pro­fon­deur théo­rique et socio­lo­gi­que dans l’ana­lyse du phénomène Dieudonné) ;

 

– Les extrêmes droi­tes en France. De la tra­versée du désert à l’ascen­sion du Front natio­nal (1945-2008), de Jean-Paul Gaultier, Editions Syllepse, 2009 (ouvrage his­to­ri­que de bonne qua­lité) ;

 

– La Fable de l’illé­galité, recueil d’arti­cles du groupe De Fabel van de ille­gaal, édité par Ni patrie ni fron­tières, 2008 (explore les conver­gen­ces indé­si­rables aux Pays-Bas et dans le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste)

 

– L’ima­gi­naire du com­plot mon­dial. Aspects d’un mythe moderne, Pierre-André Taguieff, Mille et une nuits, 2006 (malgré sa haine viscé­rale de l’extrême gauche qui l’amène à opérer des amal­ga­mes ridi­cu­les voire à la dif­fa­mer, un livre et un auteur à lire, quelle que soit l’irri­ta­tion qu’il pro­vo­que) ;

 

– et Le Monde vu de la plus extrême droite de N. Lebourg, 2010, Presses uni­ver­si­tai­res de Perpignan (par­fois un peu touffu, mais incontour­na­ble sur la ques­tion).

 

Aux infor­ma­tions tirées de ces sour­ces, nous avons ajouté nos pro­pres com­men­tai­res et quel­ques ren­sei­gne­ments sup­plém­ent­aires glanés au cours de nos recher­ches sur la Toile ou dans différ­entes publi­ca­tions.

Avant d’être publié sur Internet et sous forme papier, cet inven­taire a cir­culé parmi plu­sieurs cama­ra­des, notam­ment de Mouvement com­mu­niste, du Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne (GARAP), des Luftmenschen et sur le forum des lec­teurs de la revue Ni patrie ni fron­tières.

 

L’objec­tif n’était pas d’abou­tir à un texte commun où toutes les posi­tions seraient com­mu­nes à la vir­gule près (il nous aurait sans doute fallu des années pour y arri­ver), mais de sol­li­ci­ter l’avis de mili­tants qui se sont intéressés à ces ques­tions depuis long­temps et qui obser­vent le dével­op­pement, la déc­om­po­sition/recom­po­si­tion per­ma­nente de l’extrême droite ou de ce que cer­tains cama­ra­des appel­lent le « sous-fas­cisme ».

 

Chaque fois que c’était pos­si­ble, leurs remar­ques ont été intégrées dans le texte ori­gi­nal et les for­mu­la­tions qu’ils trou­vaient mala­droi­tes, obs­cu­res ou incor­rec­tes ont été modi­fiées. En cas de dés­accord impor­tant, leurs ajouts ou com­men­tai­res ont été placés en notes.

Des cama­ra­des de Mouvement com­mu­niste, des Luftmenschen et du GARAP ont aussi écrit leurs pro­pres textes qu’ils ont évid­emment signés du nom de leur groupe. Que tous et toutes soient ici remer­ciés. Cette forme de coopé­ration par­ti­cu­lière entre des mili­tan­tes et des mili­tants ayant des orien­ta­tions différ­entes n’impli­que pas, bien sûr, que ces cama­ra­des soient res­pon­sa­bles des éventu­elles erreurs qui ont pu se glis­ser dans ce texte. La revue en assume seule la res­pon­sa­bi­lité et publiera tout dém­enti ou droit de rép­onse (d’une taille rai­son­na­ble, soit 2 pages maxi­mum) demandé par les per­son­nes, sites ou grou­pes men­tionnés, à condi­tion qu’elles n’émanent pas d’indi­vi­dus ou de grou­pes fas­cis­tes ou fas­ci­sants.

 

La prose de ces der­niers n’est pas la bien­ve­nue dans la revue car nous ne sommes pas par­ti­sans de la liberté d’expres­sion totale… comme cer­tains liber­tai­res !

 

Ni patrie ni fron­tières, 1er sep­tem­bre 2011

 

P.S. : De nom­breux arti­cles font référ­ence à des indi­vi­dus ou à des grou­pes. Quand nous n’avons pas placé une note d’expli­ca­tion en bas de page, le lec­teur devra se repor­ter à la liste des mots indexés page 11.

Par exem­ple si dans un arti­cle sur Dieudonné nous men­tion­nons le MDI, le lec­teur devra se rendre à l’entrée MDI.

