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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 12:07

Enquête sur l’exploitation exponentielle, et ses conséquences écologiques, d’un matériau que tout le monde s’arrache.

 

 

Des images nostalgiques de vacances à la mer dans les années 1960, une plongée sur les buildings d’un quartier d’affaires aujourd’hui… et, entre les deux, un élément naturel : le sable. Si l’on en trouve de plus en plus sous les pavés – sous l’asphalte en tout cas –, il est de moins en moins présent sur les plages. Denis Delestrac a mené l’enquête sur les circuits qui font voyager des milliards de tonnes de granulat, chaque année, autour de la planète. Ces échanges internationaux s’élèveraient à 70 milliards de dollars (62,4 milliards d’euros) par an.

 

Le commerce et l’extraction du sable racontent, en creux, la folle expansion des hommes. Même s’il entre dans la composition du papier, de la lessive et des microprocesseurs, ce matériau naturel nourrit d’abord massivement les appétits du secteur de la construction. Les deux tiers des réalisations sont en béton. Mélangé au ciment, le sable possède l’avantage d’être performant, bon marché et facile à trouver… jusqu’il y a peu. Car les carrières accessibles se raréfient et les lits des rivières ont été vidés. Les industriels se sont alors tournés vers les fonds sous-marins, d’où ils extraient par pompage des quantités astronomiques de granulat. Une méthode qui aspire tout sur son passage, non seulement le sable, mais aussi le plancton et les autres êtres vivants. De plus, elle déstabilise le littoral, accélérant son érosion.

 

Îles artificielles

 

Pour bâtir ses îles artificielles, Dubaï importe du sable marin d’Australie – celui des déserts n’ayant pas les qualités nécessaires – pour gagner du terrain sur la mer ; Singapour fait venir illégalement du granulat pompé chez ses voisins ; pour construire et loger leurs populations, la Chine et l’Inde, insatiables, en achètent partout… La tension étant réelle sur les marchés, le trafic s’organise à grande échelle. A petite aussi : le documentaire nous montre d’étonnantes images de « pêcheurs », plongeant par trois ou quatre mètres de fond pour emplir des sacs de chantier dans les lagons des Maldives ; au Maroc, les « pilleurs » du littoral transportent leur butin à dos d’âne. Leur récolte servira à construire des résidences pour les touristes attirés par les ex-belles plages de la région, elles aussi victimes de l’érosion.

 

A moins que la résistance ne s’organise, comme en Bretagne, où le mouvement du Peuple des dunes est parvenu à protéger la baie de Lannion, dans les Côtes-d’Armor, du projet d’extraction d’un groupe industriel régional. clic ici.

Pour l’instant.

 

Par le biais d’une investigation méticuleuse, Denis Delestrac parvient à montrer une réalité connue jusqu’ici des seuls spécialistes scientifiques et défenseurs de l’environnement, mais aussi des professionnels des travaux publics – dont les explications accompagnent de saisissantes séquences tournées dans le monde entier.

 

Ici, ce sont les "petites mains" des trafiquants de sable, qui prélèvent leur butin, au vu et au su de tous, sur les plages de Tanger ou en plongeant dans l’eau transparente des Maldives, tandis que des marchands de sable réunis en congrès spéculent sur les juteux profits qu’ils vont engranger, grâce à une ressource qui appartient à tous.

 

Là, c’est l’État de Floride, qui, à grand renfort de dragueuses offshore et de bulldozers, renfloue ses plages en voie de disparition, contribuant ainsi à déséquilibrer davantage l’écosystème maritime qui a fait sa renommée touristique.

 

De leur côté, les élus et la population des Côtes d’Armor, en Bretagne, se mobilisent contre un nouveau projet de dragage. Une exception. S’il n’est pas trop tard pour agir, plaident les chercheurs et les militants écologistes, l’opinion publique, dont le soutien est indispensable pour infléchir la tendance, reste largement inconsciente du phénomène.
 

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Published by never-surrender - dans écologie
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