Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 16:25

Face à l’échec du «front républicain», il faut un front antifasciste.

Emmanuel Macron a été largement élu dimanche, mais avec une abstention massive et un résultat record pour le Front national (FN) qui engrange près de 11 millions de voix, soit deux fois plus qu’en 2002.

La stratégie du front républicain face à l’extrême droite n’a pas seulement vacillé dans les urnes, elle a été publiquement rejetée par une partie significative de la gauche refusant d’appeler à voter Macron.

On aurait pu croire, au soir du premier tour, qu’il ne s’agissait que de la lubie d’un homme, Jean-Luc Mélenchon, mauvais perdant, refusant de se prononcer, préférant appeler à une consultation des membres de son mouvement, La France insoumise. On a rapidement vu qu’il n’en était rien.

Dès le soir du 23 avril, des manifestations, appelées notamment par Génération ingouvernable et le Mouvement inter-luttes indépendant (Mili), se donnent comme slogan «Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron».

L’ombre du Comité invisible plane sur la jeunesse radicale

Dans les jours qui suivent, le mouvement s’étend, des lycées sont bloqués, donnant parfois lieu à des affrontements avec des groupuscules fascistes.

Retour sur le 27 avril

Hommage à la jeunesse: Dans l'entre-deux-tours, réflexions, blocus et manifestations de la jeunesse face à la situation imposée par le vote et le choix cornélien entre les deux candidats. 18mins33 / DOC du réel

 

Les syndicats tergiversent, la CGT en tête, qui appelle à faire barrage au FN, bien sûr, mais pas au prix du ralliement à celui qui représentait, pour les travailleurs, le pire du quinquennat finissant. Certaines sections CGT, FSU ou SUD appellent même à battre les deux candidats.

 

Le 1er Mai voit le retour à Paris d’un cortège de tête autonome déterminé, dans la continuité des manifestations contre la loi travail, renvoyant dos à dos Le Pen et Macron.

Enfin, venant donner à cette rupture un parfum d’officialité, les membres de La France insoumise se prononcent majoritairement pour le vote blanc, nul, ou l’abstention. Comme si de larges pans de la gauche de la gauche, celle des urnes comme celle de la rue, celle des lycées comme celle des syndicats, face à l’injonction de se plier à la stratégie du front républicain, répondait comme le Bartleby de Melville «j’aimerais mieux pas» - et ajoutait «on vaut mieux que ça».

Face à cet outrage aux bonnes mœurs républicaines, les réactions ont été d’une rare vigueur. Durant l’entre-deux tours, les tribunes se multiplient, de toutes parts, pour rappeler à l’ordre ceux qui seraient trop tièdes, des dessins font des abstentionnistes les complices de pogroms à venir, un «forum républicain» est même organisé «contre l’abstention» - comme si c’était le problème (ici aussi)et non le vote FN.

Pendant ce temps, dans l’indifférence presque générale, des personnalités de la droite dite républicaine appellent à voter Le Pen, et de larges pans de l’électorat Fillon basculent non vers le vote blanc, mais vers le vote brun.

Alors que le FN s’apprêtait à engranger le plus haut nombre de voix de son histoire, principalement grâce à l’afflux des voix de droite, on a fait aux abstentionnistes de gauche, affichés ou présumés, le pire des procès possibles, celui de trahir l’antifascisme.

L’accusation n’est pas mince : l’antifascisme est un élément fondateur de la gauche d’après-guerre, et son abandon serait vu à raison comme le signe précurseur des pires errements.

Mais refuser d’appeler à voter Macron, est-ce trahir l’antifascisme ?

Pas nécessairement, à en croire les organisations antifascistes qui luttent pied à pied contre l’extrême droite tout au long de l’année. Nombre de ces organisations, telles le collectif Action antifasciste Paris-Banlieue ou La Horde, ont refusé de rejoindre le front républicain et ont appelé aux manifestations Ni Le Pen ni Macron. Ces antifascistes seraient-ils alors eux aussi des traîtres à l’antifascisme ?

Ces procès en trahison révèlent surtout une grande confusion sur l’antifascisme.

Le mouvement antifasciste actuel s’est constitué, à partir des années 80, en réaction à la montée de l’extrême droite. Il a dès le départ été très méfiant vis-à-vis des stratégies de front républicain et de l’antiracisme moral incarné en France par SOS Racisme.

