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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 11:09

Tous les 3 ans, l’Agence nationale pour la gestion des déchets (1) radioactifs (Andra) publie un inventaire des résidus radioactifs actuellement présents en France et en profite pour présenter quelques prévisions sur le long terme. Ainsi, la quantité de déchets radioactifs devrait doubler d’ici 2030. Certaines installations de stockage vont devoir s'agrandir ou même être construites.

 

Depuis 1979, l’Andra se charge de la gestion sur le long terme des déchets nucléaires (2) produits en France. Depuis, elle publie, tous les 3 ans, un inventaire de l’ensemble des matières radioactives du territoire. La version 2012, qui expose un état des lieux fait le 31 décembre 2010, a été rendue publique ce 11 juillet. Les évolutions probables de la filière y sont également présentées. On y apprend que la quantité de déchets stockés en 2030 devrait doubler par rapport à aujourd'hui.

 

Ces déchets, classés en 5 catégories en fonction de leur niveau de radioactivité et de la durée de vie de celle-ci, ne proviennent pas uniquement de la production électronucléaire (59 %). Ils sont aussi produits par la recherche (26 %), la défense (11 %), l'industrie non électronucléaire (3 %) et enfin le monde médical (1 %).

Fin 2010, ils représentaient environ 1.320.000 m3, la grande majorité d’entre eux (90 %) étant des résidus de faible ou moyenne activité à vie courte (FMA-VC, 830.000 m3) et de très faible activité (TFA, 360.000 m3). Seuls 2.700 m3 (0,2 %) correspondent à des déchets de haute activité, principalement des résidus de combustible obtenus après traitement, mais ils représentent à eux seuls 96 % de la radioactivité à stocker.

 

Le rapport met également en avant d'autres chiffres clés. La France disposerait d’installations pouvant stocker 90 % des déchets nucléaires générés annuellement. Cependant, seuls 72 % des résidus déjà produits à ce jour seraient stockés de manière définitive, les autres étant entreposés provisoirement en vue d’être traités ou en attendant la création de centres adaptés.

 

http://www.futura-sciences.com/uploads/RTEmagicC_20120712-les-dechets-nucleaires-en-france_ide_txdam30906_498015.jpg

Présentation chiffrée des déchets nucléaires présents en France le 31 décembre 2010 et prévisions pour 2030. © Idé

 

Déchets radioactifs : des centres doivent être construits

 

La prévision pour 2030 a été réalisée en prenant en compte deux critères. La durée de fonctionnement, tout d'abord, de l’ensemble des réacteurs (58 à ce jour, plus un EPR) sera de 50 ans, contre 40 ans auparavant. Ensuite, la totalité des combustibles usés seront traités, ce qui produit des déchets d’activité moyenne mais à vie longue (FMA-VL). Ces critères ont notamment été choisis sur la base des politiques actuellement menées par les exploitants et les autorités.

 

La France devrait compter 1,9 million de m3 de déchets en 2020 et 2,7 millions en 2030, soit plus du double de la quantité actuelle. Les résidus de très faible activité (TFA) devraient connaître la plus forte augmentation à la suite du démantèlement des premières centrales électronucléaires et de quelques centres de recherches, passant de 360.000 m3 en 2010 à 762.000 m3 en 2020 et 1.300.000 m3 en 2030. Une difficulté risque de se présenter pour leur entreposage. Au rythme actuel (35.000 m3 par an), le centre de Morvilliers qui les accueille pourrait atteindre sa capacité maximale (630.000 m3) d’ici 2025. L’Andra réfléchit donc à la construction d'un nouveau site adapté ou à une éventuelle amélioration des conditions d'entreposage (meilleur compactage des déchets, par exemple).

 

Aucun problème de stockage ne se pose pour les résidus de faible et moyenne activité. Ils ont été, sont ou seront accueillis au sein de trois centres de surface : un dans la Manche (fermé car sa capacité maximale de 520.000 m3 a été atteinte) et deux dans l’Aube (stockage total de 1 million de m3 dont seul un quart serait utilisé à ce jour).

 

Les déchets de haute activité ou à longue durée de vie sont pour le moment entreposés dans des lieux adaptés en attendant la construction d'un site souterrain, présenté dans le projet Cigéo, où ils pourront terminer leur vie. Seul hic, son inauguration serait prévue en 2025. Il sera donc difficile de stocker des combustibles traités si une fermeture anticipée des centrales devait avoir lieu.

 

Notes:


1 Selon le Code de l’Environnement (art. L541-1), un déchet est « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien, meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon » . Autrement dit, tout élément qui est abandonné est un déchet. Ce n’est pas pour autant que cet élément est inutilisable, en l’état ou après modification. Seuls les déchets qualifiés d’ultimes sont réellement inutilisables et doivent être stockés pour éviter des pollutions de l’environnement.


2 Les chimistes de l'Institut de Géochimie et de Chimie Analytique Vernadskiy, Académie des Sciences de Russie, auraient développé une méthode permettant de diminuer le volume des déchets nucléaires à stocker. Le traitement des déchets nucléaires se fait en plusieurs étapes. Dans un premier temps les différents éléments issus de la réaction nucléaire sont séparés et isolés. L'uranium et le plutonium retirés, une solution de déchets est obtenue, contenant l'ensemble des éléments radioactifs restant. Cette solution, pour être stockée, peut être vitrifiée afin d'obtenir des blocs monolithique comme en France ou emprisonnée dans du béton comme en Russie. En France, le procédé actuel de vitrification se déroule en 2 étapes : une évaporation-calcination des solutions de produits de fission suivie de la vitrification du calcinât formé. Dans la méthode développée par les chimistes russes pour diminuer le volume des déchets issus du procédé de vitrification, la solution contenant les éléments radioactifs est passée au travers de tubes dans lequel les différents éléments radioactifs se combineraient pour former des composes solides, avant vitrification. Les tubes comporteraient de petites billes composées d'aluminium et de phosphore ainsi que des capillaires. Cette étape supplémentaire en amont permettrait d'augmenter considérablement la concentration des déchets radioactifs dans les blocs de stockage, et donc de diminuer leur volume.

 

L'exemple en Finlande

 

Quand Areva gaffe!!!

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Published by never-surrender - dans nucléaire
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