Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 18:42

Dans une étude publiée ce mercredi, l’OCDE juge que le financement par le crédit nuit, à long terme, à la croissance. L’organisation dénonce l’hypertrophie du secteur financier et les salaires trop élevés des banquiers.

Trop de Finance tue la croissance. En caricaturant à peine, c’est le constat dressé par l’étude (« Finance et croissance inclusive ») que publie, ce mercredi à Londres, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

 

 

En ces temps de crise qui s’éternise en Europe et de débats houleux sur l’accroissement des inégalités dans le sillage des travaux de Thomas Piketty , l’étude de l’OCDE, initiée fin 2012, à la demande des pays membres, brosse un panorama plutôt peu amène sur le comportement des banquiers et les dérives du système financier.

 

Premier constat : au cours des cinquante dernières années, les prêts des banques et autres intermédiaires aux ménages et aux entreprises ont augmenté trois fois plus vite que l’activité économique. Cette évolution pose aujourd’hui question.

 

Dans le détail, l’OCDE reconnaît pourtant que le développement du secteur financier permet généralement d’accroître la croissance économique. Sauf que ce constat vaut uniquement pour les pays dont le décollage économique débute. Autrement dit pour les pays en développement.

 

 

Lorsque les crédits intermédiés par les banques et autres institutions financières dépassent le seuil de 90 % du PIB d’un pays, une augmentation supplémentaire de ces crédits ne générera qu’une croissance moindre. Une hausse de 20 % à 30 % du PIB des crédits intermédiés permet d’augmenter la croissance économique de plus de 1 point de pourcentage, avance l’Organisation.

En revanche, poursuit elle, le passage de 100  % à 110 % du PIB se traduira par un recul d’un quart de point de cette même croissance. En clair une hypertrophie du secteur financier est nuisible.

 

 

Si cela ne s'affiche pas: clic ici!!!
Fort endettement des entreprises
 

L’OCDE se montre d’ailleurs plutôt réservée sur l’effet bénéfique du crédit. 

" Ajourd'hui, dans la plupart des pays de l'OCDE la ficalité encourage plus le financement par crédit des entreprises que par les marchés boursiers. Ce biais en faveur du crédit implique un trop fort endettement des entreprises et trop peu de capital ", avance l’Organisation.

Avant de poursuivre que cette situation « génère de l’instabilité, réduit la croissance et compromet l’investissement pour le futur ». « Ce biais fiscal en faveur de la dette favorise les crises. L’effet de levier a pour conséquence d’aboutir à des booms et des krachs plus violents. Il vaudrait mieux un financement par émission d’actions sur le marché boursier plutôt que par la dette », explique Boris Cournède, l’un des trois économistes auteurs de l’étude. A cela s’ajoute l’effet négatif des crédits octroyés aux ménages lesquels les destinent essentiellement à l’immobilier.

« Il faut revoir la politique du logement. Bon nombre de pays de l’OCDE, à l’instar des Etats-Unis, des Pays-Bas ou du Danemark aident fiscalement, par la déduction des intérêts de leurs emprunts, les ménages à acquérir leur bien immobilier. Ce qui a conduit à l’accumulation de crédits hypothécaires peu productifs pour favoriser la croissance », avance Boris Cournède.

 

Des banquiers surpayés

 

Deuxième constat et non des moindres : le développement du secteur financier alimente les inégalités de revenus .

D’une part, les ménages les plus aisés peuvent davantage tirer profit d’une offre de crédit plus abondante. Ils « ont les moyens d’emprunter davantage et le font de sorte qu’ils peuvent gagner plus que d’autres sur les possibilités d’investissement qu’ils identifient » avance l’OCDE.

D’autre part, l’hypertrophie du secteur financier génère une autre inégalité : celle des revenus. A diplôme et expérience égale, il vaut mieux être banquier que haut dirigeant dans une autre entreprise.

La prime salariale est proportionnelle au niveau hiérarchique. « Les salariés du secteur financier gagnent en moyenne 28 % de plus que partout ailleurs. Pour les 10 % de revenu les plus élevé, cette prime grimpe en moyenne à 40%. Elle atteint même 80 % à la City », constate Boris Cournède.

Certes, les banquiers ne sauraient être les seuls responsables de la croissance des inégalités dans le monde. Le secteur des banques ne représente que 4 % de l’économie dans sa globalité. Il n’empêche que l’opinion publique peut s’émouvoir de ces salaires mirobolants.

 

Effet pervers du « too big to fail »

 

D’autant que l’OCDE n’hésite pas à pointer du doigt un autre effet pervers à travers le sacro saint principe du « too big to fail » (NDLR : trop grosse pour faire faillite). Ce dernier pourrait être à l’origine de ces dérives salariales. La garantie implicite ou explicite d’un sauvetage par le contribuable de ces établissements dits systémiques a pu contribuer à favoriser le sur-paiement des employés, s’interroge l’OCDE.

 

Au total, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes dans le secteur de la finance. Sans aller jusqu’à s’en déclarer ennemie, comme l’a pu le faire François Hollande, l’OCDE appelle à un toilettage certain du secteur. Pour le bénéfice de tous.

 

« un trop grand recours au crédit bancaire » a pesé sur la croissance

Partager cet article

Repost 0
Published by never-surrender - dans affaires bancaires
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : never-surrender
  • never-surrender
  • : face à l'intoxication des masses...notre devoir est de diffuser l'info censurée!!!
  • Contact

Additif alimentaires industriels dangereux

 

 

Recherche

Observatoire du FN

Twitter

TheChangeBook

English

 

Espana

 

Stay Alert!!!