Depuis cette période, tandis que les partis de gouvernement, en particulier le PS, agitent la menace du FN pour rallier à eux à peu de frais la jeunesse et les classes populaires, des organisations issues de l’autonomie et des mouvements des banlieues dénoncent ce qu’elles voient comme des manipulations.

L’antifascisme radical qu’elles défendent entend lutter en même temps contre l’extrême droite et le système capitaliste, sécuritaire et raciste qui la nourrit et s’en nourrit.

Dans cette perspective, impossible de construire un front antifasciste avec des partis de gouvernement qui reprennent le vocabulaire, les idées et une partie des politiques de l’extrême droite. Or, les quinquennats successifs de Sarkozy et de Hollande ont constitué une accélération dans l’adoption d’une politique extrême.

Les prisons sont surpeuplées, les étrangers sont raflés et expulsés, les quartiers populaires sont soumis à un ordre policier, les mouvements sociaux sont violemment réprimés, l’état d’urgence est devenu permanent (docu à voir ici), les lois sécuritaires successives ont rogné les libertés publiques, l’islamophobie se répand, et la situation des salariés et des précaires n’a cessé de se dégrader tandis que les profits des actionnaires ont atteint des records.

Macron, qui dit vouloir être «le président des patriotes» et qui est directement responsable de la politique économique pro-patronat de Hollande, ne saurait alors être un barrage face à l’extrême droite, pour les antifascistes, tant il participe pleinement au processus de fascisation de la société française.

De toute évidence, on ne peut plus s’en remettre à la stratégie de front républicain pour faire barrage au FN.

Cependant, il n’y a pas de fatalité à ce que cet échec profite à l’extrême droite. Tout dépendra de la capacité de la gauche à construire un front antifasciste offensif, ralliant les millions de personnes de gauche qui ont refusé de voter Macron dimanche ou qui ont voté pour lui à reculons.

Un tel front ne pourra se faire que sur le refus de collaborer avec les partis de gouvernement qui recyclent, depuis trente ans, les idées du FN, et avec ceux qui héritent de ces partis, Macron en tête.

Ce sera contre eux, et non avec eux, que l’on pourra faire reculer l’extrême droite.

Malgré l’importante contestation de 2016, Emmanuel Macron veut pousser au bout la logique qui a guidé la loi travail

Le président de la République élu dimanche veut poursuivre la démolition des droits des salariés entamée sur le temps de travail au cours du quinquennat qui s’achève, en l’étendant à toute l’organisation du travail.

Emmanuel Macron sait bien qu’il n’a pas encore gagné la partie. La secrétaire d’État qui le soutient, Juliette Méadel, a beau estimer que les 66,1 % des voix qu’il a recueillies dimanche sont « un blanc-seing » pour « aller au bout de sa réforme du droit social et du Code du travail », son projet n’a pas obtenu l’adhésion des Français, en particulier du côté de cette majorité qui s’est opposée à la loi El Khomri au printemps 2016. Celui qui rentrera à l’Élysée à la fin de la semaine espère donc jouer de l’effet de surprise en passant par des ordonnances au cœur de l’été.

1. L’éclatement généralisé du Code du travail

C’est le cœur de la réforme voulue par le nouveau président de la République élu dimanche : « Donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise ou de branche. »

En clair, Emmanuel Macron veut pousser au bout la logique qui a guidé la loi travail, qui est celle de généraliser la dérogation à la loi et aux normes nationales, jusqu’à inverser complètement la « hiérarchie des normes » sociales, au détriment du « principe de faveur » qui voulait que des accords conclus à un niveau inférieur ne pouvaient qu’améliorer les protections accordées au niveau supérieur.

« La possibilité de détruire un avantage social n’est pas une invention de la loi travail, rappelle à ce sujet Emmanuel Dockès, professeur à l’université Paris Ouest-Nanterre. Mais celle-ci l’a systématisée et généralisée » dans le domaine du temps de travail. Emmanuel Macron propose de l’étendre à toute l’organisation du travail.

C’est ainsi que « les horaires effectifs », qu’Emmanuel Macron distingue de la durée légale du travail, mais aussi « les conditions de travail et les salaires » seront « négociés au plus près du terrain », de préférence au niveau de l’entreprise ou, « à défaut », de la branche.

