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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:03

Tandis que les places boursières n'en finissent plus de se manger un nouveau retentissant gadin, la Banque centrale européenne (BCE) vient de lâcher une information qui ne risque pas d'arranger les affaires de nos braves banques privées européennes : le jeudi 18 août, elle se voyait contrainte de prêter 500 millions de dollars en urgence à l'une de ces officines pour lui sauver la mise.

 

Pudiquement, elle en taisait le nom. Mais tous les regards se tournaient vers l'infortunée Société Générale qui en une seule journée dévissait de plus de 12%, sans que quiconque ose évoquer cette fois-ci une nouvelle affaire de rumeur malveillante.

 

Sauve-qui-peut général

 

Société Générale ou autres (les autres en question, françaises ou européennes, n'étaient guère mieux loties), le coup est d'autant plus rude que dès le lendemain, la BCE confessait que les banques de la zone euro avaient déposé auprès d'elle quelque 90,5 milliards d'euros en urgence.

 

Signe patent qu'elles ne se faisaient plus confiance entre elles et qu'elles préféraient planquer leur oseille en lieu plus sûr, même au prix d'un intérêt ridicule (la BCE leur accorde mesquinement 0,75%).

 

Ce qu'on ne nous avait pas dit, pourtant, de la santé insolente de ces banques, de leurs bonus et de leurs bénéfices étourdissants, de la façon dont elles avaient mouché les stress-tests ! Au prix il est vrai de quelques hardies contorsions, comme celle d'exclure les risques de défaut de paiement d'un Etat… en pleine débandade grecque !!!

 

C'est que si leurs chiffres fourmillent de zéros sur leurs livres de compte, elles ont de plus en plus de mal à faire avaler qu'elles pourront en honorer ne serait-ce que la partie la plus pressante.

 

Le chaos systémique, une question de jours ou de semaines

 

En clair, elles n'ont plus un sou vaillant devant elles. Et se retrouvent, comme il était facile de le prévoir, dans la même situation calamiteuse qu'en 2008.

 

Sauf que cette fois-ci, plus de garde-fous providentiels. Les Etats sont sortis exsangues du sauvetage de 2008.

 

L'économie est en cale sèche. Et la BCE, déjà grevée d'obligations pourries, est dans la position d'une ONG privée de médicaments et de rations alimentaires.

 

En 2008, la planète financière avait eu du mal à se relever de la faillite de Lehman Brothers.

En 2011, à la première faillite d'une de ces fausses riches, ce sera le chaos systémique généralisé. Celui-ci ne se joue plus en mois et en années, mais en jours et en semaines.

 

Remarquez, vu la paralysie cauchemardeuse des élites financières, économiques et politiques, et étant donné que les collectivités humaines ne semblent en mesure de lutter contre les catastrophes qu'une fois celles-ci advenues, en finir au plus vite sera le mieux.

 

Tomberont, tomberont pas, ces satanées banques ?

 

Regardez-les, avec l'épée de Damoclès grecque qui leur pend au-dessus du coffre, elles font plus leurs fiérotes, serrent les fesses autant qu'elles peuvent. Pas sûr que ça suffira cette fois-ci.

 

Nos potentats, eux, conciliabulent à n'en plus finir, comme à leur habitude. Pia-pia, pia-pia. Ça fait bien quinze jours qu'ils pia-piattent de sommets officiels en chuchotis d'alcôve et… et rien, pia-pia, pia-pia.

 

Vous noterez que chaque vendredi soir, ils nous annoncent un plan d'aide qui part en fumée chaque lundi suivant.

 

Un feuilleton haletant

 

Les médias, désarçonnés, commencent à sentir les vents tourner, n'en finissent pas de transcrire les minutes alarmées de ce feuilleton haletant. En se trompant un brin de perspectives : parlent de « crise grecque », comme si les Grecs – je veux dire la population grecque – avaient quelque chose à voir là-dedans ! A part se faire rincer, bien entendu !

 

Car bien sûr, les autres vont tout faire pour leur presser un peu plus le citron à grands coups de plan d'austérité bis. Et attention, hein, pas sur la base du plaisant « volontariat », comme ces courageux édiles européens ont fini par le proposer aux créanciers privés (en gros, les banques).

 

Le problème, c'est qu'à force de presser le citron des populations, celles-ci sont si lessivées qu'elles n'ont plus de jus à rendre. Ne consomment plus, n'épargnent plus, se mettent juste à râler d'indignation sur des places transformées en campings.

 

http://asset.rue89.com/files/LeYti/La_fin_a_vue_doeil.jpg

 

 

La crise des banques, épisode deux

 

Non, ce à quoi on assiste aujourd'hui, c'est à la crise des banques elles-mêmes, épisode deux après celui de 2008. Oui, c'est elles qui sont dans la panade.

 

D'ailleurs, regardez, les agences de notations, ces fausses sœurs, qui les ont mises dans leur collimateur pour cause d'exposition excessive à la « crise grecque » : la BNP, le Crédit Agricole, la Société générale…

 

Parce que si les Grecs font défaut et ne remboursent pas leurs dettes, comment elles vont faire, nos braves banques, frustrées de cette manne vitale, pour rembourser leurs propres emprunts à elles ?

 

Cercle vicieux et infernal. La « crise grecque », en fait, équivaut au problème de surendettement des ménages. Quand ça coince, on vilipende les ménages comme on éreinte aujourd'hui les Grecs, champions (clament nos beaux esprits) de la fraude fiscale.

 

Mais n'est-ce pas les prêteurs eux-mêmes qui se sont mis dans la mouise par excès de goinfrerie ?

 

Le chèque en blanc de l'Union européenne à la finance privée

 

Faut dire, ils y ont bien été aidés par l'Europe de Maastricht, revue à la sauce lisbonnaise.

 

Figurez-vous que celle-là n'a rien trouvé de mieux que d'interdire à sa Banque centrale européenne (BCE) de prêter directement aux Etats, mais de passer impérativement par… les banques privées, pour faire jouer la concurrence !

 

Aujourd'hui, à la louche, ces dernières empruntent le fric auprès de la BCE à 1%, le reprêtent aux Etats les moins groggies (Allemagne, France…) à 3%, qui le re-reprêtent aux vilains canards à 5%. Bref, tous les intermédiaires palpent joyeusement au passage… jusqu'au jour où l'emprunteur du bout de la chaîne n'est plus solvable !!!

 

En clair, ce qu'un référendum n'a pas su faire, nos importants zélés vont le réussir tout seuls : foutre par terre l'édifice de l'Europe de Lisbonne et de l'euro.

 

L'Amérique, c'est pas le Pérou non plus !

 

Remarquez, les plus rigolos dans l'histoire, c'est les « zaméricains » en donneurs de leçons. Ecoutez-les : « Je pense qu'il serait très utile que l'Europe parle d'une seule voix, une voix claire, sur une stratégie. Il est très dur pour les gens qui investissent en Europe de comprendre quelle est la stratégie quand on a autant de voix différentes » (Timothy Geithner, secrétaire au Trésor américain, 21 juin 2011)

 

Le plus piquant, c'est que les Etats-Unis eux-mêmes ont atteint leur quota d'endettement autorisé. Qui a toutes les chances de morfler? Les banques américaines.

 

Une entente d'un côté de l'Atlantique, une « aide » désespérée de l'autre, ne changeraient de toute manière plus grand chose, tant l'affaire est salement avancée. Juste à repousser un peu l'inévitable échéance.

 

Braves gens, spectateurs incrédules de toutes ces pitreries, accrochez-vous à vos fauteuils, le naufrage en cours est spectaculaire !

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