 

Les entrées sont de lon­gueur très varia­ble et nous publie­rons une seconde édition, voire un deuxième numéro sur le même sujet, en fonc­tion des contri­bu­tions, remar­ques et cri­ti­ques que nous rece­vrons sur ce sujet essen­tiel.

 

Notes

 

1. La confu­sion entre éco­logie et extrême droite n’est pas seu­le­ment le fait de fas­cis­tes mas­qués qui se livre­raient à des ten­ta­ti­ves de récu­pération : il est signi­fi­ca­tif que le site de gauche décro­iss­ance.info qui recom­mande dans ses liens toutes sortes de publi­ca­tions liber­tai­res ou « radi­ca­les » publie en même temps une inter­view de Serge Latouche du MAUSS (qui avait déjà contri­bué au numéro 4 de la revue Krisis d’Alain de Benoist en déc­embre 1989) dans Le Recours aux forêts sans dire que cette revue fut dirigée par Laurent Ozon, néo-païen fas­ci­sant, membre du Bureau poli­ti­que du FN en 2011. Sans la vigi­lance d’un inter­naute, cette conver­gence verte-brune serait passé ina­perçue…

 

2. Léon Bourgeois (1851-1927) inventa le soli­da­risme. Membre du Parti radi­cal, minis­tre et pré­sident du Conseil d’Etat sous la IIIe République, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1920. Dans son livre La Solidarité (1896), il prét­endait rés­oudre les contra­dic­tions entre le libé­ral­isme et le socia­lisme en fusion­nant les deux partis. Il sou­hai­tait que les béné­fices de l’Etat fus­sent rép­artis de façon « plus équi­table ». Cette doc­trine favo­ra­ble à un inter­ven­tion­nisme social fondé sur des valeurs mora­les sera reprise par cer­tains cou­rants de l’extrême droite, qui créeront le natio­nal-soli­da­risme, et infléc­hiront cette idéo­logie inter­clas­siste vers un cor­po­ra­tisme fondé sur un Etat fort, une société hiér­archisée, dis­ci­plinée et des com­mu­nautés eth­ni­ques homogènes. L’emblème des soli­da­ris­tes est sou­vent un tri­dent et cer­tains d’entre eux se réc­lament de Sorel et Proudhon, qu’ils assai­son­nent avec les écrivains de la révo­lution conser­va­trice alle­mande. Le cou­rant Terre et Peuple/Résistance iden­ti­taire europé­enne, animé en France par Pierre Vial, se réc­lame du soli­da­risme.

 

3. Selon N. Lebourg, les « natio­naux-révo­luti­onn­aires » « glo­ba­le­ment pro­so­vié­tiques pen­dant la guerre froide, sou­vent philo-maoïstes » ont su tirer les leçons de Mai 68, et notam­ment du « mai ram­pant » ita­lien, tout comme leurs ancêtres fas­cis­tes avaient tiré les leçons de la Révolution d’Octobre.

 

4. « Culture » au sens tri­vial, mais signi­fi­ca­tif, où un dealer d’Evry s’excla­mait réc­emment : « Mais le haschich, c’est notre culture ! », quand un jour­na­liste lui demanda quel serait l’impact d’une éventu­elle léga­li­sation du can­na­bis sur son « biz­ness ».

 

5. Cf. par exem­ple les deux textes de l’AWL publiés dans le n° 27-28-29 d’octo­bre 2009 de Ni patrie ni fron­tières et la rubri­que à ce sujet sur le site la Bataille socia­liste.

 

6. Commentaire du GARAP : « La ques­tion de savoir si “le prolé­tariat a les épaules assez larges ou pas” n’est pas impor­tante, si l’on garde bien en tête que le prolé­tariat est la classe de la négation de cette société. Par conséquent : “il est révo­luti­onn­aire ou il n’est pas” (K. Marx). Le prolé­tariat, non orga­nisé ou orga­nisé de manière spec­ta­cu­laire – c’est-à-dire par des représ­entants, véri­tables cour­tiers et autres col­la­bo­ra­teurs de classe – ne pou­vait se trou­ver que dés­emparé et désarmé face à l’offen­sive du capi­tal qui a débuté dès les années 1960 et 1970. Les contre-atta­ques prolé­tari­ennes des années 1970 en Italie ont dû pro­vi­soi­re­ment s’effa­cer sous les coups d’une bour­geoi­sie inter­na­tio­nale qui uti­lisa tous les moyens à sa dis­po­si­tion – et, parmi eux, les rebel­les d’extrême gauche comme d’extrême droite – pour faire diver­sion. »

 

7. Commentaire du GARAP : « pays où la guerre contre le prolé­tariat menée par la bour­geoi­sie s’est dirigée sur le ter­rain fana­ti­que de la colo­ni­sa­tion mar­chande de la vie ».