De quoi donner corps à la crainte exprimée par la CGT d’un Code du travail par entreprise. « L’idée d’une règle commune n’a pas les faveurs d’Emmanuel Macron, constate Emmanuel Dockès. Il y a effectivement un risque de disparition progressive de la règle commune. »

Le nouveau président de la République entend mener cette réforme au nom de l’emploi, en visant l’objectif d’un taux de chômage « ramené à 7 % en 2022 ».

Pour Emmanuel Dockès, la « croyance » en un lien entre le chômage et le niveau de protection des salariés relève pourtant de l’« idéologie ». « L’idée selon laquelle l’accroissement de la flexibilité, c’est-à-dire l’accroissement du pouvoir des employeurs, est la source d’une meilleure compétitivité et de création d’emploi est très ancienne.Elle n’a été démontrée à aucun moment, explique le chercheur.

Au contraire, des études de l’OCDE démontrent qu’il n’y a pas de corrélation entre le taux de chômage et le taux de protection. » Le professeur de droit du travail y voit un « vice de raisonnement, qui consiste à faire confiance aux grands entrepreneurs pour dire ce qui est bon pour l’emploi. Mais ce qui est bon pour le grand patronat n’est pas forcément bon pour la société entière ».

2. Les chômeurs sanctionnés pour les rendre flexibles

Non content de promettre la nationalisation de l’assurance-chômage pour mieux la transformer en « assurance universelle », Emmanuel Macron envisage de se lancer dans la chasse aux demandeurs d’emploi.

Dans le pacte qu’il propose, si une personne refuse deux emplois dits décents ou ne peut justifier d’une « intensité » de recherche d’emploi suffisante, le versement des allocations sera bloqué.

En parallèle de ce durcissement des règles, le nouveau président met en avant l’élargissement de l’assurance-chômage aux professions libérales et aux démissionnaires. Il évoque aussi l’orientation des chômeurs vers des formations « vraiment qualifiantes », laissant présager une prise en compte des desiderata patronaux avant les besoins des précaires.

En réalité, l’ex-ministre de l’Économie se contente de recycler de vieilles recettes, suivant la voie d’un Nicolas Sarkozy qui avait instauré la loi sur l’offre raisonnable d’emploi (ORE) en 2008.

Au-delà de deux postes non acceptés, le chômeur est bouté hors des listes de Pôle emploi pour deux mois. Dans les faits, ce dispositif, censé faire chuter artificiellement les statistiques, s’est révélé très peu applicable, l’ex-locataire de l’Élysée ayant sabré des milliers de postes dans les effectifs de l’ex-ANPE.

Le scénario est un peu différent avec François Hollande. Accentuant la stigmatisation et le flicage, le président de la République sortant s’était montré favorable à la création d’une brigade de 200 conseillers Pôle emploi dédiés au contrôle renforcé des chômeurs. Un dispositif de harcèlement qui n’a pas contribué à abaisser les chiffres du chômage.

Pour remettre au travail les 5,5 millions de chômeurs et précaires (dont 3,5 millions sans aucune activité), Emmanuel Macron s’entête dans la même logique répressive et inefficace que ses prédécesseurs. Sans mentionner le problème numéro un : l’absence d’offres d’emploi suffisantes par rapport à la demande. Hier, seules 713 999 annonces de travail étaient disponibles sur le site Web de Pôle emploi.

3. Licencier sans justification en muselant les prud’hommes

Emmanuel Macron revient à la charge sur le plafonnement des indemnités prud’homales. Cela veut dire qu’il veut sécuriser financièrement les entreprises qui licencient « sans cause réelle, ni sérieuse ».

« C’est une véritable escroquerie intellectuelle, dénonce le professeur de droit Emmanuel Dockès. Les patrons réclamaient le droit de pouvoir licencier sans qu’on leur demande des comptes.

Plutôt que d’accéder directement à cette requête, qui serait franchement choquante, Emmanuel Macron s’attaque à la sanction. Une forme de clin d’œil au patronat puisqu’on leur dit : si vous ne justifiez pas les licenciements, ne vous inquiétez pas, ce sera seulement un peu plus cher. »

Aujourd’hui, un licenciement justifié par une raison jugée sérieuse coûte très peu cher à l’entreprise. En revanche, lorsqu’il est dit « sans cause réelle, ni sérieuse », donc basé sur un prétexte ou sur la simple justification d’augmenter les profits, l’employeur s’expose à un recours en justice, qui fixe le montant des indemnités à verser au salarié selon l’appréciation du préjudice subi.

