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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 12:26

Comment évolue la situation sur le terrain? La diplomatie peut-elle faire bouger des lignes? Faut-il discuter avec Bachar el-Assad?

 

Le conflit Syrien reste compliqué par le fait de ses nombreux acteurs ainsi que par ses ramifications et ses soutiens internationnaux.

 

 

La situation militaire est-elle bloquée?

 

Oui:

 

parce que les frappes aériennes contre l’Etat islamique sont insuffisantes.

 

 

Les frappes aériennes de la coalition, inaugurées par les Etats-Unis il y a exactement un an, devaient «affaiblir, puis détruire» l’Etat islamique selon Barack Obama. 10 000 militants de Daesh en Syrie et en Irak. auraient été tués depuis, selon le secrétariat d’Etat.

Les Etats-Unis ont aussi inauguré il y a quelques semaines des opérations d’assassinats ciblés au moyen de drones.

La Grande-Bretagne aussi s’y met - elle vient de reconnaître avoir procédé à l’élimination via un drone de trois djihadistes, dont deux ressortissants britanniques.

La France s'engage quant à elle par des missions de reconnaissance le mardi 8 septembre puis prends la décision de frappes aériennes sans troupes au sol.

 

En réalité, l’Etat islamique a continué sa progression, atteignant les portes de Damas, et les djihadistes sont en bonne voie de s’emparer du dernier champ pétrolier encore aux mains du régime syrien, à Jazal, à l’est de Homs.

 

Mais notamment grâce à l’aide de la Russie, l’armée conserve des bastions dans des aéroports, des ports ou des casernes qui lui permettent de tenir ses positions.

 

Parce que le champ de bataille est plus fragmenté que jamais

 

Les combats sont devenus illisibles, entre l’Etat islamique, l’armée syrienne épaulée par des combattants du hezbollah et des conseillers russes, et une nuée de groupes, principalement d’obédience islamiste comme l’Armée de la conquête (menée par le Front Al-Nosra, la branche d’Al-Qaida en Syrie, et financée par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie): la rebellion est divisée. Les Kurdes aussi jouent leur carte. Un émiettement des forces en présence qui rend les alliances éphémères et mouvantes.

 

 

Parce que personne ne veut envoyer de troupes sur le terrain.

 

Aucun pays n’est prêt aujourd’hui à envoyer des troupes au sol, avec le risque d’entrer dans une guerre interminable, meurtrière , impopulaire auprès des opinions publiques, sans objectif clair (faut-il faire partir Bachar el-Assad?), et qui déstabiliserait encore plus la région.

 

La Russie envoie certes actuellement en plus de matériel humanitaire du matériel de guerre, a reconnu le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov le 10 septembre, et même des soldats (leur présence a d’abord été détectée via des selfies géolocalisés), mais il s’agit pour eux d’«aider les Syriens à manier ce matériel et à le préparer pour la lutte antiterroriste».

 

De son côté, redoutant toute confrontation directe avec l’armée syrienne, les Américains ont entrepris depuis cet été de renforcer leur aide à des groupes rebelles qu’elle entraîne, arme et renvoie sur le terrain. Mais pas question d’aller plus loin.

 

Parce que, finalement le «statu quo» est préférable à la victoire d’un camp.

 

En vérité, personne n’a intérêt à une victoire décisive des rebelles autant qu’un maintien en place du régime de Bachar el-Assad, ses opposants craignant son effondrement, qui ouvrirait la porte au triomphe des islamistes».

 

Le conflit peut-il encore s’étendre?

 

Oui:

 

Parce que la Turquie est au bord de la guerre civile.

 

 

Le président Erdogan s’en prend aux Kurdes turcs, ragaillardis par les succès de leurs frères d’Irak ou de Syrie.

Sous couvert du combat contre l’Etat islamique, l’armée turque a bombardé des zones kurdes de l’autre côté de sa frontière, et multiplie les provocations dans le pays.

En zone kurde, la ville de Cizre, 105 000 habitants, est soumise à un blocus. Le PKK de son côté attaque les casernes et l’armée turque.

La perspective des élections générales le 1er novembre galvanise le pouvoir qui n’hésite devant aucune provocation, au risque de diviser encore plus le pays.

 

Parce que l’exode des réfugiés pourrait changer la donne.

 

Onze millions de déplacés syriens, dont quatre millions qui se sont exilés: la Syrie se vide de ses habitants.

Le Liban est sous une pression démographique intenable à long terme, avec plus d’un million de réfugiés (sur une population de 4 millions). Un baril de poudre.

La Turquie héberge près de 2 millions de réfugiés, la Jordanie pas loin de 650 000: sans même parler des migrants partis pour l’Europe, qui a bien du mal à savoir où les caser, les Syriens de la périphérie sont devenus un élément majeur du paysage politique régional.

Syrie : la crise des réfugiés en chiffres

Suite à la photo du petit Aylan retrouvé mort, l'Europe se préoccupe enfin d'un des plus importants déplacement d'êtres humains depuis la seconde guerre mondiale ainsi que  du défi hummanitaire que cela suppose même si les divisions politiques, éternelles et internes à l'UE subsistent.

 

 

Bachar el-Assad est-il toujours infréquentable?

 

NON, enfin, de moins en moins:

 

 

Parce que les Occidentaux sont divisés.

 

Devant l’impasse sur le terrain, certains responsables européens confient en privé depuis plusieurs mois que selon eux, le président syrien doit faire partie de la solution internationale pour contrer l’Etat islamique.

En septembre 2015, le ministre autrichien des Affaires étrangères, puis son collègue espagnol, tous les deux invités à Téhéran, ont déclaré officiellement que Bachar el-Assad devait faire partie des négociations pour un cessez-le-feu, aux côtés de la Russie ( ici aussi )et l’Iran.

Une position également partagée par la Suisse, comme l’a redit le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter à Paris.


A l’inverse, la France considère que le président syrien fait partie du problème, pas de la solution. Pour Paris, Assad a volontairement laissé prospérer l’État islamique. Pas question de négocier avec lui. C’est aussi la position officielle des Britanniques et des Américains.

 

Parce que les amis fidèles de Bachar pèsent plus.

 

L’Iran chiite a toujours refusé qu’un pouvoir sunnite, ou soutenu par l’Arabie Saoudite ou d’autres pétromonarchies du Golfe, s’installe à Damas.Or Téhéran sort renforcé par l’accord nucléaire avec les Etats-Unis, pour les Iraniens Assad est plus que jamais «le seul qui peut sauver la Syrie».

La Russie aussi, liée à Damas par des accords militaires et luttant sans merci contre l’islam radical dont elle redoute la contagion en Asie centrale, fait valoir que son vieil allié Bachar reste le mieux placé pour débarrasser le pays de l’Etat islamique, cauchemar des Occidentaux.

 

Daech en Syrie : solution militaire ou politique ?

Le règlement de la crise syrienne passe par la Russie et l’Iran

La révolution syrienne et les gauches arabes, entre indifférence et mobilisation

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Avec les réfugiés de Syrie ici, et toujours au côté de la révolution là-bas

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