 

8. Ils relèvent de ce que N. Lebourg appelle des « oscil­la­teurs idéo­lo­giques », c’est-à-dire des « mots-vali­ses », des mots fourre-tout, ayant une plu­ra­lité de sens et pou­vant être faci­le­ment uti­lisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

 

Sommaire

 

Concepts pro­pi­ces à la confu­sion

 

Antiaméricanisme, 15

 

Anti-impér­ial­isme, 16

 

Blancs, 18

 

Blacks, 19

 

Consommation (société de), 19

 

Démocratie, 20

 

Déracinement, 21

 

Différence, droit à la, 21

 

Droits de l’homme et droits démoc­ra­tiques, 21

 

« Entité sio­niste », 22

 

Guerre civile ou émeutes, 22

 

Impérialisme, 23

 

Jacobinisme, 23

 

Libération natio­nale, 23

 

Nationalisme arabe, 23

 

« Nations prolét­aires », 24 (cf. aussi natio­nal-bol­che­visme, 111)

 

Peuple pales­ti­nien, 25

 

Question juive, La, 26

 

Régionalisme, 27

 

Réseau, 28

 

Résistance, 28

 

Sionistes, 28

 

Sites qui pro­pa­gent la confu­sion

 

Alterinfos, 30

 

Dazibaoueb, 30

 

Entre la Plume et l’enclume, 31

 

Enquête et Débats, 31

 

Eva R-sis­tons, 31

 

Investig’Action, 31

 

La Banlieue s’exprime, 31

 

Mecanopolis, 31

 

Mondialisation.ca, 32 et sur­tout 121

 

Pierre et l’Olivier, La, 32

 

Planetenonviolence.org, 32

 

Tlaxcala.es, 33

 

Tout sauf Sarko, 33

 

Voltaire.net, 33

 

Idiots utiles… à la confu­sion

 

Bricmont, Jean, 35

 

CAPJPO, 36

 

Chossudovsky, Michel, 38

 

Collon, Michel, 38

 

Finkelstein, Norman, 38

 

(Le) Grand Soir, 39

 

Lacroix-Riz Annie, 39

 

Primitivi.org, 40

 

Ramadan, Tariq, 40

 

Résistance 71, 41

 

Résistances (librai­rie), 42

 

Convergences inat­ten­dues et mép­ri­sables

 

Anticapitalisme, 43

 

Anticapitalisme et antisé­mit­isme, 44

 

Antiracisme, 45

 

Chavez et Khadafi, 46

 

Commune de Paris, 47

 

Complots, théories du, 48

 

Conseils ouvriers, 48

 

Rossel, Louis Nathaniel, 49

 

Militants de la confu­sion

 

Atzmon, Gilad, 50

 

Axis for Peace, 51

 

Ayoub, Serge, 51

 

Binet, René, 51

 

Blanrue, Paul-Éric, 52

 

Casa Pound, 57

 

Cattori, Silvia, 67

 

Centre Zahra et Parti Anti Sioniste, 69

 

Ceresole, Norberto, 70

 

Charbonnier, Marcel, 72

 

Cheminade, Jacques, 72

 

Chiesa, Giuletto, 72

 

Cruse, Jean-Paul, 73

 

Dieudonné, 73

 

Duprat, François, 73

 

Egalité et Réconciliation, 74

 

Fouéré, Yann, 74

 

Gallois Pierre-Marie, 74

 

Gazette du Golfe et des Banlieues, 75

 

Génération Kemi Seba, 75

 

Giudice Fausto, 75

 

Hess-Skandrani, Ginette, 75

 

Idiot International, L’, 76

 

Karnooh, Claude, 77

 

Mouvement des damnés de l’impér­ial­isme, 77

 

Mouvement d’action sociale, 78

 

Neturei Karta, 78

 

Nationalistes-révo­luti­onn­aires, 78

 

Parti Anti Sioniste, 79

 