Les plafonds envisagés par Emmanuel Macron s’annoncent dans certains cas tellement bas qu’ils risquent de ne même pas couvrir les frais de justice de l’employé licencié sans raison.

« Les sommes maximales prévues pour indemniser les salariés sont le plus souvent inférieures aux sommes accordées lors des plans de départs volontaires, renchérit Emmanuel Dockès.

Comme on mesure une obligation à sa sanction, on peut en conclure que, dans la pratique, l’obligation de justifier un licenciement risque de disparaître. » Les patrons n’auront qu’à « provisionner » à l’avance leur plan de licenciement non justifié.

C’est la troisième fois qu’Emmanuel Macron veut faire passer cette mesure. La première, dans la loi Macron, avait été retoquée par le Conseil constitutionnel.

La deuxième fois, le plafonnement des indemnités s’est glissé dans la loi El Khomri. Avant d’être supprimé pour tenter de calmer la contestation.

Pour espérer passer le barrage du Conseil constitutionnel, Myriam El Khomri avait modifié le critère du barème pour prendre en compte principalement l’âge et l’ancienneté du salarié licencié sans raison. Emmanuel Macron devrait reprendre la même tactique.

La situation sociale bouge plus vite que Macron ! Avant juillet, ça va chauffer !

La CGT a lancé un appel national à un rassemblement, mardi 16 mai à 15 heures,devant l’usine GM&S Industry de La Souterraine (ici aussi), deuxième employeur privé de la Creuse. Le syndicat veut ainsi soutenir les salariés de l’équipementier automobile placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier. Certains des 279 salariés ont par ailleurs affirmé avoir « piégé » à l’aide de bonbonnes de gaz et de bidons d’essence.

SI UN APPEL NATIONAL EST POSSIBLE DANS CE CAS, ALORS IL L’EST AUSSI CONTRE L’ORDONNANCE MACRON PRÉVUE POUR JUILLET.

Caroline de Haas (celle de la pétition à plus d’un million contre la loi Travail) et François Ruffin (Merci Patron) lancent une pétition « Ordonnances non merci ». « Plus rapide qu'un débat à l'Assemblée, plus facile qu'une négociation avec les syndicats et plus pratique que le 49-3: les ordonnances », dénoncent les initiateurs de l’appel, qui savent comme nous, l’importance de la première ordonnance.

Le contenu de cette ordonnance de juillet ?

L’extension de la priorité aux accords d’entreprise. La loi El Khomri (dite Travail) les réservait au temps de travail. Emploi, salaire et conditions de travail seront concernés. La fusion des institutions représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT). Le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif. Un coup mortel porté aux Prud’hommes, une garantie offerte aux employeurs de licencier vite.

VOILÀ POURQUOI IL NOUS FAUT PASSER PAR LA RUE POUR NOUS OPPOSER À CE COUP DE FORCE, DANS L’ABSOLUE CONTINUITÉ DU 49.3 DE LA LOI TRAVAIL.

https://www.facebook.com/events/166219467241273

Les médias soumis à Lagardère, Bolloré, Bergé-Pigasse-Niel, Drahi, s’opposent à cette réalité sociale pour fabriquer leur réalité, comme Trump, à coups de faits « alternatifs ».

La toute-puissance médiatique tresse chaque seconde des couronnes à ce Kennedy français, tout neuf, tout beau, tout nouveau. La propagande médiatique fait campagne pour Macron à un point tel qu’elle ignore que l’élection au 2e tour l’a porté à l’Elysée par le refus de Le Pen. Sur son propre programme, au 1er tour, il ne représente qu’un quart des suffrages exprimés.

Nous savons quelle colère sociale couve dans le pays. A nous de lui offrir une expression sociale, unitaire, déterminée. Telle est bien la vocation du Front social.

liste des organisations membres de la coordination "Front social"

Commerces :

Education :

Energie :

Fonctions d’Etat :

Fonctions territoriales :

Industries :

Information-Communication-Culture : 

La Poste :

Privés d’emploi et précaires :

Santé :

Transports :

Organisations territoriales :

Confédérations :

Collectifs demandant justice

Associations

Médias

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : never-surrender
  • never-surrender
  • : face à l'intoxication des masses...notre devoir est de diffuser l'info censurée!!!
  • Contact

Additif alimentaires industriels dangereux

 

 

Recherche

Observatoire du FN

Twitter

TheChangeBook

English

 

Espana

 

Stay Alert!!!