Petras, James, 79

 

Poumier, Maria, 83

 

Renouveau français, 83

 

Reynouard, Vincent, 83

 

Robin, Jean, 84

 

Sfahr Mondher, 84

 

Shamir, Israël, 84

 

Soral, Alain, 85

 

Staline et sta­li­nisme, 86

 

Thèmes pro­pi­ces à la confu­sion

 

Antisionisme, 87

 

Désioniser Israël, 89

 

Dresde (bom­bar­de­ments de), 89

 

Ecologie, 90

 

Génocide, 91

 

Hollywood, 91

 

Identités et Politiques iden­ti­tai­res, 91

 

Immigration, 92

 

Islamophobie, 93

 

« Lobby sio­niste » et lobby pro-israélien, 95

 

Métissage et mixo­pho­bie, 95

 

Shoah Business ou Industrie de l’Holocauste, 96

 

Straight edge, 96

 

Expressions et mots de l’extrême droite

 

Affinités trans­ver­sa­les, 98

 

Barbus, 98

 

Bien-pen­sance, 98

 

Double natio­na­lité, 98

 

Europe, 98

 

Immigrétisme, 99

 

Métapolitique, 99

 

Métissolâtrie, 99

 

Mondialisme, 100

 

National-bol­che­visme, 101

 

Nazisionisme, sio­na­zis, judéo-nazis, 107

 

« Nouvelles conver­gen­ces », 109

 

Oligarchie, 109

 

Pays réel, 110

 

Police de la pensée anti­ra­ciste, 111

 

Politiquement cor­rect, 111

 

Révisionnisme et Négationnisme, 111

 

Révolution popu­laire, 111

 

Shoatique, siono-shoa­ti­que ou holo­caus­ti­que, 111

 

Totalitarisme mou, tota­li­ta­risme soft, tota­li­ta­risme de la pensée, 112

 

Tradition, 112

 

ZOG ou ZORG, 112

 

Annexes

 

– Quelques remar­ques sur un inven­taire de la catas­tro­phe (Luftmenschen), 115

 

– Mondialisation.ca : ana­lyse anti­fas­ciste d’un site (Luftmenschen), 121

 

– L’antisé­mit­isme sur le site d’Indymedia aux Pays-Bas (Eric Krebbers), 126

 

– Indymedia : une porte ouverte à l’antisé­mit­isme (Franck Ludo), 129

 

– Pétition : on peut tout signer, mais pas avec n’importe qui (Henri Goldman), 131

 

– Eléments d’intro­duc­tion à la notion de sous-fas­cisme (Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne), 134

 

– RFI, Celine et Tixier-Vignancour (Y.C.), 148

 

– Onze thèses du red­skin­head, 158

 

– Petit « Blanc », Fdesouche et Marine te pren­nent pour un con (red skin­heads), 161

 

– Chauny : encore un jeune condamné pour s’être déf­endu (red skin­heads), 164

 

– Opération Carcajou : la liberté d’expres­sion définie par les fas­cis­tes de Fdesouche (red skin­heads), 168

 

– Violence fas­ciste et déd­ia­bo­li­sation méd­ia­tique : cons­truire la contre-offen­sive ! (red skin­heads), 171

 

– Norvège : l’évo­lution pré­vi­sible de la vio­lence fas­ciste en Europe (red skin­heads), 178

 

– Fdesouche et après ? Jusqu’où va la fachos­phère ? (red skin­heads), 185

 

On trou­vera pro­gres­si­ve­ment la suite de ce numéro sur ce site sur les posts sui­vants.

 

1699

 

1701

 

1702

 

1703

 

1704

 

1705

 

1706 et d’autres à venir....


Pour toute com­mande de la ver­sion papier de la revue Ecrire à yves­co­le­man@wana­doo.fr

 

Ou

 

Yves Coleman 10 rue Jean Dolent 75014 et join­dre un chèque de 10 euros à l’ordre d’Yves Coleman ou des tim­bres de même valeur

Partager cet article

Repost 0
Published by never-surrender - dans Lucha sigue!!!
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : never-surrender
  • never-surrender
  • : face à l'intoxication des masses...notre devoir est de diffuser l'info censurée!!!
  • Contact

Additif alimentaires industriels dangereux

 

 

Recherche

Observatoire du FN

Twitter

TheChangeBook

English

 

Espana

 

Stay Alert!!!